Quand les hommes décident qui est saint-2 avril 2011

Récemment, le pape Benoît XVI a parlé de canoniser Jean-Paul II.

Je vous rappelle que puisque vous avez tous votre libre arbitre, c’est à vous, au moment de monter au ciel, de vous voir, de vous accepter ou non en tant que saint. Cela, vous pouvez facilement le comprendre. Donc, il est impossible à qui que ce soit, fût-il le pape, de rendre saint(e) un homme ou une femme qui ne le souhaiterait pas. Or, Jean-Paul II ne le souhaite pas actuellement. Sur quoi s’appuie le présent pape pour béatifier l’ancien ?

Sur ce qu’il a accompli ? Ou sur le fait qu’il ait été martyr de la maladie ? Voilà encore, bien sûr, un exemple de la glorification de la souffrance. C’est curieux, tout de même, cette idée que le pape serait infaillible, mais que pourtant il pourrait subir des maladies pareilles. N’est-ce pas contradictoire, en un sens ? Bien sûr, on pourra dire que la maladie et l’infaillibilité n’ont rien à voir. Cependant, l’infaillibilité selon la religion, à quoi sert-elle ? A placer un homme au-dessus des autres, pour établir un socle, sur lequel on met sa statue, afin de faire régner un ordre. Cette infaillibilité, est-il besoin de le dire, n’existe évidemment pas dans ce cas précis. Or, si l’on met au-dessus un homme avec un tel pouvoir artificiellement imposé, on le rend, en quelque sorte, intouchable, élu de Dieu, et protégé de Dieu, puisque privilégié par lui. Comment Dieu, aimant et privilégiant le pape, pourrait-il laisser son protégé être atteint par une maladie comme celle de Parkinson ? La seule explication pour justifier cet abandon est d’en arriver à dire que la souffrance et la maladie sont glorifiantes, et que le pape se sacrifie pour Dieu, ou subit les mêmes douleurs que les autres hommes. Il y a quelque chose d’illogique dans cette idée. Pourquoi Dieu, rendant le pape brutalement infaillible à son élection par les hommes, le rendrait-il accessible aux problèmes du commun des mortels ? Quelle idée ! De plus, et cette observation n’est pas la moindre, si le pape est ce qu’il est, c'est-à-dire le porte parole de Dieu, pourquoi l’affliger de cette maladie, qui fait que l’on prononce si mal, et qui donc, risque de rendre Dieu inintelligible ?

On béatifie un homme, sans savoir s’il se sent lui-même sur cette voie et dans ce sentiment, notamment parce qu’il a souffert et qu’il a bien souffert. Qu’il a donc bien continué à perpétuer l’exemple de la souffrance, portant à son tour sa propre croix, d’une certaine manière. Il a bien mérité de l’Église parce qu’il a souffert.

Puisque le pape est infaillible, et donc, le nouveau aussi, on dit amen. Mais il faudrait bien se rendre compte d’une chose : ce n’est pas Dieu qui a fait souffrir le pape Jean-Paul II pour ériger la souffrance en exemple. Car Dieu ne la glorifie pas. Ce sont les EBA qui s’amusent avec cela, et qui font marcher un système religieux, qui arrivent ainsi à continuer à faire croire que c’est une bonne chose de souffrir.

La maladie de Parkinson survient beaucoup chez les gens qui supportent trop longtemps un système sans fondement spirituel plausible, fiable, et tourné vers l’amour. C’est une dégénérescence du corps, qui dit à l’esprit qu’il ne veut pas tenir debout sous ce poids-là, qu’il ne peut plus continuer à marcher en sécurité dans un système qui ne marche pas.

Le pape Jean-Paul II, inconsciemment, ne voulait plus du système dont il était le représentant, et c’est pour cette raison, pour y avoir adhéré, et pour l’avoir promu de toutes ses forces, qu’aujourd’hui, il ne veut pas s’accepter en tant que saint.

Alors, ne canonisez pas, et surtout au nom de la souffrance. Mon fils a souffert dans sa première venue, non pour dire qu’il était bon de souffrir comme lui, non pour donner ce triste exemple, mais pour que vous fassiez ce qu’il faut pour arrêter ces souffrances. Et Vous le pouvez. Vous seuls le pouvez, puisque vous avez votre libre arbitre.

