La vanité

Allez au monde sans vanité, vous serez une forteresse.

Lorsqu’une situation est difficile, par exemple, si, sur un lieu de travail, nous sommes en butte à la méchanceté de certaines personnes, il est difficile, voire impossible, d’échapper à la souffrance que cela entraîne, et on devient sensible et vulnérable à toutes les attaques, car une personne mal intentionnée peut démolir n’importe quelle œuvre, même réussie, en la critiquant arbitrairement.

La remise en question que certaines critiques entraînent est parfois très profonde, et lorsqu’elle est injustifiée, il est juste de connaître l’arme absolue par laquelle on peut se défendre de telle attaques.

Pourquoi souffrons-nous lorsque quelqu’un nous fait des réflexions blessantes ? Parce que c’est notre ego qui souffre, mais au plus profond de nous, si nous n’avons effectivement pas mal agi, nous savons que ces réflexions sont formulées pour créer la colère, et donc, la perte de contrôle sur nous-même. Et par là même, il s’agit d’une tentative de nous dominer.

La solution est simple : laisser tomber la vanité. Partir sur le champ de bataille sans cette vanité, qui représente un talon d’Achille pour l’ennemi, et qui excite l’envie de l’aiguillonner.

Cela ne veut pas dire cesser de s’estimer, bien au contraire, mais cela veut dire, mettre de côté tout sentiment de valeur à se prouver à soi-même et à prouver aux autres. Cela veut dire se dépouiller de ce qui donne prise à l’ennemi.

Ne trouvant pas d’os à ronger, le loup va chercher plus loin sa pitance.

Pour parvenir à se détacher de la vanité, il faut vous aimer vous-même, suffisamment, mais pas trop, juste à votre vraie valeur, objectivement, en connaissant vos atouts et vos faiblesses, et saisir le jeu de l’adversaire, ne pas le laisser saper vos murs de défense, en restant sourd à la colère et à la remise en question. Il faut partir en pensant que vous êtes un au milieu d’une multitude, mais que vous n’êtes pas plus méprisable qu’un autre, et que les sarcasmes et les attaques sont l’œuvre de gens qui voudraient vous inféoder, mais qui se situent bien en dessous de vous spirituellement.

Vos détracteurs indélicats ne méritent donc pas que vous perdiez une seconde ni la moindre énergie, en revanche, vous devez utiliser la vôtre à continuer à construire ce que vous êtes, et personne n’a le droit de vous en empêcher.

Réagir aux attaques est le plus sûr moyen de se plonger dans la guerre et d’y perdre des plumes. Si vous êtes sans vanité, vous êtes sans souffrances, c’est-à-dire que vous êtes inattaquables.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’idée de tendre la joue gauche lorsqu’on vous frappe la joue droite. Car il n’y a pas de gloire à vaincre une proie trop facile. Et lorsque tout de même, par une extrême petitesse, on continue à vous frapper, on prouve définitivement sa faiblesse, et on s’expose au jugement de tous, ainsi qu’à de cruelles déconvenues car il existe une vraie justice au ciel, et parfois même sur la terre, lorsque les anges le décident.

De même, ceux qui cherchent à imposer leur idées par la force, à régner par la terreur, que ce soit le petit chef dans un bureau ou le dictateur sur son trône, révèlent de fait aux yeux du monde leur impuissance, car :

Chercher à convaincre par la force prouve qu’on n’a pas d’argument valable.

Quand on dispose d’une autorité naturelle, qui s’appuie sur des arguments, sur une réelle réflexion intelligente, et sur des réalités, il n’est nul besoin de hurler ni de menacer pour convaincre un auditoire.

Einstein a-t-il hurlé pour expliquer sa théorie de la relativité ?

Marie

Table des messanges