Un petit médium ?- 25 avril 2004

Bonjour Luc,

Voila ma question pour Marie. Il y a à peu près un an, mon mari et moi-même avons connu une famille dont la mère et le fils se disaient voyants et recevaient des messages (de Dieu) depuis deux ans leur annonçant l'arrivée de l'antéchrist. Evidemment, nous avons trouvé étonnant que leurs voyances aient toujours un ton apocalyptique, le fils voyait des démons essayant de grimper à sa fenêtre, enfin j'en passe et des meilleures, nous avions remarqué que lorsque nous venions chez eux, mon fils de 7 ans ne voulait jamais aller jouer dans le sous-sol, ce qui était très étonnant car il n'est pas vraiment peureux. J'ai toujours entendu dire que les enfants jusqu'à cet âge sont médiums, par ailleurs mon fils nous parle depuis qu'il est très jeune de Dieu, alors que nous n'en parlons jamais devant lui, il pose toujours beaucoup de questions à ce sujet et il lui arrive parfois de dire des choses que je pense ou j'envisage. Cela me surprend, j'ai vraiment le sentiment que cet enfant sent des choses, je me demande s’il a un don. Qu'en pense Marie, et si oui, dois-je faire quelque chose pour qu'il améliore ce don ? Merci Luc de bien vouloir transmettre à Marie

Caroline

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Il ne faut pas précipiter les choses. La famille dont vous parlez concerne des gens qui, au lieu de suivre le chemin du cœur, ont suivi celui de la curiosité sans limite, et ce genre de curiosité s'apparente à la cupidité. Il est donc normal qu'elle ait des conséquences négatives.

Puisque cela vous fait peur pour votre enfant, dites-vous bien que vous devez mesurer votre curiosité et la sienne, et agir paisiblement, sans croire avoir toute la vérité d'un seul bloc, défilant d'un seul canal. Lorsqu'une personne débute dans ce domaine, elle reçoit des « câbles » de tous les azimuts, et il faut apprendre à les discerner, à s'en méfier, et à ne pas prendre toutes les informations comme elles viennent. Il faut savoir écarter de temps en temps la passion pour être dispos, simple, ouvert, mais maître de ce qui se passe dans son esprit. Ensuite, sachez qu'il ne faut pas appeler ce qu'a votre fils un « don ». Il a une sensibilité, tout simplement, et comme n'importe quelle sensibilité, cela se travaille, comme pour un pianiste prodige, qui saurait jouer dès son plus jeune âge. Cependant, il faut un bon professeur, qui ne s'érige pas en maître, mais en écoutant, et en transmettant, et qui aide l'enfant à réfléchir. Faites un test dans ce sens, voyez s'il peut réfréner sa passion ou sa curiosité de ce qui paraît incroyable, apprenez-lui à le faire s'il n'y parvient pas, en lui montrant comment on prend du recul sur les événements. Dites-lui : « tu as peut-être déjà souhaité avoir une bonne note, très fort, en histoire (par exemple). Mais pense à toi-même des années plus tard, si tu devenais commerçant une fois que tu serais grand, comment repenserais-tu à cette très forte envie de ton enfance ? Elle te paraîtrait un peu trop forte par rapport au besoin que tu en aurais réellement pour réussir ce que tu ferais, en étant commerçant, et tu aurais alors d'autres envies aussi fortes, qui seraient très différentes. Par exemple, tu aurais très envie d'obtenir un client très important. Et la note en histoire ne t'aurait servi à rien pour l'obtenir.

Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas écouter ni apprendre l'histoire, bien au contraire, mais je veux dire que l'important, ce n'est pas d’écouter la passion du moment, mais ce qui est tellement important, profondément, pour toi ».

C'est pourquoi il ne faut pas aller trop vite vers l'extraordinaire, mais vers le vrai, et le vrai se découvre au fur et à mesure. Caroline, ne dites pas le mot « don » car il risquerait de le faire tomber dans la spirale si facile qu'utilisent les charlatans pour prendre l'ascendant sur leurs clients. Un « don » vous fait paraître au-dessus des autres, une sensibilité se peaufine, pour en tirer toute la substantifique moelle, dans le bon sens, donc. Lisez les publicités : « don de naissance, don héréditaire, don surnaturel », et autres billevesées ; n'utilisez pas ce vocabulaire, vous iriez à l'encontre du résultat escompté. Le seul don que vous pouvez tous avoir et que votre enfant peut cultiver plus que d'autres, c'est le don que les anges font de leur lumière. Pour « améliorer » cette sensibilité, laissez-le parler, et écoutez-le seulement pour l'instant. Montrez-lui que ce qu'il vous dit vous semble digne d'intérêt, mais que vous avez besoin de comprendre, alors, il vous expliquera, sans se sentir étrange, mal à l'aise avec ce qu'il ressent. Dites-lui aussi que si ce qu'il dit est digne d'intérêt, il ne faut pas qu'il se focalise trop sur ce point, il faut qu'il fasse la part des choses. Il doit apprendre dès maintenant à choisir, entre ce qui est bon et ce qui est mauvais, car il recevra de mauvais câbles aussi, et vous l'aiderez en faisant le distinguo lorsqu'il s'imposera de le faire. Lisez ce que je dis sur le site, pour en savoir plus sur la nature des messages des anges. Ils sont toujours pleins d'amour, même s'ils annoncent des choses difficiles, et ils ne comportent aucun jugement sur des personnes, plutôt sur des comportements à corriger. Dites-lui qu'il doit pouvoir arrêter tout dès qu'il le souhaite, les anges reviendront ensuite, il faut qu'il sache qu'il est le patron de son esprit, encore une fois. Il ne faut pas non plus qu’il prenne tout ce qu'il reçoit comme la vérité absolue, c'est pour cela que vous devez lui apprendre à choisir. S'il s'en sent incapable, voyez ce que j'ai déjà dit en parlant des enfants du divorce, proposez-lui de choisir entre le chocolat et la confiture de fraise. S'il est capable de faire un choix sur ce plan, il est capable d'en faire d'autres plus intérieurs, mais il faut lui laisser son enfance, ne pas tout lui dire de suite, le laisser, surtout, découvrir par lui-même. Si vous l'écoutez, donc, sans refuser ce qu'il dit, mais sans aller complètement dans son sens, vous aurez fait ce que vous avez à faire pour l'instant.

Développez l'esprit critique de votre fils. Ne mettez pas tout en doute, mais cherchez les vérités là où elles sont, c'est-à-dire du point de vue du haut de la montagne, quand on se regarde soi-même, comme si on regardait quelqu’un d’autre agir, tout en sachant qu’il s’agit de soi-même.

Marie

Table des messanges