La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 18

La partie cachée et réparatrice du pardon

Le but de ce livre est de faire découvrir en soi les clés pour enlever les souffrances qui sont dans le cœur, l’âme/le J’aime et l’esprit. Or la plupart de ces problèmes se règlent par le pardon. Parce que quand on ne pardonne pas, on souffre. Et comme je le conclurai à nouveau tout à l’heure, tant de gens, malheureusement sans réaliser la chose, préfèrent souffrir plutôt que pardonner !

Dites à une personne victime d’autrui qu’il faut qu’elle pardonne celui qui a mal agi avec elle et elle vous opposera un fort rejet. Elle repartira en maugréant et continuera inutilement à avoir mal, sans avoir rien résolu ni de la source ni de la manifestation de ses douleurs. Elle continuera, sans que ses souffrances, maintenues en survie artificielle, blessent ou même touchent seulement ceux vers qui elle tourne ses rancœurs. Donc sans que cela lui serve de souffrir.

Vous avez donc parfaitement, vous aussi, le loisir d’avoir cette réaction de rejet face à ce premier chapitre. Et de le sauter.
Peu importe car si vous avez commencé à feuilleter ce livre parce que vous vous ouvrez vraiment la possibilité d’aller mieux, quand vous aurez lu ce qui vous intéresse dans la suite, vous aurez naturellement envie de savoir ce qu’entraîne le pardon. De comprendre en quoi il est une des clés principales pour aller mieux.

Tous les aspects du pardon auxquels j’ai pu penser sont réunis dans ce chapitre, pour apporter des réponses au plus grand nombre possible de chercheurs de solutions comme vous. Il est probable que certains de ces aspects ne vous semblent pas utiles.
Aujourd’hui, peut-être pas, mais plus tard ?
Une clé, c’est solide. Durable.
Si, un jour, vous êtes enfermé dans votre peine et votre colère, ayant trouvé les clés ici, en grand nombre et en éventail complet plutôt que les quatre ou cinq que vous utilisez tous les jours, vous saurez comment faire jouer telle serrure que ne vous ne connaissez pas encore aujourd’hui.
Voici donc un vrai tour d’horizon du pardon, le moyen le plus efficace de voir les choses changer avantageusement.

Combien de personnes, après vous avoir raconté leurs déboires, assènent un : « Alors ça, je ne le lui pardonnerai pas ! » et, ayant dit, se renfrognent dans leurs douleurs. C’est comme si elles avaient dit à la personne qu’elles jugent responsable de leur malheur : « Je garde bien au chaud mes souffrances, pour ne pas te rater le jour où j’aurai enfin une possibilité de te faire mal à mon tour ! »
D’une part, ce n’est pas parce que les souffrances auront été gardées vives en soi qu’elles seront plus vives chez celui qu’on cherche à atteindre. D’autre part, nourrir ses souffrances, c’est les empêcher de diminuer et de devenir juste un mauvais souvenir. Celui qui ne pardonne pas continue donc à souffrir et cela n’apporte strictement rien à l’équation. Au mieux, si un jour elle a effectivement l’opportunité de se venger, la personne en question sera tout simplement ridicule aux yeux de celui qu’elle voudra persécuter, lorsqu’elle sera débordante de haine, de colère, de larmes peut-être, de cris, bref, de tout ce qui démontrera qu’elle ne peut plus se contrôler. Et du coup, démontrera aussi à celui qu’elle veut punir qu’il l’avait tant marquée qu’elle en perd, à des mois ou des années de distance, tous ses moyens. Ce qui donnera de facto à celui qui est visé par la colère une position très dominante. Laquelle lui permettra, s’il a envie de maintenir son avantage, d’occasionner de nouvelles souffrances, simplement en riant de sa supériorité évidente.
Bien sûr, il y a le cas où la personne qui veut se venger arrive à le faire sans se laisser déborder par ses ressentis, sans cris, avec froideur donc sans perdre de crédibilité. Cela n’empêchera pas, si elle exécute sa vengeance, que cet acte ne réparera pas le fond des choses et n’apportera aucune paix profonde durable. Car lorsqu’on fait du mal, même si c’est pour ce qu’on considère comme juste, on s’est abaissé au niveau de l’autre pour parvenir à ses fins. On n’est plus au-dessus de l’autre, moralement, alors qu’on l’était avant l’acte. La délivrance tant souhaitée, fantasmée pendant l’ourdissement de la vengeance avorte très vite. Le soulagement est tout de suite troublé par la voix de la conscience, la voix du J’aime, car il ne peut rien trouver de bon dans un acte mauvais. L’acte en question ne peut se justifier et apporter la paix qu’en face d’un fou sanguinaire, dont on sait que si on ne le stoppe pas, il fera subir sa souffrance, l’amplifiera démesurément auprès d’autres personnes que soi.
On observe donc avec certitude que celui qui ne veut pas pardonner est quelqu’un qui souffre. Et qu’il est urgent pour celui-là de se débarrasser de ses souffrances. Donc de pardonner. Surtout ce qui est apparemment impardonnable car c’est cela qui semble indécrottable, c’est cela qui fait le plus mal.
Avec un peu d’expérience de la vie, on constate que toujours, toute personne qui se conduit mal est une personne qui souffre. Si l’une d’elles s’est mal conduite avec vous, c’est qu’elle a mal ou qu’elle porte (et vous a obligé(e) à partager) le poids d’anciennes souffrances, consciemment ou non. Lesquelles peuvent remonter aux générations précédentes de sa famille. Sachant ce qu’est la souffrance, puisque vous la vivez à cause de cette personne, qui vous l’a transmise parce que c’était trop dur à porter seule, vous pouvez trouver là un levier pour pardonner, par compassion.
« Comment ? De la compassion pour un être aussi mauvais ? Pas question ! », direz-vous. Je parle surtout de compassion pour vous-même, pour votre souffrance à vous. Parce qu’à force de maintenir la haine en vie en vous, votre J’aime et votre corps vous feront savoir que ce n’est pas l’adroit. Et vous tomberez malade. Et votre adversaire aura en plus gagné cela ! C’est là et même avant cela, qu’il vous faut réagir, en comprenant que sur cette dangereuse pente que vous aurez jusque là empruntée, vous avez toutes les (mal) chances de vous approprier cette nouvelle souffrance, d’autant plus qu’elle sera bien visible et pourra témoigner auprès d’autrui du mal qui vous a été fait. Le rendant ainsi pérenne donc plus difficilement soignable. Et, vous étant approprié cette souffrance, il ira de soi que vous l’entretiendrez en sus de la précédente, pour alimenter votre faim de réparation.
Mais si la réparation, c’est juste pouvoir renvoyer tout ce fiel entreposé en vous, cela créera une nouvelle souffrance chez autrui qui, aussi légitimement que vous, à ses yeux, pourra fomenter à son tour une vengeance, laquelle vous reviendra dans la figure ou, pire encore, ira se répandre auprès d’autres innocents. Surtout les faibles et les enfants, qui ont moins de capacité à répondre et à se défendre.
C’est ainsi que ce concept, étendu à l’échelle des peuples, en arrive à faire naître des monstres : des guerres qui peuvent faire des millions de morts. À l’échelle d’un être humain, le monstre existe aussi. C’est ce qui, en nous, préfère souffrir plutôt que pardonner.

