L’homosexualité

L'homosexualité n'est pas une chose qu'il faut juger, il faut plutôt en chercher la source, ce qui éviterait bien des mésententes, des haines, des incompréhensions. Bien sûr, la femme et l'homme sont plutôt faits pour vivre ensemble que deux hommes ou deux femmes, mais faire de ceux qui agissent autrement des parias ne pourra que contribuer à ce que cela perdure.

L'homosexualité de l'homme vient le plus souvent d'un père qui aura été absent, ou n'aura pas montré de sentiments pour l'enfant de façon claire, ou n'aura pas effectivement éprouvé ces sentiments. Si le père ajoute à cela une grande sévérité, alors s'ajoute un facteur de plus au développement de l'homosexualité chez le jeune garçon, parce qu'il n'aura pas trouvé le moyen de séduire son père, et du même coup, son modèle d'homme est faussé, il ne peut s'y identifier pleinement, ce qui est accentué par les rapports contemporains entre les hommes et les femmes, où l'homme a du mal à exister en tant que tel.

Si le jeune garçon n'a pas pu séduire son père, cela créera un tel manque qu'une fois adulte, il sera tenté, d'une façon avouée ou non, effective ou non, de séduire un autre homme, pour rattraper ce que la vie lui aura, en quelque sorte, volé. Et rêver de réussir cela lui semblera d'une volupté sans nom, alors que le réaliser se fera toujours dans une grande peur, au moins au commencement. Cette peur sera alors un moteur, car la vaincre est un acte d'homme, et en étant homme, on parle le même langage, on a le même code plus ou moins secret, mais en tout cas originel, qu'un autre homme.

Un jeune homme ne peut vivre sans l'amour de son père, et, soit son amour ressurgira dans des rapports avec un autre homme, soit il ira chercher chez la femme le réconfort qu'il aura éventuellement pu trouver dans sa mère, avec tout le côté faussé d'une telle image, qui ne correspond pas à la réalité de la femme d'aujourd'hui, soit il ira recréer la sévérité de son père dans la famille qu'il bâtira, et il sera le plus souvent sévère avec lui avant de l'être avec les autres, c'est-à-dire qu'il s'éteindra lentement devant le mot « responsabilités », mot que les pères trop secs ou trop sévères brandissent comme un étendard pour justifier du fait qu'ils avaient autre chose à faire dans le temps où ils auraient pu donner de l'amour à leurs enfants. Le mot « responsabilité » est un excellent étouffant de la conscience dans ce cas, pour ce qui est de l'affectivité : c'est un excellent prétexte pour dire à son tour, « Je suis occupé », « J'ai une place dans le monde », « Je suis important », « On doit me respecter ». Mais au profit de cette philosophie rassurante qui donne une stature de père aux yeux de la société, on oublie en même temps, à son tour, le mot amour. C'est pourtant la seule réponse, c'est le mot le plus important.

Le père qui ressemble à ce portrait s'impose à lui-même un carcan qui le soutient dans un rôle où il évolue comme un fantôme, par dépit, par ce manque d'amour. Mais l'amour existe tout autour de lui, et il faudrait qu'il le cherche, et le révèle.

L’homosexualité n'est pas dans les gènes, c'est un fait acquis par une situation de départ. Il ne faut pas penser de ceux qui l'ont subie qu'ils sont inférieurs ou anormaux. Il faut essayer de leur faire voir ce qui leur manque, et que l'amour n'est pas forcément un point sur l'horizon à atteindre (donc un « père » à conquérir), mais que c'est une lumière qui irradie tout autour d'eux, et qu'ils peuvent trouver ce qu'ils cherchent en ouvrant simplement les yeux vers ce qui les entoure.

L’homosexualité de la femme peut aussi venir d'une situation dans le sens contraire, mais ce n'est pas la majorité des cas. Les femmes entre elles affichent souvent un dégoût des hommes (que les hommes entre eux n'affichent pas et ne ressentent pas, c'est pourquoi beaucoup de femmes aiment les hommes homosexuels, d'autant plus que pour arriver à leur but, c'est-à-dire séduire un homme, ils ont gardé une part de féminité, donc d'écoute et de douceur). Ce dégoût vient des rapports faussés entre les hommes et les femmes, et de ce qu'ont dit les mères à leurs filles et les femmes homosexuelles se créent un monde très protégé, un cocon, duquel un homme n'osera pas s'approcher, de peur de peut-être se faire griffer. Car les filles griffent, encore plus effrontément lorsqu'elles sont en couple, l'union faisant la force. Et on n'est alors pas loin d'avoir l'illusion de former un homme, lorsqu'on a la force. La force n'est pas meilleure que la douceur. Elles sont nécessaires toutes les deux. Mais se les attribuer à l'envers ne rend pas les choses plus faciles à vivre.

Il suffirait que les femmes cessent d'avoir peur du grand méchant loup qu'on leur a dépeint, mais qu'elles sachent qu'elles sont à même de se faire respecter et d'être aimées, et il suffirait que les hommes voient l'amour autour d'eux pour que chacun ouvre les yeux, et ils se découvriraient homme et femme l'un en face de l'autre, avec enfin les mêmes rêves, et les mêmes attentes.

Quand les hommes et les femmes feront ensemble ce pas-là, ce sera un pas plus grand pour l'humanité que celui d'Armstrong sur la lune.

Marie

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