La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 9

Burn-out : « Tu n’auras pas mon corps ! »

Une de mes patientes m’ayant contacté pour un mal-être ancien se manifestant de plusieurs manières, j’ai fait connaissance avec la cause du burn-out, dont elle avait été victime. Très rapidement, pendant la séance, et alors que L., ma patiente, me raconte qu’elle a été sexuellement la proie de son grand-père (maintenant décédé) dans son enfance, et me parle de ce burn-out, j’entends mon J’aime me dire : « Tu n’auras pas mon corps ». L. m’explique qu’elle avait perdu toute motricité, ne pouvait donc plus marcher. Le sens de ce « Tu n’auras pas mon corps » m’apparaît alors clairement. Ce grand-père est coincé entre ici et le ciel, et agit en EBA. Un terrible EBA, qui cherche encore à la marquer de son emprise, et à pénétrer en elle. Il le fait moralement mais, dans ce prolongement, parvient à créer un effet physique. La réponse de sa petite fille, c’est « Tu n’auras pas mon corps ! » et son J’aime à elle ordonne à son esprit de transmettre à son corps qu’il faut une rupture aussi radicale que possible. Résultat : le corps ne répond plus.

En apprenant comment elle pouvait faire partir son grand-père, L. y est parvenue, a repris les rênes et s’est affranchie du problème.

Ce sont surtout les personnes surmenées au travail qui subissent des burn-out. Je demandai donc à mon J’aime ce qu’il en était car il me semblait peu probable que tous ces cas, qui vont en se multipliant actuellement, révèlent des cas de violences sexuelles. Mon J’aime me répondit que ce « Tu n’auras pas mon corps » s’applique à tous les burn-out. Au travail, il s’agit pareillement d’une réaction du J’aime. Cela a lieu si la personne fait un métier pour lequel elle n’est pas faite ou d’une façon qui ne correspond pas aux aspirations de son J’aime. Si nous prenons un travail qui n’est pas fait pour nous, parce que nous avons peur de l’insécurité, et que ce métier-là est censé nous en protéger, nous faisons totale fausse route et notre J’aime nous le fait savoir. Car c’est lui qui est en insécurité dans ce cas, c’est lui qui est en train de voir sa si difficile venue sur terre tournée en total gâchis, sans que nous lui offrions de possibilité meilleure. C’est donc le J’aime qui nous stoppe, qui nous dit, à nous, bien plus qu’à l’employeur qui pourrait être considéré comme le coupable en nous donnant trop de travail : « Tu n’auras plus mon corps » ou « Je ne t’obéis plus, car tu te trompes de route et c’est moi qui suis le maître ».

Le terme choisi pour nommer ses symptômes est d’ailleurs bien trouvé. Burn-out veut dire littéralement brûler dehors, ce qui appelle le sens de la sortie du J’aime, qui déborde de notre esprit pour prendre jusqu’au contrôle du corps. Mais en traduction plus proche du sens réel, cela veut dire s’éteindre comme une chandelle en bout de mèche. Le J’aime est une lumière, c’est une chandelle intérieure. C’est la paraffine de la chandelle, plus précisément. Et c’est à notre conscient de lui donner la mèche à brûler. Si nous ne lui donnons plus de mèche, elle appelle au secours parce que sinon nous serons, jusqu’à la fin de notre vie, dans le noir. En définitive, le burn-out, c’est quand notre J’aime hurle et reprend les commandes quand il voit que nous ne pourrons bientôt plus faire de lumière dans le noir.

