La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 14

Faites valser les EBA

Vous restez sceptique quant à l’existence des EBA ? Je comprends, cesser d’être coupable, ce serait trop facile…
Je le disais, on est coupable quand on sait qu’on « a » un EBA et qu’on le laisse faire. Vous n’êtes donc pas coupable si vous ne savez pas. En revanche, si vous ne voulez pas savoir, ne posez-vous pas le pied gauche dans la culpabilité ? Au cas où, vraiment, ils existeraient, ces EBA ?…

Il vous faut du factuel pour y croire ?

On ne peut pas prendre une photo d’un EBA. Quoique… Quand vous cherchez sur le net des photos de phénomènes paranormaux inexpliqués, les manifestations visuelles d’entités ont un point commun : les fantômes sont à gauche. Car c’est la place des EBA devant le J’aime. Et le photographe, sans se rendre compte qu’il obéit ainsi à son J’aime, prendra quasiment toujours la photo pour que l’EBA soit à gauche de l’image. Sauf si l’EBA a une meilleure place en lui que son J’aime, ce qui est très rare, et s’il triche en mettant les choses à l’envers.

S’il n’est pas toujours facile de savoir ce qui est en dehors de soi, spirituellement parlant, on peut savoir ce qu’on a en soi. Et connaître des mécanismes, des façons de penser. La preuve de l’existence des EBA ne peut que se trouver dans ce que nous savons de nous, dans ce que nous sentons de toute évidence se passer en nous. C’est par là que nous trouverons ou non la trace tangible que nous pouvons chercher si nous le voulons.

Pour savoir si on a un EBA près de soi, il faut apprendre à le détecter. En plus des outils que j’ai déjà donnés pour cela, il faut observer ce qui se passe en nous.
Quand nous souffrons moralement, donc quand nous « avons » un EBA, il y a des chances que nous nous retrouvions chez un psy. Pour peu que nous voulions vraiment guérir de ce qui nous empoisonne la vie.

Comment cela se passe-t-il avec un (bon) psy ?
Nous avons des appréhensions avant d’aller en voir un parce que, jusqu’alors, nous avions toujours pensé comme monsieur Tout-le-Monde qu’on va voir un psy quand on est fou. Or il arrive que la souffrance nous fasse passer cette barrière, quand nous nous disons que nous ne sommes pas fous mais que nous avons mal, suffisamment pour vouloir que cela cesse.
Nous avons peur aussi, un peu comme devant un hypnotiseur à grand spectacle, d’être mis à nu malgré nous.
Et quand les séances commencent, ce n’est pas du tout ça qui se passe. Nous parlons pour tout raconter et le psy souligne les phrases clés que nous disons, pour que cela nous fasse réfléchir. Et, tout à coup, nous réalisons qu’avec cette phrase soulignée, nous avons dit quelques mots qui nous révèlent à nous-mêmes la source ou une des sources de notre problème. Ou un mécanisme de souffrance. Nous avons dit quelque chose que nous n’aurions pas osé dire sans la neutralité du psy, qui n’est pas là pour juger mais pour que nous nous écoutions. Et que nous soyons satisfaits d’avancer par nous-mêmes.

Et parce que nous avons dit cela (je nommerai cela les mots-poids), le poids qui allait avec cette vérité mise à jour s’en va, en totalité ou partiellement. Et nous commençons à aller mieux. Nous allons enfin droit devant nous.

Cependant, il arrive que ces mots-poids déposés reviennent. Se remettent à tourner en nous. Alors que, nous, nous avons fait ce qu’il fallait pour nous en débarrasser. Nous les ressortons alors, auprès de nos proches, nous cherchons avidement des oreilles compatissantes, parce que la souffrance s’écoule par les mots-poids et parce que nous les déversons enfin hors de nous, peu importe qu’ils aient un effet sur autrui ou non. Mais dès que tout est dit, nous ravalons tout, comme un petit enfant aspirerait ce qui lui coule du nez plutôt que de se moucher. Nous nous sentons indissociables de nos souffrances, elles nous appartiennent, elles ont une valeur, puisque c’est avec elles que nous attirons l’attention des autres. Que nous les détournons de tout ce qu’ils font pour qu’ils nous regardent.
Au bout du compte, nous avons toujours nos maux en nous et nous les avons multipliés en les transmettant. Ce qui fait qu’ils nous reviendront si nous retrouvons la personne à qui nous les avons donnés. Ils seront même amplifiés puisque nous amplifions tout.
Qu’est-ce qui nous prend d’agir ainsi ? Voulons-nous notre malheur, voulons-nous celui de ceux que nous aimons et qui nous écoutent ?