Ce qui pourra être une barrière à votre pardon, c’est l’idée que la personne qui vous a fait souffrir reste impunie. Mais son j’aime sait ce qui a été fait et ce qui doit être réparé. Et si dans sa conscience, cette personne se bat comme un beau diable pour ne pas entendre son J’aime, ce qui vous la rend davantage goguenarde, hautaine, insupportable et attise votre envie de garder la souffrance vivante en vous, son J’aime est celui qui régira les choses quand l’heure sera venue. Son J’aime non seulement demandera pardon mais aussi réparera comme il faut. Et un pardon ne peut être entier que s’il y a réparation.
Pour ouvrir cette barrière-là, faites cette constatation : il n’est pas question d’excuser la faute commise envers vous, il n’est pas non plus question de l’effacer. Il est seulement question de pardonner pour ne plus souffrir injustement. En attendant que justice se fasse et elle se fera ! Mais probablement pas comme on peut l’imaginer d’emblée.
Un barrage de plus à franchir, c’est la vanité. Il s’agit de l’écarter de soi, au moins le temps de se libérer soi-même.
La vanité, c’est ce qui fait que lorsque quelqu’un nous attaque, nous sommes piqués au vif et nous nous révoltons. C’est ce qui, au lieu de nous donner la préséance, nous rend vulnérables, finalement, aux sarcasmes, justifiés ou non, et aux attaques d’autrui. Parce que sans vanité nous sommes intouchables. Il n’est pas question de renoncer à l’amour de soi mais à ce qui nous fait nous hérisser, réagir épidermiquement.

Le dernier obstacle, c’est l’état plus ou moins conscient d’attente dans lequel nous sommes. Nous attendons que la personne vienne à nous, fasse le premier pas. Fasse, puisqu’elle est, selon nous, responsable du mal, le geste qui va sauver la situation et grâce auquel nous allons enfin trouver la force de commencer à pardonner et donc à voir le bout du tunnel.
Pour éliminer cet obstacle, une seule solution : l’enlever de l’équation. Factuellement, il faut faire ce constat qui est de se dire, bien consciemment : « Cette personne ne viendra jamais vers moi pour ça. Elle ne me demandera jamais pardon. Elle ne réparera jamais. »
À partir de là, au lieu d’être bloqué ad vitam æternam devant une porte qu’on espère voir s’ouvrir et donc d’être bloqué aussi en réalité dans la vie, de ne plus avancer, de ne plus construire, on quitte la position assise en tailleur qu’on avait depuis des lustres devant cette porte, on l’abandonne carrément, on se désankylose et on recommence à marcher. On reprend l’habitude d’accomplir quelque chose, puis d’exister par soi même et pas seulement par l’attente qu’on a de ce que l’autre ne fera pas : on cesse de contempler tristement le gâchis de l’autre. Car si, pour notre conscient, c’est le fait de ne pas recevoir un mot bienfaisant de la part de cette personne qui nous fait si mal, il en va différemment pour notre âme/J’aime, qui est ce qui aime en nous et que nous devrions appeler notre J'aime, voit plus loin et plus haut que nous. Elle voit l’essentiel qui nous échappe, aveuglés que nous sommes par la douleur : elle voit que ce qui est vraiment dramatique dans cette affaire, c’est que la personne qui ne veut pas demander pardon, alors qu’elle a fait du mal, ne prend pas sa chance de réparer. De remplacer un acte mauvais par un bon. De ne plus transmettre la souffrance qui s’est relayée jusqu’à elle et vous, de père en fils, de famille en famille. Ce qui fait mal au J’aime et rejaillit sur nous-même si nous ne le comprenons pas tout de suite, c’est de voir qu’une personne qui souffre continuera à souffrir. Qu’elle pourrait s’en affranchir mais qu’au contraire elle cultive cet état.
Retournons le miroir : n’est-ce pas ce que nous, nous sommes aussi en train de faire, en refusant de nous affranchir de cette souffrance venue d’ailleurs ?
Nous, nous pouvons prendre notre chance ! Nous pouvons mettre un terme à ce cercle vicieux, de notre côté. Rejeter, en toute légalité spirituelle, la souffrance qui ne nous appartient pas et que nous n’avons aucunement mérité de porter. Cela passe par le pardon. Oui, pardonner, même et surtout l’impardonnable, c’est se libérer de la souffrance.

