Les passeurs-16 mai 2010

Il y a des gens, dans le monde que vous avez construit, qui sont dans une misère extrême. Mais ce n'est pas tant sur eux, et leur pourtant terrible pauvreté, que je veux attirer votre attention et vous proposer d'étudier une forme de compassion. C'est sur les passeurs. Car eux aussi sont à plaindre.

Ils ont bâti des réseaux pour que les plus pauvres puissent quitter leur pays, afin d'aller travailler clandestinement dans d'autres, plus riches. Pour ce faire, ils exigent de ceux qu'ils font passer ainsi des sommes d'argent qui sont si considérables qu'il faudra travailler des années pour rembourser. Et ceux qui sont victimes de ce système, de simples pauvres, deviennent, en plus, esclaves.

« De quoi ? » vous dites-vous. « Marie nous demande d'avoir de la compassion pour ceux qui sont bourreaux ? Mais où va-t-on ? »

Il est vrai qu'en vous parlant de cela, je sais que je ne vous apprends rien. Mais il n'en sera peut-être pas de même si je vous dis qu'une fois passés de vie à trépas, arrivant au-delà d'une frontière dont ils n'ont qu'une idée très fausse avant d'y parvenir, un passeur les accompagnera à leur tour : leur ange gardien. Il leur ouvrira, gratuitement, les portes de leur essence profonde, de leur part de Dieu, et quand les passeurs/bourreaux verront combien ils l'auront gâchée, salie, ils sauront instantanément quel terrible travail les attend, pour rattraper cette immense erreur. Ils comprendront que tout cet argent mal gagné devra être remboursé au centuple, et cela, ils le sauront d'eux-mêmes. L'évidence leur sautera aux yeux. Ce ne sera pas Dieu qui les punira. Et ils verront aussi que comme l'argent n'existe pas dans l'autre monde, c'est avec des éléments bien plus difficiles à trouver que la monnaie qu'ils devront réparer.

Ils seront alors infiniment plus pauvres que ceux qui, sur terre, n'ont pas d'argent, ou trop peu, mais gardent l'amour dans leurs âmes. Au point de partir à l'étranger pour nourrir leur famille, et finalement tomber dans ce piège ignoble.

Ayez de la compassion pour les passeurs, parce qu'ils souffriront tant de leur prise de conscience que cela retardera le moment où ils auront réparé, et où ils s'estimeront dignes de se tourner à nouveau vers l'amour, vers le Père. Et le Père aime tous ses enfants, comme Il vous aime vous. Ayez de la compassion pour eux, parce que si l'évocation que je fais de leurs sombres agissements vous pousse, bien naturellement semble-t-il, à les juger mal, et à les haïr, alors, la haine que vous leur donnerez sera un frein supplémentaire lorsqu'ils seront au ciel. Mais aussi pendant leur vie, car la haine est très facilement relayée, amplifiée, et inconsciemment, la haine de milliers d'âmes ferme encore plus les yeux de ceux qui agissent mal. Et ce, durant leur incarnation.

Avoir de la compassion pour eux ne veut pas dire que vous approuverez ce qu'ils font, et ne vous empêchera pas de dire qu'il faut que cela cesse. Mais si vous n'avez qu'un mouvement contraire, vous n'aurez pour résultat que de faire fuir la conscience de celui que vous visez. Il faut comparer cela à une coquille d'œuf tombée dans le blanc, que vous devez séparer des jaunes, dans un grand bol. Si vous posez le doigt vers cette coquille pour l'attraper, le seul fait de tremper le doigt repoussera la coquille. Et la rendra plus difficile à prendre. Comme lorsque pour répondre à la peur de l'étranger, un gouvernement multiplie les policiers et les lois, cela n'a pour effet que de repousser le problème jusqu'à ce qu'on ne le voie plus, mais cela ne le règle pas. Le problème reste sous-jacent, couve, jusqu'au moment où il explose.

Ce que je veux vous dire, c'est que si vous voyez des gens qui commettent des exactions, et que l'on pointe du doigt pour cela, vous pouvez comprendre que ce doigt repousse la coquille, mais ne l'attrape pas.

Avoir de la compassion pour celui qui est pointé du doigt, ce n'est pourtant pas obligatoirement abonder dans son sens, et c'est aussi pouvoir maintenir son désaccord avec lui. Mais c'est créer un courant d'âmes qui unit, qui fait se rejoindre, et qui tourne vers la lumière. C'est tout à fait inconscient. Et cela paraît donc illusoire et bien gentillet. Je vous le dis, cela aide. Cela va dans le bon sens. Même si ça semble contraire, justement, au bon sens.

Crier contre quelqu'un n'a jamais eu que trois résultats possibles : soit l'écraser sous un joug jusqu'à ce qu'il en sorte violemment aux dépens de l'écraseur ; soit l'écraser à le tuer, jusqu'à ce qu'une autre personne le venge ; soit le faire crier plus fort que vous.

Et quand on est écrasé, quand on se venge, quand on crie, personne n'entend personne.

Réfléchissez-y.

Marie

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