La dynamique de la joie, la dynamique des cercles

Lorsque vous racontez une très bonne histoire drôle ou une anecdote personnelle vraiment amusante, vous donnez naissance à une dynamique, car la plupart du temps, votre interlocuteur, non seulement en profite pour rire, mais aussi la transmet à d’autres personnes. Et ainsi de suite. Il y a différentes sortes de rires, du plus gras au plus raffiné, du cynique à l’absurde. La majorité des gens vont adhérer à l’ensemble de ces formes d’humour, mais pas forcément apprécier en particulier une personne qui fait dans l’humour. Par exemple, vous pouvez apprécier Coluche sans aimer Muriel Robin. Et celui que vous n’aimez pas peut créer une répulsion en vous.

On observe ici la dynamique du rire et la dynamique des cercles qui en résulte. Chaque personne dispensant du rire crée un cercle, qui peut être en interaction avec le cercle d’une autre personne, mais il se forme tout de même des sphères distinctes. Vous entendrez untel ou untel dire qu’il ne participe pas de l’humour de cette personne, mais de celui d’une autre, ce qui crée des clivages, a priori. Pourtant, tous ces comiques font partie du monde du spectacle, qui est aussi un cercle, encore plus grand. Et si on rejette ce cercle, tous les cercles contenus à l’intérieur vont se fédérer pour n’en former qu’un seul. Si un ministre interdisait l’humour, par exemple, ou le rendait inaccessible, ou difficile à mettre en pratique, la réaction ne se ferait pas attendre dans ce sens.

La dynamique du rire touche l’ensemble des cercles, parce que si vous créez la joie, elle se répandra, qu’elle ait un petit ou un grand écho selon les personnes qui la reçoivent. Et même celles qui refusent la joie d'un cercle particulier en bénéficie, parce que sans cette dynamique du rire, il n’y aurait pas d’autres cercles qui se créeraient, l’énergie libérée par la joie étant, au contraire de celle du rire, recevable par tout le monde, parce que les gens lui donnent la forme qu’ils souhaitent. Ils la traduisent pour la comprendre et se l’approprier. Vous pouvez, par exemple, ne pas aimer le football, mais ressentir la joie tout de même et vous en sentir envahi, quand vous voyez des gens heureux autour de vous parce qu’ils fêtent la victoire. Même s’ils font du bruit et vous gênent par ailleurs. Ce qui explique qu’on voit parfois même les vaincus participer à la fête. Ou des gens rire pendant les enterrements. Dans ce cas, c'est parce que le défunt est joyeux, au ciel, et parvient à toucher un cercle de joie parmi les assistants.

La dynamique de la joie fonctionne un peu comme dans une société : un client amène d’autres clients, puisqu’en apportant une manne financière en faisant une commande à une entreprise, il permet à l’entreprise en question de devenir cliente d’une autre, à son tour. Cela, c’est un aspect que vous connaissez bien. Mais ce que vous connaissez moins, du moins, ce que vous ne percevez pas dans toute son utilité et sa grande influence, c’est l’intérêt de la dynamique de la joie.

Aujourd’hui, elle est confinée, parquée à part, alors que c’est elle qui permettrait de faire vraiment bouger les choses. La crise, la morosité dans le travail et dans la vie viennent du fait que vous ne savez pas contrebalancer les difficultés par la joie, parce qu’on vous apprend d’abord à avoir peur, et à régir selon ce conditionnement. Vous croyez que le plus important, c’est d’avoir une situation, que c’est cela qui est réellement sérieux, alors que le plus important est en vérité, de très loin, de participer à la dynamique de la joie. Pour que tous les autres cercles, qu’ils soient dans les domaines de l’humour ou de toute autre spécialité, en profitent, tournent, vivent, et vous portent vers le mieux-être. Où est l'intérêt d’avoir un métier rémunérateur si vous ne vous sentez pas bien en l’exerçant ? N’est-il pas meilleur d’avoir moins d’argent, mais de se sentir bien ?

La dynamique de la joie, c’est votre enthousiasme. Vous n’avez pas forcément besoin d’être humoriste pour lui donner naissance. De même que le bonheur consiste à apprécier ce que l’on a, si on partage ce que l’on a dans la joie, on en reçoit plus, exponentiellement. Et sans y avoir fait attention, sans le chercher, mais naturellement. Et le bonheur grandit, donnant matière à encore plus de satisfaction pour ce que l’on a.

Les cercles qui s’asphyxient en mettant la joie au énième plan pullulent. Et ils tuent la joie ailleurs. Même dans des cercles qui ne sont pas humains, comme dans ceux des animaux. Même dans ceux que vous ne comprenez pas encore bien, qui se situent dans les masses gigantesques, celles des planètes, celles des étoiles. Tous les cercles sont liés et ne sont finalement qu'un seul, regroupant Tout.

Si vous asphyxiez la dynamique des cercles chez les animaux, ils disparaissent. Si vous asphyxiez celle de la terre, elle amplifie vos erreurs en tirant des signaux d’alarme, que vous ne connaissez que sous le nom réducteur de catastrophes.

Et vous finirez par vous éteindre sous la non-dynamique du Rien. Sans vous en rendre compte. Tout simplement, tristement, et en ne comprenant même pas qu’il est pourtant toujours temps de réagir, de revenir vers la création originale, qui fut un immense éclat de rire.

Marie

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