Le métier de Dieu

Je ne sais plus à quelle occasion j’ai entendu quelqu’un (qui avait eu un parcours qui aurait dû beaucoup le faire culpabiliser) dire, très cyniquement : « De toute façon, si le ciel existe, quand j’y arriverai, Dieu me pardonnera, parce que c’est son métier ». Autrement dit : « Je suis libre de continuer à mal agir, parce que je suis malin, je sais qu’il n’y aura pas de conséquence ». J’ai demandé à Marie ce qu’elle répondrait à cette personne.

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Oui, bien sûr, Dieu le fera, il te pardonnera. Mais ce n’est pas là la question, ce n’est pas là le problème, car il subsistera bien au moins une question, il subsistera bien un problème : il sera de savoir si, toi-même, tu te pardonneras. Car au moment de vouloir monter au ciel et vers Dieu, ils sont légions, ceux qui sont stoppés en route, parce qu’ils n’arrivent pas à se pardonner. Même s’ils sont passés dans l’autre monde avec le même cynisme, le même aplomb, le même culot que toi.

Lorsqu’on quitte son corps, on quitte sa conscience telle qu’on l’avait jusqu’alors. Elle n’a plus cours du tout. On accède à une nouvelle conscience, totalement étendue, enfin libérée de tout, et qui devient infaillible sur soi, claire comme de l’eau de roche, exhaustive, c'est-à-dire sans limite sur ce qu’on a été de son vivant. Conscience profonde, qui rend l’être concerné, totalement au fait de ce qu’il est et a été. Sans « espoir », et même sans envie ni besoin de se tromper, de se mentir à lui-même. Tu te « sauteras » enfin aux yeux, dans ta totalité. Et tout savoir te sera aussi urgent que respirer t’était indispensable sur terre.

Alors, oui, Dieu te pardonnera. Dieu, dans le sens de ce qui est Dieu extérieur à toi, celui que tu contempleras une fois là-haut, et que tu voudras irrésistiblement rejoindre. Mais quand tu dis « Dieu me pardonnera », tu le places hors de toi, alors que Dieu est aussi bien en toi qu’en dehors de toi. Tu ne vois plus Dieu, donc l’amour, donc la lumière, en toi, lorsque tu dis cela. Tu te mets d’emblée à part de Lui. Et c’est là la seule occasion où l’on peut parler d’un quelconque jugement au ciel, ce jugement qu’on a sur soi quand on s’est ainsi morcelé hors de Dieu. On en arrive à se mal juger. A se refuser le droit de rejoindre Dieu, de se remettre en lui, alors qu’il suffirait de tendre vers Lui, comme, incarné dans un corps, tu tendrais la main.

Dieu te pardonnera, mais toi, tu te jugeras sans complaisance aucune, sans pitié, même. Appelant à toi urgemment les réparations à faire, qui t’apparaitront souverainement importantes, immanquables, et cela, non seulement au moment où tu en prendras connaissance, mais tout le long de ton existence spirituelle, (donc l’éternité) tant que tu n’auras pas réparé.

Non, Dieu ne fait pas le travail de réparation à ta place. Ce n’est pas son métier. C’est ta part de Dieu, c’est ta part qui Aime, qui, seule, est à même de savoir quoi faire et comment le faire, pour ensuite te sentir digne de faire à nouveau partie de ce qui Est. Pour ne pas plonger dans l’horreur du néant, qui est bien pire que l’enfer.

Tu seras, au moment de passer de vie à l’autre vie, tout surpris de ta propre audace déplacée en ayant parlé avec tant d’ignorance du métier de Dieu. Personne n’aura besoin de te parler, de te juger, ni même de te regarder, pour que tu saches tout cela sans doute aucun.

Alors, cela deviendra ton métier à toi de savoir te faire pardonner. Réparer. Et crois-moi, au ciel, Dieu, (l’Amour, la Lumière), a besoin d’autre chose que de voir à tout bout de champs, à sa face ou courant vers lui, les professionnels de l’expiation. Il veut juste ses enfants aimants et aimés.

Et il les attend. C’est plutôt cela, son métier, illuminer le ciel pour que vous les rejoigniez. Aimer. Rayonner d’amour. Son métier, c’est entre mille autre expertises « professionnelles » : être patient pour cela, car il sait que le jour viendra où vous cesserez d’agir en êtres qui se croient supérieurs parce qu’ils s’imaginent avoir trouvé la bonne astuce. Et qui, noyés dans cette erreur figurative, se prétendent ultra-réalistes.

Oui, le temps viendra où vous aurez fini d’être ignorants. Mais la connaissance ouvrant les yeux, viendra-t-il aussi, le temps où vous saurez vous pardonner ?

Surprenez-moi. Aidez-moi à ne plus penser que c’est moins sûr.

Marie

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