Les contes pour enfants

Luc : J'entendais à la radio, une femme dire que selon les psychologues, il était bon de raconter aux tout-petits des contes, même et surtout effrayants, car cela leur permettait de dépasser leurs craintes de la mort et leurs craintes en général, puisque l'enfant, s'identifiant au héros, se tirait de situations difficiles avec lui. J'ai demandé à Marie ce qu'elle en pensait, et voici sa réponse :

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Les contes de fées vous mènent presque invariablement dans un scénario où le héros ou l'héroïne, c'est-à-dire à peu près vous, fait tout ce qu'il peut pour vivre une autre vie, une vie meilleure. Dans La Belle et la Bête, par exemple, le monstre renaît à la vie normale parce que sa bonne conduite lève une punition de magie noire. Cendrillon, de souillon passe à princesse, comme Blanche-Neige, et ainsi de suite. Le petit Poucet a un père infanticide, l'ogre mange ses filles, et tout cela porte des symboles. Ce qui est étonnant, ce n'est pas qu'on montre à travers Cendrillon, ou la Belle et la Bête, que la réincarnation existe, mais c'est le fait que ceux qui racontent les histoires ne comprennent pas le sens des paroles qu'ils transmettent.

Refaire sa vie d'une façon magique. Avoir droit à un nouveau départ. N'est-ce pas assez négatif de dire à un enfant qu'il doit tout recommencer avant même de se satisfaire de ce qu'il a ? Le bonheur étant le fait d'être heureux de ce que l'on a, un enfant insatisfait aurait donc plus de difficultés à être heureux. « Ce que tu n'as pas dans cette vie-là, tu peux l'avoir si tout change pour toi par magie ». N'est-ce pas là apprendre à l'enfant à attendre de la providence ce qu'il souhaite ou ce qu'il faut souhaiter, et donc le mettre dans un schéma où il ne fera pas son bonheur lui-même ?

Les adultes continuent à appliquer ce schéma avec des films où l'on voit dans la plupart des cas des situations dramatiques être rétablies, ceci étant l'archétype des films américains où bien souvent un seul homme sauve l'humanité. Ceci prouve clairement une chose, qui vous crève les yeux et que pourtant vous ne pouvez accepter si vous n'êtes pas ouvert spirituellement, et si vous restez dans le schéma des contes pour enfants : vous avez « l'inconsciente conscience » du fait que la réincarnation existe et que vous seul pouvez faire un monde meilleur de celui qui est le vôtre.

Alors ? Faut-il raconter des horreurs aux petits enfants ?

Faut-il augmenter les doses de violences jusqu'à obtenir des paroxysmes de stupidité à l'âge adulte ?

La réponse n'est-elle pas dans la question ?

Marie

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