Ne canonisez pas les gens pour leurs souffrances. Parce qu’alors, vous les empêchez de devenir des saints. Laissez donc les âmes s’aimer comme il faut ! Elles savent le faire, sans le secours des rites, de la religion, ou de quelconques conventions que les hommes ont sacrées, mais qui ne font que parler d’amour au lieu d’être l’amour. Laissez les âmes monter vers les anges, et devenirs anges à leur tour, toutes seules. Et souriez vers le ciel, vous les sentirez bienheureuses grâce à cette liberté réelle que vous leur aurez donnée. Grâce à vous aussi !

Marie

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Ce n'est pas seulement le pape qui décrète qu'un homme est saint ou non. Il y a un procès pour ça, et surtout, il faut un miracle labellisé comme tel par l'Église. Dès lors qu'un miracle est reconnu et attribué à quelqu'un, ce quelqu'un est béatifié (pour être canonisé, il en faut au moins un deuxième, sinon deux autres), que ça plaise ou non au pape. Là où le pape peut intervenir, c'est dans l'accélération de la mise en route du procès : normalement, il faut attendre un certain délai après la mort de la personne pour démarrer un procès en béatification. Le pape peut éventuellement raccourcir ce délai (ça a été le cas pour mère Thérésa par exemple).

Dans le cas de Jean-Paul II, beaucoup de gens auraient aimé qu'il soit béatifié directement après sa mort, sans même de procès. Dans le cœur des Polonais, il l'est déjà de toute façon. La sainteté terrestre passe aussi et surtout par le regard que les gens portent sur les actes de quelqu'un.

Sinon, l'infaillibilité, (ce truc dont jouit le pape et qui lui permet de proclamer des points de doctrine touchant la foi et les mœurs) ne signifie pas que le pape ne fait jamais d'erreurs. Et il n'y a pas que le pape qui dispose de l'infaillibilité, il y a aussi les conciles œcuméniques (= l'ensemble des évêques, du moment qu'ils sont tous d'accord).

Anne-Sophie

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Oui, c’est bien d’être exact et précis : il faut un (des) miracle(s), et Jean-Paul II est censé avoir guéri une personne très malade. Atteinte de Parkinson. Ce qui est considéré comme un miracle. Le problème, dans ce cas-là, c’est que le miracle a été fait par les EBA pour arriver à laisser penser que le pape s’est peut être sacrifié, a pris le mal de l’une pour la sauver. Et glorifier, au final, la souffrance. J’ai parlé du pape pour simplifier, je peux aussi parler du reste, quoique je n’aie pas le souhait d’entrer dans le détail de rites religieux.

Évidemment, la sainteté terrestre passe par le regard des gens. Mais au ciel, elle ne passe que par le regard de soi, dans une forme de connaissance infiniment étendue. Et donc, avec un point de vue enfin libéré, et objectif. La sainteté terrestre passe aussi par les projecteurs, la télévision, et les stars de cinéma ou de la chanson sont des « saints » terrestres bien avant ceux de la religion, aux yeux de la masse.

Mais quand une star arrive au ciel, peu lui chaut ce que l’on peut penser d’elle, que ce soit en bien ou en mal. Elle se trouve devant sa vérité d’homme ou de femme, et elle doit choisir le chemin qu’il/elle va prendre, en toute connaissance de cause. Beaucoup de gens aimeraient que Michael Jackson soit considéré comme un saint. Idem pour Elvis Presley, et tant d’autres. Mais, au ciel, il n’y a que soi en face du miroir non déformant.

Le pape, ici, voulant en canoniser un autre, subit donc la pression de la masse et de ceux que la masse fait remonter jusqu’à lui, en passant par les médias, entre autres. Le pape est manipulé, qu’il le veuille ou non, que ce soit conscient ou non, qu’il soit d’accord ou non, et quelle que soit la procédure, son libre arbitre est fortement dévié.