Évidemment, si nous pardonnons et si la personne concernée ne demande pas pardon, alors, le pardon n’est pas entier. Il lui manque, non pas la moitié mais les deux tiers de sa consistance pour être parfait. Le premier tiers, c’est votre pardon à vous. Cela, vous l’avez. C’est un acquis. Le second, c’est le pardon de l’autre personne. Le troisième, c’est la réparation. Il est évident, si réellement c’est vous qui avez subi un préjudice, que ce n’est pas à vous de réparer. Alors, direz-vous, « À quoi bon un morceau de pardon ? Où est ma fierté, là-dedans, où suis-je respecté ? Comment pardonner si je ne suis pas respecté ? »
Vous reconnaîtrez là les paroles issues de votre vanité et vous lui direz momentanément d’aller voir ailleurs si vous y êtes, de vous lâcher la main et le reste, pour que vous puissiez mener à son terme votre courageuse et méritoire entreprise pour aller mieux.

Voyez ceci : quand l’autre ne veut rien faire pour apaiser les choses, un tiers de pardon donc un tiers de paix, surtout s’il vient de vous (et là, vous avez le droit et même le devoir spirituel de vous aimer mieux pour cela), c’est toujours mieux que rien ! C’est votre chance que vous prenez. Vous pouvez dès lors cesser de vous en vouloir de gâcher votre paix, votre amour, votre joie. Il faut lâcher prise sur les erreurs commises, les vôtres, celles des autres, toutes les erreurs, pour qu’elles cessent de vous trotter dans la tête.

Évidemment encore, pardonner de votre côté et ne pas avoir de demande de pardon de l’autre côté, ce n’est pas cesser de souffrir complètement. Mais c’est toujours souffrir beaucoup moins ! Et pouvoir revivre.
D’ailleurs, si c’est vous qui avez mal agi et qui demandez pardon, ne dites pas « je m’excuse ». D’abord, parce que c’est un verbe intransitif et qu’on ne peut pas écrire cela sans faire une faute de français. Mais surtout parce que si vous vous accordez le pardon que vous demandez, il n'existera pas en réalité. Et vous aurez été pour le moins culotté ! En bref, cela n’aura fait que créer un non-dit source de nouveaux conflits. Présentez plutôt vos excuses et attendez que l’autre les ait reçues et acceptées avant de songer à comment réparer. Car il est indispensable de réparer. C'est la condition sine qua non pour que le pardon soit entier et définitif. Il faut réparer car, si c’est si facile, si on obtient un pardon juste en le demandant (ou en se l’accordant d’office tout seul), ce ne sera pas bien compliqué, si nous ne sommes pas bien intentionnés, de nous dire que les conséquences ne comptent pas. Et que nous pouvons, sans danger, encore faire du mal, transmettre à nouveau nos souffrances. En revanche, si nous devons trouver le moyen de réparer, alors c’est un effort dont on se souviendra, qui aura une valeur, un sens, et qu’on n’aura pas envie de renouveler. Le plus gros effort, d’ailleurs, ne sera pas de réparer. Il sera de trouver comment le faire. Quel casse-tête ! C’est pourtant bien simple ! Il s’agit d’apporter un ressenti bénéfique là où on en a fait subir un négatif. Par exemple, vous avez fait pleurer quelqu’un ? Parvenez à le faire rire !

Voyez ceci encore : cette personne ne vous demande pas pardon ?
Son « J’aime », lui, le veut, parce qu’il sait ce qui doit être fait. Et dans cette vie ou alors juste après, il viendra vous demander pardon. Apprenez à garder votre esprit ouvert, sinon, dans le second cas, cela vous échappera !

