Le père Noël est un gros EBA-7 décembre 2008

Beaucoup d’entre vous passent dans les magasins en ce moment, et ne voient rien à redire à ces séances photos avec le père Noël. Peu, parmi vous, voient que le père Noël est un gros EBA plein de poils. Parce que c’est joli, parce que ça fait rêver les enfants, vous laissez faire quelque chose qui est un point de départ très important à l’une de vos principales gangrènes : la société de consommation.

Etonnant que, sachant que c’est un mensonge, vous le transmettiez à vos tout-petits comme une vérité, alors qu’ils sont si vulnérables, perméables, et en confiance. Comment voulez-vous qu’ils se rebellent à bon escient par la suite contre ceux qui les abusent, si vous cautionnez cela, pire, si vous leur montrez que vous suivez l’exemple de ce mensonge ? Si vous l’entérinez ? Pourquoi suivre les moutons ? Est-ce une bonne éducation ? Une bonne éduction, c’est apprendre à l’enfant à devenir un jour indépendant. Et pour cela, il lui faut un esprit critique. Quel triste exemple, pour lui, de voir que ses parents l’ont bernés, et se font aussi berner ! Combien d’entre vous se souviennent de leur déception, lorsqu’ils ont appris la vérité ? De leur impression de ne plus être en sécurité au milieu des adultes ? De ne plus savoir que croire ? Ce n’est pas du tout anodin, cela. Car ce sont les bases, et beaucoup se jouent avant cinq ans, chez les enfants. Oh, bien sûr, « on en guérit, ce n’est rien ». En êtes-vous si sûrs ?

Qui dirait à son petit enfant « Va voir, là bas, il y a plein de lumière ! », et le laisserait ensuite se retrouver seul dans le noir ? En disant « Je fais cela pour lui. Il est trop mignon ». Qui pourrait apprendre dès le départ à un petit enfant que cette lumière, ce sont les néons des supermarchés, alors que la vraie est avant tout spirituelle ? Qui pourrait alors s’étonner ensuite qu’un enfant grandisse, cherche la lumière, et se trompe constamment, souffre de prendre des vessies pour des lanternes ? Le père Noël n’est-il pas un moyen de vous toucher par le cœur pour obtenir de vous la matière ? Et cela, en passant par vos enfants ! Le père Noël est-il le seul rêve que vous puissiez offrir à vos enfants ? Ne vous étonnent-ils pas en rêvant tout seuls, d’une façon que, d’ailleurs, vous enviez ? Pourquoi diriger leurs rêves dans un sens qui vous échappe, et qui vous mène à souffrir vous-mêmes des manques qui en découlent, qui crée les inégalités, la pauvreté et la trop grande richesse ? Est-ce un enseignement, cela ? Mes amours, je vous le demande, comment en sortir ensuite ?

Vous n’osez pas avouer la vérité à votre enfant ? Ah. Alors, oui, je comprends, je me tais, il y a peut-être des enfants qui me lisent. Et c’est bien connu, il ne faut pas dire la vérité aux enfants. Cela fait trop mal. Attendons plutôt qu’ils soient en âge d’avoir mal. Mais, mes chers tendres, s’il n’y a pas de mensonge, il n’y a pas de mal ! Et il peut rester les rêves. Prenez-en de la graine, des rêves des enfants, voyez comme leur esprit est libre ! Pourquoi les attacher avec des sornettes que vous présentez comme des réalités ? Avez-vous vraiment l’impression que l’enfant saura que cet amour vient de vous, s’il vient d’un père Noël qui n’existe même pas ? Qui est-il, cet étranger, quelles sont ses motivations ? Aimer, c’est donc seulement offrir un cadeau ? Alors, pourquoi papa et maman ne peuvent-ils pas le faire ? Ils n’en ont pas les moyens, les pauvres ? Pourquoi un bonhomme de neige serait-il celui qui a le privilège de donner ? Devant ce piètre exemple d’amour factice, quand l’enfant grandira, où ira-t-il chercher son amour ? En s’achetant des choses, pour compenser ses manques affectifs, n’est-ce pas ? Cela ne vous rappelle rien ? Et il s’apercevra qu’il n’a toujours rien, finalement, il verra bien que le trou subsiste, qu’il est impuissant à le remplir, et il se dira qu’il est bon de laisser faire cet abominable homme des neiges, lorsqu’à son tour, votre enfant aura des enfants. Comment même pourra-t-il se rendre compte qu’il a de l’amour vrai en lui ?

Ahhh, les rêves des enfants… Que c’est beau ! Faites des rêves originaux, à vous deux. Racontez-lui de belles histoires, vous verrez que si vous vous faites confiance, vos histoires viendront toutes seules, car vous créerez à deux, sans vous en rendre compte, vous serez en osmose.

Le père Noël est un gros EBA, habillé en rouge, et pourtant, vous ne le voyez même pas ! Car si le père Noël est un bien pauvre rêve, l’EBA, lui existe réellement !

