La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 5

S’aimer, oui, mais comment ?

La plupart du temps, nous prenons le problème à l’envers. Si nous imaginons que chaque personne est une étoile dans l’espace et si aimer c’est faire de la lumière, nous voyons de suite l’absurdité de l’affirmation : « Je ferai de la lumière quand on verra la mienne. » Évidemment, si vous n’en faites pas, votre lumière ne se verra pas dans le noir... Cela revient au même que dire : « Je m’aimerai quand on m’aimera. » Or c’est cette petite phrase qui tourne, consciemment ou non, dans la tête de Monsieur et Madame Tout-le-Monde. L’idée, c’est de faire de la lumière dans le noir, ainsi on vous verra, on vous renverra la vôtre, amplifiée, vous la renverrez amplifiée à votre tour, et au final toutes ces lumières qui se réuniront parce qu’elles se verront de loin formeront des galaxies, qui, elles, se verront d’encore plus loin !

Depuis toutes ces années que je parle avec des amis ou des inconnus de leurs problèmes, j’ai toujours trouvé la même faille. Le désamour de soi. Parce que nous sommes dans une « civilisation » judéo-chrétienne, dès qu’on parle de s’aimer soi-même, on est projeté d’un coup dans le couloir de la honte. Celui qui juge et calfeutre cette idée dans le grand chaudron de l’égocentrisme, de l’égoïsme, de l’orgueil déplacé. Et pourtant, si nous rencontrons tant de gens qui ne s’aiment pas, nous en rencontrons aussi tellement qui sont égocentriques, égoïstes, orgueilleux sans raison ! Il n’est pas si rare, d’ailleurs, que ce soient les mêmes… Faudra-t-il redonner son sens à ce mot galvaudé : l’amour ? Il semble bien que oui… L’amour, celui qui est dans notre J’aime, n’est pas égocentrique. Puisque son but est de prendre et donner l’amour, de l’amplifier. Pas de le garder pour lui comme tant d’Harpagon thésaurisent leur argent. Il n’est pas orgueilleux puisqu’il s’efface devant notre conscient, afin que ce soit notre conscient qui fasse les choses dont il aura lieu d’être fier lui-même. Il n’est pas égoïste puisqu’il aime et que l’amour est forcément dirigé vers quelqu’un d’autre au départ, même s’il peut aussi revenir à soi. Donc cet amour-là est politiquement correct. Mais comment le prendre, si nous en avons le droit ? Nous l’avons rejeté en grandissant alors qu’il n’avait rien de mal en lui. Faudra-t-il lui dire « S’il te plaît » comme on le fait quand on est amoureux, qu’on s’est mal conduit et qu’on voudrait vraiment une seconde chance ? Redevenir innocent comme un tout petit enfant ? Oui, il faudra le ré-approcher, comme si c’était le renard du petit Prince, petit à petit, et transformer ses lumières en mots valant sens. Il faudra lui sourire. Et ne plus se refuser à tendre l’oreille pour l’entendre pour de vrai. Il faut travailler cela jusqu’à en avoir conscience. Devenir conscient de notre inconscient, qui est notre J’aime. Et l’apprivoiser au point de se le réapproprier.

Pour cela, le cielapeute dispose d’une stratégie simple et ludique, qui pourra éclairer le patient, celui qui ne s’aime pas, et lui redonner les clés qui sont en lui. Il s’agit d’un ensemble de tests, simples pour la plupart. Ces moments partagés pour découvrir le J’aime en soi sont très plaisants et constructifs. Ils ont l’air très faciles à mettre en œuvre et, pour la plupart des patients, c’est en effet un jeu d’enfant, qu’ils décrivent comme des temps forts, des moments pleins d’émotion et qui les marquent. Surtout les adolescents, qui souhaitent très vite les refaire ou les proposer à leurs amis. Mais pour le cielapeute, il faut beaucoup d’expérience pour l’analyse des réponses. Non pas parce qu’il aurait fait cinq ans d’études dans une université, mais parce qu’il a dû en passer plus encore à travailler son intuition, pour entendre son ange, puis son J’aime, puis celle du patient. Le plus dur du travail du cielapeute vient avant de rencontrer des patients. Lorsqu’il a acquis ce qu’il doit savoir faire, alors c’est aisé pour lui aussi : il doit écouter son ange, son J’aime, et le j’aime du patient donc, et tout simplement ne rien y changer. Car c’est le J’aime qui s’analyse et qui vient en donner le fruit à son conscient. Un peu de la même manière que lorsque vous allez voir un psychologue, qui en fait ne fait que surligner en jaune mentalement la phrase que vous venez de dire et dont il sait ou sent qu’elle est une clé, et vous la ressort, vous la met sur le nez, pour que vous preniez conscience d’un problème auquel vous étiez tellement habitué que vous n’en voyiez pas l’origine ni les tenants et les aboutissants. Touché par cette phrase mise en gras, interloqué par elle, vous vous direz ensuite quelque chose comme « Oui, je suis furieux contre mon père ! » Alors que, avant, écrasé par la toute-puissance de ce père (pour autant qu’il soit la cause de votre problème, ceci n’est qu’une illustration possible), vous n’aviez jamais pensé oser dire une chose pareille. Et vous aurez commencé vous-même le travail psychologique. Je dis que c’est un peu de la même manière que chez le psychologue mais il y a des choses qui diffèrent chez le cielapeute. Souvent, c’est le cielapeute qui parle, qui vous fait résonner, vibrer, pour trouver la clé en vous et vous la donner. Pour que vous la fassiez, ou non, tourner dans la serrure.