Voyez ceci enfin : la réparation a bien des chances de venir, dans cette vie et pas tout à fait dans l’autre monde : un jour ou l’autre, il se peut bien que vous fassiez un rêve. Un rêve puissant, dans lequel vous verrez celui ou celle qui vous a fait du mal venir à vous, vous entourer d’une tendresse inattendue, parfois même absolue. Vous vous réveillerez de ce rêve tout étonné et apaisé, en vous disant quelque chose comme, « Si seulement il (ou elle) pouvait m’envoyer l’équivalent dans la vraie vie ! »
Eh bien, prenez cet envoi en rêve pour argent comptant. Car c’est son J’aime qui vous a apporté cela, malgré la conscience de l’autre qui s’y refuse pendant l’éveil. Ne soyez pas à l’affût de ce rêve, ne le réclamez pas, laissez-le venir. Ce sera tellement mieux si ça reste une surprise !
Nous travaillons avec beaucoup de J’aime, la nuit, qu’on les connaisse ou pas dans l’éveil, sur des avancées spirituelles dont nous perdons le fil quand nous sortons des limbes. Mais lorsque nous nous en souvenons avec acuité, quelle qu’ait été la façon, quel qu’ait été le symbole, nous portons en nous la joie de l’amour de l’autre, et nous voilà réparés jusque dans nos pires douleurs. Il suffit de vouloir, de prendre cette chance qui nous est donnée. De prendre pour ce qu’elle est, c’est-à-dire réelle, cette autre vérité. Sublime, parce qu’elle nous guérit enfin.

Mais elle ne fera la lumière en nous que si nous ouvrons la porte de notre esprit. Que, parfois sans nous en apercevoir, nous avions, nous aussi, fermée à double tour.

Quand vous aurez fait tout cela et que votre agresseur aura réparé dans un rêve offert en cadeau pour vous, vous pourrez, en paix, sans vindicte mais avec un sourire triomphant, lui dire ou penser pour vous-même en le voyant : « Toi, tu ne m’as pas demandé pardon mais ton J’aime, si ! »
Ce qui ne veut évidemment pas dire que celui qui vous aura fait du tort sera quitte juste parce que son J’aime vous aura demandé pardon en rêve, sinon, ce serait trop facile de dire « Je m’en moque de faire du mal, mon J’aime réparera quand je dormirai ! » Cela vaut seulement pour vous apaiser. Mais celui qui vous aura fait du mal devra tout de même réparer dans les faits et de son vivant pour que son J’aime à lui le tienne pour quitte. S’il ne le fait pas, il faudra qu’il le fasse dans une autre vie. Et si sciemment, cette personne se dit qu’elle s’en dispense parce qu’elle ne croit pas qu’elle vivra une nouvelle vie, libre à elle. Seulement, lorsqu’elle vivra effectivement sa vie suivante, la peine sera bien plus lourde, parce que non seulement elle devra toujours réparer pour le mal qu’elle vous a fait (si vous n’êtes plus de ce monde, elle devra le faire auprès d’une autre personne mais au centuple) mais elle devra, en sus, réparer auprès de son J’aime, à qui elle aura porté grave préjudice en s’abaissant autant.

Dans le droit fil de ce qui précède et pour conclure, si celui qui vous a fait du mal change de comportement, devient aimable et se conduit très bien avec vous, le simple fait de bien agir, s’il ne vient pas après excuses et réparation, ne vaut ni les unes ni l’autre.
Pour être réputées entières et valables auprès de tous les J’aime concernés, les excuses doivent avoir été présentées et acceptées. Quant à la réparation, il faut qu’elle ait eu lieu, bien visible et claire pour toutes les âmes concernées également. Le seul comportement agréable ne peut suffire à la résolution complète de la réparation.

Au fur et à mesure que j’avance sur ce chapitre du pardon, des rencontres avec des consultants me reviennent et, de là, des éclairages que j’ai pu donner, en écoutant mon J’aime, me rafraîchissent la mémoire. Comme cette idée de la justice. Car ce qui peut aussi nous freiner dans l’acte de pardonner, c’est le fait de penser que si nous pardonnons, la personne qui a mal agi ne sera pas punie. À cela, mon J’aime répond qu’il y a toujours une justice. Pas seulement et pas forcément celle de la terre, dont on sait qu’elle est souvent bien insuffisante (punir d’une peine de prison à vie l’assassin d’une personne qui elle-même a pu la faire souffrir, l’amenant à tuer, et punir de la même peine le responsable de la mort de mille individus, ce n’est pas équitable).
Une autre justice que celle que nous connaissons viendra s’il n’y a pas demande de pardon, s’aggravera en cas de défaut de réparation et pourra survenir dans la vie ou après la vie.
On pourra dire : « Que m’importe que X soit puni dans l’autre vie ! Si ça se trouve, l’autre vie n’existe même pas ! »
Si l’on fait cette réponse, alors, il faudra vivre dans la souffrance pour celui qui attend qu’il y ait revanche. Combien de fois par jour souffrons-nous quand nous ne pardonnons pas ? Et cela fait combien, sur toute une vie ?
Même s’il n’y a pas de vie après la vie, les salauds ne méritent pas que nous souffrions pour eux, en prolongement du mal qu’ils auront accompli.

