La vie, c'est votre chance de faire des miracles.

Chapitre 5 : Doublage-cielapie

J’ai exposé, dans La vie, c’est pas fait pour rigoler, tome 2 de la série, mon idée de réaliser un test du doublage. Faire en sorte qu’un consultant parvienne à dire ses maux dans la bouche d’une star de cinéma, pour que la souffrance associée parte dans la chose. Dans l’image, puis dans un DVD à détruire. Car quand une personne qui souffre moralement se confie à quelqu’un, cette souffrance, et les EBA qui la véhiculent, se transfèrent. Surtout chez les psys, chez qui le processus du transfert est une base. Le psy, lui, ne garde rien de tout cela, la plupart du temps. Cela lui glisse dessus, et il se dit « Voilà, c’est dit, donc, ça disparait ». Mais cela ne disparait pas et le psy ne le sait pas parce qu’il ne dialogue pas avec son J’aime et son ange en conscience. Où cela va-t-il, si cela ne disparait pas ? Comme les microbes qui se répandent mieux dans un hôpital qu’ailleurs en passant par le personnel soignant non vacciné, cela va chez le consultant suivant.

C’est comme le carambolage dont Parlait Dolto. Les souffrances se transfèrent de génération en génération, et sont véhiculées de parents en enfants, puis en petits enfants, etc…, comme dans le cas d’un carambolage. On se fait rentrer dedans à l’arrière et on percute la voiture de devant. On est désolé d’avoir fait des dégâts, mais on n’y peut rien, on n’a pas pu ne pas répercuter le choc venant de l’arrière.

Il apparait alors comme primordial d’arriver à placer ces souffrances dans un objet, quelque chose. La chose ne pensant pas, elle ne peut pas transmettre des souffrances morales.

D’où mon idée de poser la douleur dans cette chose qu’est l’image, puis le DVD, et terminer en détruisant le DVD en question. Non seulement pour que la personne puisse voir, d’évidence, qu’elle a posé son problème et faire le geste hautement symbolique et efficace de s’en débarrasser, mais p Pour que plus personne ne reçoive cela en transfert.

Je sentais que mon idée avait un grand potentiel. Mais ce que je n’ai pas dit dans mon précédent ouvrage, c’est que je n’arrivais pas à me lancer dans la réalisation de la chose. Je n’osais pas mettre en œuvre mon idée. En me demandant pourquoi, j’ai compris que ce qui me faisait peur, c’était que la réalisation de la chose ne porte pas autant ses fruits que la logique me le laissait imaginer. J’avais peut d’être déçu, parce que c’était une grande idée, et que j’étais certain d’en être le précurseur. En effet, pour pouvoir faire cela, il fallait avoir été doubleur de film (pour pouvoir bien placer les mots en synchronisme dans l’image des lèvres de de l’acteur qui a allait servir au transfert) et avoir du matériel digne de ce nom et les connaissances techniques nécessaires pour que le résultat soit parlant, dans tous les sens du terme. Or, j’avais gardé, de ma précédente activité professionnelle, comédien et doubleur de film, un studio d’enregistrement professionnel qui avait déjà fait ses preuves quand je l’avais utilisé pour donner des cours de doublage. J’avais tout ce qu’il fallait pour mener mon test à son terme. Et je savais que personne n’avait jamais fait ce que je m’apprêtais à faire.

Je profite de ce moment du récit pour faire un petit aparté et dire comme le travail du doubleur ressemble au travail de l’intuition. Quand on double un film, il faut observer le rythme de la parole, tous les mouvements de l’acteur, ses appuis dans les phrases, son ressenti pour pouvoir retransmettre le sien, le sens de ce qu’il dit en anglais et que nous allons dire en français, et il faut, en même temps qu’on découvre la scène à doubler, lire la bande rythmo qui contient le texte. Il faut mémoriser ce texte. Et le dire, restituer l’ensemble de ce qu’il a voulu faire passer, en regardant limage, les yeux de l’acteur et non ses lèvres.

L’intuition, c’est la capacité à percevoir la différence entre ce que nous pensons dans notre conscient et ce que l’ange nous dit, et ce que notre J’aime nous dit. Un très bon exemple d’intuition, c’est l’interprétation d’un rêve. On nous raconte un rêve, notre J’aime ou notre ange intervient en cours de route, aux moments clés, pour nous dire le sens de telle ou telle image. Ce n’est pas dans les livres qu’on trouve le sens des images vues dans les rêves, à de rares exceptions près. Il n’y a rien de plus personnel qu’un rêve. Rêver d’un écureuil aura un sens pour une personne, pas nécessairement le même pour une autre. Seuls l’ange ou le J’aime savent le sens, parce qu’ils ont accès au code, à ce qui nous parle à nous, mais pas aux autres.