Marie

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8 décembre 2008

Le secret du père Noël

Vous comprenez ce que vous dit Marie, mais vous n'osez pas, vous ne savez pas comment faire pour ne pas décevoir votre petit enfant ? Vous pensez qu'il est trop tard pour lui annoncer la vérité, et qu'il aurait l'air idiot, au milieu des autres enfants ? Dites-lui la vérité, mais celle à laquelle vous n'avez pas pensé : parlez-lui d'amour ! Les enfants comprennent tous cela, encore plus facilement que les adultes.

Dites-lui, « Tu vois, nous t'aimons plus que le père Noël.

Alors, à partir de maintenant, c'est nous qui te ferons des cadeaux. »

Quand il aura assimilé cela, vous pourrez lui dire encore :

« Comme on t'aime beaucoup, beaucoup, on va te dire un secret rien que pour toi. Tu sais, le père Noël, eh, bien, nous, Maman et Papa, on n'est même pas sûrs qu'il existe ! Si ça se trouve, les gens croient que c'est vrai, mais chaque fois qu'on le voit à la télé, ou dans les magasins, ce n'est jamais le même. Regarde bien la prochaine fois. Il change de visage ! Ne le répète à personne pour le moment, il y a beaucoup d’autres enfants qui n'ont pas vu ça, ils ne comprendraient pas. Mais dis-toi que toi, tu as un vrai secret, et si on se moque de toi à cause de ça, dis-leur que ton secret, c'est un cadeau que ta maman et ton papa t'ont donné parce qu'ils t'aiment plus que le Père Noël. »

Jésus

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14 décembre 2010

De tous temps, l’homme a vénéré des dieux. Sans même savoir s’ils existaient, puisqu’ils n’en avaient pas plus de preuves avant que maintenant, ils y croyaient. Aujourd’hui, regardez quels sont vos dieux ? Celui dont on parle le plus, à une certaine période de l’année, c’est le père Noël. Oui, le père Noël est adulé comme un dieu. Il est attendu comme le messie, apportant le bonheur à ses fidèles, et ne promet aucun enfer. Il descend par la cheminée, avec ses cadeaux qu’il met dans des chaussettes, et... Pardon ? Vous n’y croyez pas ? Oh, excusez-moi, j’étais partie sur une envolée... Pourtant, ne lui sacrifiez-vous pas une grosse partie de votre salaire ? Vous ne croyez pas à l’argent, peut-être ? Ce n’est pas une chose réaliste ? Si ? Bon, nous sommes d’accord sur quelque chose, au moins ! Oui, l’argent est une chose sérieuse, sur laquelle est bâtie votre façon de vivre. Alors, qu’est-ce qui fait que, l’argent étant si important pour vous, vous en consacriez autant à quelque chose en quoi vous ne croyez pas ? Pour faire marcher le commerce ? Ah, ouiii, pour les emplois, les métiers que cela engendre ! Suis-je bête. Le sacro-saint travail !

Mais, j’ai encore une question : pourquoi, vous qui êtes si nombreux à ne pas aimer le vôtre, vous qui y allez en métro-boulot-dodo, et qui ne voyez en lui qu’une source de revenus et de conflits, de stress, qu’un lieu où on vous rabaisse, tenez-vous tant à le garder, ce travail, tel qu’il est ? Pourquoi garder ces métiers qui ne servent qu’à alimenter la roue de la fortune de Noël et les autres ? A fabriquer ces objets, qu’on ne voit qu’à ces périodes, qui sont étalés dans les galeries marchandes des grands magasins, par exemple, et qui sont laids, tout à fait inutiles, et qu’on ne regarde jamais une fois qu’on les a posés dans sa maison ? Pourquoi se battre pour garder un travail, quand ce travail n’est pas fait pour vous ? Ni pour personne, d’ailleurs ? Ne serait-il pas plus judicieux de faire ce pour quoi vous êtes fait(s), et qui vous assurerait la joie de tous les jours ? Comment ? Parce qu’il faut bien ? Ah, oui, en effet... Donc, on va dépenser ses sous, à Noël, parce qu’ « il faut bien » ? Excusez-moi, vous savez, je suis un peu extraterrestre, moi qui vis au ciel, et en qui vous ne croyez pas, parce que vous n’y êtes pas obligé pour des choses sérieuses et importantes comme garder votre travail, et donc, je ne comprends pas toujours tout. Mais je vais essayer, là, maintenant.

Ce « Il faut bien »... Quelle corvée, dites-moi !... Non ? Ce n’est pas une corvée ? Alors là, je ne saisis pas, racontez-moi ça... Parce qu’il y a les cadeaux !? Ahhh ! Oui, très bien, les cadeaux. Ces choses qui seront usées en deux ans, deux mois, deux semaines, quand ce ne sera pas en deux minutes !

