Vers une nouvelle psychologie/une nouvelle psychanalyse-12 octobre 2018

Luc : J’ai lu je ne sais plus où que quand juste avant de mourir, Freud a dit : « Je n’avais rien compris ! ».

Cette phrase me fascine, non pas seulement par ce qu’elle laisse en termes de questions sans réponse, mais par la curiosité et la possibilité que j’ai de savoir ce qu’à ce moment là, il a enfin compris. Il est possible, maintenant que nous savons dialoguer avec Marie et avec les anges, mais aussi avec des personnes qui ne sont pas encore arrivées au stade d’ange, de l’autre côte (même si elles sont sur la bonne voie) de savoir ce qui a éclairé Freud.

J’ai tenté de joindre Freud dans ce but, mais il n’est pas, en ce moment, enclin à le faire. Le peu que j’ai reçu, c’est parce que depuis là où il est, il fait tout ce qu’il peut pour remettre à l’adroit des choses qui ont été distordues dans ce qu’il avait compris au long de son incarnation. Choses qui ont créé des difficultés auprès de beaucoup de souffrants et de soignants au lieu de parvenir au but qu’il s’était fixé avant de naitre : soigner les conscients en écoutant les J’aime. Car, que les psys le fassent en conscience ou non, je suis persuadé que c’est ça, la psychologie et la psychanalyse.

Je me suis lancé dans la lecture d’un livre de Dolto qui, bizarrement, avait échappé à mes investigations et dont le titre est Psychanalyse et pédiatrie.

J’en citerai quelques extraits car j’y ai lu une explication très claire sur le concept du ça, du moi et du sur moi, dans laquelle j’ai enfin pu trouver les correspondances qui me manquaient entre ce que Marie m’a enseigné et le sens des termes qu’utilisent les psys. Et j’ai vu en quoi ce que dit Marie rejoint ce que disait Freud mais également en quoi ce qu’elle dit est révolutionnaire et remet en question nombres de points sur ce que nous croyions savoir dans ce domaine jusqu’à ses interventions sur ces pages.

Ce messange sera donc un échange entre Marie et moi, avec ses commentaires sur les citations de Dolto. Est-il besoin de dire que Marie salue le travail de Dolto, de Freud, et des psys qui sont de bonne foi et qui sont nombreux ? Je le pense, pour éviter qu’on prenne cela pour une attaque. C’est un éclairage et comme toujours, nous avons notre libre-arbitre, nous sommes libres de penser ce que nous voulons de tout cela. J’ajoute que quand nous utiliserons le mot psys au pluriel, nous ferons références aux deux disciplines, psychologues, psychanalystes, et tout ce qui porte le titre de psy.

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Oui, pourquoi attaquer des gens qui cherchent ? Des gens qui ont une vocation et qui font de leur mieux ? La question n’est pas de pointer l’un ou l’autre du doigt, mais de le mettre, ce doigt, sur ce qui n’est pas viable, sur des erreurs, peu importe qui les a faites et pourquoi, le mérite des erreurs étant d’offrir une chance de ne plus les commettre. Et par là-même, on pourra faire beaucoup mieux encore que ce qui a déjà été fait.

Marie

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Oui, marie, et donc, je vais citer ces passages de Dolto qui nous amènent.

Dans la première partie du livre, chapitre « nomenclature » :

Les instances de la personnalité selon la psychanalyse freudienne

Nous allons donner une brève description de la personnalité, mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un schéma artificiel et commode pour l’étude, et gardons-nous de voir des comportements étanches et des entités réelles.

On distingue le Ça, le Moi et le Sur-Moi.

- Le Ça, Source de pulsions, force libidinale aveugle qui, à la manière d’un fleuve, doit trouver à s’écouler. La libido étant à la sexualité ce que la faim est à la nutrition.

- Le Moi. Siège des satisfactions et des malaises conscients. Noyau limité, organisé, cohérent et lucide de la personnalité. C’est par son intermédiaire que le Ça entre en contact avec le monde extérieur. Tampon entre le Ça et le monde extérieure d’abord, puis, à partir de 6-7ans, entre le Ça et le Sur-Moi.

