La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 15

La perte d’un proche

Vous êtes-vous déjà promené dans un cimetière, non pas pour visiter l’un de vos proches mais pour faire, par curiosité, le tour des tombes et des allées ?
Reste-t-il autre chose que leur corps aux personnes qui sont là ?
Marie a déjà donné ici un éclairage nouveau et passionnant sur ce qui se passe entre un défunt et ses proches le jour d’un enterrement.
Mais, ensuite, que se passe-t-il qui soit digne d’intérêt, dans un cimetière ?
Les gens qui sont vivants en partent. Et, pour peu qu’on croie à la vie après la vie, les morts aussi, puisqu’ils n’ont plus rien à faire en ce lieu. En revanche, la tombe, l’urne funéraire, l’endroit où les cendres ont été répandues, sont des points de repère, que les anges aiment appeler boîtes aux lettres.
Si vous laissez un petit mot sur une tombe ou si vous y déposez une idée, si vous y dessinez un cœur avec le doigt en élaborant une pensée particulière pour la personne dont le corps repose ici, vous lui envoyez ce message avec un avis d’envoi.
Puisque vous vous êtes déplacé jusqu’à la boîte aux lettres, le défunt, s’il a quelque chose à répondre, le fera en vous.
On dit souvent que les morts continuent à exister tant qu’on pense à eux. Non, ils existent là où ils sont quoi qu’il arrive. Mais si on pense à eux, ils s’approchent de nous. Et bien souvent, ils nous parlent.

À nous de les entendre ou pas.

Pour ne plus souffrir ou pour moins souffrir de la perte d’un proche, il faut commencer par le perdre vraiment, sachant qu’on va le retrouver dans de bien meilleures conditions après. Le perdre vraiment, c’est le lâcher. Le laisser monter, partir faire ce qu’il a à faire. Nous aurons tous toutes sortes de choses à faire quand nous passerons de l’autre côté et cela nous apparaîtra avec évidence bien plus important à faire que de rester près de notre corps mort. Sauf si nous écoutons les cris de nos amis, notre famille, nos proches, qui ont trop de chagrin ou même de colère parfois et ne veulent pas nous laisser partir. Alors nous attendons, pour atténuer leurs souffrances.
Mais si nous avions fait ce que nous avions à faire, nous serions montés un peu, spirituellement et nous saurions que, rester là, c’est nourrir leurs souffrances au lieu de les atténuer.
Il faut partir, aussi bien pour le défunt que pour celui qui reste en bas.

Si vous avez perdu un proche, alors vous êtes resté en bas. Il va vous falloir du courage pour laisser partir votre mère, votre époux, votre frère. Mais si vous savez que, le laisser partir, c’est lui permettre d’accomplir quelque chose d’essentiel pour lui et que c’est aussi, pour vous, avoir une bonne chance de le voir revenir ensuite, débarrassé de ses poids, de ses maux, vous trouverez la force qu’il faut.
Dites-vous que vous lui offrez son départ, son envolée, en cadeau, parce que vous l’aimez.
Et soyez heureux de le sentir absent parce qu’il fait ce qui est bon pour lui.

Il reviendra en esprit vous parler et vous appellerez cela les moments où « c’est comme si vous l’aviez entendu ».

S’il ne revient pas en esprit, c’est qu’il aura dû s’incarner à nouveau. Mais il ne vous laissera pas sans nouvelles, sans vous en prévenir ou vous en faire prévenir. Votre J’aime est relié à ce qui se passe là-haut. Il sait. Si vous dialoguez avec votre J’aime, vous saurez tout de suite ce qu’il advient de votre « disparu ». Même s’il est incarné de l’autre côté de la terre, même si vous ne le rencontrez jamais dans sa nouvelle vie.

Si vous l’avez retenu, vous avez retenu ses peines avec lui et vous les portez avec lui. Si vous attendez qu’il s’en soit débarrassé (cela fait partie de ce qu’il a à faire là-haut), vous aurez bien agi pour lui et pour vous. Et quand il reviendra, il n’aura plus aucun poids à porter. Ni à vous faire porter.

Celui qui part parce que vous le lâchez et qui revient, une fois son travail de purification achevé, le fait parce que cela va vous être utile. Pas juste pour être avec vous. Cela, il vous le fera sentir avec la légèreté et la fugacité d’un petit coup de vent. Il reviendra parce qu’il pourra vous donner des outils pour progresser spirituellement. En d’autres mots, pour que votre J’aime grandisse.
Dès lors, vous savez que tout ce qui touche à la libre et bonne expression de votre J’aime autorise et même propulse en avant l’échange avec un disparu.

Si vous allez voir un médium pour dialoguer avec ce disparu et si vous dites au médium : « Dites-lui ceci ou cela », vous faites une erreur de débutant et le médium, en acceptant, aussi. Votre proche n’a pas besoin d’un intermédiaire pour vous entendre et vous parler. Vous avez déjà le téléphone ou la boule de cristal pour le faire, c’est votre J’aime. Le tout est de s’autoriser à entendre. De ne pas faire ce que j’appelle un anti-miracle. Celui de fermer une porte blindée, à double tour, entre vous et votre proche et, tout en le faisant, de demander à une tierce personne de la fracturer avec un chalumeau ou des cartes de tarot.
C’est vous qui avez la clé.
C’est souvent dramatique pour celui qui est de l’autre côté, notamment quand il n’a pas demandé pardon de son vivant pour une souffrance qu’il vous a infligée. Parce qu’il peut s’égosiller, vous pensez tellement que, de toute façon, il est mort, qu’il n’y a rien ni personne après la mort, que vous ne pouvez absolument pas l’entendre. C’est exactement comme si vous l’aviez enfoui sous dix tonnes de béton. Il ne peut donc pas vous demander pardon, encore moins réparer ! Et vous, en grommelant, vous tournez en rond avec « votre » EBA, natif ou acquis, vous traitez votre disparu de tous les noms mentalement, parce qu’il ne vous a jamais demandé pardon, parce qu’il ne peut plus réparer.

