La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 3

Les pulsions suicidaires

Il peut s’agir de la suite logique à la cyclothymie mais que cela vienne de là ou d’ailleurs, cela fonctionne de la même manière. C’est pourquoi je vous invite à lire le chapitre précédent, avant d’aller plus loin dans ces pages.

À la lumière des explications qui précèdent, donc, on en vient à comprendre que, là encore, ce n’est pas nous qui voulons en finir. Nous sommes nés, nous sommes venus pour des raisons bien précises, et c’est nous qui avons tracé le plan de notre itinéraire avant de naître. Nous ne l’avons pas fait pour nous suicider. Que nous suivions ou non le chemin tracé est une autre affaire. Étant donné que nous avons notre libre-arbitre, nous prenons souvent pour des raccourcis des chemins qui sont en réalité à rallonge. Et nous nous trompons de route. Mais nous sommes « aimantés » par notre chemin. Nous y revenons toujours. C’est pourquoi les épreuves que nous n’avons pas surmontées nous reviennent, encore et toujours, jusqu’à ce que nous les vainquions. Tenter d’y échapper est illusoire. En écrivant notre chemin de vie, avant de nous incarner, nous sommes dans un état de conscience supérieur, nous avons accès à la connaissance globale. Nous ne pouvons pas, de ce fait, écrire un chemin de vie qui nous soit impossible. Que nous le trouvions impossible en le vivant est une chose. Mais nous avons en nous, toujours, les ressources pour faire ce qui nous semble alors impossible. Ou tout ce que l’EBA qui nous suit veut nous faire passer pour impossible. Si nous abandonnons en cours de route, si nous nous suicidons, non seulement il va falloir tout recommencer dans une nouvelle vie, à condition de nous en octroyer le droit et avec les mêmes épreuves, mais, en plus, cette délivrance que nous imaginions, cette idée de cesser de souffrir, n’arrive jamais ! La mort n’est pas la fin. Peut-être n’y croyez vous pas, mais prendrez-vous le risque de vous retrouver dans le noir, dans le néant, enfoui dans votre souffrance au centuple, pour une éternité ? Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d’y réfléchir tout de même deux minutes, avant de vous trouver devant votre fait accompli et de ne recevoir aucune d’aide de nulle part ? Sachant que quoi qu’il soit arrivé, qui que vous soyez, vous avez en vous la capacité à vous battre (surtout si vous vous battez contre ce concept, ce qui prouve en soi que vous êtes déjà en train de vous battre et que vous vous trompez d’adversaire) et à sortir de là. Vivant. Un jour, vous partirez, quand ce sera l’heure. Rien ne sert de précipiter les choses, il vous faudrait alors bien plus de courage pour affronter ce qui vous arriverait que tout ce que vous avez usé de force pour tenter de le faire dans cette vie. Pourquoi du courage ? Déjà, rien que pour vous pardonner vous-même(1). Car il n’y a pas de pire juge que soi pour soi. Surtout quand on se rend enfin compte du gâchis qu’on a fait, de ce qu’on aurait pu accomplir de formidable dans cette vie et des douleurs qu’on a fait subir à ceux qui nous aiment et qui nous voient partir trop tôt. Ce qui, au passage, peut accentuer des pulsions suicidaires préexistantes chez certains de ces proches et faire malencontreusement boule de neige. Généralement, pas tout de suite. Mais quelques mois/années plus tard, quand un EBA aura profité du terrain favorable ainsi créé et se sera bien installé dans la personne affaiblie. Si cet autre se suicide aussi, vous qui n’aurez même pas commencé à vous pardonner, n’aurez-vous pas là une nouvelle terrible raison de vous en vouloir ?

Si vous ne vous pardonnez pas, vous ne pouvez pas commencer une nouvelle vie, vous ne pouvez pas réparer, vous ne pouvez pas être en paix. Et être en guerre contre soi-même, furieusement, désespérément, dans un désert sans fin, et sans qu’il soit nécessaire de boire et de manger pour continuer à subir éternellement cette situation, voilà ce qui attend le suicidaire. Voilà la condamnation qu’il se donne à lui-même !

Alors, le suicide, oui, mais dans une seule situation : quand au prix de votre vie, vous pouvez sauver d’autres personnes qui n’ont pas écrit de mourir et qui le risquent. Là, vous ne pouvez pas vous en vouloir. Vous n’irez pas, de vous-même, vous placer dans le néant. Êtes-vous dans ce cas de figure ? Non. Alors, combattons. Ensemble. Et apprenez à être le plus fort. Ce que j’ai dit dans le chapitre précédent est à appliquer de la même façon. Chasser l’EBA, apprendre à le faire seul, pour ne plus jamais être démuni devant ses pareils. Demander l’aide de son ange gardien.