- Le Sur-Moi. Sorte de mentor formé par l’intégration des expériences, permises et défendues, comme elles ont été vécues dans les premières années. Siège d’une force inhibitrice qui joue aveuglément, elle aussi, le Sur-Moi est incapable d’évoluer sensiblement de lui-même après 8 ans, même si les circonstances de la vie modifient totalement les exigences du monde extérieur.

Quand nous disons que le Ça et le Sur-Moi sont des sièges de forces aveugles, nous voulons dire que leur fonctionnement est inconscient.

Le Moi n’est d’ailleurs qu’en partie conscient.

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Le Ça, c’est le J’aime. L’âme. Et croire qu’il se limite à ce qui est sexuel ou qu’il tourne essentiellement autour de cela est une grossière erreur, qui pousse entre autre à analyser les rêves à tort et à travers, ce qui rend donc ces interprétations dangereuses, comme Dolto le dit plus loin dans ce livre. J’ai assez dit ici combien la sexualité est fondamentale et peut être merveilleuse, je ne la repousse pas de ce qu’est le J’aime, au contraire. Mais c’est gravement atrophier le J’aime que le voir de cette façon. Le J’aime, c’est autre chose que cela, c’est beaucoup plus large, bien heureusement ! Car quand on est au ciel, on n’a plus de corps, on n’a donc plus de sexualité avec un pénis et un vagin (en passant, quels mots laides à entendre pour quelque chose qui devrait avoir des noms romantiques et plein d’élans d’amour !). Mais je J’aime continue à aimer, puisqu’il est Amour, et il aime bien plus fort, bien mieux, plus complètement, plus violemment, plus expressément, puisqu’il n’a plus de corps à mouvoir, plus de cage qui le retient, plus de peines à trainer. L’amour du J’aime est éternel, il n’a pas de temps, pas de frontières, pas de panneau stop. Il sait enfin prendre (sans être assisté) ce que lui donnent les autres J’aime et il donne tout ce qu’il a, qui est énorme, démesuré par rapport à ce qu’on peut faire quand on est incarné.

Le J’aime, c’est ce qui veut irrésistiblement être avec les autres J’aime, et c’est ce qui veut que l’ensemble des J’aime grandisse exponentiellement à l’infini. Le J’aime est individuel, cependant, à cause de ce besoin irrésistible d’être avec les autres, l’ensemble des J’aime forme une entité à part entière.

Et on voudrait limiter cela à du touche-pipi ou à des grosses envies de zizi pan-pan… ? Allons donc ! Soyons sérieux. Ce qui m’empêche de rire devant ça, c’est que c’est sur ce concept qu’on base la suite des recherches psychanalytiques. Et c’est ce qui a sauté aux yeux en premier à Freud, quand il est monté, et qu’il a eu accès à ce qui l’intéressait de la connaissance globale.

Il est dit dans le livre que Le Ça est aveugle dans le sens où on n’en est pas conscient. Mais c’est justement sur ce point que vous pouvez faire une nouvelle révolution : le conscient peut entendre le J’aime. Et entendre le J’aime d’autrui. Les psys le font sans s’en rendre compte, bien souvent. On peut très facilement devenir conscient de son J’aime et c’est ce que nous répétons toujours ici.

Il est écrit dans le livre (et ailleurs), également, que pour être psychanalyste, il faut avoir fait sa propre psychanalyse. C’est une bonne chose mais ce n’est pas indispensable, ce qui est infiniment plus important, c’est d’avoir appris à entendre les J’aime. Parce qu’entendre les J’aime, c’est fermer la porte à la très grande majorité des erreurs et c’est faire faire à ses patients autant qu’à soi des pas de géant. Entendre le J’aime d’un patient et le sien, c’est pouvoir lui donner le sens de ses rêves sans danger, puisque le danger, c’est principalement d’en faire une mauvaise interprétation. Quand un J’aime vous explique ce qu’il a voulu envoyer dans son conscient, vous en avez le sens réel, et non le sens donné par un dictionnaire des rêves ou par une inclination perpétuelle à vouloir voir du sexe, du phallique, de la libido, en tout.

