Les pleurs et l'armure-3 février 2004

Les pleurs servent à faire fondre l'armure, le rire à la remplacer ou à abattre les adversaires.

Marie

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Marie parle ici de cette armure que nous endossons lorsque nous sommes blessés par les événements de la vie, et que nous sommes tellement habitués à porter que nous ne la sentons plus. Lorsque nous pleurons, cela fait « fondre » cette armure, et nous repartons plus légers. Le rire, lui, peut nous protéger plus efficacement que l'armure.

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C'est une arme très puissante contre ceux qui n'ont pas d'humour.

Marie

Luc : Qui nous donne l'avantage face à ceux qui nous ont fait endosser cette ou ces armures.

Cette phrase, personnellement, m'a fait beaucoup de bien. A force de toujours chercher autre chose que ce qu'on a, l'acquis disparaît sous les efforts pour obtenir autre chose, que ce soit aussi bien du matériel que du spirituel, ou une recherche de progression sociale. Cela ne veut pas dire qu'il faille s'arrêter définitivement sur le chemin, et vivre béatement sur ses lauriers ou sur ses acquis, cela veut dire que spécialement dans les moments difficiles, il faut savoir regarder ce que l'on a gagné, ou ce que l'on a à soi, pour avoir le courage d'entreprendre quelque chose de nouveau, et s'autoriser une pause plaisante, qui permette de se ressourcer.

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Si vous pensez que vous ne possédez rien qui vaille, dites-vous que vous avez et que vous aurez toujours votre âme. On ne peut pas réellement vendre son âme, et si on s'abaisse à le croire et à chercher à le faire, on peut toujours la racheter avec de l'amour. On ne peut pas voler une âme. Si vous pensez qu'on peut faire un contrat dans ce sens, c'est faux. Aux yeux du ciel, à l'heure de passer dans l'autre monde, le contrat sera nul, comme vous dites. Mais il faut donner de l'amour, et votre âme est amour. Dans les faits, on ne peut pas vous l'enlever, car c'est votre être profond. Vous seul pouvez vous en priver, par ignorance, jusqu'à ce que vous n'en puissiez plus de ne pas faire vibrer cette lumière qui brillera inévitablement en vous, d'elle-même.

Faites ce qu'il faut pour que votre âme soit jolie, profondément, sincèrement, à vos propres yeux. Vous n'aurez plus la même impression de ne rien posséder, de n'être pas assez grand.

Le monde qui vous entoure se construit autour de votre âme. Petit à petit ou d'une façon fulgurante. Plus votre âme saura se contenter d'éléments simples, plus vous aurez le potentiel d'être heureux. Plus vous ajouterez des éléments de décors douteux et compliqués, et qui demandent de la matière, de l'argent, plus vous accentuerez votre course vers l'ustensile, et donc, plus vous fuirez la simplicité nue de votre âme, et moins vous pourrez satisfaire vos besoins, et moins vous aurez de joies et de repos spirituel.

Marie

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Cela me fait penser à la chanson Foule sentimentale d'Alain Souchon. « On nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir, de l'avoir plein nos armoires... » alors que dans ce que nous porterons au ciel dans notre âme, il n'y aura « que des choses pas commerciales ».

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28 mars 2004

Question de F. :

Votre explication concernant le fait que les pleurs servent à faire fondre notre armure m'a aussi donné à réfléchir, et je me suis demandée pourquoi, pour certains (comme moi), pleurer les fait se sentir tellement misérables, vulnérables et honteux ? On dirait que toute énergie s'est soudainement tarie et il faut alors du temps pour recharger ses batteries.

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Il est difficile de sortir de l'armure, de s'en sentir débarrassé, même momentanément, parce que, alors, on se sent nu, sans protection, exsangue, si l'effort de pleurer a été très grand, car c'est un effort que d'enlever cette armure. Vous vous sentez alors désarmé, et les mots misérables, vulnérables, sont à rapprocher du « rien », du « nu » en question. La honte, c'est une pudeur de l'âme, mêlée au fait que vous n'arrivez pas à vivre sans votre armure, que vous ne savez pas encore qu'on peut la revêtir et la retirer à volonté. C'est un manque de confiance en soi, qui vient, non pas de l'épreuve qui fait pleurer, mais de l'incapacité apparente à vivre sans armure, et donc à affronter les événements en étant soi-même, ce qui ressemble au poids d'une fatalité. Vous croyez : « je ne parviendrai pas à m'affirmer, à vivre, sans me cacher derrière quelque chose ». Mais il n'y a pas lieu d'avoir honte, il suffit d'apprendre à enlever et remettre son armure, et vous reprendrez confiance en vous.

Marie

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