Leurrer les EBA-5 janvier 2010

Une lectrice me demande :

De quelle manière pouvons-nous leurrer les EBA ?

Bonne question, et je crois qu’elle fait partie des recherches que nous avons tous, je veux dire ceux qui lisent ce site. Qu’est-ce qu’un leurre ? Un leurre, c’est quelque chose qui fait croire quelque chose. A celui qui court après une proie. On prend un gros poisson avec un petit en plastique.

Alors, où est notre petit poisson à nous, pour que l’EBA croie qu’il nous a eu ?

On voit que les EBA fonctionnent comme des pêcheurs, puisqu’ils nous tendent des chimères que nous prenons pour du vrai, et que nous nous laissons pêcher. Comment pêcher un pêcheur ?

D’abord, il faudrait avoir l’instinct d’un prédateur. Et puis, il faudrait avoir le matériel, et enfin, de la joie à pêcher.

Je crois qu’il faut commencer par là, puisque nous n’avons pas le reste, apparemment.

Nous pouvons, quand un EBA joue avec notre orgueil pour nous faire mal préjuger d’une personne ou d’une situation, bref, pour nous faire peur ou nous mettre en guerre avec autrui, envoyer notre joie tout autour de nous, pour effacer ce petit ou gros nuage. Le faire intérieurement ou extérieurement, ou les deux.

Nous pouvons nous dire, oui, il y a ceci ou cela qui ne va pas, mais de ce qui va bien, je tire une joie, et je la pose sur la table, pour contrebalancer l’anti-joie. Il y a toujours une joie quelque part en nous.

Cette joie, comment l’utiliser ?

Puisque l’EBA joue avec notre imaginaire, nous pouvons aussi jouer avec le sien. Il semble en effet que ce soit son domaine de prédilection. Et nous ne sommes pas mauvais, pour imaginer. Si si, voyez un peu tout ce que vous pouvez imaginer comme catastrophes ! Vous pouvez aussi imaginer le contraire. Imaginez qu’un EBA puisse se matérialiser devant vous, ou plutôt, que, jusque là, il était caché, mais soudain, vous le découvrez. Imaginez qu’il devient physiquement présent. Donnez-lui le visage que vous imaginez. Ah, vous voyez, vous pouvez ! Donc, sur cette bonne lancée, continuez. En réalité l’EBA ne ressemble pas à un homme, il n’a pas de corps, mais vous pouvez lui en donner un, puisque vous l’avez repéré. Vous pouvez donc, en prenant votre joie à deux mains, pousser encore plus loin. Vous pouvez, par exemple, créer un petit quelque chose à son insu, sur lui, lui ajouter un truc qu’il n’attend pas. Par exemple, un bouchon, comme sur les ballons de plage. Enlever le bouchon. L’EBA s’envole en faisant flflfbflfbflfllll comme un ballon. Et cette joie vous débarrasse de lui. Vous pouvez aussi essayer toutes sortes d’autres choses. L’imagination de l’EBA est sans limites ? La vôtre n’en a pas non plus. Il ne faut pas combattre, mais rire. Sourire. Et c’est facile, quand on sait que de toute façon, on trouvera la solution. Cacher à l’EBA le subterfuge qu’on va trouver, c’est déjà le leurrer. Lui faire croire, pendant un instant, que vous ne l’avez pas vu, que vous prenez ce qu’il vous donne pour vrai, et quand vous le sentez prêt à mordre à l’hameçon, vous le dégonflez !

Bien sur, l’EBA n’est pas une chose. L’EBA n’est pas palpable. L’EBA n’existe pas aux yeux des gens qui ne se rendent pas compte. Bien sûr, il ne se dégonflera pas réellement, puisqu’il n’a pas d’air en lui, mais sa partie éthérée, elle, se dégonflera, encore une fois, à cause de votre joie.

Aussi, vous pouvez dire à un EBA, mais sans combattre, juste parce que vous le décidez, et que c’est soudain ainsi, qu’il n’existe pas. Cela le renvoie dans le néant. C’est quelque chose de très dur, même si ce n’est pas définitif (les anges font ce qu’ils désirent faire après), et c’est une chose qu’il ne faut donc pas faire avec un EBA qui ne serait qu’une personne qui souffre. Et non un EBA natif, qui veut détruire en profondeur. Etre dans le néant, c’est être dans le Rien, et c’est terrible. Il faut que votre acte soit proportionné au sien. Parce que les EBA ne respectent aucune règle, et le fait que nous, nous en inventions, en agissant le plus justement possible, crée une règle, et un précédent. Cela ne veut pas dire que tous les EBA la suivront, loin de là. Cela veut dire que certains la suivront, par esprit de jeu, de défi. Et c’est mieux qu’aucun. Les anges ne trichent pas. Ne trichons pas non plus, ce sera tout à notre honneur aussi, puisque c’est à celui des anges. Ce qui ne veut pas dire que nous devions nous laisser faire.

A un EBA qui vient nous faire porter sa souffrance parce qu’il n’en peut plus, parce qu’il ne sait pas qu’il y a un ciel et des anges, il faut donner notre amour. Car c’est une lumière qui se tourne vers le ciel, comme un projecteur qui montrerait la direction. Et un EBA qui se tourne vers la lumière, ce n’est plus un EBA. Il est happé par elle et monte.

Nous devons aussi pouvoir nous dire que nous ne sommes pas des cibles. Que nous valons mieux que cela. Que nous ne sommes pas des gardons. Que nous sommes chez nous, et que nous entendons transformer ce monde qui nous appartient en quelque chose de meilleur. Nous pouvons réaliser que nous pouvons sortir de la rivière, nous planter devant celui qui cherchait à nous pêcher, devenir plus grands que lui, et, au lieu de le honnir, manger notre pique-nique au bord de l’eau, à côté de lui, et lui proposer un sandwich. Un sandwich au poisson/saumon, pourquoi pas ?

Quand nous serons beaucoup, ce sera quelque chose de bien plus facile maintenant, de se savoir plus grands. Car nous le sommes, mais nous ne le savons pas. Et les EBA, quand on les ressent, nous paraissent si lourds que nous ne croyons même pas que nous les dépassons. Nous ne pouvons même pas l’imaginer. Et pourtant ! L’EBA se gardera bien de nous le laisser voir. Il faut que nous soyons justement assez grands pour le savoir et le vivre.

Il faut que nous soyons légers pour que le lourd ne nous fasse plus sombrer, il faut que nous regardions vers le ciel, il faut que nous soyons joyeux. Que nous sachions trouver la joie quand elle nous est cachée. Et quand nous ne la voyons pas, il faut la créer. Quelle meilleure façon de la créer qu’en étant ensemble et réjouis de l’être, en ayant balayé tous les doutes ?

En étant ensemble, nous créons une énorme cible pour les EBA. C’est un danger. Oui, mais si nous restons dans l’amour, quoi qu’il arrive, si nous leur envoyons notre joie quand, par exemple, ils nous font douter de l’un ou de l’autre participant à cet ensemble, ou de tout l’ensemble, alors, nous ferons tant de lumière que nous verrons enfin que nous sommes plus grands. Et l’EBA se taira. Et nous ferons cercle sur l’herbe, et nous l’inviterons à partager un bon pique-nique. Certes, au début, il avalera peut être l’œuf dur de travers. Mais ensuite, il se régalera. A nous, seulement, de veiller à ce que le contenu de nos paniers repas soient délicieux. Pour ce jour-là. Et pour en profiter aussi.

Luc

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