Que deviendrez-vous ?

Vous qui êtes en position dominante aujourd’hui, vous demandez- vous, puisqu’il est écrit, avec raison, que les petits deviendront grands et inversement, ce que vous deviendrez, à l’heure du bilan de votre vie ?

Vous qui êtes riche, dirigeant, aujourd’hui, vous êtes-vous observé, dans votre rapport à autrui ? Il ne faudrait pas même vous en préoccuper, mais carrément vous en occuper dès maintenant. Car « petit » parle aussi de celui qui est dirigé, et « grand » de celui qui dirige. Avez-vous pensé que la situation s’inversera, au dernier jour, à la dernière minute ?

Eh bien non, la situation ne s’inversera pas forcément. Tout dépendra de ce que vous aurez fait de votre présente incarnation.

Vous qui avez du personnel à vos ordres, et qui leur parlez comme à des êtres plus petits que vous, qui les méprisez, qui les malmenez, qui les pressurez seulement pour augmenter un chiffre d’affaires, comment voyez-vous votre arrivée au ciel ? A supposer, bien évidemment, que vous y croyiez ?

Vous vous voyez arriver là-haut, et retrouver naturellement tous vos privilèges ? Vous attendez-vous à ce que l’on vous serve, comme maintenant ? A ce qu’on vous fasse des passe-droits ? A ce qu’un banquier vous parle avec respect ?

Si oui, cela veut dire que vous serez monté au ciel avec votre argent, vos possessions, vos stock-options, votre villa à Saint-Tropez… Votre Rolls. Et tous ces riens du tout qui vont avec.

Mais personne n’emporte rien de tout cela au ciel. On n’y arrive qu’avec ce qu’on a accompli dans l’amour, et c’est là, enfin, la seule vraie richesse qui soit et qui compte !

Si vous regardez les gens de trop haut, pendant cette vie que vous menez actuellement, vous serez tout en bas, une fois monté vers nous. Et toux ceux que vous aurez vus si petits vous verront tels que vous aurez été en réalité : minuscule.

Mais si, comme cet aristocrate dont le château n’a pas été démantelé à la Révolution, parce qu’il avait écouté et aidé les gens de son village, vous avez aimé (et ce, que vous soyez aristocrate ou non !), on vous regardera d’en bas, car vous serez une lumière au firmament, et vous connaîtrez la paix.

Tandis que si vous brillez sur terre par votre absence de cœur, par votre course au profit, par votre intelligence à écarter vos concurrents, c’est vous qui aurez besoin de cette lumière-là, celle du firmament, sans quoi vous serez totalement dans le noir, et aveugle. C’est vous qui ne saurez même plus vous mettre debout, pour vous hisser vers le haut, c’est vous, dont la lumière sera si terne qu’on ne vous verra qu’en écarquillant les yeux. Et encore… On se lassera tout de suite de l’effort à produire pour vous distinguer.

Vous qui êtes un acteur (une actrice) de cinéma célèbre, qui pensez n’avoir pas besoin d’être présenté, vous, qui, par exemple, avez fait du cinéma, mais qui faites de petits travaux de voix à la place de « petits » comédiens qui auraient pu en vivre, vous qui aurez fait marcher le commerce en acceptant des rôles qui n’étaient pas pour vous, et/ou qui font l’apologie de la violence, de la haine, vous qui aurez poussé la multitude à consommer ceci ou cela, sans vous demander si l’idée que vous aurez promue est valable, vous qui aurez, par votre image populaire, et sans vous renseigner, poussé autrui à donner de l’argent à des œuvres soi-disant caritatives, mais dont le but réel est de faire fonctionner un système rémunérateur, croyez-vous qu’on vous reconnaîtra comme ici-bas, une fois que vous serez au ciel ?

Non. Vous serez l’inconnu que vous aurez tellement eu peur d’être sur la terre. Vous serez, aux yeux des autres, mais brusquement aussi aux vôtres, l’acteur sans talent sur qui vous dédaigniez même, auparavant, de poser votre regard d’aigle. Parce que vous ne vous convaincrez plus, une fois dépossédé de votre masque.

Il vous faudra vous présenter, à chaque instant, appeler en vain pour attirer l’attention. Ou, est-ce pire encore ? Vous serez tant et si bien reconnu qu’il n’y aura pas de cachette pour que vous échappiez à la foule. Pas de répit. Et ce que vous n’aurez pas donné, on vous le réclamera en continu, cela n’aura pas de cesse, même si vous donnez ce qu’on vous demandera. Et si c’est du faux amour que vous avez répandu sur les écrans, vous croirez être aimé, mais tomberez de désillusion en désillusion. Que ce soit entre le ciel et la terre, ou dans une nouvelle incarnation.

Mais si vous avez aimé, vraiment, si vous avez fait bien plus de gestes d’amour hors caméra, et sans en prévenir la presse, que devant les médias, alors, c’est votre véritable amour que vous emporterez de l’autre côté, et qui restera visible, depuis tout en bas, mais aussi, tout autour, et vous connaîtrez la paix.

Vous qui avez profité d’autrui, on profitera de vous. Non pas par vengeance. Mais pour que justice soit faite, et surtout, pour que vous soyez le premier à comprendre votre erreur, pour que vous tentiez, dans une nouvelle vie, de ne plus faire cette erreur-là. Et pour qu’enfin, vous puissiez réparer, afin d’arriver, vous aussi à la sagesse qui mène à la paix.

Vous qui vous reconnaissez dans ces portraits parce qu’il reste en vous le fond d’honnêteté qu’il faut, vous qui savez tout cela, maintenant, comment voyez-vous votre passage sur terre ? En continuant comme ça, ou en changeant de façon de faire ?

Pensez-y, le capital, l’intérêt, n’est pas là où vous le voyez de prime abord, dans ce qu’on vous montre, dans ce qu’on vous présente comme le bien-vivre. Votre capital, votre intérêt, définitivement et indubitablement, c’est l’Amour en vous.

Marie et Michel

Table des messanges