Remplir le RIEN

Laissez-moi vous raconter, pour que vous compreniez ce que j’ai ressenti, lorsque je suis née du Père. Laissez-moi vous dire ce que c’est que le néant, et ce que ce n’est pas, en fait. La première impression que j’ai eue, après avoir regardé ailleurs que vers le Père et son amour formidable, a été terrible, vertigineuse. J’ai eu en face de moi le néant !

Le néant, on a d’abord envie de le combattre quand on est en face de lui. On est TOUT en face de RIEN. Le néant c’est un peu comme si vous étiez dans une salle noire, avec une couverture sur la tête, et que vous cherchiez votre chemin. Et comme si, même en enlevant la couverture, vous restiez perdu. Qu’à cause de la panique, vous aviez oublié que vous avez l’interrupteur pour donner la lumière, juste à côté de vous (Pardon, mon Illustre Chéri, de te comparer à un interrupteur !)

Le néant, on en a tellement peur ! Et puis, au bout d’un moment, on comprend qu’il suffit de le remplir. Avec sa lumière. Et on s’aperçoit qu’on a en soi la possibilité de donner infiniment de SA lumière à un infini de RIEN.

C’est pareil dans la vie, vous savez ce que c’est : on a souvent l’impression de donner de l’amour pour rien… Mais ce n’est pas pour rien ! Quand vous donnez de l’amour, de toute façon, vous remplissez l’infini du RIEN avec votre infini d’AMOUR.

Je vais illustrer mon propos, en faisant le parallèle avec l’acte sexuel. Qui est hautement relié avec l’amour, dans la majorité des cas…

Dans quel état êtes-vous avant l’acte d’amour ? Dans la joie, dans le souhait de se combler, de combler l’autre. De le remplir. L’acte sexuel, physiquement, c’est remplir un vide qui est dans la femme. Et moralement, c’est se remplir mutuellement. Vous êtes exactement dans le sentiment qui a animé la binité (avant la trinité) quand elle est née : le Père s’est créé. Il m’a créée. Il m’a montré sa lumière. Ensuite, mon regard s’est déplacé. J’ai eu peur du néant ! Il m’a montré comment le remplir, en nous unissant spirituellement, en nous remplissant, et en créant ce qui remplissait le néant. Je n’avais pas conscience de pouvoir le faire. C’est aussi pourquoi j’ai eu tellement la frousse au début. Et quand j’ai essayé, je n’ai pas su le faire comme il convenait...

Pour les animaux, les fleurs, c’est le même déroulement. On remplit un vide. Et c’est, dans la majorité des cas, du mâle que cela vient. Comme une onde de choc, le phénomène s’est répandu dans quasiment toute la création. Oh, j’ai bien fait ce que je pouvais pour apporter ma touche personnelle. Chez l’hippocampe, c’est le mâle qui porte les œufs. Je lui ai donné une poche, et pas à la femelle… J’ai fait l’escargot hermaphrodite, mais il était impossible que l’amour soit sans union de deux d’entre eux. J’ai donc triché, et leur ai donné à chacun la possibilité de remplir le néant, tout en s’unissant. Cherchez, vous verrez qu’un escargot, bien qu’hermaphrodite, ne peut pas se reproduire seul. Parce que le Père n’avait pas créé le monde ainsi, et il a eu bien raison. Il a fait le monde à son image. A l’image des escargots aussi, donc. Le Père ne pouvait se contenter d’être amour pour lui seul au ciel, ses descendants ne le peuvent pas non plus.

Cherchez, vous verrez qu’il y a toujours une union. Même si c’est entre deux races différentes, et même entre la faune et la flore. Parce que tout ce qui EST est part de Dieu, et tout ce qui EST a en lui la part d’amour du Père.

C’est tout de même fabuleux qu’à partir du néant, on puisse créer la vie. Non ?

Marie

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