Si Jésus revenait

A force de l'entendre, de le lire, depuis si longtemps, on finit par se demander ce qu'il attend, et on se dit aussi que c'est merveilleux, quand on croit en lui. Pourtant, si je vous disais, il est revenu, combien d'entre vous, combien d'entre les vivants, croyants pourtant, se rebelleraient ?

Combien refuseraient de croire que Jésus soit revenu de leur vivant, dans leur époque ? Combien cesseraient d'avoir de belles pensées pour lui, et, poussés dans le mauvais sens par vingt siècles de religion obscurantistes, commenceraient à le craindre ? Combien, le haïssant déjà, lui tomberaient dessus ?

Combien, l'ayant trouvé et l'aimant, se jetteraient à genoux à ses pieds en attendant des miracles, encore des miracles ! Combien seraient incapables de croire sans voir des preuves, alors même qu'ils auraient voué leur vie à la prière ?

Et si Jésus revenait, pour expliquer qu'il n'est pas venu racheter les péchés la première fois, ni celle-là. S'il disait qu'il est venu pour que vous les rachetiez une fois pour toutes, et que vous n'en fassiez plus, sans pour autant vivre sous des lois dures, impitoyables, sous un carcan, mais seulement dans votre amour ?

S'il vous disait que dans l'évangile, tout ou presque est à revoir, et tout, entièrement, est à « recomprendre » ?

S'il vous disait que ce que vous avez cru parce qu'on vous l'a dit, il va falloir ; si c’est la vérité vraie, le croire parce que vous le ferez vous-mêmes, dans la paix et dans la joie ?

S'il revenait vous dire que c'est vous qui devez faire votre paradis sur terre, et non lui ? Et que faire ce paradis, cela veut dire un changement gigantesque, et que ce changement commence en vous, oui, en vous qui lisez ceci, pas en vous tous seulement.

S'il revenait vous dire que vous ne savez pas ce qu'est la liberté, et qu'il vous faut la réapprendre et la vivre ?

S'il revenait pour vous dire qu'il ne faut pas réciter des prières, mais les penser avec son cœur, s'il vous disait qu'il ne faut pas de rites, pas de signes de croix, et pas non plus s'agenouiller devant lui ?

S'il vous disait qu'il faut cesser de vous faire souffrir, car cela ne vous apporte aucun mérite supplémentaire à ses yeux, ni à ceux de son Père ?

S'il vous disait qu'il faut cesser de dire « laissez-moi me sentir coupable » ?

S'il vous disait, enfin, qu'il n'est pas venu, cette fois, faire des miracles, mais pour vous voir les faire, parce que vous le pouvez ?

S'il vous disait tout cela, et des choses, encore, qui n'iraient pas dans le sens d'une religion, que diriez-vous, que feriez-vous ?

Si Jésus n'était pas issu du star system, s'il revenait, mais pas dans la lumière des projecteurs, s'il refusait de passer à la télévision pour qu’on ne le récupère pas, iriez-vous le chercher ?

S'il revenait en vous disant qu'on vous a fait peur avec son image, alors qu'il n'est pas venu pour châtier, juger, punir, et qu'il veut que vous désappreniez vous-mêmes à châtier, juger, punir ?

S'il revenait, et qu'on l'arrête, et qu'on le crucifie à nouveau, resteriez-vous les bras croisés ?

Si on le tue, et s'il ressuscite, et s'il dit « vous pouvez me tuer cent fois, je reviendrai cent une fois », vous, bourreaux, chefs d'État, l'écouterez-vous enfin ?

Car il est revenu, mes amours, je vous le dis, et ce n'est pas à lui de vous chercher, de vous convaincre, c'est à vous de venir à lui, et de prendre sa lumière et de la répandre par le monde.

Il est revenu, et vous qui lisez, pouvez-vous le trouver ? Où le chercherez-vous ? Comment le chercherez-vous ? Comment le trouverez-vous ? A quoi le reconnaîtrez-vous ?

Il est revenu. Comment accueillerez-vous mon fils, cette fois ?

Marie

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