La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 2

La cyclothymie-la bipolarité

C’est un mal qui, d’après les études scientifiques, touche le cerveau, la cyclothymie étant un stade premier de ce mal et la bipolarité un stade plus élevé. Cela se manifeste par des changements d’humeur fréquents et répétitifs, la personne atteinte de cela passant de l’état de tristesse à celui d’exaltation et vice versa. Les soins apportés sont une aide psychologique et des médicaments. Certains médicaments comme les psychotropes, utilisés contre ce mal, s’ils ont l’avantage d’endormir l’agressivité et donc peuvent momentanément sembler faire du bien, endorment aussi les forces vives. En réalité, ils soignent surtout les nerfs des proches, qui subissent moins les excès d’humeur et stressent moins, s’inquiètent moins. Ces médicaments altèrent profondément la combativité. L’EBA présent et à la source du problème sera de ce fait très avantagé par ce traitement, au final. C’est lui qui aura au départ poussé sa victime à demander le médicament (la dépendance qui en résulte souvent l’en rendra captif), pour pouvoir jouir du plaisir de la voir abandonner ses défenses. Et l’EBA s’installera plus durablement, plus sûrement en elle. On peut néanmoins reprendre l’avantage sur lui en disant au patient, une fois qu’il commence à se rendre compte que le traitement ne traite pas le fond mais est seulement une solution de facilité qui n’a pas que des avantages, qu’à cause de ce traitement il n’a plus assez de forces pour être lui-même. Il faut parvenir à le piquer au vif dans son orgueil, pour le pousser à se révolter, lui montrer que le médicament est un outil merveilleux pour l’EBA manipulateur. Pour ma part, après un mois d’un tel traitement lorsque j’étais cyclothymique, je me suis rendu compte tout seul que je n’avais plus que du jus de chaussette dans les veines. Et, vexé, faisant appel au restant de mes forces vives, j’ai stoppé tout seul, à cause de cette prise de conscience. Je pense que si quelqu’un en qui j’avais confiance (ne serait-ce que le médecin qui m’avait fait l’ordonnance) m’avait exposé la chose, je n’aurais pas échappé à la tentation de me laisser aller à penser que les médicaments allaient me guérir sans que j’aie rien à faire, mais je pense aussi que je me serais rendu compte beaucoup plus vite de ma glissade vers le bas et que j’aurais eu ma réaction bien plus rapidement. Quand on vous prescrit ce genre de traitement, il arrive qu’on vous mette en garde contre l’accoutumance qui peut en résulter mais on ne vous dit jamais qu’ils vont vous enlever vos moyens de défense. Probablement par peur de voir la personne refuser le traitement et de ne plus savoir la soigner, puisqu’il n’y aurait plus de médicaments. Ce qui, pour le médecin, est difficile à supporter car cela semble prouver que, sans médicament, il ne sait pas soigner. Cependant le médecin le pourrait très bien, et ce serait tout à son honneur, s’il décidait de prévenir le patient de cet effet pernicieux du médicament, tout en expliquant que c’est justement à cause d’eux et du sursaut d’orgueil qu’on peut aller chercher en soi pour sortir de leur influence, qu’on peut trouver la force de guérir sans chimie. C’est révéler au patient que la clé est en lui et lui donner la possibilité de la tourner dans la serrure. On n’apprend bien que par soi-même et on n’accepte pas qu’on nous dise ce que nous allons vivre. Ou nous ne voulons pas faire nôtre d’emblée cette relation des faits à l’avance : nous préférons voir si nous allons les vivre, nous les défions, nous nous disons même que nous sommes plus forts que cela, que nous, nous n’allons pas subir ce que les autres, ces grands faibles, ont laissé faire (sur le même mode que le fameux « Le SIDA ne passera pas par moi »). Nous avons donc encore en nous assez de combativité, même si nous l’utilisons à mauvais escient. Une fois que nous en sommes privés par les médicaments, c’est le fait d’en prendre conscience qui nous fait puiser dans nos ultimes réserves de confiance en nous, pour faire basculer les choses dans l’autre sens. Si nous croyons avoir perdu toutes nos forces ou si ce déclic n’a pas lieu, alors nous avons besoin de quelqu’un pour relancer ces forces qui en réalité ne nous ont jamais quittés. Nous avons besoin de les puiser dans le regard-miroir d’autrui, même si dans notre conscience, nous affirmons le contraire. Et c’est justement cette véhémence à dire ou à faire le contraire qu’on peut désigner comme preuve indiscutable de la force énorme qui reste cachée en celui qui souffre. L’idée est alors qu’en retrouvant l’évidence de ses forces, il soit judicieusement inspiré pour les utiliser enfin intelligemment. Non plus contre lui-même, non plus contre autrui. Pour cesser, en plus d’être dépendant d’une substance, de l’être aussi des EBA.