Vous voulez une idée de la justice qui sera faite là-haut ? Enfin, là-haut, pas au ciel, mais entre ici et le ciel ? Ce sera une évocation bien macabre… Mais si cela peut vous montrer que ce n’est pas utile de souffrir, voici ce qui arrivera, par exemple, à un bourreau de la gestapo. S’il avait su ! Il aurait cessé de suite ses horreurs. Parce que, arrivé au bout de la vie, il s’est retrouvé en face de lui-même, (pas de juge, pas de bourreau, personne d’autre que lui seulement dans la connaissance globale, c’est-à-dire la vérité contre laquelle personne ne peut aller, la vérité totale de soi) et il s’est infligé à lui-même toutes les souffrances qu’il avait fait subir à autrui. En les ressentant comme s’il était encore dans son corps. En les renouvelant au moins au centuple. On ne peut imaginer tout ce que cela implique. Et personne pour l’obliger à faire cela. La justice, rien que la justice, dans la continuité de ses actes, dans le miroir non déformant, et avec les vécus que cela aura occasionnés auprès des victimes.
Tout cela, bien sûr, n’affranchit pas du pardon qu’il faut demander ensuite. Ni de la réparation.
Et tout cela, quand nous avons été bourreaux, nous arrive sans que nous puissions nous servir de notre part d’amour pour atténuer le ressenti. Non pas parce qu’on nous en priverait, non, mais parce que nous nous l’imposerions. Dans le droit fil de ce que nous avons été.
Ce n’est pas l’enfer, cela. L’enfer, c’est ce que nous aurons fait vivre en torturant. Car nous aurions pu l’éviter.
Alors que ce que nous nous faisons après la mort, dans ce cas, nul ne peut l’éviter.
Sans aller jusqu’à parler de bourreaux, qu’arrive-t-il à un peu tout le monde ? Quand vous êtes de l’autre côté, rares, très rares, sont ceux qui peuvent vous entendre ici-bas. Alors, si vous demandez pardon pour un acte mauvais, dont le poids vous est devenu insupportable, à une personne qui ne vous entend pas dans son conscient, je vous laisse imaginer combien vous vous dites que vous auriez mieux fait de demander pardon de votre vivant…

Je tourne la page sur cette noire vision, avec du baume au cœur, en disant ce que mon J’aime m’a aussi expliqué : de l’autre côté, nous pouvons, en revanche, tout à fait revivre les moments où nous avons fait du bien, les revivre avec les ressentis du corps, non seulement le nôtre, mais aussi celui d’autrui.

* * *

Pour parler de choses plus terre à terre, que vous pouvez expérimenter très facilement et qui vous montreront qu’il se passe tout de même quelque chose au-delà de nous, il y a cette idée d’envoyer de l’amour d’abord à ceux qui nous font du mal. J’en donnerai un exemple très cartésien, dont vous pourrez probablement trouver un équivalent dans votre vie à vous, dès que j’aurai exposé ce qui me mène à cette explication. C’est le fait d’avoir trouvé une vidéo sur Internet, où l’on voit une expérience frappante sur des grains de riz. Tapez rice consciousness expertiment dans la barre de recherche de votre navigateur. Vous y verrez un monsieur mettant la même quantité de riz fraîchement cuit dans deux petits bocaux. Il les ferme, en place un à gauche, sur lequel il colle un sticker portant le mot hate (haine), et l’autre à droite, avec le mot love, que je ne vous ferai pas l’affront de traduire. Chaque jour, il envoie de la haine sur le bocal de gauche et de l’amour sur celui de droite. Au passage, il est amusant de noter que son J’aime lui a fait placer les récipients aux bons endroits, puisque quand nous sommes en apprentissage de l’écoute de notre J’aime, ce dernier place toujours ce qui est sans amour ou triste à gauche et l’amour à droite, pour que nous apprenions à nous repérer.
Jour après jour, le youtuber nous montre la progression et, à partir du cinquième, on voit des moisissures apparaître sur le riz de gauche. Mais rien à droite. Au bout de treize jours, le riz de gauche est vraiment très moisi, celui de droite pas du tout. L’auteur de la vidéo conclut très intelligemment en nous demandant ce qui se passe quand nous envoyons de la haine autour de nous.

Ce qui m’amène à la situation concrète que je voulais vous décrire. J’ai un voisin pas facile. Un soir, très énervé par une journée difficile (d’après ses propres dires), il sonne à ma porte et me dit que si je laisse encore des gens se retourner sur son chemin (il n’a pas de portail et je ne suis pas responsable, évidemment, de ce que font ces gens que je ne connais pas tous), il défoncera mon mur avec son 4X4. Je cherche à discuter, mais il me menace de me casser la figure, dit que ça va mal finir… etc.
Je lui dis ma façon de penser, puis j’essaye de tourner la page. Véritablement traumatisé par un tel comportement, j’en parle avec mes amis, mes autres voisins, le maire. Et la vague créée par l’EBA m’atteint de plein fouet à chaque fois que j’y pense. C’est douloureux.
J’ai beau me dire que sa douleur n’est pas à moi, la rejeter, elle renaît, elle ressurgit chaque jour, plusieurs fois par jour, puisque sa maison est en face de la mienne. Et que je la vois dès que je mets le nez dehors.
Et puis, je vois cette vidéo sur le riz. Et le déclic se fait.
Je me mets à envoyer de l’amour à mon terrible voisin. Instantanément, je ressens un mieux. Jour après jour, le ressenti s’améliore. Je sens très bien la haine qu’il a pour moi, que d’autres voisins me confirment parce qu’ils le connaissent mieux que moi. Mais je lui envoie encore et toujours de l’amour. Je le laisse, mentalement, pourrir son riz. Et je regarde le mien redevenir blanc. Mangeable.

Aujourd’hui, il subsiste une certaine méfiance mais je n’ai plus ses douleurs en moi. Je n’ai plus « mal à lui ».

