Le centurion et l'esclave expliqués - 7 mai 2018

Imane me dit : Je suis en train de lire l’histoire du centurion, dans la Bible.

premièrement, je n'ai pas compris l'échange entre qu'il y a eu ? Je ne vois pas où Jésus à vu la foi dans ce que le centurion a raconté.

et deux : c'est quoi cette " comnerie" de dire je ne suis pas digne de.. Surtout si c'est pas pour toi que tu demandes... >Voici, pour rappel, le texte qu’Imane a pu lire :

Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm. Un centurion de l’armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir. Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison. Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. »

Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Moi qui suis un subalterne, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : ’Va’, et il va ; à l’autre : ’Viens’, et il vient ; et à mon esclave : ’Fais ceci’, et il le fait. »

Entendant cela, Jésus fut dans l’admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! »

De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.

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La réponse :

Les juifs ne reconnaissaient pas facilement Jésus (d'ailleurs, ils ne l'ont pas reconnu pour ce qu'il était selon les écritures, à ce jour) et les romains encore moins. Il ne s’agit pas, dans ce que je dis là, d’une attaque contre les juifs, mais de l’établissement des faits, sans jugement des gens.

Pour qu'un romain le reconnaisse alors que les juifs ne le reconnaissaient pas, il a fallu, de la part de ce centurion, croire en Jésus, c'est-à-dire avoir la foi que les juifs n'avaient pas ou pas assez. Jésus devait faire des miracles pour que les juifs croient en lui mais le centurion demandait à Jésus de faire un miracle avant d’en avoir vu un. Il croyait donc en lui sans que Jésus ait rien fait pour les romains précédemment, il avait compris que Jésus n'était pas un partisan du groupe seul dont il était issu, mais qu’il était là pour bien plus grand : pour tout le monde. Cette histoire montre que les notables juifs n’avaient pas bien compris Jésus : ils le supplient d’aller voir ce romain parce qu’il a construit la synagogue. Ils ne savent manifestement pas qu’ils n’ont pas besoin d’utiliser cet argument, il aurait suffi de lui dire que cet homme méritait l’aide de Jésus parce qu’il croyait en lui. Pas parce qu’il avait acquis le droit d’entrer dans la communauté.

D’ailleurs, il n’aurait pas été nécessaire d’ajouter cela : il était tout à fait incroyable qu’un centurion romain vienne prier presque à genoux un juif, tout cela pour sauver un esclave. Un esclave, ce n’est rien, pour un romain. Un animal, une potiche. Mais Le centurion ne veut pas voir mourir cet esclave. Il l’aime. La nature même de cette demande, cette seule évidence, suffisait à Jésus pour se rendre à l’appel du centurion.

Pour ce qui est de ne pas être digne : le centurion explique à Jésus qu’il n’est qu’un subalterne. Il ne parle pas là des romains, il est centurion, un centurion ne se présente pas comme un subalterne et de toute évidence ce centurion jouit d’une grande notabilité, personne ne le considère comme un subalterne. Il se présente bien là comme le subalterne de Jésus. Il a vu que Jésus est au-dessus de lui, spirituellement parlant. Il exprime très bien cela. Ce qu’il dit peut être remanié ainsi : « Moi qui commande aux autres, je ne suis pas digne de te commander », in extenso, « Je ne te commande pas de venir, je te le demande, je t’en prie comme a quelqu’un qui est plus grand que moi, et qui, de ce fait, peut guérir mon serviteur ».

Le centurion veut aussi lui dire : « Moi qui ai tout pouvoir sous mon toit, je ne peux pas faire que mon esclave guérisse. Tu le peux, c’est donc que si tu viens sous mon toit, tu serais le maitre à ma place, et je ne suis pas digne de te regarder en face parce que mon grade de centurion sur la terre, quoi qu’on en pense, quoi qu’il y paraisse, est bien plus petit que ton grade spirituel. »

Il reconnait Jésus. Il est le seul à avoir exactement compris le sens de ce que fait Jésus sur la terre à ce moment précis. C’est pourquoi Jésus dit que personne n’a la foi qu’a ce centurion. Et dis cela de cette façon pour inviter les autres à réfléchir. Non pas à s’agenouiller ni à se sentir indigne de lui parler. Mais à venir à lui en sachant, pas seulement en croyant.

Michel et Marie

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