Je préfère parler de désir que de libido, comme motivation du Ça/du J’aime, parce qu’on peut aussi désirer que quelqu’un soit heureux, sans pour autant le vouloir nu dans son lit. Dolto, d’ailleurs, a aussi beaucoup utilisé ce terme à bon escient dans différents ouvrages.

Le « Moi »

Le Moi, c’est ce que j’appelle, moi, le conscient. Ce n’est pas le Ça, ni ce que les psys appelle l’inconscient, qui est compliqué, c’est le Moi. Il est complexe parce qu’il recèle une foule d’informations, qui s’accumulent en strates. Comment voyons nous le conscient d’n individus, nous, depuis le ciel ? Comme les stries de la coupe d’un arbre. C’est exactement l’équivalent des microsillons d’un disque vinyle. Nous pouvons lire dans ces sillons quand nous sommes au ciel parce que nous avons accès à la connaissance globale, nous pouvons donc en sortir la plage nécessaire à la compréhension de ce que nous voulons savoir. En revanche, pour l’incarné, et parce que la mémoire ne peut pas tout contenir, surtout quand il y a eu de grave traumas moraux, cela devient très vite inextricable. D’autant plus que quand il y a souffrance, l’intellect est fasciné par la souffrance et le microsillon revient rayé, la personne ne lit et relit que les passages qui lui font mal. Parce qu’il n’y a rien de plus hypnotisant que la douleur, en soi ou chez les autres. Ce qui explique qu’on vous hypnotise, qu’on vous fascine avec des images e violence partout dans les média, pour que vous tourniez sur une seule plage du disque. Dans laquelle on injecte une information qu’on veut vous faire gober en profondeur. Afin que vous achetiez ceci et pas cela, que vous votiez ceci et pas cela, que vous ne trouviez pas normal de ne pas être guidé.

Quand les informations gravées sont devenues inextricables, il faut les psys et particulièrement la psychanalyse. La psychanalyse, c’est, et cela se manifeste parce que les psys appellent le transfert, qui est le lien affectif, positif ou négatif, qui se tisse entre les psys et leurs patients, une forme d’hypnose, dont les psys n’ont pas souvent conscience. Qu’est-ce que l’hypnose ? C’est faire sortir quelqu’un des rails de sa pensée pour qu’il aille sur d’autres rails dont on pense qu’il seront profitables à son mieux-être. Un rail est un sillon. Faire sauter d’un sillon à l’autre, c’est amener la personne a jouer une autre plage sur son microsillon, sur un rail différent afin de sortir du disque rayé qui la fait souffrir.

Quand on dit que le Moi est en partie conscient, c’est qu’en fait, il n’est conscient que de ce qu’il a rabâché, le reste s’effaçant plus ou moins, peu à peu. Mais pouvant ressurgir grâce à la parole : il faut jouer une autre plage du disque pour en percevoir la musique, pour trouver la note qui sonne juste et qui ne nous gerce plus l’intellect, afin de se réapproprier l’harmonie qui est dans le J’aime et ne l’a jamais vraiment quitté.

Si vous voulez comprendre une personne, il faut lui donner l’occasion, la chance, de s’écouter jusque dans ses chants personnels oubliés, pour qu’elle se les révèle à elle-même. Et il faut, pour qu’elle n’ait plus besoin de personne pour aller mieux par la suite et que sa guérison soit définitive, lui donner la chance d’apprendre à écouter son J’aime, afin qu’il puisse se réaliser sans pour autant tout casser autour de lui. Donc, aves le concours constructif, intelligent et protégeant du conscient.

Les psys disent qu’il ne faut pas donner la clé aux patients.

C’est la deuxième énorme erreur de l’histoire de la psychanalyse. Les psys donnent la clé tout en disant qu'il ,ne faut pas le faire. Ils n’ont pas toujours conscience de le faire, comme dans les multiples cas ou Dolto l’a donnée à ses patients alors qu’ils ne l’avaient pas dans leur conscient. Exemple, un enfant ne parle plus depuis deux semaines. Dolto demanjde à la mère s’il y e eu un événement particulier deux semaines plus tôt. La mère répond que l’enfant a changé de chambre, il ne dort plus avec ses parents. Assistant à l’entretien, La mère dit que cela n’a surement rien à voir. Dolto lui dit que cela a sûrement été le déclencheur. L’enfant présent à la séance, entend cela et son regard s’anime. De fait, la situation se règle très vite, l’enfant reprend rapidement la parole.