Il nous est facile d’envoyer de l’amour à ceux que nous aimons. Nous pensons que c’est impossible d’en envoyer à ceux que nous détestons, ceux qui nous font du mal. Mais rien de plus facile. Il suffit de le décider. D’envoyer notre J’aime par-delà la clôture effrayante, se dire que ce n’est qu’une frontière et que les frontières sont toujours franchissables. Parce que notre J’aime Aime quoiqu’il arrive (c’est ce qu’il fait au-delà de tout ce que nous imaginons), nous pouvons Aimer aussi. Parce que nous sommes Lui. Et de là, commencer à aller mieux.

Alors, bien sûr, mon voisin ne m’a pas demandé pardon, bien sûr il peut recommencer. Mais la prochaine fois, je lui enverrai de l’amour sans attendre. Et peut-être qu’au lieu de mettre mon armure, j’aurai la présence d’esprit de lui dire, mentalement seulement : « Quand on se conduit mal, c’est qu’on souffre. Comme vous devez souffrir, Monsieur, pour vous conduire aussi mal. Savez-vous qu’il y a des moyens pour ne plus souffrir ? »

En espérant que son J’aime, qui forcément m’aura reçu, parviendra à lui donner cette clé pour aller mieux.

Envoyer de l’amour, c’est une très belle chose. Mais il ne faudrait pas croire non plus que tout se solutionne ainsi, parce qu’il est des personnes qui sont entourées d’une armada d’EBA, qui détourneront la lumière avec un acharnement de fous furieux. Inutile, donc, de se mettre en lotus sur son lit pour se concentrer sur le bonheur du monde, pour envoyer de l’amour à Trump et Poutine, ils ne le recevront pas. Changer le monde, cela commence en nous, puis autour de nous. Nous ne pouvons que changer notre petit monde, factuellement. Ce qui est déjà énorme, parce que, si d’autres suivent notre exemple, le monde changera de plus en plus, petit bout par petit bout.

Je reviens au pardon, avec une anecdote. Une amie d’une trentaine d’années que je nommerai S., m’avait consulté, me racontant que, lorsqu’elle était petite, elle avait été violée par son père. Elle était allée rapidement trouver sa mère, pour lui en parler, chose qui dénote un grand courage car ces choses-là restent le plus souvent profondément cachées en soi. Pendant des années. Ou toute une vie, même.
L’incroyable réponse de sa mère avait été : « Oui, mais qu’est-ce que tu veux, ça lui fait tellement plaisir, alors laisse-le faire… »
S. souffrait beaucoup de ce viol, et encore plus de cette phrase ignoble qui rendait sa mère complice et faisait que S. ne pouvait pas devenir adulte sexuellement parlant (elle n’avait pas de partenaire et son expérience sexuelle était réduite à ce qui s’était passé, ou pas grand-chose de plus).
Écoutant mon J’aime, je lui ai donné ce conseil : « Cette douleur qui est là vient d’un acte qui n’est pas à toi. Pour que la douleur s’en aille, il faut que tu fasses partir ce qui reste de l’acte. Tu peux le faire en allant acheter un godemiché (Pour ceux qui n’ont pas encore l’âge de savoir, il s’agit d’un sexe d’homme en plastique, que les adultes utilisent dans leurs jeux sexuels.) , auquel mentalement tu vas attribuer tout ce poids, cet acte de ton père, cette douleur, la réponse de ta mère. Ne mets pas de haine dedans, ne mets pas de vengeance, juste ce qui te fait mal, ce qui n’est pas à toi. Ensuite, tu enverras ça à tes parents. Pas besoin d’explication : toi, tu sais ce que ça veut dire et ne t’inquiète pas, le sens de tout ça ne leur échappera pas. »
S. a fait comme je le lui avais proposé. Je l’ai rencontrée à nouveau quelque temps plus tard. Elle m’a raconté, riant aux éclats, qu’elle avait reçu un appel de sa mère, catastrophée, lui disant « Mais tu es folle ! Pourquoi tu as fait ça ? »
S. s’était libérée, elle était incroyablement légère ! Finie la souffrance ! À ses parents, les points d’interrogation !
Moins d’un mois plus tard, elle se mettait en ménage avec un jeune homme avec qui elle vivait un véritable grand amour.

Vous qui avez sur le cœur un fardeau qui ne vous appartient pas, pensez à un objet symbolique, pouvant contenir ce fardeau. Et renvoyez-le à l’expéditeur. Sans haine, sans colère, mais dans un souhait de justice, dans l’idée d’exprimer votre vérité pure. Et avec un petit peu de votre Amour (voir plus haut la raison à cela). Rendez à César ce qui est à César. Enfin, vous pourrez le pardonner. Ne plus souffrir. Et commencer à rire, à vivre.

* * *

Je voudrais, pour finir, ajouter ce texte que j’avais écrit au sujet du pardon il y a quelque temps et qui viendra en complément utile.

