Le haut-parleur 3 voies- 4 juillet 2008

Je voudrais cette fois faire un témoignage sur une nouvelle expérience, que j'ai faite ce matin, et qui pourrait permettre à ceux qui veulent entendre de mieux comprendre comment cela se passe. Je l'avais toujours fait de manière instinctive, sans avoir à décortiquer la façon dont cela se passait, je pensais juste « cette voix vient de la gauche, cette voix vient de la droite », au début. Ensuite, je n'avais plus vraiment besoin de chercher la provenance de la voix, et j'oubliais qu'il y a d'autres dimensions. Ce matin, en allant dans mon jardin pour saluer les anges, j'ai été confronté à quelque chose de nouveau, et d'angoissant. Je les sentais là, mais j'étais comme dans du coton, impossible de les entendre de façon intelligible, impossible de recevoir un mot ou un quelconque message de leur part. Cela arrive que les anges soient silencieux, et je n'en ai pas pour autant été vraiment angoissé à ce point. Parfois, il n'y a même aucune angoisse. Je sais qu'ils ont à faire, et le savoir ne m'a jamais gêné, pourtant, cette fois, c'était différent, car ce n'était pas un silence habituel. J'ai alors senti sourdre en moi des craintes nouvelles. Je me suis demandé si finalement je n'avais pas rêvé tout ce que je transcris sur ce site, et je me suis pris à penser avec horreur à la responsabilité que j'aurais, alors, de donner de faux espoirs à des gens qui cherchent des réponses. « Ce sera malin, quand les gens verront que tout ça n'est qu'une affabulation, quand les gens qui y auront cru attendront en vain, et viendront vers moi, pour se moquer, me dire, « tu vois, tout ça n'était qu'une longue folie, une utopie, tu n'as écrit tout ça, bien que tu t'en défendes, que pour te donner de l'importance ! ». »

J'ai appelé Marie, mais je n'entendais rien, ce silence était gris comme les nuages au-dessus du jardin, qui était redevenu un simple jardin, avec de mornes plantes sans âmes, un carré de gazon vide de sens. Toutes ces graves questions m'assaillaient, se succédaient. Etais-je fou, est-ce que depuis 1993, je n'avais construit tout ce site que pour combler des manques d'amour, pour dire un amour qui était en moi et qui devait bien sortir par un moyen ou un autre, quitte à en perdre la raison ? Est-ce que j'étais « enfin » redevenu réaliste, oh, oui, c'était là, la bonne voie, il fallait réparer toutes ces erreurs involontaires ! Est-ce que j'étais en train de regagner le monde normal ? Est-ce que c'était ainsi qu'il fallait voir le monde ?

Et puis, petit à petit, j'ai senti pointer du coton triste la présence si familière de Marie. Mais c'était encore comme si je ne pouvais pas la respirer, m'imprégner d'elle, comme si elle était tout près et loin à la fois.

Les questions redoublaient, se télescopaient, comme des échos sombres. Une mer de doutes. Je me suis demandé si je n'inventais pas là Marie pour venir à ma rescousse, si je ne l'avais pas « créée » dans ma caboche depuis le début, et si à ce moment précis, je n'étais pas en train de me prouver que je l'inventais.