Pour être sorti de ma bien ancienne cyclothymie/bipolarité sans médicaments et sans aide psychologique dirigée vers ce problème précis (j’ai suivi une psychothérapie plusieurs années plus tard mais pour un autre motif), je voudrais apporter mon éclairage sur ce problème.

Tout d’abord, en racontant comment le premier déclic a eu lieu pour que je fasse un premier pas pour m’en sortir. J’avais une douzaine d’années alors et je souffrais de mon humeur très instable, parfois incontrôlable. C’est un camarade d’école qui m’a dit, un jour qu’il me voyait triste et amorphe alors que la veille, j’étais débordant d’activités : « Toi, tu es cyclothymique ! » Je lui ai demandé ce que c’était et il m’a décrit la chose en quelques mots. Je me suis reconnu dans ce petit portrait et en ai été impressionné. Ce que je vivais était connu, cela avait un nom. Des gens s’étaient penchés sur la question. Ce n’était donc pas normal, ce qui m’arrivait, mais c’était connu ! Et j’avais en face de moi un mal, un adversaire que je pouvais pointer du regard. Et donc chercher à combattre. Ce premier déclic, prendre conscience de la pathologie qui est là, c’est le premier pas. Mais faire le second pas n’est pas facile pour autant. Parce que savoir qu’il existe des maux est une bonne chose mais comment faire pour en guérir ? Pour ma part, je ne m’en ouvris pas à mes parents. Cela aurait fait hausser les épaules à mon père et donné encore du souci à ma mère… Et, à moins d’être sollicité à cela, on ne parle pas de ce dont on n’est pas bien fier. Cela dit, mes troubles de l’humeur ne diminuaient pas, au contraire, à tel point que je me sentais souvent, et de plus en plus, envahi de pulsions suicidaires. Je finis par m’en ouvrir à un ami, vers mes 25 ans. Lequel ne m’apporta aucune réponse dont je me souvienne, à part en postant devant moi ce que j’appelle le miroir non déformant. Devant certaines personnes, ses confidents, son psy, on arrive parfois à un état de grâce, c'est-à-dire à se voir tel que l’on est, sans masque pour les autres ni pour soi-même dans le miroir non déformant d’autrui. Et le plus frappant, le plus efficace, c’est quand les mots qui officialisent la chose sont dits par nous-mêmes, comme ce fut le cas pour moi ce jour-là. Après avoir fait l’étalage de ma douleur devant cet ami, je me suis entendu lui dire : « … À tel point que des fois, j’ai du mal à me supporter… » Le second déclic a été cette petite phrase. Qui m’a marqué profondément, indubitablement, et j’ai passé encore quelques années à la sentir importante, pleine de sens, sans parvenir à savoir pourquoi.

