L'écrit

On dit qu'écrire est une thérapie. Vous ne pouvez pas savoir comme c'est vrai, mes amours !

Quand vous enregistrez un témoignage à la radio, vous touchez des gens. Quand vous faites un film qui relate une histoire vraie, vous les touchez aussi, vous pouvez les frapper, même, avec ces supports.

Mais tout cela n'est pas fixe.

Cela se déroule dans un temps, celui qui passe en écoutant ou en regardant, et parce que votre monde sature sous la communication, un son en remplace un autre (quelle importance qu'on vous dise certaines choses, c'est toujours le dernier qui a parlé qui a raison, n’est-ce pas ?), une vidéo fait place à la suivante, vous les consommez comme des petits pains.

Et l'audiovisuel, magnifié par les médias, fausse tout. Passer à la radio, ou à la télévision, fait entrer l'orgueil dans le jeu, et casse la pureté de l'ensemble.

Tout cela passe à la trappe du temps qui passe, tout cela va dans une poubelle sans fond, dans laquelle vous fouillez quelquefois, mais toujours sans opiniâtreté, parce que sollicité par autre chose.

Ecrire, c'est différent.

Sauf dans le cas où on fait grand cas de votre livre, dans les médias, je veux dire, si vous l'écrivez avec cet espoir que je comprends bien de le voir édité, car là, c'est encore l'orgueil qui fausse les choses.

On peut faire un écrit sincère, cependant. Et il reste pur, même édité ensuite,

et même si son auteur croit ceux qui le gonflent d'importance.

Car le livre est posé.

Le livre, c'est différent du cinéma, qui vous impose une image, et qui bride votre imagination, qui vous canalise dans un certain sens, un sens précis, sans qu'il soit facile d'apporter votre propre lumière sur la pellicule.

Idem pour l'audio. Une chanson, cependant, peut vous permettre de vous évader, comme celles de Jacques Brel, car les mots sont émotion totale, et ce n'est plus de la musique, ce n'est plus seulement un air à la mode, une ritournelle, c'est un sens qui vous apporte un ressenti, ou plutôt qui va chercher en vous le ressenti correspondant. Vous êtes donc encore libres de créer en écoutant une vraie chanson. Je ne parle pas, évidemment, de ce qui n'est que commercial.

Mais l'écrit, mes amours, c'est beaucoup plus que tout cela !

Ecrivez votre vie. Une anecdote, un fait marquant. Il sera posé là. Pour toujours. Même si les papiers brûlent. Vous l'aurez posé. Alors, si ce que vous posez là, ce sont vos souffrances, vous pouvez vous en détacher.

Parce que Dieu, au début, c'était le verbe. Donc, la parole.

Et si ce que vous dites est bon aussi pour vous soulager (quand vous le faites avec un psy, par exemple), les mots partent quelque part, ils sont volatils, ils peuvent revenir. Et vous n'êtes pas si facilement libérés. Sauf, bien sûr, si c'est une révélation que vous fait un membre de votre famille, ou un très proche, et qui a conditionné votre vie à votre insu. Dans ce cas, le secret enfin dit permet à Dieu de passer par votre parole et de vous libérer.

Mais alors, il est encore mieux de l'écrire. Pour vous ou pour autrui.

Car le texte écrit, la relation faite et imprimée ou manuscrite, d'un événement qui compte, qui conditionne votre vie, ce n'est plus une chose qui s'en va. Ce n'est plus une chose qui ne parle plus. Même une fois le livre refermé.

Ce que vous écrivez, écrivez-le d'abord pour vous, sans chercher autre chose.

Ensuite, le témoignage est là. Peu importe qu'il soit lu par le grand public, il suffit déjà de le poser.

Et si des personnes qui sont en cause dans votre récit le lisent, c'est encore mieux.

Et si des personnes qui ne vous connaissent pas, mais dont l'histoire est parallèle à la vôtre, la lisent aussi, alors, vous aurez fait ce que nous appelons au ciel une Œuvre.

Une œuvre qui peut aidera autrui à guérir et s'aimer, et aimer, c'est une Œuvre majeure. Bien plus que ce que les médias vous présentent comme des chefs-d'œuvre, justement. Moi, je retire, le plus souvent, la majuscule, au mot Œuvre cité plus haut, dans ces cas-là.

Car quand vous monterez vers la lumière, une fois votre mission terminée sur la terre,

ce sont ces Œuvres majeures qui vous donneront des ailes pour rejoindre le Père, pour rester près de lui, et pour vous voir enfin en saints !

Marie

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