Comment avancer dans le pardon ? Comment alléger vos souffrances (et possiblement celles d’autrui) ?
Vous pouvez, de temps en temps (attention à ne pas en faire un rite car un rite n’est pas un acte authentique du cœur, et perd tout efficacité de par ce fait), dire le « Je te pardonne et je te lâche ».
Pensez à une personne qui vous a fait du mal, dites-lui mentalement cela. Et faites réellement cet acte de pardon. Puis pensez à une autre personne, qui elle aussi vous a fait souffrir. Dites-lui la même chose. Et ainsi de suite, avec toutes les personnes à qui vous pouvez penser et qui ont compté pour vous.
Vous constaterez plusieurs choses. Petit à petit, en premier lieu, vous comprendrez que dire cela vous fait vraiment lâcher prise avec ce qui aura pu jusque là vous tourner dans la tête. Tous les problèmes irrésolus perdront du poids et vous pourrez juger du fait que, plus vous êtes sincère dans ce pardon et ce lâcher prise, plus, effectivement, le poids des douleurs associées à ces personnes et à leurs actes s’en iront.
Vous verrez aussi que, envers certaines personnes, ce sera très facile d’effectivement faire les deux : pardonner et lâcher. Et pour d’autres, très difficile. Et que ce ne sera pas, au bout du compte, les personnes qui vous semblaient les plus impardonnables qui vous auront demandé le plus d’efforts pour les pardonner et les lâcher. Que ce ne seront pas forcément non plus celles qui semblaient les plus faciles à pardonner qui vous demanderont le moins d’efforts.
Vous pourrez donc vous rendre compte, savoir à quel point vous en êtes, dans votre démarche de pardon et, donc, de cessation des souffrances. Vous vous direz : « Tiens ! Celui-là, je pensais que je l’avais pardonné. Mais il me reste du chemin à faire, j’en souffre encore, il faut que cela s’améliore et change. » Et également : « Ah ! Celle-ci, je croyais que j’en souffrais toujours, que je n’arriverais pas à la pardonner ! Mais finalement si, c’est fait ! »
Faites cela de temps en temps, peut-être une ou deux fois par an, pour voir votre avancée dans le pardon. Et vous aider vous-même à souffrir de moins en moins.

Continuez à explorer le panoramique des gens qui ont compté pour vous, bons ou mauvais. Vous verrez ainsi qu’en pensant à certaines personnes, vous ne verrez pas l’intérêt de les pardonner car elles ne vous auront rien fait de mal. Et vous n’aurez pas envie de les lâcher. C’est bien normal. Cependant, dites-leur tout de même « Je te pardonne » car, en le disant, vous vous apercevrez souvent qu’un jour, tout de même, une de ces personnes, ou plusieurs, a/ont eu pour vous un geste pas tout à fait adapté, pas méchant, mais un peu blessant. Et que votre pardon guérira, au passé, au présent, au futur, ces petites plaies qui semblent indolores mais qui, accumulées, finissent par faire de grandes douleurs dans le corps.
Pour ceux qui vraiment ne vous auront jamais heurté de quelque manière, vous les pardonnerez ainsi d’avance pour une possible indélicatesse. En faisant cela, la seconde partie de la phrase, « Je te lâche », ne viendra pas. Vous la refuserez. Et c’est très bien, c’est ce qui vous permettra de savoir avec certitude qui sont celles et ceux que vous aimez vraiment et avec qui vous voulez continuer le chemin. Alors remplacez le « Je te pardonne, je te lâche », par « Je te pardonne, je te garde ! »
Vous les chérirez différemment, par la suite. Parce que vous saurez.

Puis, dans la poursuite de cette démarche, en évoquant ces personnes croisées dans votre vie, viendront celles à qui, tout à coup cela vous sautera aux yeux, ce sera à vous de demander pardon. Alors dites-leur : « Je te demande pardon et je te lâche » ou « … et je te garde », selon votre choix et souhait profond.
Vous saurez alors envers qui vous aurez une démarche de demande de pardon à faire. Démarche qu’il vaut mieux envisager sans tarder car ne pas avoir demandé pardon à une personne à qui on a fait du mal est une souffrance parfois supérieure à celle qu’on a quand on refuse de pardonner quelqu’un. Même si c’est inconscient. Même si ça ne surgit, dans le corps ou dans le mental, que bizarrement et pas clairement, avec toutes sortes de symptômes qui ont l’air incompréhensibles, mais qui ont un sens très réel.

* * *

J’avais, suite à ce texte, reçu une question d’un ami :
J’étais justement en train de dire que rien n’avait été oublié dans les possibilités que tu évoques, quand, tout à coup, me sont venues à l’esprit ces deux ou trois personnes, pendant que je faisais le « Je te pardonne », selon les indications que tu donnes ici, personnes auxquelles j’ai mentalement dit « Je te pardonne… mais je ne sais pas si je te lâche ou si je te garde ». Je me demande, du coup, quel sens trouver dans cette phrase.

Voici la réponse.

