La vie ça sert à faire de la lumière dans le noir.

Chapitre 10

Le fossé hommes-femmes et l’anorexie

Ce qui va suivre est extrait d’un site que j’avais créé pour y déposer les lumières de mon ange, qui se nomme Marie. Le contenu de ce texte parle d’un problème qui est tout à fait d’actualité et permet de comprendre un phénomène de société qui engendre de grandes souffrances, de nombreuses pathologies. Cela décrit le mécanisme de la relation hommes-femmes et le démonte pour le comprendre, afin de faire ce qu’il faut pour vivre sans réactions mécaniques, en toute connaissance de cause. Ce site, qui n’existe plus parce que les polémiques que certaines personnes en tiraient étaient devenues trop contraignantes, était ouvert à tous, et j’avais donc des questions, des réactions de lecteurs, que j’ai retranscrites ici, pour comprendre toute la progression de ce qui était présenté sur cette page et sur ce sujet. * * *

Depuis plusieurs années, j’avais reçu divers messages de la part de plusieurs anges, puis de la part de Marie, concernant les difficultés que rencontrent les hommes et les femmes d’aujourd’hui à vivre ensemble, à se comprendre et à s’accepter. Cette théorie, dans son ensemble, offre un point de vue nouveau et passionnant, d’où découle une explication de Marie à propos de l’anorexie. Pour ne pas multiplier les sources et rester simple, je réunirai tous ces messages que j’ai eus en une seule progression, car ils m’ont été donnés au fur et à mesure, et j’y ai ajouté un travail personnel. Car si ces révélations ont été progressives, c’était pour que je fasse le cheminement moi-même d’une idée à une autre, que j’établisse les liens entre les idées et que je trouve l’ordre dans lequel les mettre en place. Ici s’arrête mon intervention, je ne fais que monter le puzzle. Marie précise, et je transmets donc (Lorsque je cite un ange, je mets toujours son texte en plus gros et centré, pour qu’on puisse faire la différence avec les autres interventions), que :

Cette explication ne concerne pas les rapports entre hommes et femmes qui existent dans certaines banlieues françaises et dans certains pays, dans lesquels la femme est traitée comme avant, c'est-à-dire comme un être à faire taire, et à écraser, ce qui est bien sûr à proscrire.

Le point de départ est la libération des femmes. Elle est bien sûr la bienvenue, après des siècles d’écrasement et de domination masculine. Cependant, dans le début de cette libération, il y a eu beaucoup de débordements car qui dit « liberté » dit également « n’importe quoi ». Sans vouloir ni pouvoir en rejeter la faute sur quiconque, de ces débordements viennent beaucoup de nos maux. C’est bien naturel de se laisser aller à tout lorsqu’on a été privé de tant de choses pendant si longtemps. Cela dit, il serait temps que les hommes et les femmes trouvent le juste milieu et une harmonie car ils sont faits pour vivre ensemble, pas pour lutter les uns contre les autres.

Il faut commencer par le début, c'est-à-dire revenir à cette libération de la femme et donc à la génération de nos parents nés dans les années quarante, à nous qui avons la trentaine passée en l’an 2000. L’éducation que nous avons reçue des parents de cette époque a été scindée en deux : une éducation pour les jeunes garçons, une éducation pour les jeunes filles, à cause de cette lutte, à cause de la juste cause contre les machos.

Nous avons donc été éduqués en deux camps, quoiqu’on en dise, et même s’il y a eu des exceptions.

Il faut donc observer séparément ces deux écoles.

La petite fille

La mère est pour elle l’image de la femme donc le modèle. Et la mère, s’étant battue pour gagner le droit d’exister à part entière, a voulu préserver les acquis de cette lutte, en faisant comprendre à sa petite fille qu’elle en serait la garante à l’avenir. La mère, sur la défensive, a transmis à sa fille de multiples sentiments de rancœur vis-à-vis des hommes et lui a dit ou fait comprendre : « Ne te laisse pas faire », « Je me suis battue pour toi, ne me déçois pas, ni moi ni les autres femmes qui t’ont aménagé une vie meilleure ». Bien sûr, toutes les mères n’ont pas dit cela, mais l’exemple des femmes en général a suffi à ancrer cela dans l’éducation des jeunes filles.

