La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 13

Le lac intime

J’aime beaucoup cette image que Marie m’a donnée : celle du lac intime.
Elle avait commencé par me dire que pour les anges, nous sommes des îles, sur lesquelles ils viennent se réchauffer au soleil de l’amour. Elle m’avait expliqué aussi que, pour entendre les anges et mon J’aime, il fallait « faire la mer étale ». Que s’il y avait trop de vagues, on n’entendait plus ce qui venait de la surface, donc de l’autre côté de la vie. Tout cela étant affaire d’ondes, bien souvent très fines, ténues. Et que, les vagues étant des ondes aussi, mais bien plus puissantes et fréquemment provoquées par les EBA, puis, le plus souvent, relayées par les amplificateurs que nous sommes, le « bruit » des vagues couvrait celui des ondes.
Partant de cette étendue d’eau, Marie m’avait expliqué que lorsque nous rêvons d’eau, notre J’aime veut nous parler de l’autre monde, ce que nous pouvons traduire par le concept de mort. Ce n’est pourtant pas pour autant que notre J’aime veut à chaque fois, par là, nous prévenir de notre mort prochaine ni de celle de quelqu'un d’autre. Surtout si l’eau est très belle. Il s’agit pour lui, dans ce cas, d’ouvrir la communication avec l’autre monde. Donc avec lui, puisqu’il a un pied dans les deux mondes. Il appelle notre conscient à l’entendre.
Si l’eau est sale, pas translucide, agitée, notre J’aime veut nous montrer des troubles que nous traversons et cherche à nous donner envie de retrouver une eau limpide et calme.

C’est ainsi que Marie en est venue à me parler du lac intime. Un lac que nous avons en chacun de nous. Devant lequel nous sommes assis en lotus, dès lors que nous aspirons à la paix ou à savoir quel est notre état profond. C’est aussi une rencontre visuelle avec notre J’aime, qui nous renseigne sur la qualité de notre bien-être ou mal-être profond. Ce lac intime, c’est la partie de notre J’aime qui est incarnée en nous.
La partie qui est au ciel nous fait plutôt rêver de grands espaces pleins d’eau, de très belles piscines, de réseaux de piscines, même, souterraines, aériennes, tellement incroyables qu’aucun nabab ne pourra jamais se les payer. Un lieu connu de nous seuls et dans lequel nous sommes seuls à pouvoir évoluer.
J’évoque ici deux parties, mais le J’aime n’est pas scindé, il est un seul. En revanche, une part de lui est ici et l’autre là-haut. La partie immergée en nous est capable de ressentir ce que nous vivons. Donc de souffrir avec nous. Mais la partie qui est au ciel ne peut être touchée par nos douleurs. Elle ne peut souffrir, sauf quand nous faisons si peu cas de ce qu’elle veut que nous fassions de la vie qu’elle a décidé de vivre en nous, en étant nous. Son incarnation devient alors inutile et elle en souffre intensément. Tout J’aime s’incarne dans un esprit qui est dans un corps dans le but de s’élever spirituellement, ne serait-ce que d’une seule petite marche sur l’escalier. Il ne descendra jamais. Un J’aime, une fois qu’il a acquis une marche, ne veut ni ne peut la redescendre. Mais s’il stagne, s’il reste sur place, alors, il souffre. Et il nous le fait très fortement, voire très violemment savoir.

Quand le J’aime va bien ou nous annonce qu’il va aller bien, autant dans notre partie du monde que dans l’autre, il nous emmène dans ces piscines, dans ces mers, dans ces îles entourées d’eau.
Il peut aussi nous faire rêver que nous volons, alors que les autres ne le peuvent pas dans notre rêve, pour nous faire connaître le pouvoir du bonheur, la légèreté de ce qu’il vit et que nous pouvons vivre aussi si nous le laissons faire, si nous suivons son chemin de vie. Qui est aussi le nôtre, forcément, mais nous l’oublions en naissant et en grandissant.

C’est parce que tout être reçoit un jour ce rêve de son J’aime, le rêve de voler, qu’il peut se passionner pour tout ce qui vole sur la terre. Les créateurs des premiers avions ont été subjugués par leur J’aime pour cela, entraînés, inspirés ! Même chose en plus fort, peut-être, pour ceux qui ont tout fait pour aller sur la lune.

À ceux qui ont initié ces temps très forts de l’histoire de l’humanité viennent très vite se mélanger ceux qui ne font pas cela parce qu’ils ont écouté leur J’aime mais par appât du gain. Il ne faut évidemment pas confondre les uns et les autres. Car le J’aime se moque absolument, définitivement, de la richesse financière. Déjà parce qu’il n’en emportera rien quand nous quitterons ce monde pour l’autre, évidemment en sa compagnie. Mais aussi parce que l’argent est l’arme préférée des EBA.