Eh bien, recevoir la parole d’une personne qui raconte son rêve, c’est comme voir en anglais la scène d’un film qu’on va doubler en français. Ce que nous dit le J’aime ou l’ange, comparativement à ce que je disais tout à l’heure, c’est le texte qui défile sur la bande rythmo. Et ce que nous disons en analysant le rêve, c’est la restitution la plus fidèle d’un ressenti qui deviendra intelligible au consultant. Comme un film anglo-saxon devient intelligible à un français qui ne parle pas anglais.

Je suis persuadé que les gens qui sont professionnels du doublage et qui ont donc cette grande capacité à la concentration et à la restitution sont des gens qui pourraient faire d’excellents cielapeutes. Cela aussi, peut-être que j’aurai un jour l’occasion de le prouver.

Mais je reviens à mon test du doublage. Et au fait que j’ai enfin, ou plutôt que nous avons enfin, avec une de mes consultante, appelons-là L, mis cela en pratique.

J’avais expliqué à L mon idée sur ce test et elle m’avait dit, vivement intéressée, « Je veux bien faire le cobaye. »

C’est donc plus elle qui ma lancé que moi qui ai vaincu mes doutes, par lesquels de gros EBA étaient entrés et faisaient en sorte que je recule toujours ce moment en jouant sur mon orgueil.

L avait eu un gros problème avec un membre de sa famille, décédé depuis, qui avait sexuellement abusé d’elle quand elle était enfant. Elle n’arrivait pas à le pardonner. Donc, à laisser tomber la souffrance.

Il fallait, pour cela, qu’elle dise son fait à ce monsieur, à travers les images d’un film. Nous avons posé cela dans les lèvres d’une actrice célèbre, dans une scène ou cette actrice manifestait une très violente colère. Colère a laquelle L me disait ne pas savoir donner libre cours en général dans la vie.

Nous avons fait plusieurs prises que j’ai appelées « à plat », c'est-à-dire sans sentiment particulier, sans jeu, sans intention, juste pour placer la phrase dans les mouvements de lèvres, afin que cela soit convaincant à l’image. Dans cette phrase, L devait dire, à un moment, « Je veux vivre ma vie », mais elle buttait toujours sur ce passage (en doublage, on dit « savonner », et le sens de nettoyage de douleur que cela peut prendre en doublage-cielapie me saute aux yeux en l’écrivant) et le mot ME ne passait pas sans gros accrochage.

Je lui ai ensuite demandé de jouer la phrase, aves les émotions, puisque maintenant, elle était synchrone avec l’image et qu’elle pouvait donc dépasser l’aspect purement technique de la chose. Nous avons, là aussi, fait plusieurs prises, avec un crescendo au fur et à mesure des prises. Toujours en rencontrant le même problème sur le mot ME. Aucune prise n’était bonne sur ce point. Mais je lui disais que ce n’était pas grave, qu’elle continue, qu’elle aille plus loin encore dans l’émotion.

Quand je l’ai sentie arrivée au maximum de ce qu’elle pouvait consciemment donner, je lui ai dit : « Maintenant, refais-le encore, mais cette fois, en parlant à ce monsieur ».

Et, coup de théâtre, elle est non seulement parvenue à dire le morceau de phrase qui posait problème, mais elle en a changé un mot sans s’en apercevoir. Elle a dit « Je PEUX vivre ma vie » au lieu de « Je VEUX ».

Marie a arrêté là le test, en disant qu’il était réussi. Il l’était, en effet, au-delà de ce qu’il visait, puisque L était parvenue non plus seulement à souhaiter aller mieux, mais à pouvoir aller mieux, être ce qu’elle voulait être. Elle s’en donnait les moyens. C’était aussi son J’aime qui lui avait donné ces mots, en osmose avec son conscient.

J’ai gravé le DVD, effacé le fichier de mon ordinateur et vidé la corbeille devant L, ai donné le DVD à ma consultante avec une masse et un moellon de construction en béton pour sen servir comme d’une enclume. Et l’ail laissée s’expliquer avec les souffrances que ce monsieur lui avait laissées dans le cœur.

Elle est revenue, s’excusant d’avoir cassé le moellon. Et rapportant les débris du DVD, de tout petits morceaux, vraiment. Qu’elle a jetés à la poubelle.