Une précision : quand je parle d’EBA acquis, j’englobe dans cette catégorie tous ceux qui ont enfin vu leur erreurs mais ne peuvent rien réparer. Ils restent là dans l’espoir que, un instant, la porte s’entrouvre assez pour qu’ils puissent passer un peu de leur lumière. Ces gens sont en errance. Comme des voyageurs échoués dans des gares en grève. Montrez-leur la lumière en vous, autour de vous, au-dessus de vous, ils monteront ! Parce que, en définitive, ils ne rêvent que de ça. Mais avant que vous le leur disiez, ils ne savent même pas qu’il y a de la lumière là-haut. Ils continuent d’être hypnotisés par celle d’en bas.
En passant par la lumière qui vient de votre plexus, ils pourront, même si vous ne les entendez pas, déposer la fleur d’un baiser-pardon. Et elle germera si vous empêchez votre haine de l’arracher. Elle sentira bon. Elle fera naître en vous une beauté à laquelle vous ne croyiez plus. Elle fera des rejetons.

Et vous n’aurez plus mal, parce que, à la place du grand vide laissé par le départ de votre proche, il y aura tout un jardin. Que vous cultiverez ensemble. Avec un bonheur de plus en plus proche de ce que vous aurez connu dans la vie. Puis avec un bonheur supérieur.
Évidemment, ce ne sera pas tout le temps, à chaque instant. Mais ce seront des moments tellement forts !

Notez ces échanges que vous aurez. Peu importe qu’on vous croie ou non, qu’on pense ou non que vous êtes fou. Écrivez ce que vous recevrez. Car, vous verrez, au bout d’un certain temps quand vous aurez eu suffisamment de ces merveilleuses expériences, vous pourrez, en vous relisant, vous apercevoir que ce n’est pas vous qui écrivez comme ça d’ordinaire. Cela vous sautera aux yeux. C’est, reconnaissable entre mille, le J’aime de votre proche, qui vous aura dicté tout ce que vous aurez alors sous les yeux.
Avec ce qui Aime en vous, vous retrouverez celui que vous Aimez.

Il faut cependant noter que, de l’autre côté, nous avons aussi notre libre-arbitre. Et que, si nous ne voulons pas nous faire entendre, si nous voulons ne pas être contactés, nous pouvons rester silencieux.

C’est pourquoi il est toujours très difficile et parfois extrêmement long de renouer le contact avec une personne qui s’est suicidée. Car si, une fois de l’autre côté, ceux qui n’ont pas mis fin à leur jour vous reparleront très probablement parce qu’ils n’ont pas de raison de vous le refuser, à part si c’est pour accomplir leur élévation spirituelle qu’ils gardent le silence, ceux qui se sont tués, en revanche, sont dans la peine et la honte totale. Et n’oseront plus se manifester. Il faut persévérer avec eux, au contraire de ce qui se passe avec ceux qu’il faut laisser partir au lieu de les retenir. Il faut souffler sur la braise, avec les suicidés. Il reste toujours une étincelle. Ne pas paniquer. Leur envoyer de l’Amour. Demander à votre ange, à votre J’aime, d’intercéder, de descendre chercher l’âme silencieuse. Mais la honte est si forte que la trouver est très difficile. Envoyer de l’Amour est tout ce que nous pouvons faire de notre côté.
À force, de cette façon et après dix ans (!), j’ai pu renouer le dialogue avec mon cousin suicidé, que j’adorais.

Seuls certains anges peuvent aller chercher les J’aime suicidés. Mais ils ne le font que parce que cela va servir à l’élévation spirituelle de beaucoup d’autres personnes. Car les anges ne vont pas contre notre libre-arbitre à moins que la raison en soit assez considérable à leurs yeux, et à leurs yeux seulement.

Il arrive, très rarement, que les appels d’un J’aime incarné soient entendus par le J’aime suicidé. Ainsi, c’est ce qui s’est passé avec Alain, mon ami dont j’ai parlé déjà et par qui tout est arrivé pour moi, en termes de révélation de ma sensibilité médiumnique.

Je ne l’avais pas vu de cette façon à l’époque, cela m’avait échappé, mais je me plais à imaginer que, si Alain est revenu après moins de quinze jours et est sorti du noir, du néant où il était, c’est peut-être parce que c’est grâce à lui, à cette sensibilité qu’il m’a aidé à travailler, que ce livre peut être écrit aujourd’hui, avec tant de possibilités inédites d’aller mieux, pour tous ceux qui le liront l’esprit ouvert.

Qui sait si les anges ne se sont pas dit : «Allez, on va faire un peu de lumière dans le noir ! » ?

Chapitre 16-Surmonter un chagrin d’amour
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