Le mythe de la punition-novembre 2007

Jésus ne punit pas. S'il y avait punition, il aurait dit non à plusieurs personnes parmi celles qui l'ont sollicité. La punition est une invention. Cependant, Jésus peut mettre hors d'état de nuire qui l'attaque et s'il ne l'a pas fait sur la croix, c'est pour montrer que notre libre arbitre peut nous conduire à l'aberration, et pour que nous voyions ce que nous sommes capables de faire, jusqu'au grand mal. Pourtant Jésus ne punit toujours pas, il dit « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ». Mais dans cette nouvelle incarnation qui est en cours aujourd’hui, Jésus ne laissera pas l'homme aller jusqu'au bout et il punira s'il le faut. Sa punition sera que celui qui pèche par la haine devra réparer par l'amour.

Si Dieu avait coutume de punir comme il est dit dans la religion, il y a longtemps qu'il ne resterait plus rien de la terre, à force d'exactions et de bêtises humaines.

Regardez le Dieu décrit par le dogme : un Dieu qui accorde le libre arbitre mais qui ne tolère pas l'erreur. Quelle cruauté ! Et quelle inexactitude !

Marie

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25 novembre 2007

— Sais-tu pourquoi Dieu ne punit pas ?

me demande Marie

— Non, réponds-je.

— Parce que la vengeance coûte au moins aussi cher que le mal qu'on a subi.

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16 décembre 2007

Ce matin, Marie me demande :

— Sais-tu encore pourquoi Dieu ne punit pas ?

Comme je ne sais toujours pas, elle me dit :

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Parce que pour que punir soit utile, il faudrait que celui qui est puni comprenne. C'est-à-dire, que la punition lui permette de comprendre ce en quoi il a commis une faute, de l'admettre, et lui donne envie de réparer. Seuls les enfants en sont facilement capables, car ils sont conscients du fait qu'ils sont en apprentissage, et parce qu'ils sont demandeurs d'un cadre qui s'appelle l'éducation. En revanche, rares sont les adultes qui sont conscients qu'ils sont également en apprentissage, et qui sont prêts à ouvrir leurs cœurs assez grands pour entendre tout cela.

Regarde ces procès à l'issue desquels le criminel ne reconnaît pas ses actes, et ne demande pas pardon. La punition n'a servi à rien, car ce qui désole le plus, pour l'observateur, c'est la peine des victimes, de la famille des victimes, parce qu'elles n'ont pas obtenu réparation. L'enfermement ou la mort ne sont pas suffisants pour réparer.

Pour que la punition soit utile, il faudrait que les hommes sachent regarder la vérité dans leur cœur au lieu de juger selon des codes et dans des carcans qui les empêchent aussi de se pardonner eux-mêmes. Et il faudrait que ceux qui punissent soient assez sages et clairvoyants pour trouver le moyen d'amener celui qui a mal agi à comprendre et à réparer.

Marie

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21 août 2008

Je l'avais déjà vu plusieurs fois, mais je regardais hier soir le film La Ligne verte, car Marie me l'avait suggéré. Pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est l'histoire d'un homme injustement accusé d'un crime, et qui, dans le couloir de la mort, aux États-Unis, accomplit des miracles (il ressuscite une souris, puis sauve une femme d'un cancer en phase finale). Après avoir « retiré » le mal du corps de cette femme il le « renvoie » dans le corps d'un des gardiens de prison, personnage abject, et ce gardien, mû par une force qui le dépasse et qui vient du condamné, tue un autre prisonnier, abject lui aussi.

J'aimais beaucoup ce film, pour les miracles, et à cause de ce personnage du prisonnier injustement accusé, lequel finit sur la chaise électrique, mais Marie m'a permis de le voir sous un angle différent.

Je ne hais pas les Américains, il en est même que j'adore, et tu sais comme je suis aimante, mais je mets le doigt sur un aspect à proscrire : la punition normalisée. Les Américains, et donc, par effet boule de neige, les autres pays, ne peuvent s'empêcher de mettre en scène une autorité supérieure, et donc un Dieu, punisseur. Ce qui est plus ou moins juste dans ce film, c'est que Dieu est incarné dans un homme, le prisonnier noir, qui ne comprend pas exactement lui-même d'où lui viennent ses pouvoirs étranges. Ce qui est juste, c'est que Dieu est en lui, et qu'en effet vous ne comprenez pas bien vous-mêmes quels sont vos pouvoirs d'aimer. Ce qui ne l'est pas, c'est que Dieu n'est pas dans UN homme mais dans la multitude. C'est-à-dire dans chacun. Même dans le gardien et le prisonnier abject.

