Partir- 9 mars 2009

Luc : une amie me dit que l'une de ses proches vient d'apprendre qu'elle a le cancer, et que les médecins ne lui donnent que quelques semaines d'espérance de vie. Marie me donne ce message, car cette amie ne sait quoi dire à sa proche, laquelle ne croit pas à la vie après la vie.

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Lorsque vous partez, c'est la fin de vos souffrances, pour peu que vous regardiez vers le haut. Même si le haut est mystérieux, il ressemble au soleil, mais il ne fait pas mal aux yeux. Lorsque vous partez, c'est le début de la suite de l'histoire, qui sera forcément plus belle, même si aujourd'hui vous ne croyez à rien.

Comme lorsque vous partez en voyage, préparez, lorsque vous partez, ce qui vous sera utile. En voyage dans la vie, vous partiez avec une tente, des sandwiches, des maillots de bains ? Vers le ciel, partez avec ce qui est beau en vous. Voyez ce que vous avez accompli qui fait que vous avez aimé, à tel ou tel moment, vous regarder en face. Loin de la matière, de l'argent, des acquis sociaux, de tout ce qui vous a fait mal lorsque vous avez lutté.

Plus votre bagage est beau, plus il est léger. Et plus votre arrivée de l'autre côté est facile, plus votre montée est évidente.

Moins vous donnez prise à ce qui vous retient en bas, moins votre âme est pesante et chargée. Aussi bien dans le temps de vie qui reste que dans ce qui vient après.

Moins vous avez de regrets des choses, des poids, moins partir vous fait peur.

Qu'il ne vous reste que quelques semaines, ou qu'il vous reste toute une vie, c'est largement assez ou même bien trop, pour faire des actes vrais et beaux qui vous portent vers l'amour universel, en utilisant comme carburant votre amour à vous.

Soyez votre fusée vers la lumière.

Si vous apprenez que le départ est proche, réjouissez-vous, vous avez toujours le temps de dire « je t'aime ». Et de vous l'entendre dire par autrui.

Vous avez toujours le temps de vous débarrasser de ce qui ne vous sert de rien. Votre culpabilité, votre attachement à la matière. Vos colères et vos dépits. Car lorsque vous monterez, vous serez tellement consolés et si bien compris, et surtout pas jugés !

Si vous vous aimez, si vous faites taire les bruits de guerre en vous, si vous dites à la peur « tais-toi ! » paisiblement, alors, vous tirerez de votre temps la force qu'il faut pour ne pas être qu'un triste revenant, mais un merveilleux devenant.

Ce que vous allez quitter n'est rien à côté de ce que vous allez trouver, si vous n'écoutez pas les voix de la peur. Ce que vous allez quitter, c'est beaucoup de boue, et votre amour qui a réussi à fleurir dessus malgré tout. Ce que vous allez trouver si vous tournez votre regard vers le haut, c'est une infinité de mondes sans boue, un monde où votre âme sait ce qu'elle a à faire, et comment elle va le faire.

Faites-vous confiance. Ce que vous a dit la religion est pour le plus gros une errance, mais ce que vous sentez en vous, cette impossibilité que cela s'arrête froidement et définitivement, qui est souvent la source de vos peurs, sonne si juste, et existe vraiment, même si jusqu'à aujourd'hui, vous ne l'avez pas écoutée.

Il y a une vie d'amour, qui ne s'éteint jamais.

Marie

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Luc : je voudrais ajouter quelque chose de très important.

Ce soir je repensais à ce message de Marie. Mais pas dans n'importe quelles conditions.

Je m'explique : je n'arrivais pas à m'endormir, parce que comme dans un diaporama, « on » me montrait (et je me laissais faire) toutes les choses difficiles que je traverse en ce moment. Mon second divorce, les clients que je relance parce qu'ils ne payent pas, et c'est un cauchemar de vivre des journées en faisant ça, et en se faisant en plus insulter, et en cherchant des arguments frappants, bref, en se battant.

Je me débattais, comme dans la journée, en fait.

Et puis, Marie est venue, parce qu'elle me voyait souffrir quotidiennement.

Et elle s'est appuyée sur ce message d'aujourd'hui pour me donner une clé qui vous sera utile.

Elle m'a dit :

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Il faut que tu vives ta vie comme si chaque jour était le dernier.

Comme je trouvais cela un peu lugubre (tout en sentant beaucoup de paix et d'amour dans ce message), je lui ai demandé ce qu'elle voulait dire.

Si tu vivais aujourd'hui ton dernier jour, alors, tu chercherais, comme je l'ai expliqué tout à l'heure, ce qui est bon en toi, ce qui fait que tu es heureux de te regarder en face.

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Luc : alors, j'ai cherché dans mon passé, tout ce qui me revenait, les moments où j'avais, me semblait-il, bien agi, et tout à coup, le diaporama sombre s'est effacé, et j'ai trouvé un certain nombre de choses, pas très nombreuses à mon goût, qui me plaisaient bien. Le diaporama était devenu lumineux et je me suis senti beaucoup mieux.

Alors, Marie m'a dit :

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Ce que tu fais sur une vie entière, tu peux le faire juste sur la journée.

Et j'ai commencé à laisser venir tous les moments de la journée où je me suis senti bien, où j'avais fait des choses pour moi ou pour les autres, les moments où j'avais reçu du bonheur. Et là j'en ai vu défiler plein ! Les travaux que je fais dans mon grenier, qui me donneront un grand studio d'enregistrement un jour. Et j'ai salué mon courage. Les messages que j'écris sur ce forum, ceux que vous m'écrivez, et j'ai salué notre amour. Des tas de petits instants de joie me sont arrivés. Le livre que j'écris, et qui m'amuse beaucoup, qui est pour moi un refuge et un révélateur de mon état d'âme, les tartelettes qu'on a faites avec mon amie, le petit tour au marché, où nous avons acheté des bricoles, et il pleuvait, mais on sortait, on se promenait, il y avait de la vie. Et je me suis senti beaucoup, beaucoup mieux.

J'ai trouvé ce soir, grâce à toi, Marie, une nouvelle façon de ne plus subir les EBA. Et je t'en remercie tellement !

Marie nous a dit qu'un jour nous ne les subirions plus. Voici une très grosse clé pour y parvenir. Et ça marche !

Vous passez en revue les choses qui vous font peur ? Passez en revue, à la place, tous les petits moments de joie, comme si c'était le dernier jour de votre vie, et vous verrez, il y en a tellement ! Et vous éteindrez le projecteur de diapos des EBA.

Et quand une journée commence, faites un projet au moins, soyez dans le « faire » et imaginez le joli, imaginez que vous le verrez demain comme un de ces petits moments où vous agissez bien et qui vous remplissent d'aise. Alors, vous pourrez le vivre.

Luc

Table des messanges