Le mari trompé-7 janvier 2018

Imane : Suite à la visualisation du film The Foreign, j’ai été choquée de voir le mari tuer sa femme qui l’avait trompée alors que lui aussi l’a trompée. Alors j’ai demandé à Simone, mon ange : « Pourquoi quand les hommes trompent leurs femmes, ils sont surpris et blessés quand ils découvrent que leur femmes a fait de même ? »

Simone m’a dit que c’est Marie qui allait me répondre.

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Alors pour les hommes dans cette situation, c’est leur virilité qui a été mise à mal. Un autre homme a possédé ce qu’ils avaient l’habitude d’avoir, de chérir. Il n’y a pas seulement l’égo qui est touché mais aussi l’homme dans sa position sociale. Un peu comme un gorille. L’homme dominant la fille est le chef de famille. Certes tu vas me dire que les choses ont évolué mais au plus profond cela reste.

Et donc, ce n’est pas de l’amour que ressent l’homme trompé. C’est surtout une baisse de son échelle sociale. L’image qu’il dégage auprès des autres hommes c’est qu’il n’a pas été assez viril, assez fort pour garder sa femme.

Marie

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Mais quand lui trompe, ce n’est pas perçu de la même manière. Pour lui, c’est différent, ça ne compte pas vraiment. Il peut le faire pour se rassurer, comprendre, fuir.

Mais ce n’est pas de l’amour à proprement parler comme il le souhaiterait dans une relation saine. Cette tromperie cherche à se rassurer, à se prouver quelque chose à soi-même.

Simone

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Réponse de Michel via Luc :

Avoir été trompé, pour un homme, c’est une démonstration de faiblesse, à ses propres yeux et aux yeux de ceux qui en sont témoins. Il est certains hommes qui ne supportent pas la remise en question de leur force, et il faut qu’ils la retrouvent, à leurs propres yeux avant tout. Quelle meilleure démonstration de force que de tuer la femme qui conteste cette force ? Être manifestement et complètement plus fort que la femme, et manifester même une force aussi absolue, c’est se redorer le blason, en ayant écarté de son champs de vision l’idée même de toutes les conséquences qui peuvent en découler. C’est obéir à l’EBA qui lui dit :

«Dis donc, c’est ton honneur, c’est toi qu’on attaque, tu vas laisser faire ça ? »

Pour en venir au meurtre, il faut que le tueur soit arrivé à bout d’arguments. Qu’il ne puisse plus rien opposer à sa partenaire, qu’il pense qu’il ne pourra plus la convaincre, la reconquérir, parce qu’il ne s’estime pas assez pour s’en sentir capable.

Le meurtre, c’est arriver à faire taire cette petite voix qui l’accable, croit-il. Cette petite voix qui lui dit que la preuve est faite de son impuissance, de son manque d’importance, de son ridicule, même.

Mais en réalité, en tuant, il satisfait la petite voix, puisque la petite voix, c’est l’EBA. Qui veut qu’il se mette dans une situation catastrophique.

Et l’EBA y parvient.

Mais ce genre de chose, le crime passionnel, arrive aussi venant d’une femme qui tue un homme. Seulement, là, il n’est pas question de démonstration de faiblesse, dans le sens d’un manque de muscle. Il est question de défaut de séduction, de rivalité à son désavantage, de compétition désespérante. Alors, la femme tue, non pas avec violence, mais avec du poison, par exemple. Ou en trouvant un moyen indirect. En poussant un amant à tuer le mari, aussi.

Parce que cela veut dire qu’elle contredit l’événement qui a amené la tromperie. Elle peut séduire. Tellement que celui qui est séduit peut tout faire pour elle, même tuer.

Voilà, entre autres, ce qui peut se passer dans la tête des gens qui s’entretuent parce qu’ils n’ont pas assez d’amour en eux pour faire le miracle d’exister quand il semble qu’il n’y a plus aucune raison d’être là sur la terre.

Michel

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