Le refus de reconnaissance

13 août 2018

Luc : En lisant avec délectation le livre de Jean-Claude Brialy Le ruisseau des singes, je tombe sur un passage qui me touche spécialement car il me rappelle nombre d’expériences vécues. A noter qu’à mesure de la lecture, j’ai commencé à recevoir des messages de Jean-Claude Brialy, depuis là-haut, dans lesquels il ajoute des commentaires, des idées, des points de vue.

Il raconte comment il a entendu parler par un ami d’une famille en difficulté, une femme seule avec plusieurs enfants et comment, spontanément, sans qu’on lui ait rien demandé, et sans avoir vu ni cette femme ni ces enfants, il a proposé de recueillir cette famille dans sa maison. Il relate ensuite comment il a proposé à la mère d’élever les enfants avec elle, de les aider, et comment, pendant des années, il avait pu vraiment le faire, s’occupant avec beaucoup d’amour des enfants. Puis, il raconte encore comment il a été frappé par la suite : quand la mère a trouvé du travail et est partie, elle a emmené ses enfants, et il n’a plus jamais eu la moindre nouvelle de qui que ce soit de cette famille. Pas d’appel, pas de lettre, rien.

Il ajoute combien il avait été bouleversé et qu’il en était sorti cassé.

Ayant, pour ma part, rencontré plusieurs fois des refus de reconnaissance parallèle au sien, j’ai évidemment compati à sa grande douleur sur ce point.

Il a tenu à m’expliquer comment il avait fini par comprendre tout cela, en montant au ciel et en ayant accès à la conscience puis à la connaissance globale.

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Je ne m’étais pas rendu compte, de mon vivant, de la source exacte et réelle de ma souffrance. Quand on a accès à la conscience globale (voir cette expression dans la liste des messanges, note de Luc) on voit tout à coup par quoi on est passé et pourquoi et c’est valable aussi pour ceux avec qui on a été en interaction humaine dans la vie, on voit ce qu'ils ont ressenti. Et ce qui m’a sauté aux yeux, une fois là-haut, c’est que je n’avais pas tellement souffert de cela dans mon égo. C'est-à-dire que ce n’était pas tant mon orgueil qui avait été touché, ni le sentiment d’avoir été dupé ou je ne sais quoi, non, ce qui s’est passé, c’est que je recevais la peine de leurs J’aime. La tristesse profonde qu’il y avait à gâcher ce qui aurait dû être cultivé comme les plus belles fleurs d’un jardin. Et mon J’aime recevait leur grande peine, il en souffrait. Il est très rare que les J’aime souffrent, ça n’arrive que quand il y a des gâchis comme ceux-là, parce que spirituellement, c’est un terrible manquement ! Une erreur fatale, parce qu’alors, toutes les marches qu’on a pu gravir jusque là, on les dévale à la fin de sa vie et il n’y a rien de pire pour un J’aime, car toute vie a le but d’une élévation spirituelle. C’est, dans ce cas, avoir vécu pour rien. C’est dans des cas comme ceux là qu’il faudrait pouvoir se rendre compte que ce qu’on ressent de détresse commence, nait en nous, oui, mais la vague de notre détresse est vite mourante, rejointe par celle de la détresse de l’autre ou de l’autre. Détresse inconsciente, totalement. L’autre ne sais pas que son J’aime souffre. Mais pour celui qui, comme moi, écoute souvent son J’aime, c’est la catastrophe. Il aurait fallu que j’y sois sourd pour passer facilement le cap. Mais on ne peut pas faire sincèrement le métier que j’ai fait sans avoir cette sensibilité, tout aussi inconsciente, à son J’aime.

Quand, en montant là-haut, j’ai compris tout ça et j’ai enfin commencé à respirer. Parce que je n’avais rien gâché, pour ma part, et c’était à ces personnes de travailler pour que leurs J’aime aillent parler à leur conscient, afin qu’ils réparent ce gâchis. J’avais un point au cœur qui a disparu, là, et que le baiser du Père a fini de soigner.

Jean-Claude Brialy

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J’ajoute une réflexion que l’on peut se faire en conclusion de cet épisode malheureux, et de tous ceux qui lui ressemblent et qui sont si nombreux… L’aide que vous recevez est perçue différemment selon les cas, elle est acceptée ou non, parfois même refoulée, comme ici, a postériori. Cela dépend de la situation. Il faut comprendre une chose qui compte : quand celui qui vous aide est une personne anonyme, comme quelqu’un qui donne un conseil sur Internet, par exemple, vous n’estimez pas avoir de comptes à lui rendre. Vous ne lui dites même pas merci, la plupart du temps, et cela s’arrête là, vous l’oubliez, ce qui déjà n’est pas très sympathique.

Mais si vous estimez, à tort ou à raison, que vous avez des comptes à rendre à qui vous a aidé, là, il y a un boulevard ouvert au rejet ! Parce qu’il y a crainte d’avoir honte de ne pas avoir fait les choses par soi même, de devoir son avancée à quelqu’un qu’on connait, qu’on peut regarder dans les yeux. Des yeux devant lequel on a l’impression qu’on devrait s’humilier, baisser les siens.

C’est l’orgueil, le moteur de tout cela, et ce sont les EBA qui le font enfler, cet orgueil. Ils triomphent, ils adorent ça, de vous voir couper d’une vraie amitié, et d’une grande aide potentielle, parce que vous écoutez votre orgueil, vos peurs, votre conscient, au lieu de laisser votre J’aime prendre les rênes.

Mes amours, n’oubliez pas : il est primordial, en effet, de faire les choses par soi-même. Alors, pourquoi êtes vous si nombreux, si souvent, à tout faire pour que d’autres fassent le boulot à votre place, pourquoi voulez-vous être servis si c’est pour avoir à vous le reprocher à vous-même ensuite ?

Si vous choisissez d’être servis, alors, prenez cette aide qui vous est offerte, et ne la gâchez pas par la suite. Assumez votre choix. Ayez ce courage. Votre J’aime vous le rendra.

Marie

Table des messanges