Les paroles et les écrits

Vous dites « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Ce qui veut dire que vous ne pouvez, au final, vous reposer que sur ce qui a été écrit. Mais au ciel, il y a beaucoup de choses qui sont, heureusement, à l’envers de ce que vous connaissez sur la terre. Au ciel, il n’y a pas de matière. Si vous voyez une maison, en arrivant au ciel, c’est celle qu’une âme veut vous montrer comme sienne, parce qu’elle lui ressemble, et parce que c’est ce qu’elle veut que vous connaissiez d’emblée en elle. Si vous voyez un visage, c’est la même histoire. Quand vous me rencontrez au ciel, je vous montre le visage qui me plaît et qui vous parlera le mieux. On peut tout faire au paradis. Heureusement, sinon, ce ne serait pas le paradis. On peut tout faire, sauf ce qui nous remettrait dans les affres de la terre. Par exemple, comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas d’argent, au ciel. Mais vous pouvez tout y faire, alors, si la fantaisie vous en prenait, vous pourriez recréer l’argent au ciel. Mais il vous apparaîtrait alors si stupide, inutile, que vous y renonceriez avant même de le créer.

Pour en revenir aux paroles et aux écrits, et à ce qui est à l’inverse de la terre : ici, au paradis, les paroles restent les écrits s’envolent. Il n’y a pas de matière, il n’y a pas de feuille de papier. Et ce serait inutile d’en créer, puisque la parole est là, et ne s’efface jamais de ce qui Est. Quand je vous aurai rappelé que Dieu est dans la parole, alors, vous comprendrez que la Parole est ce qui reste, de toute éternité.

La religion vous a donné les écrits, qui ont été déformés, et qui vous ont plongés dans l’erreur et le panurgisme. Les paroles, une fois nées, restent telles qu’elles sont. Bien sûr, sur la terre, vous pouvez les déformer comme vous déformez les textes. Mais une fois dites, sur la terre ou au ciel, elles sont ce qu’elles sont, immuables pour l’âme, qui pourra les retrouver en un clin d’œil, même si elles datent de Charlemagne ou de Cro-Magnon. L’âme peut les retrouver telles qu’elles ont été dites. Telle que Dieu est re-né dans des millions de bouches à chaque fois que vous avez parlé d’Amour.

« Au début était le Verbe », disent les écritures, et pour une fois, celles-ci sont la réalité pure. Dieu, qui est Amour, est né du son, du rire, de la parole. Parce que la parole est l’instrument qui permet de communiquer l’amour. Sans parole, Dieu ne peut pas aimer et faire que l’Amour se répande. Sans la parole, sans le son, sans le rire, Dieu n’est pas Tout-Puissant. Donc, il n’Est pas.

Comme Dieu Est, et qu’il Est Tout-Puissant, la parole est Divine.

Et les paroles restent, quand les écrits finissent par moisir.

Marie

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