Il peut aussi arriver que votre J’aime vous fasse subir un burn-out pour faire prendre conscience à votre employeur qu’à trop vous en demander, il ne va plus pouvoir vous demander quoi que ce soit. Dans tous les cas de figure, cela veut dire qu’un changement s’impose. Lequel prend forme au cours du repos qui suit. La personne peut décider de continuer comme ça et ne pas prendre connaissance du message d’urgence du J’aime. Auquel cas le J’aime insistera jusqu’à ce que plus rien ne s’oppose à ce qu’il exige. La personne peut décider de faire tout ce qu’elle peut pour obtenir un changement de ses conditions de travail, si vraiment ce travail est celui pour lequel le J’aime est fait. Elle peut aussi décider de changer d’activité, si ce qu’elle fait n’est pas ce pour quoi elle est faite et si elle en est consciente. Ainsi elle se lancera avec audace dans ce qui la fait vraiment vibrer, aussi bien dans son conscient que dans son J’aime. Elle en sera récompensée, inspirée, même s’il y a des difficultés. Elle sera encouragée. Poussée en avant, par des proches, par des relations anciennes et nouvelles, par les événements. En définitive, par son J’aime. Parce qu’en clair un burn-out, c’est le J’aime qui fait grève

Il le fait bien plus souvent pour nous réveiller nous que pour secouer de tierces personnes.

Évidemment, en faisant cela, notre J’aime prend un risque, un risque mesuré, s’il estime que les bienfaits qui en résulteront seront plus importants que la gêne occasionnée. Un risque, car si nous sommes de la sorte affaiblis, et si nous présentons quelque intérêt pour des EBA de passage, ils ne se privent pas d’appuyer sur nos soucis et de profiter du fait que notre corps est séparé de nous, que notre armure soit déglinguée, pour attaquer sur d’autres aspects de notre personnalité, sur nos points faibles. Et nous sombrons dans la dépression, dans l’envie d’en finir. Les personnes qui témoignent d’un burn-out parlent d’envies répétées et inexpliquées de rater un virage, qu’ils n’associent pas à leur droit fil de pensée habituel. Qui semblent tomber comme des cheveux dans la soupe. Et dont on peut donc comprendre qu’elles ne viennent pas d’eux.

À propos d’EBA, j’ai reçu une objection dernièrement, que j’évoquais dans la définition du terme EBA : une psychologue me disait qu’elle ne croyait pas que nos ennuis venaient tous d’entités extérieures car, sinon, nous n’aurions pas notre libre-arbitre. Je voudrais en dire davantage à ce sujet : si quelqu’un de vivant, une personne en chair et en os, près de nous, s’immisce dans notre vie et la détruit petit à petit, simplement parce qu’il a d’anciennes souffrances bien ancrées, s’il nous influence négativement sous couvert d’amour paternel ou maternel, par exemple, cela ne nous enlève aucunement notre libre-arbitre. Cela ne nous empêche pas de penser par nous-mêmes et de pouvoir librement vouloir que cela cesse. Ce qui se passe, c’est que si nous ne savons pas nous faire entendre, nous ne sommes pas entendus. Et ce qui se passe précisément avec les EBA, c’est que si nous ne les entendons pas, si nous ne les identifions pas, comme c’est le cas tant que nous ne sommes pas mis au courant, nous ne pouvons pas même nous adresser à eux. Nous ne pouvons donc pas nous libérer de leur présence. Prendre conscience de leur existence et du fait qu’ils ont agi sur nous, c’est le premier déclic qui mène au mieux-être, comme je l’expliquais pour la cyclothymie. Le second déclic, celui qui libère enfin, c’est celui d’envoyer de l’amour pour reprendre possession de la maison de notre esprit. Le troisième déclic, c’est savoir qu’on peut le faire ensuite tout seul si besoin et qu’on peut vivre sans cette influence. Si nous préférons nous dire que les EBA n’existent pas, le salut n’est nulle part, ni dans les médicaments ni dans les thérapies longues ou courtes. Le pseudo-salut qui nous apparaît alors est dans notre capacité à résister à la souffrance, à l’endurer, de préférence crânement, en croyant ainsi récupérer un peu d’estime de nous-mêmes. Jusqu’à ce que notre J’aime fasse somatiser le corps. Au point d’en arriver, de plus en plus et partout, au burn-out. À la cyclothymie. À la dépression. Au suicide. Il y a une force à trouver pour se libérer. Elle peut naître dans cette idée toute simple de se dire : « Si j’ai des EBA c’est que je suis sur le bon chemin. » C’est en effet le cas s’ils s’acharnent sur vous. Parce que cela veut dire que vous êtes quelqu’un à stopper. Mais s’ils sont simplement là comme pour tout le monde et s’en vont dès que vous avez compris leur existence, alors cela voulait juste dire que vous les laissiez passer.