Les femmes voulaient à juste titre être les égales des hommes mais elles ont commis une erreur en posant sur les épaules de leurs petites filles la charge de la responsabilité de faire durer le combat. Faut-il rappeler qu’il ne s’agissait que de petites filles et qu’elles étaient bien trop jeunes pour porter un tel fardeau ? Un enfant doit être un enfant, il ne faut pas lui donner des travaux d’adulte avant l’heure, sinon il en souffre beaucoup, plus tard, car il lui manquera une part plus ou moins importante de son enfance, de ses rêves, de sa liberté, et finalement de sa personnalité propre. Les mères ont donc mis en position défensive celles qui devaient porter leur drapeau à leur suite et, sans s’en rendre compte, au lieu de leur donner une porte ouverte sur le monde, elles l’ont ainsi fermée, en les coupant des expériences dont, justement, elles auraient pu s’enrichir grâce à cette liberté nouvelle. La petite fille se trouvait d’office rangée dans les rangs des guerrières potentielles, on lui parlait des hommes comme des êtres à contrer, mal intentionnés, des hommes qui voudraient l’écraser. Vrai ou faux, cela ne faisait que renforcer l’image d’un homme fort par le passé et vaincu maintenant, qu’il ne faille pas laisser dominer et qui avait de sales idées derrière la tête. L’image de l’homme, du père, de l’ami, de l’amant, du mari en a donc pris un coup ! Et voilà que la petite fille se trouvait à même de le battre, de l’humilier, c’est même, dans le discours des ultra-féministes, implicite.

La colère est mauvaise conseillère car, dans la grande majorité des cas, la femme ne peut pas vivre épanouie sans l’homme (et vice versa) et le fait que la femme ait mis en avant l’idée qu’elle seule pouvait faire un bébé montre la partialité de cette vue des choses, puisqu’il faut un homme et une femme pour faire un enfant. Que ce soit naturellement ou avec l’aide de la procréation artificielle. La femme n’a pas le monopole de la venue d’un enfant mais elle s’est servie de cette idée comme d’une arme pour manifester une colère, encore une fois, légitime. La colère est légitime mais vient un moment où il faut laisser tomber les armes, quand on a vaincu. Sinon on dort avec son épée et on peut se couper. Blesser aussi ceux qu’on aime, sans le vouloir et par inadvertance.

