Le péché de gourmandise- 9 avril 2012

Question d’Anne-Sophie

A propos du péché de gourmandise, quand on pose la question à des prêtres de ce que c'est, ils ne répondent pas tous pareil. Il y en a un qui m'avait dit que c'était se resservir alors que c'est inutile (= tu n'as plus faim), et un autre, lui, considérait qu'il y avait péché si on avait mangé au point d'en être malade.

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Si on mange au point d'en être malade, c'est plutôt de la bêtise qu'un péché. On peut en sourire, détourner le regard, hausser les sourcils, l'ignorer, mais ce ne peut être punissable, seulement jugulé si c'est trop fréquent. Pour des raisons de logique et de santé élémentaire.

Si on se ressert alors qu'on n'a plus faim, plutôt qu'un péché, c'est montrer sa joie de communier, l'envie de marquer un instant particulier, et de saluer ceux qui nous offrent leur amour et leur couvert (vous dites avec raison « honorer la maîtresse de maison »). Et ça n'a rien de condamnable. Ou alors, se resservir en trop, c'est pour compenser un manque d'amour, et dans ce cas, ce ne peut être regardé sévèrement. Mais ce peut être soigné.

Non. Le péché de gourmandise, c'est quand on mange comme quatre alors que son voisin mange comme un demi, ou même pas du tout, et s'en moquer. Ne pas vouloir au moins en prendre conscience, et ne pas chercher à répandre cette conscience autour de soi. Ne pas chercher activement un moyen de partager. Et j’ajoute bien sûr, pour ceux si nombreux qui cherchent à refuser leur responsabilité, que tout le monde est voisin sur la terre !

La notion de péché de gourmandise s'étend aussi à ce qui ne se mange pas. Par exemple, investir à tout crin dans l'immobilier pour se faire engraisser par ceux qui ne peuvent pas acheter leur maison, c'est un très grave péché de gourmandise. Je ne parle pas de celui qui achète une maison au bord de la mer (une, et pas deux ou trois ou dix, s’entend), et la loue de temps en temps aux vacanciers, pour qui cette location est un plus, non indispensable, non vital, un cadeau qu'ils se font. Et donc, celui qui participe à la réalisation de ce cadeau (le propriétaire) a « droit » lui aussi à un cadeau. Parce que, j’insiste, pour le locataire, ce n'est aucunement une obligation de payer cela pour vivre. En revanche, celui qui achète des domaines, des immeubles, des maisons pour qu'autrui puisse simplement se loger dans la vie quotidienne, ou pour qu’autrui, s’il n’a pas les moyens de louer, soit refoulé sous les ponts et sous de vagues toits de cartons, celui-là qui aura commis ce péché terrible sera abominablement pauvre au moment de passer dans l'autre monde, et sera entièrement dépouillé de sa propre richesse spirituelle. Il ne s’autorisera pas lui-même à se loger au ciel, effrayé par le gouffre qu’il aura creusé entre son âme et celles de ceux qu’il avait prévu d’aider avant de s’incarner. Pour lui, alors, l'heure sera venue de comprendre qu'il n'y a rien de justifiable, ni aucun cadeau là-dedans, à part à lui-même, et que ce cadeau est violemment empoisonné, puisqu'il est arraché par la force du chantage à l’argent. De par un droit que les incarnés entérinent, mais qui n'a aucune raison d'exister jamais au ciel.

Et, pour lui, l’heure sera donc venue de rembourser. Réfléchissez-y, vous qui écoutez votre banquier aujourd’hui : tout ce qui produit des intérêts positifs sur la terre peut, si vous n’agissez pas avec cœur, produire des intérêts négatifs après la vie. Et croyez-moi, devoir rembourser de l’argent quand on est au ciel (alors qu'heureusement il n'existe pas là-haut), et qu’on n’a que de l’amour à perte de vue devant soi sans pouvoir y toucher, c’est un gâchis innommable !

Marie

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J'aime beaucoup ce que Marie dit sur le fait d'amasser des biens pour en tirer du profit aux dépens des autres.

Anne-Sophie

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Si vous commenciez à ne pas vous arrêter à ce qui se voit seulement ? Si vous alliez chercher un peu plus loin ? L'effort que vous feriez vous serait grandement profitable, parce qu'alors, vous cesseriez de prendre des vessies pour des lanternes, et avec de vraies lanternes, on s'éclaire mieux, sur le chemin qui reste à faire.

En effet, la gourmandise peut concerner des actes qui ne touchent pas à la nourriture, comme je viens de l'expliquer, et même, vous pouvez constater que la question de la nourriture physique est finalement secondaire en regard de ce qui se passe dans votre esprit, dans votre cœur, dans votre âme.

Pensez-y lorsque vous parlez des 7 péchés capitaux. Ce n'est peut-être pas seulement d'argent qu'il est question lorsqu'on dit que l'avarice est un péché capital.

Marie

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