Maintenant que je suis guéri, je sais ce que je cherchais à me faire comprendre, dans ce miroir non déformant. Je voulais me faire comprendre que dire une chose pareille n’a pas de sens en soi. Que ce qui pouvait me gêner en moi, ce n’était pas moi. Et, partant de là, j’ai réalisé que je n’étais pas du tout masochiste. Et que j’avais mal, à répétition. Mais que, conséquemment au fait que je n’étais pas masochiste, ce mal dont je ne voulais pas venait bien de quelque part… Mais pas de moi. J’avais lu, comme tout le monde, de ci, de là, des écrits sur la psychologie, et je me suis demandé si je n’étais pas schizophrène, c'est-à-dire, pour le peu que j’en savais, quelqu’un dont la personnalité se scinde(1) en deux . Un docteur Jeckyll et un Mister Hyde, en quelque sorte. Mais même si je n’avais pas de réponse à cette angoissante question, elle ne me tarabustait pas plus que cela, parce que je sentais bien qu’il s’agissait d’autre chose.

Et puis, quelques années après encore, j’ai commencé, bien malgré moi et alors que je ne croyais pas du tout à ces choses-là, à recevoir des communications venant de l’autre monde. Au départ, ayant beaucoup besoin de conforter ces intuitions qui me dépassaient complètement, j’ai fini par accepter, après d’autres années encore, ce qui se passait. Et c’est là que j’ai eu l’explication ! Ma cyclothymie venait d’ailleurs : si ce n’était pas moi qui me faisais mal, c’était quelqu’un d’autre !

Or, j’étais seul, une seule personne dans mon corps. Mais je recevais des visites indésirables dans mon esprit. Ce qui entrait dans mon esprit n’était pas d’ici. Cela venait de l’autre côté. De l’autre côté, il y a ce qu’on appelle des anges. Ils n’ont rien à voir avec la religion et s’en écartent même le plus possible. Ils aiment, tout simplement. Et ils viennent nous montrer leur exemple, nous proposer leur aide quand nous n’aimons pas. Le plus souvent, nous n’en avons pas conscience et nous la refusons ou nous la gâchons. De l’autre côté, il y a aussi ce que j’appelle les EBA. Esprits de Basse Ascension. EBA, c’est plus facile à dire et à écrire .

En ce qui me concernait, j’étais visité, depuis mon enfance, par un EBA(2) ou plusieurs, qui avaient créé le mouvement cyclothymique/bipolaire en moi. Car il suffit à un EBA de créer le mouvement pour que nous le répétions. Cela nous est présenté un peu comme une marée. Cela a le caractère, apparemment immuable de ce qui est naturel, comme le jour et la nuit, toutes ces choses dont nous savons que nous ne pouvons rien y changer. Il suffit à l’EBA d’établir le mouvement, de nous faire croire qu’il s’agit d’une de ces choses que nous ne pouvons pas changer, puis de revenir de temps en temps pour, si besoin, lancer une vague plus haute que les autres. Et par accoutumance, par habitude, nous créons les vagues suivantes, sans nous apercevoir que nous obéissons à quelqu’un d’autre.

Du jour où je me suis aperçu de cela, j’ai fait le parallèle avec ma propre petite phrase : « … À tel point, des fois, que j’ai du mal à me supporter ! » Et j’en ai compris le sens profond : je voulais me dire qu’il y avait quelqu’un en moi et que je n’en voulais plus. Devant le miroir non déformant, je parlais à « mon » EBA et je lui disais que je ne pouvais plus le supporter ! Il était repéré. J’avais donc commencé à le combattre.