Voilà donc la petite fille croyant qu’elle peut tenir la dragée haute à l’homme en lui disant qu’elle seule peut être l’auteur des jours des enfants et, par-là même, faisant savoir que si un homme est né sur la terre, il le doit à une femme. La petite fille devient vindicative, elle se surprotège, se prépare à soupçonner l’homme avant les faits et se prive de voir en un homme quelqu’un qui pourrait la protéger puisqu’il a été vaincu par une femme. La petite fille, parallèlement, est, comme l’a décrit Dolto dans Les étapes majeures de l’enfance, effrayée de sa propre envie d’être agressée par l’homme. Pourquoi diable ce sentiment bizarre ? Parce que la femme comme la petite fille a besoin de se sentir mise en sécurité par l’homme vers qui elle ira. Comme, par le passé, papa l’a mise en sécurité, avec sa force, sa voix, son autorité. La grosse voix de papa, sa stature, en ont imposé à la petite fille, parce que c’est son rôle. Papa est sécurisant. Dans une situation familiale normale, la petite fille gardera toujours en elle cette image, puis ce rêve d’un homme sécurisant. Comme, également dans une situation normale, le petit garçon gardera toujours l’image, puis le rêve d’une maman douce et tendre. Puisqu’à cause de l’interdit de l’inceste, une fois l’Œdipe résolu, la petite fille ne peut plus séduire papa, elle va chercher dans un homme ce qui lui a paru positif et ce qui l’a impressionnée autrefois dans papa. D’où le fait que pour leur première fois notamment, les femmes vont très largement plus volontiers vers un garçon expérimenté que vers quelqu’un qui a leur âge. Quitte à ne pas l’aimer du tout. Mais pour être rassurée coûte que coûte. Car comme le garçon, mais à sa façon, la jeune fille appréhende souvent beaucoup sa première fois. On prend ce choix d’un garçon plus âgé pour une maturité plus avancée de la jeune fille par rapport au jeune garçon mais, sur ce point, c’est au contraire une grande immaturité qui pousse à aller dans les bras de quelqu’un avec qui rien de profond ne peut se passer si on y va sans amour, sans passion. C’est ne pas avoir avancé de manière autonome que de se galvauder parce qu’on a peur. Cela, d’ailleurs, n’est jamais sans séquelle. Il faudra du temps à la jeune fille pour se détendre vraiment dans une histoire et un rapport amoureux, pour se défaire de cette première fois sans valeur vraie et en contradiction avec ses rêves anciens, bien plus romantiques que cette décevante réalité. C’est pourquoi la femme parvient vers la trentaine seulement à une vraie maturité sexuelle, à une liberté et une volonté de s’épanouir dans ce domaine. La jeune fille qui rejette le jeune homme, quand elle en parle entre filles, se moque de son inexpérience et colporte ce qui se dit partout : « Les mecs sont bien moins mûrs que les filles, à notre âge. » En réalité, le sens vrai de cette phrase est : « Il est bien trop jeune pour que je me sente à l’aise. » Je ne veux pas ici ressusciter je ne sais quel vieux combat garçon-fille, mais dire ce qui est, ce qu’on sait quand on est homme et qu’on a été jeune garçon, qu’on a discuté avec d’autres garçons : les garçons ne sont pas moins mûrs que les filles sur le plan du projet et de la réalisation de cette première fois. Ils sont mûrs au désir, peut-être même plus tôt que la petite fille. Mais handicapés par l’a priori qu’elles ont sur eux et qu’ils connaissent. Leur solution, aux garçons, est de tenter de devenir plus rassurants. Donc s’ils l’osent, de faire le costaud. Devant les autres garçons, devant les filles, devant soi. Le jeu de celui qui urine le plus loin en témoigne. Pour être plus fort, il faut être direct. « Rentre-dedans », comme on dit. Parce que, confusément, on sent en soi que c’est cela, la pièce qui manque au puzzle de la jeune fille. Si on parvient à s’imposer, à faire en sorte qu’elle convoite en nous cette pièce manquante, alors, on a une chance d’être celui qui. Et pour s’imposer, il faut être agressif. De là, le concept de Dolto, qui nous montre que la jeune fille ira d’emblée vers cette agressivité, parce qu’elle démontre une force qui devient rassurante alors même qu’elle a fait peur au départ. Peur aux autres garçons, peur à la jeune fille. Doublement, triplement peur, parce que « la jeune fille est effrayée de son envie d’être agressée par l’homme. » Elle en a peur parce qu’elle ne comprend pas, c’est contradictoire avec la logique et avec l’idée qu’elle se faisait de l’amour avant qu’il arrive. Mais qui la délivrera de la peur ? Un homme fort. Puissant, « rentre-dedans ». C’est pourquoi en pleine libération de la femme, les garçons ont vu cette chose incroyable, incompréhensible pour beaucoup d’entre eux : les jeunes filles qui, avant, griffaient, hurlaient, défilaient pour dire « Mort aux machos ! » se réfugiaient de préférence, justement, dans les bras des machos et s’ennuyaient dans les bras des garçons qui les écoutaient et faisaient tout pour elles. Un chevalier servant ou un garçon qui obéit, c’est amusant un instant, c’est un trophée qu’on ramène à maman pour prouver qu’on poursuit convenablement le combat féminin. Mais ça ne dure qu’un temps, parce que ça ne rassure pas, ça n’assure pas. Ça n’ose pas. Ça se tait. C’est mou et flasque. Ce n’est pas un homme !

Marie, quand elle me parle de ces rapports faussés, ne condamne rien de tout cela, elle ne juge pas, elle nous montre les choses sous un angle dont nous n’avons pas l’habitude car nous nous regardons le nombril.

Et Marie dit que les mères ont commis une deuxième erreur, en établissant leurs positions stratégiques sur celles des hommes, comme on gagne une guerre en humiliant l’ennemi. Au lieu de faire leurs propres places dans le monde, ce pour quoi les hommes auraient été admiratifs et auraient enfin reconnu et respecté les femmes, elles ont pris la place des hommes, en soulignant que les femmes pouvaient faire aussi bien que les hommes, sinon mieux. C’était tout à fait vrai mais en croyant le prouver, elles ont fait le contraire : elles ont choisi la facilité, c'est-à-dire qu’elles ont pris la place déjà existante des hommes au lieu d’en créer une, de créer leurs propres emplois, leurs qualifications spécifiques. Cela, par ailleurs, les aurait rendues rares et aurait permis d’avoir les mêmes prétentions que les hommes, sinon mieux.