Une heure après, elle me disait : « Je suis épuisée. Épuisée mais ravie ».

Je voyais bien qu’elle avait officialisé sa séparation d’avec ces souffrances qui ne lui appartenaient plus, qui avaient été réduites en morceaux. Et je me réjouissais. Mon test de doublage-cielapie avait réussi, au-delà de ce que j’avais imaginé !

Ce surgissement du J’aime, faisant dire « Je PEUX » au lieu de « Je VEUX » à L m’a fait réfléchir. J’ai compris que cela avait fonctionné comme un processus que nous connaissons bien et qui se nomme le lapsus révélateur. Et que donc, quand nous laissons sortir de nous un lapsus révélateur, il y a de grandes chances que ce soit notre J’aime qui ait parlé.

Autre exemple, personnellement vécu. Mon amie m’écrit un mail, me disant : « « je rêve que tu me sers dans tes bras ». Sachant qu’en plus d’être mon amie, c’est ma correctrice et qu’elle abhorre les fautes d’orthographe, elle ne peut pas avoir écrit « sers » au lieu de « serres » sans qu’il s’agisse d’un lapsus révélateur, venant de son J’aime.

Que veut dire ce lapsus ? que lorsque je la prends dans mes bras, mon amie se « sert » en amour, le prenant sans compter dans mon J’aime. C’est donc son J’aime qui parle à mon J’aime, dans ce mail qu’elle m’a écrit.

Cela me rappelle une explication que m’avait donnée Marie, à propos des J’aime :

Parce que le J’aime est dans un esprit qui est dans un corps, il est installé dans la matière. Donc, il réagit aussi en conséquence de ce que fait la matière, tant qu’il y a incarnation. Aussi, tu ne seras pas surpris de constater que lorsque tu serres quelqu'un dans tes bras, en étant face à lui, les deux J’aime soient comme deux aimants. Mais quand tu places deux aimants face à face, ils se repoussent naturellement. Ce qui fait que dans l’incarnation, on les réunit quand même, c’est la force du conscient. Lequel peut être en amour, certes, mais réagit énormément plus à ce qui est attraction physique, désir sexuel.

En revanche, si tu places deux aimants à la file, l’un derrière l’autre, alors, ils s’attirent mutuellement très fort et se réunissent, parfois même sans que le conscient y puisse quelque chose. Donc, l’aimant qui est derrière l’autre , dans son dos, physiquement, à plus de facilité à donner à celui qui est devant, lequel a plus de facilité à prendre, également. C’est ce qui fait que dans une file d’attente, vous êtes les uns derrière les autres, et non pas (en tout cas pas aussi fréquemment) face à face par groupe de deux, dans une file. C’est ce qui fait que lorsque vous êtes en train de faire quelque chose de plaisant, la cuisine, par exemple, si votre amoureux se place derrière vous et vous prend dans ses bras, vous goûtez bien plus ce moment que s’il vous plaçait face à lui pour un moment de complicité et de tendresse. Tentez l’expérience de faire cela en cuisinant. Il y a fort à parier que vous vous disiez que le repas sera bien meilleur parce que vous aurez été dans les bras de votre partenaire qui vous aura enlacé en étant derrière vous. Et vous aurez raison !

Marie

Le J’aime se laisse donc possiblement apprivoiser à travers nos lapsus. Mais j’ai pu pousser ma réflexion plus avant grâce à une autre de mes consultantes, M. M me disait qu’elle avait reçu la très désagréable visite d’un EBA, dans un rêve : « Je vais a ma cuisine pour me faire un café et là je sens une présence, invincible, qui s’échappe par la fenêtre ouverte malgré le volet baissé. »

Ce qui est intéressant, ici, c’est qu’M a écrit invincible au lieu d’invisible. Ce qui veut dire qu’il y a là aussi lapsus. Mais cette fois, il révèle la présence et donc la signature d’un EBA, car en faisant écrire invincible, c’est comme un bourrage de crâne négatif, établissant l’EBA comme quelque chose qu’M ne pourra jamais vaincre. C’est une sort de mauvais sort jeté par l’EBA, qui voudrait qu’M entérine la chose. Heureusement, par une prise de conscience du lapsus, il est facile de se libérer du mauvais sort en question, puisqu’on sait d’où il vient et que nous sommes maîtres de la maison de notre esprit, il suffit de le rejeter juste en comprenant ce qu’il veut dire.

