Le rire est un péché !-27 août 2012

Comme je vous l’ai déjà dit sur ces pages, que j’appellerai désormais ma Maison, la naissance de ce qui EST, donc, de Dieu, s’est faite par ce que vous nommez le big bang, ou ce que l’on décrit en disant « Au commencement était le verbe », et qui était en réalité le premier rire de Dieu, se créant tout seul, et faisant donc son premier miracle, alors qu’auparavant, il n’y avait rien. Donc, vous pouvez, avec bon sens, en déduire que Dieu aime rire. Et que donc, plus vous rirez, mieux cela sera.

C’est juste. Plus vous riez, plus vous entrainez autrui dans la dynamique de la joie, plus vous faites votre prolongement à l’œuvre globale de Dieu. Cependant, j’attire votre attention sur un point très important. Détourner un miracle est un acte très grave. Et si nous avions vraiment écrit les dix commandements, nous aurions ajouté, tout en haut de la liste :

« Tu ne riras pas cruellement de ton prochain aimant ».

Car lorsque vous vous moquez de celui qui aime, lorsque vous cherchez à le tourner en ridicule, vous vous moquez de Dieu. Et, malheureusement, pour une fois, cela ne le fait pas rire.

En revanche, vous pouvez rire cruellement de votre prochain s’il n’est pas aimant. Brossez, en 1940, un portrait comique d’Hitler, vous ferez rire Dieu.

Car dans ce cas, votre rire devient une arme, et elle est bien moins dangereuse mais peut être aussi efficace moralement parlant que des fusils, des canons, ou mêmes des coups de poings ou des insultes.

Marie

-----

Marie, je ne comprends pas tout. Je ne vois pas en quoi un rire cruel peut être positif ? A partir du moment où je mets de la cruauté dans mon rire, il y a quelque chose en trop. J’associe la cruauté à la méchanceté. Ce qui mettrait de la méchanceté dans mon rire. Et j’ai du mal, avec cette idée. Est-ce juste un problème de terminologie.

Anne-Sophie

-----

Anne-Sophie, le rire cruel ne doit être employé que si la situation s’y prête ou l’exige. Par cruel, j’entends un rire qui dissèque. Et qui est prêt à user du scalpel le plus aiguisé pour aller opérer le mal là où il est. Si, en classe, tu dissèques une grenouille vivante, c’est extrêmement cruel pour la grenouille. Et c’est une pratique courante. Le Mal (tu remarqueras la majuscule) se place toujours tout à coté du Bien, comme une mauvaise herbe qui se noue à une fleur, pour qu’en arrachant la mauvaise herbe, on arrache aussi la fleur. Il faut analyser, observer, disséquer un problème vivant, lorsqu’il devient très dangereux, comme c’était le cas en 1940. Il faut être pointu comme un scalpel. Aiguisé comme lui ! Sinon, tu arraches le Bon avec le Mauvais. Il y a toujours un moment où, lorsqu’on te frappe sur la joue droite, tu tends la gauche pour donner une chance, ou plusieurs, à celui qui t’agresse, de cesser de le faire. Mais si cela ne fonctionne pas, il arrive aussi toujours un moment où il faut stopper le bras qui te frappe. Et si ce bras est cruel, arrive aussi le moment où il faut être cruel. Sinon, ton adversaire, en face de toi, ne comprendra pas, en ne se voyant pas dans un miroir, le tien, combien il a été cruel lui-même, en premier. Et il recommencera.

Demande aux allemands de ta génération ce qu’ils pensent de ce qu’ont fait leurs pères et leurs grands-pères. Beaucoup n’ont compris, en profondeur, quelle catastrophe ç’avait été, que parce qu’ils ont été placés en face de leur violence, dans un miroir cruel.

Si le rire peut remplacer les bombes, alors, oui, même cruel, il fera rire Dieu. Si ce rire-là arrive après avoir tendu l’autre nez rouge.

J’ajoute tout de même ceci, qui t’apaisera. Au paradis, il n’y a pas de rire cruel.

Marie

Table des messanges