Quand tu dis « Je ne sais pas si je te lâche ou si je te garde », en réalité, c’est la personne à qui tu as pensé en disant « Je te pardonne » qui ignore encore si elle va revenir vers toi ou non. Plus clairement, quand tu dis « Je te pardonne et je te lâche », tu fermes la porte à la personne, alors que quand tu dis « Je te pardonne et je te garde », non seulement tu laisses ta porte ouverte à cette personne, mais tu échanges avec elle couramment ou chaque fois que l’envie t’en prend.
Lorsque tu dis « Je ne sais pas si te lâche ou si je te garde », tu laisses la porte ouverte à la personne, mais sans que bouger toi-même. Dans ce cas, il s’agit d’une personne à qui tu as déjà par le passé donné plusieurs fois sa chance de prendre vraiment ta lumière et qui n’a pas su le faire, et à qui ton J’aime souhaite encore laisser une chance de venir le faire. Mais justement, c’est à cette personne de faire le chemin vers toi, de franchir la porte et de faire en sorte qu’elle demeure ouverte.
Dans ce cas (quand tu dis « Je ne sais pas si je te lâche ou si je te garde ») comme dans les deux autres (quand tu dis « Je te lâche » ou « Je te garde »), tu as dit la formulation qui convient et, par conséquent, tu ressens un allègement semblable.
Si, par la suite, une personne à qui tu as pensé de cette manière revient vers toi avec la volonté sincère de réparer le mal qu’elle a pu te faire et qu’elle le fait, alors tu te mettras spontanément à penser, la concernant, « Je te pardonne et je te garde ». Si, en revanche, la personne revient en ajoutant d’autres maux à ceux qu’elle a pu te causer, ou si elle reste trop longtemps dans le silence vis-à-vis de toi, alors tu finiras un jour par penser à elle en disant « Je te pardonne et je te lâche ».

Autre chose : la formulation « Je te pardonne et je te lâche » semble définitive. Elle l’est effectivement tout en ne l’étant pas.
Quand tu dis « Je te lâche », tu lâches vraiment définitivement la personne, dans ce sens que ton J’aime, en accord avec le sien, coupe le lien qui vous unit sur terre et ferme la porte, de sorte que les EBA qui utilisent cette personne comme point d’appui pour te faire souffrir ne puissent plus le faire.
Néanmoins, il se peut qu’une personne que tu aurais « lâchée » finisse par entendre son J’aime à elle, ou son ange. Donc se mette à prendre conscience des souffrances qu’elle t’a infligées et décide de revenir vers toi, en étant réellement dans un désir de réparation et dans l’amour. Si une telle chose arrivait, une nouvelle formulation te viendrait pour cette personne : « Je te pardonne et je te reprends ».

Il est encore une facette du pardon qu’on peut expérimenter. C’est le « Je me pardonne ». Car en repensant à une offense que vous avez faite à quelqu’un, il sera plus facile de réparer si on ne porte plus le poids entier de notre honte devant notre acte, mais seulement la part que nous pouvons soigner.
Vous avez mal agi… D’abord, est-ce certain ? Si nous comprenons pourquoi et comment nous avons mal agi, alors oui, il y a des chances pour que nous puissions en être sûr. Mais si on ne comprend pas pourquoi on a agi de telle ou telle manière, c’est peut-être, tout bêtement, qu’on a écouté un EBA. En cela, nous n’avons fait preuve que de faiblesse et non pas de méchanceté native. Ce qui serait de la méchanceté native serait de voir cette erreur, de savoir que cela venait d’un EBA et que nous l’avons transmis par négligence, mais que nous nous moquons de savoir si la prochaine fois, nous éviterons cela ou non.
Toute erreur doit servir d’apprentissage, pour ne plus la faire.

Attention cependant à ne pas négliger non plus ce qui suit : ce mal dont nous comprenons mal les rouages et l’origine, c’est peut-être aussi notre J’aime, visant une ou des élévations spirituelles, qui par exemple nous a fait dire un mot blessant, qui nous fait rougir maintenant. Mais qui en réalité était destiné à aller, comme une flèche dans le mille de la cible, toucher un point précis en l’autre, pour qu’il se remette en question et progresse. Un mot qui, donc, quand nous aurons compris cela, finira par nous faire sourire l’un et l’autre. Séparément ou réunis. Dans ce cas précis, sans notre mot blessant, cette personne n’aurait pas eu cette chance de pouvoir avancer.

Parfois il faut un recul de plusieurs années et beaucoup d’événements pour enfin acquérir la certitude de la faute ou de l’acte juste. Mais si effectivement, nous avons mal agi, alors il faut commencer par se demander pardon à soi-même.

Si vous ne savez pas comment le faire, commencez par vous dire : « Je me pardonne ».
Si vous n’êtes pas sûr de vous, vous pouvez même vous poser la question d’abord : « Me pardonné-je ? » et la réponse vraie, limpide, fiable, incontestable, viendra de votre J’aime, d’elle-même, tout de suite. Quand vous aurez un oui pour réponse (et votre J’aime étant Amour, il faudrait vraiment que vous ayez commis des actes monstrueux pour qu’elle vous refuse d’aller vers la lumière), vous pourrez alors ajouter à cet auto-pardon l’idée que vous allez réparer.
Et ensuite dire : « Je me pardonne et je lâche mon acte mauvais. »
Vous pouvez dire aussi : « Je me promets de ne plus recommencer. »
Et vous pourrez conclure par : « Je n’ai pas peur de ne pas recommencer », pour bien marquer l’idée que vous ne craignez pas de réussir dans cette entreprise-là.

Les bienfaits du pardon sont considérables. Plus encore pour celui qui pardonne que pour celui qui est pardonné. C’est un bienfait mutuel.
Le pardon, ce n’est pas : « Pourquoi pas, finalement, il serait peut-être bon d’essayer de le mettre en œuvre, parce qu’il pourrait arranger des choses ? »
Non.
Le pardon, c’est absolument incontournable pour guérir.

Chapitre 19-Le mot de la fin
Table des matières