Je dis « le pape a parlé de canoniser… », parce que c’est le résultat de ces pulsions et de ces pressions, c’est ce qu’on voit en haut de la pyramide. Et par cette réflexion, je vous montre ce qui se trouve en dessous.

Pour ce qui est de l’infaillibilité, seules les personnes qui sont très versées dans la religion ou qui font une recherche sur ce point peuvent voir ce mot sous un autre sens que celui qui lui est habituel et populaire. Ce qui représente un très petit pourcentage de personnes. Le reste relaie les erreurs comme les vérités sans faire le distinguo, et n’est justement pas infaillible. Et pour ce qui est du concile, que ses membres soient tous d’accord ne veut pas dire qu’ils touchent du doigt la vérité. Cela veut seulement dire qu’ils sont d’accord. Et cela ne leur donne pas le droit, au regard de Dieu/Amour, d’édicter des lois touchant la foi ou les mœurs, dont ils ne savent rien en vérité, ou si peu, ni même de proclamer autre chose que le fait qu’ils sont d’accord.

Mais tu as raison, il faut appeler un chat un chat. Cela dit, en réalité, les hommes peuvent proclamer bien haut les pires inepties, ou les plus grandes vérités, cela ne changera rien à l’amour qui est dans une âme, et à sa décision en ce qui concerne sa sainteté, son statut d’ange, une fois qu’elle arrive au ciel.

La seule chose qui puisse influencer une âme perdue (coincée avec les EBA, et ne voyant pas le ciel), c’est lorsque d’autres âmes incarnées vont à elle pour lui montrer la route.

Les gens qui font ce procès manquent de foi, pour le moins, d'avoir besoin de décortiquer les choses alors que l'amour saute aux yeux.

Et il y a tant de saints totalement inconnus de la masse, qui ont fait des miracles, et qui ne seront jamais canonisés par l'Église. Heureusement, ceux-là se sont acceptés en tant que tels lorsqu'ils sont arrivés au ciel. Cela a été d'autant plus facile qu'il n'y avait pas eu les cohortes des doutes et des analyses pour leur voiler l'entendement avant d'arriver.

Marie

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Le terme procès a-t-il ici un autre sens, propre à la religion ?

Luc

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Ben en fait, c'est comme un vrai procès (enfin "vrai", façon de parler), avec deux parties qui s'opposent : la défense (= postulateur de la cause), et l'accusation (= promoteur de justice) qu'on appelait auparavant l'avocat du diable.

Le procès, effectivement, c'est aussi une façon de se "couvrir" en étudiant à fond la vie de la personne. Il y une défense et une accusation.

Anne-Sophie

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Ah bon ? Se couvrir ? Parce qu'il y aurait donc des doutes ? De qui doute-t-on ? De celui qui n'est peut-être pas saint ? Ou de soi ? hihi

Marie

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M'enfin Marie, imagine qu'une personne soit canonisée, et qu'on découvre après qu'elle avait, à un moment, commis un terrible crime. Ca la foutrait mal, l'Église... Alors elle se couvre, bah oui ! Parce que "on ne sait jamais"...

Sauf quand on a la foi (tiens nous y revoilà).

lol

Anne-Sophie

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Oui, et si l'Église savait aussi qu'il y a des saints qui ont commis un crime, et qui sont saints parce qu'il l'ont réparé bien au-delà de ce qu'ils auraient pu eux-mêmes imaginer, comme tu dis, ça la foutrait mal ! Là, le mot "foutrait" n'est pas un gros mot, parce que c'est le mot juste. Ce qui est un gros mot, c'est "procès", par exemple. Parce que c'est particulièrement déplacé de faire un procès à une âme, quand on sait que chaque âme naît pour devenir un saint.

Marie

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Quand le mot "foutrait" m'est venu, je ne l'ai effectivement pas ressenti comme un gros mot.

Ce que je n'aime pas dans le mot "procès", c'est qu'il sous-entend le mot "jugement", qu'il implique d'ailleurs. Et là, ben... beurk-pffff quoi.

Anne-Sophie

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Oui, avec le mot procès, on est à l'opposé de là où on devrait être. On devrait être dans le savoir, dans le sentir, dans la joie.

Marie

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