Et enfin j'ai respiré. Marie est revenue. Pour me rassurer, me dire que tout cela était un exercice pour moi, afin que je puisse donner à ceux qui le souhaitent de meilleurs moyens d'entendre les anges. Elle m'a fait ressentir de quelle manière les questions venaient jusqu'à moi, elles venaient de la gauche, mais se diffusaient très vite un peu partout, ce qui rendait très difficile leur reconnaissance au milieu du « bruit » ambiant. Je voyais soudain apparaître cette manifestation, elle se « matérialisait » comme des vagues noires, vers le bas, et je me suis demandé si maintenant, je pouvais avoir une preuve, quelque chose de tangible, qui puisse éteindre mes doutes. Parce que dans ces sons qui venaient de toutes parts, j'avais toutes les difficultés du monde à faire la différence entre ce que je pensais moi, et ce qui venait de Marie. C'est pourquoi Marie et moi avons commencé un dialogue, auquel j'avais peur de ne pas croire. Elle m'a laissé parler, puis elle s'est exprimée, et ainsi de suite, à propos de tous ces doutes. Et petit à petit, elle m'a montré. J'ai clairement pu comprendre que lorsque les pensées m'étaient personnelles, c'est-à-dire lorsque je pensais seul, ce flux de pensées émanait de moi, se détachait de moi, au niveau du plexus, et je voyais ce flux sortir de moi, comme dans une traînée blanche. Mais le bruit noir des doutes était toujours là et brouillait encore beaucoup de choses. Il a fallu un long moment de partage pour que je m'accoutume à cette étrange révélation de dialogue spirituel. Et là, j'ai fini par sentir, palpable, la différence. Quand Marie parlait, c'était de tout en haut, c'était une pensée fine, légère, des mots en envol, comme un oiseau dans un arbre, alors que mes pensées à moi avaient un flux plus lourd. Marie m'a alors proposé un parallèle pour que j'acquière définitivement le sens de cet enseignement : elle m'a parlé du haut-parleur trois voies. Les EBA, me disait-elle (les EBA sont les esprits de basse ascension) sont dans le haut-parleur des graves, le boomer, et donnent un rythme en frappant violemment sur la grosse caisse, et en répercutant des résonances, c'est un choc qui fait mouche que chacune de ces questions, et comme ce ne sont pas des sons localisables aisément (dans un système audio de home cinéma, le subwoofer, ou caisson de basse, peut être placé n'importe où dans la pièce, car la provenance des ondes n'est pas décelable à moins d'avoir l'oreille tout à côté), ils se propagent, gonflant les battements des doutes, les accumulant, leur donnant corps et nous entêtant.

Le haut-parleur médium, c'est-à-dire des sons de moyenne gamme, est celui qui diffusait ma pensée personnelle, droit devant moi, avec des sons localisables, et la possibilité de voir, donc, d'où ils sortaient.

Le tweeter, ou haut-parleur d'aigus, qui permet la meilleure localisation de la provenance, figurait l'endroit d'où sortaient, aériennes, les pensées de Marie. Mais lorsque les basses frappaient, je ne pouvais pas facilement distinguer la différence entre les sons du médium et le son du tweeter. Voilà comme fonctionne le parasitage !

J'ai bien senti ces trois éléments en ondes autour de moi, et j'ai clairement pu déterminer que tous ces doutes venaient du caisson de basse des EBA, qui nous font trembler comme ils font trembler la terre.

L'exercice était terminé, à mon grand soulagement. Et je me suis demandé si j'allais raconter cela sur le site. « Non, me suis-je répondu, les gens qui te lisent n'ont pas ton immense sensibilité, ils ne peuvent pas comprendre et tu passeras encore plus pour un fou ». Cette grande condescendance envers moi (« ton immense sensibilité... ») était signée. C'était là une idée rétrograde présentée sur un fond d'onguent pour l'orgueil, un concept refusant de voir le progrès possible chez tous ceux qui cherchent la lumière, repoussant la possibilité d'offrir à ceux qui le veulent le droit à savoir comment se passe la transmission des esprits. Je n'ai pas mis longtemps à revenir de mon erreur, et comprendre que ce n'était pas là ma pensée propre, mais celles des esprits d'en bas, des « esprits du subwoofer », et je les ai vus répandre cette onde négative, ô horreur, dans mon jardin !

Vous ne pouvez pas venir dans mon jardin. Mais vous pouvez recevoir, aussi bien que moi, ce que disent les anges, dans le vôtre, ou dans votre jardin intérieur. Et vous douterez, comme moi. Mais chaque doute vous rendra plus fort, car les anges vous aideront à les surmonter, les anges vous aideront à couper les basses.

Il y a des moments où elles sont nécessaires, mais pas à tout bout de jardin secret !

Luc

Table des messanges