Le Baptaime de Marie

Quand vous êtes au bord de la mer, et que vous la regardez, je suis dedans. Je suis dans l’élément eau. Le Père est dans le ciel, dans l’aérien, je suis le féminin, je suis le berceau de la vie. Je suis dans la mer. N’en concluez pas que je suis celle qui fait la mer d’huile aussi bien que les tempêtes. Je ne suis pas la météo, je ne suis pas ce qui fait bouger l’eau de telle ou telle manière, même si j’agis aussi, comme toute maman avec son tout petit enfant, dans le bercement des vagues calmes. Je peux faire une tempête, oui je l’ai déjà fait, mais c’est très rare. Et il faut qu’il y ait une raison bien plus forte que la colère. Je ne suis pas la mer ni la mère déchaînée, je suis dans ce qui est eau.

Quand vous baptisez un bébé, vous lui versez un peu d’eau sur la tête, et vous le déclarez baptisé. Croyez-vous que votre geste le fasse ? Croyez-vous pouvoir suffire à le faire ?

Savez-vous, déjà, ce qu’est l’acte de baptiser ? Ce n’est pas promettre le paradis, ou une chance d’y entrer, à qui se conformera à un usage qui se traduit par un rite. Cela ne tiendrait pas debout de penser de cette façon, étant donné que l’enfant est trop petit pour décider de le faire lui-même, ce geste « savant » du prêtre. Vous ne pouvez pas gagner le paradis pour quelqu’un d’autre. Donc, ce n’est pas le rite qui compte, mais ce qui se passe au moment où l’eau est là, au moment où je suis là. Baptiser, mes amours, c’est redonner le lien vers Dieu. C'est-à-dire vers l’amour.

Lorsque vous rêvez d’eau, vous savez, pour peu que vous vous documentiez sur le sens des rêves, que vous êtes en train de penser à la mort. Pas dans ce qu’elle veut dire de finalité, de terminaison. Mais dans ce qu’elle a de bon, c'est-à-dire, votre retour vers Dieu. Vous en êtes venu, et vous y retournez.

L’eau, dans la réalité du baptême, que j’aimerais mieux écrire « baptaime », parce qu’alors, le sens réel de cet acte (amour, aimer), est enfin dans le mot, c’est le moyen de rejoindre l’autre monde, momentanément, de quitter son corps en partie, pour que le Père, d’en haut, donne au baptisé le signal qu’Il est là, qu’Il aime, qu’Il accompagne, donne son aval et sa joie. Le baptaime, c’est retrouver le lien avec Dieu, lien qui se distend et se perd dans l’incarnation. Un baptaime, donc, devrait se pratiquer souvent, et même à l’âge adulte, surtout quand on ne sent plus du tout le lien avec la lumière de Dieu. Vous pouvez vous baptaimer vous-même, quand vous prenez une douche, ou un bain. Le bain, donc, fait perdre une partie du poids (on est plus léger quand on est dans l’eau), et donc du lien avec le corps, c’est pourquoi, avec un bébé, il faudrait toujours immerger l’enfant, dans de la bonne et belle eau tiède, et lui dire que Dieu est là, en lui et là-haut, et qu’il pourra se retrouver en Lui à chaque fois qu’il le voudra vraiment, juste avec un peu d’eau.

Je suis dans l’eau et c’est moi qui vous baptaime. Vous avez été conçus pour pouvoir voir que l’eau est un lien vers Dieu, mais c’est tellement facile à voir que cela ne vous saute pas aux yeux. C’est trop simple.

Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ?

Dieu n’a pas fait toute la terre. Il n’a fait que ce qui est bon en elle. Dieu ne fait pas vos malheurs. Il ne fait, dans la vie, dans les vies, que ce qui est bon, et il est aussi ce qui veut être bon en vous. Et dans sa part de la conception de la terre (les EBA se sont chargés de ce qui est mauvais) il a fait en sorte que vous puissiez voir ce qui semble impossible mais qui est l’amour, ou un signe pour le trouver ou le retrouver.

Vous ne voyez pas votre part de Dieu ? C’est pourtant facile, c’est là, en vous… Mais parce que vous n'arrivez pas à le discerner de si près, alors, Dieu a fait en sorte que vous ayez une chance de le voir de loin.

Je vous explique encore mieux. Venez avec moi. Mettez les pieds dans la mer, sur une très belle plage. Je vous dis que je suis là, dans la mer. Et que je suis le lien avec le ciel. Si vous regardez en bas, vous vous dites que c’est la mer. Si vous regardez en haut, que c’est le ciel, et vous vous dites qu’ils sont bien loin l’un de l’autre, et qu’il n’y a rien, à portée de main, pour que vous puissiez vous rapprocher du ciel, même en marchant dans l’eau.

Ca, c’est parce que vous l’avez sur le bout du nez, que vous ne le voyez pas. Maintenant, regardez ce que Dieu a fait. Regardez comment il l’a fait, et comment il s’est arrangé pour que, si vous ne le voyez pas de près, vous le voyiez de loin : regardez vers l’horizon. Que voyez-vous ? La mer et le ciel réunis. Collés. Ensemble. Et depuis cet horizon, si quelqu’un vous regarde, il vous voit, vous, juste au point de jonction entre la mer et le ciel. Je suis le lien. Vous êtes en plein dedans. Quand vous êtes dans l’eau, vous êtes dans mes bras, et je peux vous tourner vers le ciel, je peux vous baptaimer. Pour peu que vous le désiriez, et que vous croyiez enfin que c’est possible de toucher Dieu. Ne serait-ce qu’avec les yeux.

Je suis là. Le père est là. Et Vous êtes aussi Dieu, à la jonction entre Lui et Moi. Car ceux qui s’aiment se rencontrent toujours par là où ils s’attirent le plus.

Marie

Table des messanges