Vous qui, sans vous en rendre compte, avez écouté « votre » EBA depuis si longtemps ou si facilement, vous pouvez aussi facilement entendre votre ange gardien, établir le dialogue avec lui. C’est facile, il suffit d’écouter ce qui vient de votre droite, car, bis repetita, votre J’aime se placera pendant tout le début de votre apprentissage de façon à ce que les EBA soient à gauche et les anges à droite. Alors votre ange vous répondra si vous ne décidez pas que c’est impossible. Et vous l’entendrez si vous ne laissez pas l’EBA vous seriner que ça ne marchera pas. Votre ange vous dira alors les mêmes choses que ce que vous avez pu lire ici à ce sujet, augmentées de conseils qui seront uniquement pour vous. Il vous remettra dans le droit fil de l’échange avec votre J’aime. Et ce que votre J’aime vous fera comprendre, ce ne sera certainement pas que vous aviez bien raison de vouloir mourir ! Il vous dira qu’il a encore tant d’amour à donner et à prendre ! Que vous ne lui en avez pas beaucoup donné l’opportunité jusqu’à présent. Mais que vous avez encore toute la vie pour le faire… Encore faudrait-il que vous ne l’abrégiez pas, cette vie. Il ne vous en suppliera pas. Ne pleurera pas. Il vous donnera son amour. Et vous le prendrez. Parce qu’il est déjà à vous mais vous ne l’aviez encore jamais compris/pris de cette façon. Alors au lieu de d’abord vouloir soigner les autres et parce que vous, vous ne valez pas grand chose, de toujours vous placer dans le fond du panier de crabes, vous vous hisserez au-dessus. Vous sortirez du panier, vous monterez sur une dune de sable toute proche. Et vous appellerez les autres crabes à suivre votre exemple : se libérer du panier.

Celui qui aide les autres, c’est celui qui connaît les souffrances parce qu’il les éprouve ou les a éprouvées, et c’est celui qui voudrait que les autres ne les vivent pas. C’est souvent afin qu’on le reconnaisse comme une personne digne d’intérêt. Pour que cette utilité-là justifie son existence à ses propres yeux. Mais pour que les autres ne vivent pas les souffrances, il faut commencer par les évacuer de soi, lorsqu’on est soignant. C’est beaucoup plus facile pour que ceux qui souffrent trouvent naturel de vous imiter ensuite.

Celui qui ne s’aide pas, celui qui se laisse sombrer, c’est celui qui espère en cachette de lui-même le secours des autres en reconnaissance de lui, en reconnaissance de la puissance de secours qu’il a en lui, même s’il ne l’a pas encore mise en pratique. Car son J’aime lui donne conscience de cette puissance, afin que l’esprit ait un outil pour pencher en faveur de la vie. Celui qui se détruit appelle au secours mais refuse ce secours qu’il demande. Est-ce logique ? Est-ce vraiment un chemin de pensée qui tient debout ? Non. Alors celui qui pense suicide est un fou ? Non plus. Tout simplement, ce n’est pas lui qui pense suicide. Il écoute les pensées de l’EBA qui, lui, est assez fou pour trouver le moyen de se faire emboîter le pas dans un schéma impossible, stupide. En faisant résonner et tourner vos doutes, vos craintes, votre désamour en vous. En créant de nouveaux points de négation de vous, sans cesse. Vous l’écoutez, parce que c’est le premier qui manifeste pour vous un tant soit peu d’intérêt. Mais l’EBA veut le RIEN. La destruction du TOUT. À condition que cette destruction commence par VOUS. Là aussi, envoyez-lui de l’amour, souriez de sa folie, montrez-lui ainsi que cette folie ne vous contaminera pas. Faites-le vous-même, n’attendez pas que quelqu’un d’autre le fasse pour vous car si ce quelqu’un vient à manquer, vous retomberez. Et vous vous suiciderez au moment où tout le monde vous croira guéri. Au moment où, vous-même, vous ne l’auriez jamais imaginé. Au moment où personne n’attendait plus l’EBA. Ce n’est pas original et ce n’est pas une fin digne de vous.

Il y a fort à parier qu’une fois ce miracle accompli, car c’est une forme de miracle (un miracle étant la création de quelque chose de beau, de grand, de fort et de plein d’amour là où il n’y avait RIEN), vous aurez une grande envie d’aider les suicidaires à cesser de l’être. Et cela vous sera facile parce que, comme moi, vous serez passé par là. Vous saurez ce que l’autre ressent et vous aurez un avantage énorme dans la bataille : vous saurez qu’il ne s’agit que de faire fuir un EBA et de déshabituer sa victime de sa présence. Vous saurez qu’il ne s’agit que de redonner au désespéré la clé vers l’amour qui est en lui, pour qu’il envoie sa lumière ainsi retrouvée à l’EBA. Et pour qu’il se la renvoie à lui-même, puis tout autour de lui.

Maintenant, mais aussi quand vous ne serez plus là : vous pourrez aussi le faire depuis le ciel. A condition de ne pas vous suicider parce que quand on se suicide, on ne sait même plus qu’il y a un ciel.

(1) Voir en fin de livre comment vaincre les difficultés qu’il y a à pardonner.

Chapitre 4-Dialoguer avec l’inconscient / le J’aime
Table des matières

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