Le football

Beaucoup de femmes et quelques hommes se demandent pourquoi les hommes sont si passionnés de football. Marie nous donne une explication lumineuse.

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Si vous lancez une balle à un chien, son instinct lui dit qu'il faut la rattraper, car cela fait appel à son être primaire de chasseur, il court après la balle comme s'il courait après une proie, et c'est une réaction innée, quelque chose qu'il ne peut réfréner sans un grand effort de discipline et d'obéissance, au cas où vous lui lanceriez la balle en lui ordonnant de ne pas aller la chercher. Pour l'homme, il s'agit de la même dynamique, ancestrale, remontant à la préhistoire. L’homme, en ces temps-là, et parfois même encore maintenant, était chargé de la chasse, et de nourrir sa famille. Avant même cela, il fallait obtenir, parfois très chèrement, ses galons de chasseur, il y avait des compétitions parmi les plus jeunes et vigoureux, et celui qui avait le plus de succès était celui qui offrait le plus de garanties de nourrir sa future progéniture et sa compagne. Par ce fait, il était celui qui avait le plus de chances d'obtenir les faveurs des femmes. Il les obtenait dans tous les cas, et on l'érigeait en chef ; c'est ce qui a donné lieu, pendant des siècles, au droit de cuissage, les autres hommes devant s'incliner devant celui qui assurait la continuité de l'espèce.

Le football recrée ce jeu et cette réaction ancestrale, inconsciemment, chez ceux qui en sont fans. Dans tous les jeux qui s'en rapprochent, la balle est ronde ou ovale, symbolisant universellement la vie, puisque lorsque vous passez dans l'autre monde, votre vie vous est représentée sous forme d'un globe, dans lequel vous pouvez puiser les événements vécus pour les revivre. Il reste quelque chose de ce globe dans l'esprit de l'être vivant lorsqu'il est sur terre, qu'il soit humain ou animal. Ce symbole est reconnu de tous, et c'est pour cela qu'il a tant d'impact, c'est pour cela que l'homme court après la balle comme le fait le chien. Je ne cherche nullement à « rabaisser » l'homme au rang d'animal en disant cela, mais à éclairer ses motifs et ses pulsions.

Le fait est que si, en tant que femme, vous reprochez ouvertement ou non à votre homme de regarder trop le football, vous ne vous rendez pas compte que vous lui reprochez sa nature profonde : celle d'un chasseur, c'est-à-dire celui qui peut vous nourrir, assurer votre survie, et vous êtes sans le savoir en contradiction avec un point fondamental : vous lui reprochez d'être ce pour quoi vous l'avez justement choisi. C'est pourquoi, si vous êtes fatiguée de son intérêt pour quelque chose, qui, finalement, n'est qu'une baballe, et il est aisé de vous comprendre, il vaut mieux appuyer au contraire et encourager tout ce qui met votre homme en position d'être un homme, c'est-à-dire le remercier d'être le bon chasseur sur lequel vous aviez parié, et qui mérite votre intérêt. Le football exutoire lui paraîtra alors moins important, et ce ne sera plus une lutte pour lui, une lutte pour ses prérogatives d'homme, que de se passionner pour le football, il n'y aura plus esprit de contradiction, et vous devriez, si vous êtes habile, et aimante, voir sa passion se tourner plus justement vers vous.

Les femmes qui aiment le football ont une part masculine importante, qui s'exprime en recherchant le gibier. Cette tendance est d'autant plus forte qu'aujourd'hui, la femme s'est libérée, et, contrairement aux temps reculés de la préhistoire, elle peut faire valoir, elle aussi, ses droits de chasseresse. Cependant, un terrain de chasse ne comportant que des chasseurs est mal équilibré du fait que personne n'est censé préparer la viande capturée. Une femme chasseresse devrait donc, d'instinct, parvenir à choisir un homme qui ne chasse pas, et vice-versa, mais la situation est plus complexe que cela. Les hommes naturellement non chasseurs sont rares, et s'ils peuvent se plier à cette situation, alors que ce n'est pas leur être véritable, ils peuvent en souffrir. Et les femmes peuvent, contre les apparences, et contre leur conviction, souffrir de devoir prendre l'arc et les flèches, parce que c'est le rôle qu'elle ont pris par un fait de société, et non de leur propre gouverne. Certaines attendent toute leur vie que l'homme prenne les armes pour cela, mais sans s'en rendre compte, les en privent par la simple logique de la place prise au sein de la famille. Il faut donc réfléchir à sa vraie nature, l'accepter, et le vivre avec simplicité et joie, que l'on soit chasseur, chasseresse, ou non.

Cependant, ce qui est réellement illogique, en ce qui concerne tous ces sports, est que pour une balle et des chasseurs, tant d'êtres humains soient mobilisés, tant d'argent gagné et dépensé, gaspillé, alors qu'il n'y a pas de gibier à la clé, et que tout près, des peuples meurent de faim, qui auraient besoin de cette mobilisation, et de cet argent.

Marie

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