Ces rasoirs, ces briquets, ces flacons de parfum, ces habits... Toutes ces choses qui vous servent à paraître. A garder, en plus de votre travail, un joli masque. Ces jeux électroniques qui vous enferment dans une bulle, et qui vous évitent de voir comme la vie est dure, parce qu’il faut travailler pour vivre, et parce que la société se déshumanise complètement. Oui, vous avez raison, je vous comprends, au lieu de vous humaniser, laissez les autres le faire, laissez les autres décider pour vous de ce que vous devez faire, laissez-les vous dire qu’il est bon de faire marcher le commerce, de fêter Noël comme de braves petits agneaux consommants et consommables, et soyez fiers avec tout le monde des bilans d’achats qui sont donnés ensuite, et qui vous prouvent que vous êtes riches. Enfin, que vous l’avez été, avant de dépenser tout cela. Et qu’il faudra faire bien attention à être riche pour les prochaines dépenses obligatoires que le marketing invente encore et encore. Quitte à emprunter ! Quitte à demander une richesse d’avance, pour mettre sa pauvreté sous le tapis.

Oui, oui, vous avez raison, vive le père Noël ! Et surtout, ne regardons pas, dans les cœurs, les cadeaux qu’on pourrait y trouver. Ne cherchons pas à nous réveiller. Parlons croissance, parlons chiffres... Ah, vous ne croyez pas non plus à la croissance ? Moi non plus, le monde est une peau de chagrin, ma pauvre dame, allons, allons. Mais parlons d’autre chose, parlons bénéfices nets, parlons augmentations, pour acheter encore plus de cadeaux et faire marcher la machine, mettons-la à fond, cette machine, quitte à faire exploser la chaudière, ouaiiis ! Allons-y, foutons le feu au monde ! Parce qu’ « il faut bien », comme d’autres vous diront qu’il « faut bien » des guerres, des famines et des maladies, pour ne pas surpeupler la terre. Ils sont tout à fait logiques, ils ont bien raison, sauf, bien sûr, si ce sont eux qui devaient mourir. Pardon ? J’ai dit « foutons » ? Ah, Marie n’a pas le droit de le dire ? Et pourquoi ? Vous le dites bien, vous, pourtant. Tout le temps. Si je veux être à la page, vous comprendre, ne faut-il pas que je fasse comme vous ? Que j’utilise vos vocables ? Il « faut bien », non ? Ou alors, je suis encore perdue.

Le vrai gros mot, est-ce « foutons », ou est-ce « père Noël » ? Dans mon monde, en tous cas, c’est bien le second, qui est un terrible gros mot !

Il « faut bien » un père Noël, avec sa jolie petite musique, vous savez, jingle bells, jingle bells, tra la la la la... C’est très entraînant. Mais je suis surprise de voir que la religion du père Noël est la seule, à ma connaissance, qui soit aussi limitée et répétitive, musicalement. Même dans les rituels les plus lassants, je n’en ai pas vu d’aussi gnangnan. Mais si les magasins, les radios, les télés passent cette musiquette non-stop en décembre, alors que vous la chantez à peine, ça doit être parce qu’ « il faut bien ». Non ?

Continuez. Le père Noël vous exaucera. Continuez à dire que vous y croyez alors que vous savez qu’il n’existe pas. Mais ce qui m’étonne, tout de même, c'est que... Oui, mais là, je ne vous mettrai pas dans l’embarras de vous demander de répondre à cette longue question qui vient, à laquelle vous seriez, je crois, bien en peine de donner une clé sans beaucoup de réflexion. Si ?

Si, d’une part, alors que depuis la préhistoire, les gens qui voulaient un Dieu y croyaient, mais ne pouvaient le savoir, vous savez, vous, que votre dieu père Noël n’existe pas, et si vous faites tout de même ce qu’il vous dit de faire, si, d’autre part, vous aimez vos enfants et vous détestez le mensonge, ceux qu’on vous fait comme ceux qu’on vous pousse à faire, comment se fait-il que finalement, vous leur fassiez croire, à vos enfants tant aimés, à ce qui n’existe pas ? Que vous les fassiez prendre en photo avec ce dieu-là ? Que vous leur inculquiez les caprices qui vous énervent tellement, et pour lesquels vous leur donnez parfois de sévères corrections ?

Comment ne vous étonneriez-vous pas, ensuite, qu’ils en arrivent, une fois adultes, à croire comme vous en les manipulations de la politique, au marketing, en tout ce qui vous cause tant de misères, comment ne voulez-vous pas qu’ils en arrivent, eux aussi, à dire, en baissant la tête, « Il faut bien » ? Comment pouvez-vous faire cela à vos enfants ?

Et comment pouvez-vous tolérer cela pour vous-mêmes ?

Un peu de dignité, mes amours. Mettons le père Noël, et tout ce qui lui ressemble, là où finissent si vite ses jouets et ses cadeaux. Une bonne foi (sans S) pour toutes.

Marie

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