Le lac intime, lui, est un révélateur de ce qui est plus proche de notre conscient, dans le J’aime. De ce que nous pouvons ressentir dans l’immédiat, si nous nous mettons en face du lac. C’est ce à quoi mène la méditation, par exemple.
La recherche de la lévitation, c’est l’envie que nous avons, alors, de flotter sur les eaux de notre lac, assis en tailleur (cela se rapproche du rêve de voler mais, là, c’est notre conscient qui tente de se rapprocher de notre J’aime et non pas notre J’aime qui nous tend la main en nous offrant son apesanteur). Flotter, pour parvenir à nous alléger de ce qui nous pèse, assez pour ne pas nous enfoncer dans l’eau, ne pas couler, ne pas avoir peur de sombrer.

La grande facilité alors, pour les EBA, pendant que nous sommes non-agissants, en contemplation, en attente d’un lac étal ou lorsque nous ignorons même l’existence de ce lac, c’est de troubler tout cela. Ils y parviennent aisément en jetant des cailloux dans notre eau. Cela crée des ondes, cela salit le fond.
Si nous n’avons pas conscience de ce lac et de ce qui s’y passe, alors nous allons mal. Nous sommes heurtés, troublés, sans savoir pourquoi, sans savoir que nous allons mal aussi parce que, intérieurement, nous luttons, que nous nous battons contre ces ondes si dérangeantes. Si, en revanche, nous avons conscience de ce lac et de ce que les EBA y font, alors, nous pouvons ignorer, ne pas réagir à ces chutes de cailloux. Ce qui a pour effet de rendre le lac insensible à ce qui d’ordinaire le déstabilise.
Néanmoins, c’est beaucoup plus difficile quand il s’agit d’EBA natifs, qui connaissent ce qui va nous toucher vraiment et qui lancent des cailloux très particuliers. Ceux qui sont lourds de nos malheurs non résolus. Car, alors, l’onde qui va partir du point de chute du caillou sera spéciale elle aussi. Au lieu de mourir sur le rivage, elle va en repartir grandie, amplifiée par les douleurs qu’elles auront réveillées. La rive, c’est notre conscient. Notre conscient, frappé par l’onde à un point très sensible, criera sa souffrance. Pourquoi pas, même, sa colère, et la renverra vers le centre du lac où, au lieu de mourir enfin, elle sera renvoyée à nouveau vers le rivage, amplifiée encore par le même phénomène de marée que j’ai décrit au chapitre de la cyclothymie.
L’EBA crée le premier mouvement aller-retour, ensuite c’est notre conscient, animé par la douleur, qui perpétue ce mouvement. C’est nous qui l’entretenons et le laissons se maintenir à des niveaux changeants pour que, dans la globalité, ces niveaux soient juste à la limite de ce que nous pouvons supporter.
C’est ce mouvement perpétuel qui fait que nous pouvons subir cette souffrance des semaines, des mois, des années durant. Peut-être toute la vie, si nous ne faisons rien pour aller mieux. Et si nous n’utilisons pas la meilleure arme à notre disposition, c’est-à-dire le pardon, car il est une clé universelle, que nous pouvons faire tourner dans la serrure de la porte de la cellule où nous nous laissons emprisonner sans nous en rendre compte. Cellule dans laquelle nous préférons tourner en rond plutôt que nous en évader.

Et, juste dans les moments où nous commençons à ne plus les ressentir, les ondes de souffrance renaissent, sans que nous sachions pourquoi ni même comment. C’est L’EBA, qui revient relancer la machine avec le même caillou. Et, dès que cela fonctionne à nouveau, repart comme il est venu. En attendant que, suffoquant sous la peine, nous fassions porter nos maux à nos connaissances, nos proches, aussi. Ou même, but suprême et consécration pour l’EBA, que nous décidions de faire gagner le RIEN en nous suicidant.
Ou encore, délicat raffinement, en ratant notre suicide mais en réussissant une très « belle » paralysie ou un coma à dure indéterminée, qui nous permettra de voir la mort arriver au ralenti. Avec l’impuissance d’une mouche prise dans une toile d’araignée, gardée pour une fin plus tardive, dont la date sera inconnue.

Dans ces conditions, avez-vous envie de laisser les EBA continuer à jouer autour de votre lac intime ?

Chapitre 14-Faites valser les EBA
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