Les EBA, une fois que vous savez qu’ils existent et que vous les repérez, ne vous affronteront plus autant, puis plus du tout, directement parlant. En revanche, il faut rester très vigilant à ceci : ils tenteront par tous les moyens de passer par quelqu’un avec qui vous avez un lien affectif fort, pour pouvoir vous cueillir sans armure, en passant par cette porte que vous aurez ouverte aux souffrances ou aux besoins d’autrui. C’est pourquoi il faut savoir retirer mais aussi remettre l’armure à volonté, en un clin d’œil. Car sinon, cet ami qui vous dit qu’il a mal et qui ne veut en définitive pas aller mieux, cette personne qui sollicite votre aide mais la rejette, sans même vouloir en faire le constat, cette personne proche de vous qui cherche à vous dominer parce que l’EBA sait que c’est son mode opératoire et va l’utiliser pour vous dominer vous, tous ces gens font passer les EBA jusqu’à vous. Cette fois et comme par le passé, vous ne les voyez pas dans un premier temps, parce que ce sont vos proches, vos amis ou des gens de confiance qui vous ont adressé des EBA. Et vous n’imaginiez pas que ces personnes aient pu jusqu’alors vous faire passer quelque chose de mauvais. Dans ce cas, il faut le leur dire. Les prévenir de ce qu’ils ont fait sans le savoir. Leur expliquer que nous ne sommes jamais coupables de faire passer du mal sur autrui tant que nous ne le savons pas. En revanche, quand nous le savons et que nous le laissons faire, nous sommes coupables et il faudra demander pardon puis réparer.

À cela, vous aurez, le plus souvent, le silence en retour. Le silence peut être une arme, parce que quand on nous l’envoie pour toute réponse, nous nous posons toutes sortes de questions, surtout les plus inadéquates, les plus stupides, et celles qui font le plus mal, tout en n’ayant pas d’objet réel. L’EBA, évidemment, s’en réjouit.

Et puis peut-être un jour, la personne trouvera-t-elle autre chose que le silence à envoyer ? En tout cas, vous lui aurez donné la clé pour cela. Libre à elle de la faire tourner dans la serrure ou non.

En tout état de cause, en ce qui concerne les immanquables souffrances que vous subirez si, dans ces circonstances précises, on vous oppose le silence ou le statu quo, il est un pansement, un onguent, qu’il ne faut surtout pas oublier d’utiliser, afin de ne plus subir les EBA venus des gens qui comptent ou ont compté pour nous. Cet onguent, c’est la compréhension du fait que ce qui est triste, dans l’affaire, ce n’est pas quelque chose que nous aurions mal fait, c’est, encore une fois, la chance que l’autre ne prend pas de progresser, d’aller mieux. C’est cela qui fait peine à voir, qui nous fait penser que nous avons été inutiles, parce que l’EBA ne cesse de chercher à nous imposer de faire nôtre cette conclusion apparemment logique.

Non, nous n’avons pas été inutiles. Nous avons donné une clé, elle est là, elle pourra servir peut-être et, nous, nous avons fait ce pour quoi nous sommes faits. Nous n’avons pas à nous en vouloir.

Et ce que nous pouvons faire, au lieu de contempler morbidement l’échec de l’autre comme nous regarderions le fond d’un puits, c’est nous projeter dans un avenir dans lequel la personne aurait utilisé cette clé.

Ce que nous pouvons faire, ainsi, c’est prendre d’avance une part de notre bonheur quand, sans craintes et sans entraves, nous aurons enfin la joie de laisser libre cours à l’élan mutuel de nos J’aime, élan qui nous a mis en relation. Et quand nous pourrons nous prendre dans les bras, dans le cœur. Pour combler ainsi notre J’aime tout autant que Celui de l’autre.

Chapitre 10-Le fossé hommes-femmes et l’anorexie
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