Le chahut-27 août 2012

Question de Luc à Marie

Je repensais dernièrement à deux de mes professeurs au lycée (un homme et une femme), et au fait qu’ils étaient malmenés par les élèves. Et je m’en voulais, en me rappelant que je n’avais pas échappé au mouvement de groupe, qui fait comme dit Brassens, que dès qu’on est plus d’une personne, on est une bande de C… Je me demandais d’où venait leur timidité, et pourquoi ils se laissaient tellement faire. Une autre de mes professeurs, en pensant à eux, et en répondant à cette question, avait dit que cela venait de ce que la femme n’avait jamais vu un homme nu. Cela ne m’avait pas paru saugrenu, mais m’avait tout de même laissé sur ma faim. J’avais donc posé la question à Marie. Voici sa réponse :

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Cela relève, bien sûr, d’un traumatisme ancien et non dépassé, pendant lequel eux-mêmes n’ont pas réagi, et personne ne l’a fait pour eux. S’ils se laissaient chahuter si fort, c’est parce qu’inconsciemment, ils souhaitaient voir quelqu’un réagir et s’interposer, pour empêcher le chahut. Ce quelqu’un, accessoirement, (et même idéalement ?) pouvant être eux-mêmes. C’est la même attente qu’avait Jésus, sur la croix. Que l’on réagisse. Que l’on sauve l’amour. Même si, vous l’avez vu, il était fataliste avant qu’on lui fasse subir cela, il a laissé tout se faire pour que vous ayez une chance d’agir.

Si vous voulez réparer, interposez-vous quand vous voyez quelqu’un souffrir comme ces professeurs. Ou trouvez le moyen de leur donner l’idée de s’interposer eux-mêmes, et d’établir une situation nouvelle, dans laquelle le problème ne se posera plus.

Marie

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