J’ai entendu dire par une personne en cours de formation à la psychologie que faire cela, dire au patient où est son mal, où est la clé, où est son amour, c’était à proscrire, parce que, je cite « C’est prouvé, ils te le montrent, ça ne marche pas ! »

Évidemment, sur le coup, ça n’a pas toutes les chances de marcher. Surtout si la personne à qui on donne la clé n’est pas consciemment demandeuse. Mais celui à qui on a montré la clé sait où elle est et peut y retourner sans être guidé, accéléré ou ralenti par le psy. Avant, elle n’existait pas. Maintenant, elle est à portée de main !

Comment s’aimer ? En prenant la clé. En s’y autorisant. En acceptant enfin de découvrir l’immense, l’intarissable part d’amour que chacun a en soi, le plus gentil comme le plus méchant, le plus intelligent comme le plus idiot. En faisant sa connaissance plus profondément. En l’acceptant pour sienne. Et en la vivant, en vivant son J’aime au quotidien.

Vous n’arrivez pas à l’imaginer ? À le conceptualiser ?

Prenez le temps de faire cela : en vous allongeant, seul, dans votre lit, fermez les yeux et matérialisez, tout près, un corps lové contre le vôtre. C’est un petit garçon si vous êtes un homme, une petite fille si vous êtes une femme, c’est vous petit garçon ou petite fille. Vous êtes allongé tout contre ce petit enfant qui est vous. Quoi de plus facile que de le prendre dans vos bras ? De lui apporter toute la tendresse qu’il n’a pas eue, s’il en a manqué. De prendre toute la sienne, si vous en manquez en ce moment. Savourez la plénitude de ce moment. Prolongez-le. Endormez-vous avec votre tendre enfance dans les bras. C’est un moment que personne ne pourra vous voler ni dénaturer.

Tous les moyens sont bons pour vous aimer et provoquer votre J’aime pour qu’il ne soit plus cet inconnu, cet inconscient. Vous pouvez, en continuité de cet exercice, faire aussi celui-ci. En imagination, en fantasme même, faites l’amour avec vous-même. Découvrez que vous pouvez vous désirer, et que vous pouvez donc être désiré. Si cela vous gêne de faire l’amour avec quelqu’un qui serait du même sexe que vous, imaginez ce que vous seriez si vous étiez du sexe opposé au vôtre et n’hésitez plus. Osez vous dire que vous vous aimez. Pensez « Je m’aime ! » et acceptez-le comme un cadeau tout simple.

Faites cet autre exercice. Tous les matins, devant le miroir, ou même à chaque fois que vous passez devant un miroir, faites-vous un sourire. Que vous soyez beau ou pas, heureux ou pas. Un grand sourire, encourageant, même si la vie n’est pas facile à ce moment-là, prenez-vous sous votre propre aile. Mémorisez bien cette image de vous, que vous voyez à chaque fois dans le miroir. Et, dans les moments difficiles, repensez à cette image de vous. Prenez-la pour vous et laissez-vous aller au ressenti qui viendra alors, si vous êtes vraiment ouvert : ce sourire vous revient, amplifié par vous. Et dans cette force bienfaisante qui vous atteint, il y a votre J’aime. Il est là, au-delà de l’image, il est dans le bien-être qui passe par ce sourire. Vous avez entamé l’échange. Vous allez pouvoir commencer à puiser en votre source de quoi aller mieux. De quoi vous aimer pour ce que vous êtes, ni plus ni moins. Et de quoi vous accepter et vous vivre.