A propos de négativité, j’ai lu que Freud avait dit qu’il n’y a rien de négatif dans l’inconscient. L’inconscient s’appelant aussi, avec avantage, le J’aime, je ne peux qu’être d’accord avec cela. En revanche, j’ai lu, dans la continuité de cette affirmation, que le J’aime n’ayant rien de négatif, il n’est pas touché par un éventuel souhait qu’aurait le conscient de mourir. Je ne peux emboîter le pas à cette idée, car mourir, pour le J’aime, c’est ne pas pouvoir finir d’accomplir ce qu’il est venu faire en s’incarnant, c'est-à-dire prendre et donner de l’amour. En donnant envie de mourir au conscient, l’EBA parvient à toucher le J’aime. Qui, à l’origine, n’a rien de négatif, mais peut tout de même ressentir les effets négatifs de ce que fait le conscient. Dès lors, le J’aime peut réagir, dire non à ce qui l’empêche de faire ce qu’il a à faire. C’est ainsi que souvent, nous avons des actes ou des réactions qui nous semblent incompréhensibles, voire qui peuvent nous faire honte, alors qu’il ne s’agit que d’un soubresaut légitime de notre J’aime, pour ne pas laisser l’EBA gagner. Pour gagner face à l’EBA, le J’aime n’a que l’option d’aller contre notre conscient ou contre le conscient d’autrui, si l’EBA passe par quelqu'un d'autre que nous pour nous submerger d’idées noires.

Un exemple concret de ces manifestations de sécurité du J’aime face à l’EBA, c’est cet exemple que j’ai vécu et que je ne suis certainement pas le leur à avoir rencontré. J’étais marié depuis deux ans avec mon épouse chinoise, quand, à la naissance de mon fils, elle a fait venir ses parents, qui se sont approprié mon enfant. Un vol de paternité, donc. Chose, qui, pour moi, était particulièrement insupportable, parce que c’était un renouvellement d’une situation qui m’était arrivée dans mon mariage d’avant. Je faisais des rêves affreux, qui m’étaient donnés par mon J’aime, pour que je réalise qu’il fallait que je sorte de cette situation. Je cauchemardais que j’étais dans un camp de concentration et que les allemands m’avaient enterré vivant, avec juste la tête qui dépassait.

Dans l’éveil, je « décrochais » de ce que ma femme me disait. J’étais incapable de soutenir mon attention, je perdais le fil constamment. Cela me mettait très mal à l’aise, car j’avais toujours expliqué qu’écouter l’autre et échanger les paroles était primordial et je n’y arrivais plus. Je m’en voulais et je ne comprenais pas pourquoi. C’est là que j’ai entamé une psychothérapie. Lui expliquant ce phénomène, je lui dis qu’il m’alarmait et me faisait honte. C’est ce récit qui fit que cette psychologue décida de me prendre en charge.

Je pensais donc qu’il s’agissait d’une pathologie, d’une maladie de l’esprit qu’elle connaissait et qu’elle allait pouvoir m’aider à guérir de cela. Mais je me trompais. Je l’ai compris bie plus tard, après mon second divorce, causé par cet état de chose : ces décrochages, ces absences, c’était mon J’aime qui les faisait, pour me dire : « On s’en fiche ! » Car puisqu’on se fichait de moi et de ma paternité, puisqu’on ne m’écoutait pas, je pouvais à mon tour ne pas écouter. Que c’était une chance que je donnais à ceux qui me manquaient d’écoute de se rendre compte de ce qui se passe quand soi-même, on n’est plus écouté. Une chance de changer la situation et de me rendre ma paternité.

On croit parfois qu’on a des actes idiots, irréfléchis, mais ils ont un sens, et si nous écoutons notre J’aime, nous comprenons tout, nous cessons de culpabiliser et nous avons des outils pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Cela montre bien aussi que mon J’aime est conscient, dans cette action, de ce qui est négatif dans la situation, qu’il est touché par cela, et qu’il réagit. Donc, qu’il n’est nullement indifférent aux souffrances, à ce qui est négatif, qu’il le ressent, et qu’il comprend très bien ce qui arrive au conscient.

Si, par défaut, notre conscient ne sait pas ce que fait notre J’aime et si nous ne le comprenons pas, et si le J’aime sait ce que fait notre conscient, le comprend, et tente de le diriger vers un mieux, cela démontre aussi que notre J’aime a un gros avantage sur notre conscient. Une forme d’existence plus prépondérante, plus étendue, plus élevée que notre conscient.

A nous d’entendre notre j’aime dans notre conscient pour tenter chaque jour de devenir une personne plus juste, entière, réalisable, vraie et globalement meilleure.

Chapitre 6
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