Dolto lui a donné la clé. Ce n’est ni la mère, ni l’enfant, qui sont allés la chercher. Au-delà de l’expérience, qui fait que Dolto posera de toute façon la question, Dolto a entendu son j’aime, sans le savoir, et son j’aime lui a dit de poser cette question là. Son J’aime sait que c’est la bonne question parce que les J’aime de l’enfant et de la mère l’ont dit à son J’aime. Les J’aime sont liés ;

Dolto donne la clé parce que la mère va pouvoir l’entendre. Il n’est pas certain qu’elle la prendra, elle peut dire ou penser que ce ne sont que des affabulations. Mais l’angoisse de voir sa fille muette la force à ouvrir la porte de son conscient. Si cela avait été pour elle-même, il est à parier que cela aurait été bien plus difficile, parce que cette méthode qui consiste à ne rien dire au patient, à ne pas lui donner la clé, apprend, a supporter les souffrances au lieu d’apprendre à s’en affranchir pour de bon.

Il est de nombreuses personnes qui ne prendront pas la clé, à cause du Sur-Moi, qui est l’ensemble des barrières accumulées. La barrière nos fait refuser parce que la barrière est la somme de nos peurs, et il esiste, en psychologie, une barrière terrible, qui est celle d’avoir peur que si on n’a plus de souffrances, on ne s’occupe plus de nous. Qu’on n’ait plus d’importance aux yeux des autres. Plus de moyens de monopoliser leur attention. De compter pour eux, à défaut de compter pour nous-mêmes. Car le plus grand fléau psychologique qui soit, mes amours, c’est celui, à plus ou moins grande puissance, de ne pas s’aimer assez soi-même. Je ne parle pas d’orgueil, d’égo. Mais de savoir que nous pouvons nous aimer pour ce que nous sommes et pour ce que nous faisons, le fait d’être nés et donc d’apporter notre lumière dans le noir suffisant à cela.

Donner la clé n’empêchera pas que celui qui la refuse maintenant la prenne un jour. Elle reste là, à portée.

Ne pas la lui donner, c’est le laisser errer longtemps, ou même jusqu’à la fin de sa vie, en ne lui ayant appris qu’à survivre à ses sacro-saintes angoisses, alors qu’il pourrait changer de disque en quelques instants et ne plus subir ensuite la litanie de ses souffrances rayées.

Il y a des gens qui ne prennent jamais la clé. Et parce qu’on ne peut rien pour ces gens qui ne veulent pas guérir, le moins et la seule chose qu’on puisse faire, c’est leur laisser la clé à portée de main. Également, ne pas leur donner la clé, c’est leur apprendre à rester dans leurs souffrances.

Pour donner tout le temps possible à ceux qui, au contraire, veulent vraiment s’en sortir et font ce qu’il faut pour cela, il faut, après avoir tout tenté, cesser de tendre la main à celui qui l’appelle mais ne la prend pas. Ne serait-ce que pour que soudain, pourquoi pas, et poussé par la solitude nouvelle, lui prenne, à lui aussi, l’envie vraie de s’en sortir.

Encore un mot sur le Sur-Moi. Il est écrit dans ce passage du livre que, passé 8 ans, le Sur-Moi (donc, ici pour nous, les barrières) est rigide et ne peut plus évoluer. C’est comme une armure, comme cette carapace, en parallèle sans doute à celle que Dolto a déjà évoquée dans Le complexe du homard, expliquant que les adolescents, si on les compare à des homards, a une carapace molle au moment de la mue et donc, se protège par une attitude menaçante avant qu’on l’approche. Cette carapace, cette armure ne sont pas du tout immuables. On peut très bien, en un claquement de doigts, s’en débarrasser. Parce qu’on aura appris, avant de le faire, qu’on peut la remettre d’un autre claquement de doigts. On peut vivre sans armure et sans Sur-Moi, ou en en changeant à volonté. Témoin ton amie Anne-Sophie, qui pourra en témoigner si elle le souhaite, qui était enfouie dans la religion à un point très profond et qui maintenant parle avec son ange, son J’aime, et n’a plus besoin de rites pour aimer Dieu/l’Amour.