Au-delà de cette constatation ahurissante que le film valide en montrant que les autres personnages ne sont même pas capables de sauver « l'homme-Dieu » alors qu'ils ont tous les éléments de preuve matérielles pour le faire, au-delà de cette légitimation de la punition, il y a les représentations que vous vous faites de la punition suprême, la punition de Dieu, l'enfer. Lorsque vous le représentez, vous ne voyez même pas que vous vous peignez vous-mêmes, avec ces salles de tortures environnées de feu que le cinéma montre à grands renforts d'effets spéciaux, mais sous forme d'explosions monumentales. Ces tortures, ce sont vos semblables qui les font, et vous vous torturez tellement vous-mêmes, entre amis, entre parents, entre amoureux ! Les images de l'enfer ? Un diable et des démons qui font bouillir des gens dans des chaudrons, des flammes partout, des expressions de douleur sur tous les visages. N'est-ce pas ce que vous voyez au cinéma, à la télévision, et finalement, autour de vous ? Ne voyez-vous donc pas que l'enfer est sur terre et pas ailleurs ? Vous qui voulez tellement du tangible, ne voyez-vous pas que dans le cœur de la planète, il n'y a rien de tout cela ? Que nulle part, dans le ciel, dans l'espace, on ne trouve cela ? L'enfer se trouve seulement dans les esprits des incarnés, un enfer bien huilé, bien maquillé, peaufiné, justifié, où, parce qu'un être commet un acte horrible, on en commet un autre, si possible encore plus horrible, pour le punir. Tu m'as mis à bouillir dans un chaudron ? Alors, je monte le feu, et je te mets dans un chaudron encore plus cuisant !

Mes amis, mes amours, je vous le demande, ne vaudrait-il pas mieux tout simplement éteindre le feu ? Pourquoi garder allumé un incendie qui vous brûle tellement ? Pourquoi ne pas éteindre définitivement ce feu-là ? Vous mangeriez froid, peut-être, mais vous pourriez enfin savourer votre vengeance sur vos propres erreurs, puisque vous dites que la vengeance est un plat qui se mange froid. Alors, cette vengeance serait délicieuse, parce qu'elle serait un succès : celui d'avoir vaincu le mal en le prenant à la source.

Marie

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3 septembre 2008

Lorsque je punirai, ce ne sera pas pour régner en despote, ni pour me faire obéir, mais pour me faire comprendre, comme un père aimant ses enfants. J’agirai dans un but d’éducation.

Car pour nous au ciel, vous êtes de grands enfants. Vous voulez faire un monde meilleur du vôtre, mais vous croyez que ce monde meilleur passe par plus d’argent, plus de belles voitures, plus de pétrole, sans vous soucier de ce qui tourne autour, et de ce qui est au centre de vous, qui n’est pas matière. Ce monde meilleur, pour exister, a besoin de plus de lumière, et passe par la fin des peurs, par la construction exaltante en commun, par la mort de la méfiance, de l’argent, des possessions inéquitables. Vous êtes des enfants qui ont soif d’apprendre, que vous en soyez conscients ou non, et cette soif sera étanchée, pour que vous fassiez enfin ce monde meilleur dont vous rêvez tous, sans exception. Et pour que vous n’ayez plus besoin de guides, d’anges, de religions pour cela.

Oui, je punirai parfois, cela se peut, mais non sans amour, et vous aurez, avant ou après, toutes explications sur le pourquoi et le comment de ces punitions. Comment punirai-je ? Il se peut que par exemple, pour effacer le fossé qui existe entre les hommes et les femmes du fait des cicatrices accumulées, j’en vienne à rendre infertiles les femmes qui souhaitent un enfant, mais qui font fi de l’amour pour leur conjoint, pour qu’elles comprennent que sans amour d’un père et d’une mère, il manque quelque chose à l’enfant. Il n’y a pas de punition qui ne puisse être levée, et justement, elle le sera le jour où ces femmes comprendront qu’il est non seulement bon de faire l’amour, mais aussi de le vivre et de le faire grandir en commun. Il se peut, toujours dans ce cadre des relations humaines, que je rende impuissants les hommes qui méprisent les femmes et les trompent, les conduisant à méjuger par avance d’autres hommes qui n’ont pas commis cette erreur, et ainsi, à se fermer à l’amour, à se priver des joies que leur âme attend. La punition sera levée elle aussi le jour où ces hommes-là comprendront que ce n’est pas en abaissant la femme qu’on la rend digne d’amour à ses propres yeux.

Un bon père se doit d’élever ses enfants pour qu’ils soient un jour indépendants, et qu’ils n’aient plus besoin du père pour évoluer. Pour qu’ils n’aient plus besoin d’être punis pour comprendre ce qui est bon ou non. C’est pourquoi, si punitions il y a, elles cesseront le jour où vous aurez suffisamment grandi, c'est-à-dire par exemple, lorsque vous cesserez vous-mêmes de punir, et de VOUS punir.

Alors, il deviendra heureusement inutile de punir.

Jésus

Table des messanges