Les violeurs d’enfants et l’Oedipe

3 octobre 2018

Mais comment, bon sang, les violeurs d’enfants font-ils pour parvenir à leurs fins ? Car finalement, les enfants sont, dans leurs familles, dans les écoles, sur Internet, à la télévision, largement sensibilisés à cette question des prédateurs qu’ils risquent de rencontrer. Trop, même, car cela crée des peurs pas forcément utiles et qui ont des impacts dans la vie de ces enfants, qui en auront même de plus en plus.

Les violeurs d’enfants ont une arme, sans même sans rendre compte : l’Oedipe. Car s’il est une erreur répandue dans les esprits, c’est bien de croire que l’Oedipe est résolu, terminé, cerné, dès lors que l’enfant apprend qu’il ne peut pas séduire son parent de sexe opposé. La résolution de l’Oedipe, mes amours, c’est une idée reçu, car l’Oedipe ne finit jamais dans une incarnation. Car il prend sa source dans l’Amour du J’aime, éternelle, intarissable, et est transformé par le conscient et ses différentes strates pour devenir vivable. Mais en réalité, quand l’interdit de l’inceste est donné aux enfants, l’Oedipe n’est que canalisé, stoppé, modifié, dénaturé. Et facteur d’une frustration profonde, à de multiples niveaux, qui évolue à mesure qu’on prend de la maturité puis de l’âge. Qui ne cherche pas, dans le partenaire idéal, un aspect majeur de ce qu’il a aimé dans son parent de sexe opposé ? Et s’il ne l’a pas connu, ou s’il y au eu rejet de part ou d’autre, qui ne cherche pas dans son amoureux(se) ce qu’il a imaginé, rêvé, attendu, de ce parent qui fait défaut ?

C’est aussi bien valable pour les homosexuels, qui, eux, voulaient séduire le parent du même sexe et qui s’y accrochent sans d’ailleurs nécessairement savoir d’où cela vient.

L’Oedipe suit une personne pendant toute sa vie. Elle ne fait que s’en accommoder selon des règles établies par la société et par elle-même, c’est un hérissement de barrières et de sens interdits. Donc, de frustrations tellement habituelles qu’elles deviennent blessures sans douleur consciente et qu’on ne se rend pas compte qu’elles n’ont pas le temps de cicatriser entre deux frustrations.

Ce qui se passe entre un violeur ou une violeuse et un enfant, c’est cette petite phrase non dite de l’agresseur, et qui est « Je suis un homme de l’âge de ton papa. Je te donne ce que papa (Marie précise qu’elle parle là du cas d’une petite fille qui est approchée par l’homme adulte mais si c’est un garçon, il suffit de dire maman à la place) ne t’a pas donné. Je te donne ce que la pseudo résolution de l’Oedipe t’a enlevé. »

La petite fille n’est pas du tout idiote. Elle sent d’emblée qu’on veut la mener vers un chemin qu’on lui a décrit comme dangereux mais, sur le champ, elle l’occulte parce qu’elle est conquise et irrésistiblement curieuse.

Elle n’écoute plus son ange gardien. Parce que la frustration de l’Oedipe a été si forte qu’elle se laisse aller, elle aimerait tellement que ce soit vrai, quelque chose en elle dit « Je vais vers « papa » ».

De son coté, l’agresseur ne se rend pas compte qu’une strate de son conscient est en train de jouer sur cette frustration de l’enfant ni qu’il est en train de se présenter et s’offrir en tant que papa. Il poursuit un but tout autre, c’est une seconde strate de son conscient qui le gouverne, bien au-dessus de la précédente, et qui fait appel à des pulsions sexuelles, hormonales, autant que psychiques.

Évidemment, ces strates sont parfaitement initiées à cela et contrôlées par les EBA, Esprits de Basse Ascension, mais si je dis cette chose-là, tous les psychologues attitrés tourneront les talons alors, je fais comme si je ne le savais pas, je dis ce qu’ils sont capables d’entendre.

La petite fille, dès le moment où l’adulte lui parle réparation de la frustration de l’Oedipe, efface le risque de sa conscience et parce que son père et cet homme deviennent faciles à confondre, elle confond aussi les intention et elle se dit « « Papa » est gentil, il ne me fera pas de mal ».

L’agresseur sait que l’attrait du mystère est hypnotisant. Comme lorsqu’on dit à un enfant qu’il est dangereux de toucher le four chaud d’une gazinière, alors, il le fait, parce qu’il n’a pas encore notion de ce «ça va faire mal » qu’on lui a pourtant bien expliqué, en long en large et en travers, la petite fille à qui ont a dit c’est dangereux de suivre n’importe qui peut le faire parce qu’elle ne sait pas ce que c’est que faire mal comme ça. Et parce que l’agresseur a trouvé des moyens de lui donner plus envie que lui faire peur.

Pour emporter la bataille, il joue alors sur un prétexte, un sujet qu’elle aime bien, qui la fait vibrer, pour détourner ses derniers scrupules. Il propose à la petite fille d’aller voir ses chiens par exemple, qui « savent tout faire, et qui sont tellement beaux et incroyablement intelligents. »

Et la petite fille monte avec lui dans la voiture. Et on ne la reverra plus !

Alors, tout ça, c’est bien triste, me direz-vous, mais que faire pour empêcher ça ?

Il faut le dire aux enfants, tel quel, mes amours, il faut leur dire sur quoi joue l’agresseur, il faut parler, avec des mots d’enfants, de ce qu’est la frustration et de ce qu’une personne mal intentionnée pour faire pour utiliser ça comme une arme. Il faut apprendre à vos enfants que s’ils se trouvent dans une situation d’amorçage comme cella là, ils doivent se dire très fort dans leur tête « Tu n’es pas mon papa, et tu n’es pas l’homme de ma vie. Lui, il viendra après et il sera cent millions de fois mieux ».

Il ne faut surtout pas oublier ce « il viendra après », parce que sinon, on bloque l’enfant, qui peut avoir là une sérieuse barrière pour une vie de couple.

Dire seulement « Ne va pas avec n’importe qui », non seulement ça ne suffit pas, mais ça crée un mystère, un point d’interrogation, qui agit comme une dépression, comme un siphon dans l’esprit, et qui donc aspire vers le bas, vers l’idée qu’il serait peut être formidable d’essayer. Comme regarder dans le vide donne le vertige.

Marie

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