De ce jour-là, ma cyclothymie a cessé. Parce que je me suis senti envahi, épié et que mon sang n’a fait qu’un tour. Même chose pour mon fils, cyclothymique aussi, à qui j’ai donné les deux déclics, la révélation de la « maladie » et de la présence d’un autre, en lui. Du jour au lendemain, il a pris son équilibre. Son sang n’a fait qu’un tour, en lui aussi, parce que je lui ai demandé : « Est-ce que tu laisserais n’importe qui entrer chez toi ? Non ? Eh bien, ton esprit, c’est ta maison, c’est toi qui en es le maître et personne ne doit y entrer sans ton consentement. » En lui disant cela, je lui ai montré qui combattre. Il a repris son armure(3) de guerrier. Il a repris confiance en lui. Maintenant, il faut consolider les choses. Car ce qui était primordial, et c’est ce qui s’est passé, c’était qu’il fasse lui-même le ménage, pour pouvoir le refaire si nécessaire sans avoir besoin de moi ni de personne. Sans quoi c’est chasser un problème pour le voir revenir, ou son remplaçant. Et c’est créer une base fâcheuse : laisser à penser qu’on doit attendre d’une tierce personne qu’elle nous débarrasse de ce mystérieux EBA contre lequel, seul, nous ne pourrions probablement pas grand-chose. Alors que nous pouvons tout car nous sommes le capitaine du vaisseau que nous pilotons, « seul maître après Dieu », c'est-à-dire après notre J’aime. Et notre J’aime ne nous débarrasse pas de l’EBA, parce qu’une des raisons de notre venue sur terre, c’est justement apprendre à ne pas laisser les EBA entrer ni agir sur nous. En revanche, quand nous avons pris conscience de la présence de cet EBA et quand, dans notre éveil complet, nous ne voulons pas de lui (cela se manifeste aussi par une reprise de nos moyens combatifs, nous nous autorisons à dire non, à nous élever en guerrier, en armure, contre ce qui nous attaque), nous pouvons demander à notre J’aime de nous aider. Ce qu’il fera très facilement et avec beaucoup de joie. Et c’est lui qui nous suggérera alors de laisser tomber notre armure. Pourquoi ? Parce que, quand on met une armure, on attire d’autres gens en armure, des guerriers, qui veulent se glorifier d’avoir attrapé une proie prestigieuse. Comme ces chasseurs qui empaillent leur plus beau gibier. Ne soyons pas un gibier. Maintenant que nous savons la remettre, apprenons à enlever l’armure. Un EBA-loup n’a pas envie de courir après la fourmi que nous serions devenue à ses yeux.

Mais enlever son armure, ça semble très délicat. Parce que nous avons tous en tête l’idée d’une armure à démonter. C’est long, c’est lourd et s’il faut la remettre précipitamment. Comment faire ? C’est pourtant tout simple : ne laissez pas l’EBA vous bourrer le crâne avec ces lieux communs, qui ne font qu’amplifier vos peurs. Comprenez que vous êtes, à propos de l’armure, dans la partie spirituelle qui vous concerne. Pas dans le matériel. Et dans cette partie spirituelle, tellement de choses sont possibles, qui ne le sont pas dans la vie ! L’EBA vous fait peur en s’appuyant sur votre force d’imagination ? Il vous fait faire des cauchemars ? Vous laisse en face de questions qui semblent surnaturelles et qui sont sans réponse ? Reprenez l’arme qu’il vous a volée. Reprenez votre imagination. Et voyez ceci : votre armure, vous pouvez l’enlever en une seconde. Et LA REMETTRE dans le même laps de temps ! Testez la chose. Vous verrez, rien de plus facile. Mais alors, que faire, une fois que vous aurez retiré l’armure ? Si l’EBA revient à l’attaque ?

Très simple, envoyez lui de l’amour. Car l’EBA n’en veut pas. L’amour le fait fuir ! Si c’est un EBA natif, il fuira dans l’instant, comme si vous l’aviez aspergé d’huile bouillante. C’est en cela que l’EBA natif n’est pas si effrayant qu’il pourrait le sembler. Il partira de suite, à moins que vous ne soyez pas sûr et certain de vouloir aller mieux. En bref, si vous ne voulez pas qu’il parte parce que vous y êtes habitué, il restera là. Il faut décider d’aller mieux.