Je vous ai parlé de tests. Il en est deux que vous pouvez faire avec celles de vos connaissances qui ont besoin de s’aimer. Bien sûr, c’est toujours mieux de le faire en parlant en conscience avec son J’aime. Mais le premier est faisable sans risque par tout un chacun, alors que d’autres, résolument, ne peuvent être fait sans l’expérience dont j’ai parlé à ce chapitre. Si vous avez vent de ces autres tests et si vous tentez de les faire, vous aurez des EBA à vos côtés, qui se feront passer pour votre ange et votre J’aime. Et, au final, vous qui aurez fait ce test, il faut le croire, pour aider quelqu’un qui en aurait besoin, vous lui aurez apporté un EBA sur un plateau. À l’inverse, si les EBA n’agissent pas de votre côté, ceci pour vous donner confiance, vous hériterez des EBA qui accompagnent la personne pour qui vous faites le test. Ou d’autres EBA encore, qui ne se feront pas remarquer tout de suite. Mais au moment où vous vous y attendrez le moins. Vous pouvez aussi croire que vous pouvez faire cela pour vous amuser ou juste pour voir mais, dans ce cas, il faut que vous soyez prévenu : vous déchanterez à un moment ou un autre. Il y aura forcément un ou des EBA à la clé. Dès lors qu’on tente d’entrer en contact avec son J’aime, on devient une cible de choix pour les EBA, qui sont à l’affût de tous ceux qui trouvent des moyens d’avancer spirituellement. Ou qui les utilisent. Tout cela n’est pas un tube à essai. Ne vous lancez pas dans un test de cielapeute plus ardu, quelque passionnant que cela puisse paraître, si vous ne parlez pas depuis des années à votre J’aime et votre ange.

Voici donc ce test numéro 1, que je nomme test du cielapeute(1). On peut aussi l’appeler test du petit garçon ou de la petite fille, selon le sexe du consultant. Il peut être refait à plusieurs mois ou années d’intervalles, de temps en temps, pour voir l’évolution.

Avant de lancer le test, n’en dites pas au consultant la finalité exacte. Dites-lui que c’est un une méthode ludique pour découvrir des choses en lui. Commencez toujours par demander à la personne de vous raconter un moment agréable de son enfance. Si vous écoutez votre J’aime ou votre ange, il vous dira un chiffre entre 3 et 10. Ne réfléchissez pas, dites ce chiffre. Par exemple, si c’est le huit, dites : « Pouvez-vous me raconter un souvenir agréable de votre enfance, quand vous aviez huit ans ? »

La plupart du temps, la personne trouve et raconte. Si ce n’est pas le cas, dites un autre chiffre, celui qui vous passe par la tête. Si on vous dit : « Je n’ai pas de souvenir agréable de mon enfance », demandez alors qu’un souvenir désagréable soit raconté. Cela commence à purger la citerne des peines, sans pour autant toujours faire pleurer le consultant. Quand le souvenir est dit, revenez à la question première, faites évoquer un moment plaisant. Suggérez des vacances. Un jeu avec des amis… Il faut vraiment, de préférence, trouver un moment agréable pour en faire le point de départ du test.

Quand la personne a dit son mauvais souvenir, elle se relâche, laisse un peu tomber l’armure, elle a exhibé la médaille de la souffrance. Elle peut donc maintenant, puisque vous insistez tant, accéder à un moment où elle n’était pas en guerre ni en souffrance. S’il n’y aucun souvenir, inventez-en un en demandant à la personne ce qu’elle aimait quand elle était petite. Si c’est une femme et qu’elle vous répond : « Les poupées », dites, par exemple, que vous créez ensemble un moment plaisant dans un magasin, où elle a vu une belle poupée et où sa maman l’a achetée. Faites-lui imaginer la scène.

1. Quand le moment agréable a été trouvé, dites : « Maintenant, imaginez que je suis un magicien (une magicienne) et que je peux, pendant une minute seulement, vous emmener devant vous, enfant, juste pendant ce moment agréable. Vous, à l’âge que vous avez maintenant, vous allez être en face de vous quand vous étiez petit(2). Ce petit garçon (nous allons prendre le cas d’un consultant masculin) saura exactement que vous êtes lui, plus grand. Il vous écoutera très attentivement car il saura que vous n’aurez qu’une minute à passer devant lui. »

Assurez-vous que le consultant a compris ce que vous avez exposé et posez-lui la question : « Que lui dites-vous, à ce petit garçon qui est vous, petit ? » Notez ce que dit la personne. Si elle ne dit rien, ou si elle se trompe sur le sens de l’exercice en disant par exemple « Comment ça va ? », vous pouvez, au bout d’un temps, l’aiguiller un peu. « Si vous lui donniez un conseil ? » Si elle ne trouve toujours rien à dire, ne la forcez pas. Passez à la seconde question du test, en disant au consultant que c’est un test très simple en trois questions.

2. Ici, tout dépend de l’âge du consultant. Si c’est un enfant, la personne visitée dans la présente question 2 sera lui-même adolescent, à l’âge que votre J’aime vous indiquera. Ou un âge de votre choix, si vous avez peur de ne pas entendre votre J’aime. Dans la dernière question, il s’agira d’un adulte d’environ 30 ans, ce qui représente un âge avancé pour un enfant.

