Le jugement-novembre 2007

Une des choses que l'homme croit savoir faire le mieux c'est juger. Combien de magistrats sommeillent dans les esprits ? Parfois plusieurs dans le même homme, juge de l'autre, juge des autres et juge de soi-même. Ces juges que vous êtes tous s'appuient sur un code de loi sans humanité, sans logique du cœur et de l'âme. Ces lois sont rédigées par la société de consommation et par les dogmes, les us de la société de consommation devenant même bien souvent des dogmes. Montrez à un enfant un objet et sa marque à la télévision, par exemple un jus de fruits ou un soda, emmenez-le dans un supermarché et vous verrez, si vous le placez devant le choix entre plusieurs boissons, qu'il aura tôt fait de juger que le soda mentionné plus tôt est bien meilleur que le reste. Chaque personne, chaque tranche d'âge, chaque tranche de revenu est ciblée pour apprendre à juger selon les critères qui profiteront au plus petit nombre, c'est-à-dire à ceux qui réussissent à faire croire que vous pouvez décider seul, que vous avez votre libre arbitre, alors que c'est tout le contraire. En ce qui concerne le dogme, on n'agit plus sur les produits mais sur des croyances. La façon la plus moderne d'illustrer cela est de vous parler de ces e-mails que vous recevez en masse, qui disent vous apporter la bonne parole et qui vous menacent si vous ne le transmettez pas à un nombre minimum de personnes, de rester au moins aussi malheureux que vous l'êtes tandis qu'en l'envoyant, vous êtes censé trouver enfin le bonheur ou la richesse. Pas de religion là-dedans, plus de concepts qui pourraient paraître vieillots, mais la même bonne vieille éducation à la peur et à la moutonnade. Ne bêlez pas, mes amis, avec le troupeau, ne laissez pas d'autres personnes vous faire croire que vous pouvez juger quel soda est bon ou quel concept vous apportera le bonheur. Ne croyez-vous pas, qu'en toute raison, et en restant bon vivant, un bon jus d'orange pressé aurait régalé votre enfant avec bénéfice moral et financier, et qu'un mot gentil, reçu d'un ami, auquel vous répondriez avec la même gentillesse, ne vous apporterait pas un joli moment de bonheur, sans avoir la crainte pour autant de tomber dans le malheur si votre réponse ne parvenait pas à votre ami ?

Le monde est plein de gens qui croient qu'ils peuvent juger alors qu'ils sont seulement capables, le plus souvent, de répéter ce qu'on leur a dit et de répéter l'erreur originale. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugé de cette façon-là.

Marie

Table des messanges