Si c’est un EBA acquis, il ne partira pas forcément de suite. Il recevra cet amour et il en a besoin pour lâcher ses peines. Et ne plus vous encombrer avec. Si c’est un EBA acquis, c’est quelqu’un qui a vécu sur terre. Qui n’est probablement pas foncièrement méchant mais qui souffre encore et qui a trouvé en vous quelqu’un de réceptif, quelqu’un qui peut porter son fardeau quand il fatigue. Ce fardeau, c’est ce qui vous rend triste. C’est cela qui fait que certains matins, ou à certains moments, vous êtes sombre, sans qu’il y ait vraiment de raison pour cela. Et que vous plongez. Pourquoi avez-vous ces moments dithyrambiques ensuite où vous riez pour un rien, quand enfin vous ne sentez plus le poids de l’EBA ? C’est votre âme, c’est votre J’aime, qui cherche à vous donner envie de rester libéré de ce poids, de vous en affranchir définitivement, c’est votre J’aime qui vous montre combien vous êtes puissant, au fond de vous, sans vous en être aperçu avant. C’est votre part d’amour qui vous dit : « Ce n’est pas grave mais réveille-toi ! Tu as ce qu’il faut en toi pour ne plus subir tout ça, et ta joie et ton amour ne mourront jamais ! » C’est aussi le phénomène réflexe qu’on a lorsqu’on nage dans la mer, qu’une vague nous est tombée sur la tête et que nous avons attendu longtemps avant de respirer à nouveau. Nous sommes boulimiques d’air. Sauf que l’air, ici, vient de l’intérieur de nous. Et que nous pouvons faire fuir le sombre qui s’était fait un chez-lui cosy dans notre intérieur.

Comment envoyer de l’amour ? C’est très facile. Vous avez repris possession exclusive de votre imagination. Utilisez-là. Elle vous permettra de manipuler quelque « chose » qui n’est pas du domaine de l’imagination, qui existe mais qu’on voit plus facilement quand on n’est plus de ce monde ou quand l’imagination nous permet d’ouvrir nos yeux spirituels. Sachez-le, voyez-le, votre J’aime, votre âme, c’est de l’amour pur. Une source amplificatrice et intarissable, immortelle, d’amour. Cela se manifeste aussi sous forme de lumière. La vraie lumière, pas celle des lampes électriques. Votre J’aime se trouve à l’emplacement de votre plexus. Un peu à droite du cœur. Imaginez que vous prenez un tuyau large et souple. Branchez-le sur votre J’aime. Voyez la lumière sortir du tuyau, vous pouvez l’envoyer sur qui vous voulez, par exemple sur un EBA. Qui, tant que vous serez en apprentissage de votre dialogue avec l’autre côté, se retrouvera toujours à votre gauche, votre J’aime se plaçant comme il faut pour que vous le localisiez par là et ne vous trompiez pas. Mais vous pouvez aussi faire autre chose : retourner vers vous l’embout du tuyau que vous pointiez ailleurs. Nous sommes tous des amplificateurs de ressentis, de joies, de colère aussi. Mais ce que nous amplifions le mieux, c’est l’amour. Avec ce tuyau partant de vous et revenant à vous, faites l’expérience, renvoyez-vous votre propre amour. Et laissez-vous aller à le recevoir(4) .

Voilà, vous savez maintenant comment envoyer de l’amour. Et vous en êtes chargé à bloc. Enlevez le tuyau et laissez cette boule de feu, de lumière, pleine de votre amour, exploser tout autour de vous. Quand vous en avez fini, il n’y a plus d’EBA natif. Impossible. La lumière l’a fait fuir. S’il s’agit d’un EBA acquis, dites-lui : « Voilà, c’est ça la vraie lumière (en lui montrant votre plexus pour faire un exemple). Lève la tête et cherche celle-là, et pas une autre, bien plus haut que toi. » Et lui aussi partira et montera enfin là où il doit aller.