Non, le Sur-Moi est un leurre dans la recherche psychologique. Il y a bien, comme le disait Freud, trois éléments dans une personne. Le J’aime, le conscient, et le corps. Ce dernier étant aussi une entité qui a une part de la pensée de l’individu, c’est ainsi qu’il répond dans son langage aux injonctions du J’aime, en somatisant ou en donnant des joies et des plaisirs physiques.

Et, je ne sais pas vous, mais moi, je trouve que pour présenter les instances de la personnalité, nommer : « Le J’aime, le conscient et le corps », ou « Le Ça, le moi et le Sur-Moi », il n’y a pas photo, si ? Je veux dire, pour qu’on comprenne de quoi on parle, aussi bien entre psys qu’entre êtres humains.

Parce que dites-moi si j’ai tout bien saisi : quand on va voir les psys, c'est pour se comprendre soi-même, non ? Alors, comment peut-on espérer y arriver si, avant d’expliquer ce qui se passe dans un individu, on n’est pas tout de suite compréhensible sur ce qu’on va tenter de faire pour y parvenir ?

Marie.

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un peu plus tard dans la journée :

Le patient, dans son conscient, est venu voir le psy, soit pour qu'il l’aide à savoir comment aller mieux, soit pour que le psy s’occupe de lui et que donc, il ne lui apprenne qu’à se supporter ses souffrances sans s’en débarrasser. Mais le J’aime, lui, est venu pour quoi ? Il est venu rencontrer le j’aime du psy pour que ce dernier donne la clé aux deux conscients présents. Tout ce qui ne sera pas fait pour donner cette clé ne sera qu’atermoiements. Certains psys l’ont compris et en jouent, car maintenir les clients ( là, ce ne sont plus des patients) dans l’état de tenir bon avec leurs souffrances, c’est s’assurer des rentrées d’argents aussi longtemps que durera la soi disant « thérapie ».

Quand un psy est bien intentionné, donc totalement dépourvu de ce genre d’intention, alors, seulement, il est à nos yeux, à nous les J’aime incarnés ou pas, un professionnel. Nonobstant tous les diplômes du monde, un psy qui profite sciemment de la misère morale d’autrui n’est pas un professionnel et se trouvera, à l’heure du bilan, dans la détresse conjuguée de tous ceux à qui il aura ainsi enseigné à souffrir. Que cela ait été une demande consciente ou non de la part de leurs clients. Parce qu’il faut bien que la justice soit. Ce n’est pas ce que vous attendez du ciel ?

Il ne s’agira pas d’une punition infligée par une entité quelconque. Ce psy sera là, dans toutes ces douleurs, parce que son J’aime n’aura plus que cela à faire pour tenter de réparer : expérimenter les douleurs des autres, la partager, pour tenter de trouver des moyens de les apaiser.

Un psy qui profite ainsi de la misère morale sans cependant savoir qu’en ne faisant qu’agir comme on le lui a appris, aura à réparer les effets de cette erreur à l’heure du bilan. Non pas parce qu’il sera puni mais parce qu’il verra le précipice qu’il aura laissé se creuser entre ce qu’il voulait faire avant de s’incarner et après. Et il sera si catastrophé qu’il n’aura que le but de réparer.

Les psys qui travaillent comme il faut explorent les strates du conscient, les microsillons, et, aidés par le J’aime du patient, soulignent l’importance de telle ou telle portion, pour que le patient en prenne acte. En cela, c’est déjà donner une clé.

Il arrive que certaines séances se déroulent en silence. Si le thérapeute ne se moque pas de son client, il perçoit beaucoup de choses issues du J’aime du patient dans ce silence, et vice versa pour le patient, dans le J’aime du thérapeute. Le transfert continue, mais de J’aime à J’aime.