Si le consultant est un adolescent, la personne visitée de la présente question 2 sera un adulte de l’âge que votre J’aime vous glissera, ou de votre choix.

Si le consultant est adulte ou une personne âgée, la personne visitée dans cette question sera un adolescent de l’âge que votre J’aime vous glissera, ou de votre choix.

Posez la même question : « Que dites-vous à cet adolescent qui est vous ? » Notez les réponses s’il y en a, de la même façon que dans la première partie du test. Ce sera le même fonctionnement, pour faire avancer le consultant, dans la dernière partie.

3. Dites : « Cette fois, c’est un peu différent. Je vous emmène bien devant vous-même à un autre âge, mais il s’agit d’une personne plus âgée que vous (dites « 60 à 70 ans » si le consultant est adulte, dites « 5 ans de plus que vous » si le consultant est très âgé). Et là, ce n’est pas vous qui lui parlez, c’est elle. Que vous dit-elle ? »

Notez les réponses.

Vous pouvez maintenant les analyser. Reprenez les trois points dans l’ordre, en citant toutes les réponses qui ont été recueillies. Pour ma part, il m’est arrivé, au pire, de n’avoir aucune réponse aux questions 1 et 2, mais jamais à la troisième. S’il n’y a aucune réponse aux trois, il faudrait en conclure que la personne ne s’aime pas du tout et qu’on est près de conséquences graves et probablement imminentes. Dans ce cas, amener la personne à découvrir son J’aime de toutes les façons possibles s’impose, à condition que la personne souhaite vraiment aller mieux. Sinon, on ne peut rien faire pour elle. À part lui dire de revenir quand elle aura décidé qu’aller mieux c’est mieux que souffrir. Il peut aussi s’agir de quelqu’un qui a compris le test à l’avance ou le connaît et, animé de mauvaises intentions (par l’EBA qui l’accompagne), veut angoisser son interlocuteur. Dans ce dernier cas, vous pouvez conclure tout simplement que vous non plus, vous n’avez rien à dire. Et clôturer la séance.

Si vous avez des réponses, vous verrez très vite se dessiner en mots sur votre papier la puissance de l’amour que la personne a pour elle. Le plus souvent, pour la première question avec le petit enfant, on a au moins des tentatives de rapprochement, de protection, de bienveillance vers l’enfant à qui le consultant d’adresse. Pas forcément plus de retenue dans les questions suivantes. Parfois, on assiste à de véritables déclarations d’amour pour les personnes visitées, alors même que le consultant souffre d’un désamour pour soi flagrant.

Pour chaque personne visitée, donc dans les réponses qui ont été faites à chaque question, soulignez le fait qu’il y a eu une façon de dire « Je t’aime » (même si ce n’est que « Fais attention à toi » qui a été prononcé).

Quand vous avez revu chaque ensemble question-réponse l’un après l’autre, dites : « Je constate une chose : vous pouvez vous aimer petit, puis adolescent, et vous êtes aussi aimé par la personne âgée que vous serez. Il manque quelque chose, non ? Qu’est-ce qui manque ? » Il faut alors aider, si besoin, la personne à se dire que si elle peut s’aimer avant, dans dix ans, et être aimée par celle qu’elle sera dans cinquante, elle peut aussi s’aimer maintenant.

Il est bon de conclure avec cette explication, qui est que les gens se disent toujours, plus ou moins consciemment, « Je serai heureux quand… Quand il sera arrivé ceci ou cela, quand je serai grand, quand j’aurai une maison… » Mais si on obtient ce qu’on a ainsi projeté, on projette autre chose et on se dit à nouveau qu’on sera heureux quand… ceci ou cela.

Être heureux, même si ce n’est pas possible en permanence, c’est possible tout de même à chaque fois qu’on est satisfait de ce qu’on a et de ce qu’on a accompli. Ce bonheur-là se mérite en travaillant pour qu’il se renouvelle. Carpe diem est une bonne chose, à condition qu’on prenne le temps, quelquefois, de préparer demain pour qu’il puisse effectivement donner envie de dire aussi carpe diem demain. Ce carpe diem, ce bonheur dont il faut profiter, on ne peut le savourer que lorsqu’il a lieu MAINTENANT. Pas avant, pas après. Maintenant.

(1) Si nous devons nous rencontrer pour une consultation, passez directement au chapitre 6. Ne lisez pas et ne faites pas ce test avant. Nous le ferons ensemble. Le faire à l’avance, en connaître le sens entier, c’est le rendre moins percutant et efficace qu’en le découvrant à deux, Ce qui serait dommage car ce test est une base importante pour aller mieux.

(2) Ce que nous appellerons entre nous, pour la suite, la personne visitée.

Chapitre 6-Faire du corps un allié
Table des matières

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