Voilà ma vison des choses sur le combat contre la cyclothymie et la bipolarité. On peut lire sur le net que le cerveau ayant engrammé ces processus pathologiques ne peut plus rien contre eux et a de nouvelles crises par la suite. Ce qui est vrai, c’est que quand on a pris une mauvaise habitude, il est malaisé de s’en débarrasser. Cela prend quelques instants de se libérer d’un EBA. Mais cela peut prendre longtemps de se libérer du mauvais pli qu’on avait pris. Il faut de la volonté et de la persévérance, et en parler avec des personnes qui savent de quoi il retourne et peuvent vous aider. En général, entre une personne qui a eu les deux déclics, qui a pris conscience de son mal et du phénomène EBA, qui veut vraiment guérir, et un cielapeute aguerri, deux ou trois heures suffisent pour régler définitivement le problème.

Si on ne soigne pas de cette façon la cyclothymie et la bipolarité, on s’expose à ce que l’EBA gagne la partie. C'est-à-dire qu’il obtienne tôt ou tard, ou même juste quand on croit le patient guéri, ce que veut tout EBA natif : la victoire du RIEN face au TOUT. Il n’y a pas beaucoup de marches à descendre entre la cyclothymie et le suicide. Et quand un EBA natif a fini de vous pousser à nuire à votre entourage pour que vous culpabilisiez en secret, une fois qu’il est bien installé avec vos pantoufles dans son chez-vous, sa prochaine cible, c’est vous ! Et ça va beaucoup l’amuser.

Le laisserez-vous vraiment faire ? N’êtes-vous pas celui qui a les clés de la maison ? N’êtes-vous pas, d’ailleurs, le seul qui devrait les avoir ?

(1) J’ai, longtemps après, consulté un psychologue pour le savoir et à l’issue des tests de Rorschach, j’ai été rassuré : je ne suis pas schizophrène

(2) Voir, en tout début de ce livre, la définition précise de ce terme.

(3) Nous avons tous une armure sur les épaules. Cela fait partie de ce qui nous fatigue quand nous nous en servons trop. Cette armure, c’est une barrière morale que nous mettons en face de tout ce qui nous agresse. Nous l’avons fabriquée sans nous en rendre compte, nous ne sentons pas son poids parce qu’elle s’est construite petit à petit, et nous ne savons pas comment l’enlever. Lors de la prise de médicaments psychotropes, nous laissons tomber l’armure et l’EBA profite de notre faiblesse. L’idée, en cessant le traitement, est de reprendre sa combativité, donc son armure, pour repousser l’EBA. Quand la chose est faite, il faut apprendre à la retirer pour ne plus en éprouver le poids ni tenter des amateurs de bagarre.

(4) Accessoirement, le tuyau peut être très utile à d’autres choses. Quand quelqu’un vous nuit ou vous envoie des souffrances, attrapez l’embout de cet autre tuyau qui part de sa citerne de peines et vient jusqu’à vous, répandant tout cela sur vous ou autrui. Vous pouvez diriger l’embout vers lui, s’il faut lui faire comprendre ce qu’il fait, parce que son propre poids de douleur sera amplifié, et c’est lui qui devra la supporter. Ce qui fera qu’au bout d’un temps, il comprendra qu’il vaut mieux cesser de l’amplifier, qu’il faut aussi la jeter dans le néant. Vous pouvez également, au lieu de cela, diriger l’embout d’emblée vers le néant, pour que le trop plein de ses peines disparaisse. Aussi bien pour lui que pour vous. Cette seconde solution est évidemment la meilleure. Mais, parfois, il est nécessaire d’empêcher que la situation se renouvelle. Et si l’assaillant ne sait pas ce qu’il fait, il pourra recommencer dès que cela lui chantera… Savoir que cela peut lui revenir dans la figure, en plus fort, l’aide à comprendre son erreur et à ne pas la reproduire.

Chapitre 3-Les pulsions suicidaires
Table des matières

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