Si le patient ne sort pas au moins un peu apaisé d’une séance silencieuse, ou s’il n’en voit pas du tout l’utilité, c’est que les J’aime ne peuvent pas communiquer, parce que le thérapeute ignore ce que je viens de dire et qu’il ne fait que se reposer l’esprit pendant que son patient continue à souffrir.

Après une ou plusieurs séances où les J’aime communiquent vraiment, même si ce n’est pas entièrement dans les conscients, le patient fini par vouloir parler. Il ose, parce que, comme quand on est écolier et qu’on a un poème à apprendre, qu’on n’y arrive guère le soir et que le lendemain à l’éveil, on le sait, les mots révélateurs lui viennent. Alors qu’avant, ils étaient bloqués.

Autre chose : dans son livre, Dolto dit aussi qu’il ne faut pas interpréter les rêves, que c’est dangereux. Pourtant, elle-même interprète les dessins que lui font les enfants. Et le dessin des enfants est plein des clés que leur J’aime mettent sous le nez de leur conscient. Et elle a raison de le faire, parce que cela donne la clé dont son J’aime à elle a besoin pour la faire jouer dans la serrure du conscient de son patient.

Les rêves, c’est vraiment tout à fait comparable aux dessins des enfants. Car les rêves sont des messages du J’aime.

Alors, oui, mal interpréter les rêves, je me répète, c’est dangereux. Mais quand on est consciemment à l’écoute de ce que j’appelle le « J’aime à J’aime » qui a lieu dans une séance véritable et belle et utile, on ne se trompe pas dans l’interprétation, ni des rêves, ni des dessins.

Marie

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14/10/2018

Ce qui fait que cette femme dont l’enfant ne parle plus prend la clé, c’est non seulement que les troubles de son enfant la font culpabiliser assez pour passer outre ses barrières à elle, mais aussi que Dolto est connue et reconnue au-delà de bien d’autres praticiens.

La notoriété que donnent les diplômes et la reconnaissance qui peut en découler sont donc des accélérateurs, des tremplins. Ce qui n’est pas une bonne chose finalement, puisque les diplômes sont acquis en apprenant par cœur un certain nombre de choses, dont, notamment et fondamentalement, ce que dit Freud. Ce qui fait que le praticien croit, de toute bonne foi, que le J’aime tourne quasi exclusivement autour du désir sexuel, d’où les interprétations de rêves de Freud qui mentionnent dans la grande majorité des cas des questions sexuelles, phalliques, etc… Et cela limite considérablement le J’aime, posant des œillères sur l’observation qu’on pourrait en faire plutôt qu’ouvrant les yeux sur tout l’horizon alentour. Le diplôme ne sera pas obtenu sans avoir tenu pour vérité de base qu’il ne faut pas donner la clé, et Marie en a dit les conséquences terriblement néfastes.

Un praticien tiendra aussi pour impossible, irrationnelle l’idée qu’on puisse entendre les J’aime, quand ce ne sera pas, à leurs yeux, complètement stupide et révélateur d’une névrose ou d’une pathologie grave.

Je vous laisse mesurer l’ampleur du non sens qu'il y a à accréditer « scientifiquement » ces trois erreurs manifestes. Et puisqu’il est question d’être aveugle, l’aveuglement, justement, qu’il y a dans le fait de baser là-dessus les soins que l’on donne.

Si la notoriété n’est pas une si bonne chose que cela, il faudrait que les personnes qui ont quelque douleur morale à soigner puissent avoir des alternatives aux diplômes qui mènent sur ces rails discutables. Mais il y a tant de charlatans qui profitent de cela pour vivre sur la misère spirituelle humaine qu’il est très difficile de ne pas tomber dans la foison d’autres pièges qui se tendent alors sur la route de celui qui sort du circuit officiel. La seule bonne solution serait d’apprendre à dialoguer avec son J’aime. Pour ne plus avoir, ensuite, besoin de l’influence de qui que ce soit pour aller mieux.

Michel

Table des messanges