C’est là que vous trouvez la preuve tangible d’un EBA. Quand vous vous voyez tourner en rond dans vos souffrances, quand vous les distribuez alors que vous avez pourtant fait l’acte de vous en libérer.
Pour que vos souffrances soient revenues alors que vous leur aviez dit adieu, il faut bien, soit qu’elles pensent par elles-mêmes, qu’elles soient une entité agissant seule, soit que quelqu’un vous les resserve. Une souffrance n’est pas un être. Cela ne pense pas indépendamment. Un EBA, si.
Pour détecter un EBA, c’est simple : voyez si vous tournez en rond. Voyez si l’EBA mène la danse. Matérialisez-le dans votre esprit, constatez ce qui se passe : vous êtes en train de danser une triste valse avec un EBA.
Dites-lui : « Non merci, je ne danse pas. » Il insiste. Vous tournez encore en rond ? Coupez-lui une jambe ! Il vous casse bien les pieds et ça vous fait très mal. Et vous êtes ici chez vous, dans la maison de votre esprit. Si la violence de cette image vous répugne, faites-le glisser sur une savonnette. Éternuez-lui à la figure. Rotez-lui au nez, en lui disant « Excusez-moi, c’est pour couvrir votre mauvaise haleine… » Et souriez de votre trait.
Faites quelque chose de ludique, quelque chose qui vous amuse, parce que cela vous fera reprendre le dessus. Retrouvez en vous la gaieté qui a été tassée quelque part mais qui ne demande qu’à sortir, cette gaieté qui est une arme souveraine contre les EBA. Si vous vous dites que c’est impossible, cessez de faire cet anti-miracle, projetez-vous dans le moment où vous l’aurez mise en œuvre et où vous serez tout sourire d’avoir réussi. Vous remettrez alors la main dessus, parce que la gaieté est légère et si vous avez enlevé le couvercle que l’EBA a posé dessus, elle montera toute seule jusqu’à vous !
Un EBA qui veut vous faire porter tous les malheurs du monde et qui ne peut que constater que, en fait, il vous fait rire, est touché au plus profond et se sauve. Un EBA n’aime pas plus que nous être inutile. Faites-lui savoir avec bienveillance que vous n’avez plus besoin de ses services. Que vous avez un peu ri avec lui mais que, là, vous avez trouvé des choses beaucoup plus intéressantes à faire. Qu’il s’est bien occupé de vous mais que, maintenant, vous vous ennuyez.
Défoulez-vous, plaquez-le comme vous éconduiriez un(e) prétendant(e) très laid(e) et aux idées puantes.

Un EBA ne peut être votre amoureux(se). Même s’il ou elle se croit irrésistible. Détrompez-le.

Quand l’EBA s’en va, alors vous cessez de tourner en rond. Les problèmes de la vie sont toujours là mais vous pouvez commencer à les regarder en face, à les affronter, sans pour cela attraper un torticolis parce que vous valseriez dans ses bras.

Vous pouvez aussi commencer à désamorcer la situation en allant voir ceux à qui vous aviez transmis des EBA avec vos souffrances. Leur dire que vous les leur retirez, puisque vous ne les avez plus et que ces souffrances ne sont pas à eux ni plus à vous. Que vous ne les embêterez plus avec ça.

Et vous pouvez réparer avec un petit cadeau symbolique de la souffrance qui s’en va.

Mais le meilleur cadeau pour ceux qui auront reçu vos EBA et qui vous aiment quand même, ce sera de vous voir enfin, et durablement, aller mieux.

Chapitre 15-La perte d’un proche
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