Je vais dire ici quelque chose qui a le don de faire enrager les jeunes filles mais c’est un fait : à de rares exceptions près, l’homme peut plus facilement porter un sac de ciment qu’une femme et la femme sait plus efficacement décorer la maison que l’homme aura construite. C’est la nature qui est ainsi. Cela ne veut pas dire que porter un sac de ciment soit plus glorieux que coudre, l’un n’est pas meilleur que l’autre mais les deux sont nécessaires, et si les deux membres d’un couple ne font que coudre ou ne font que porter du ciment, rien de complet ni d’agréable ne peut se bâtir. L’homme ne peut se croire supérieur à la femme parce qu’il accomplit un travail de force, son corps est fait pour cela. La femme ne peut s’enorgueillir outre mesure de faire de jolies choses, elle est jolie, elle sait faire à son image ou à l’image de sa beauté intérieure, si physiquement elle n’est pas dans les canons de la beauté. C’est dans la nature, et c’est dans ce sens qu’il faut creuser et non dans une rivalité. Dans la différence et les richesses que cela engendre.

L’homme a une grande peur : qu’on lui dise que son sexe est trop petit car, à ses propres yeux, il manquerait alors de force et de capacité à rassurer une femme. Une femme, elle, a la crainte de n’être pas jolie/désirable, donc apte à être, agressivement ou non ciblée par un homme, et qu’on le lui fasse sentir. Cette crainte est d’autant renforcée quand une femme est vraiment jolie. Voyez Audrey Hepburn, qui se trouvait un cou trop long, des dents de travers et je ne sais quelle autre « catastrophe ». Risible ? Pas forcément, quand vous constatez qu’une femme se pourrit la vie avec des complexes qui n’ont pas de sens. Mais n’est-ce pas pour que les hommes les rassurent autant de fois par jour que nécessaire, finalement ?

Voyez les magazines féminins et vous verrez que c’est dans la nature : on voit peu de femmes qui craignent d’avoir un petit vagin. Et peu d'hommes qui s’abonnent à des magazines de mode. L’un n’est pas supérieur à l’autre, c’est ainsi.

Donc il ne faut pas en conter à la petite fille qui, avant quelque expérience que ce soit, commence ainsi conditionnée dans la vie. Elle ne se laissera pas faire par les hommes et il ferait beau voir que l’un d’eux la supplante ! De plus, sa mère, ou celles qui se sont battues pour les femmes, la regardent, veillent à ce qu’elle ne laisse rien perdre de cette victoire méritée. Elle ne doit pas gâcher l’âpre lutte de sa mère et elle doit accessoirement venger les générations passées de femmes qui ont vécu sous le joug de l’homme.

Chacun son tour ! C’est un cheminement bien humain et compréhensible mais il aurait été meilleur de dire « je prends MA place ! », plutôt que « je prends TA place ! » Projetons-nous dans l’idée que cela se fasse, plutôt que de ne pas y croire.

Le petit garçon

De son côté, pour lui, quasiment rien n’a changé. Les mères n’osent pas informer leur petit garçon de ce grand bouleversement qu’est la libération des femmes car elles les aiment et veulent aussi les préserver. On leur annonce bien quelques changements mais on continue de leur faire leur lit, de leur faire à manger le plus souvent comme ils aiment, de les aimer comme une vraie maman, et on donne au garçon une image de la femme très attentive, prête à beaucoup (tout ?) pour lui. Une femme qui l’aime, quoi de plus merveilleux mais aussi, quoi de plus normal ? Il grandit un peu et il voit dans les publicités, dans les magazines, à la télé, des femmes nues ou très dévêtues, très faciles à « obtenir » soi-disant, mais pas d’homme nu. Pourquoi ? Papa s’est déjà « déculotté » devant les femmes, il ne va pas le faire à la télé et, en plus, le sexe d’un homme c’est un peu trop éloquent, il ne faut pas qu’un homme puisse montrer ce qui fait sa force, ça se voit tout seul, non ? Et puis, papa ne dit rien non plus à son fiston, il a été battu et il ne sait pas toujours comment se défendre, ce n’est pas un bon exemple pour son fils, alors il se rattrape comme il peut. Il protège son fils en ne lui disant rien car papa a peur et, plus tard, le petit garçon aura peur aussi, puisqu’il a vu que c’était naturel d’avoir peur et de ne pas trop en dire.

Parce que la soupape explose quand même de temps en temps et qu’il ne sait pas encore la suite, le petit garçon frime, avec ses copains, il joue à la guerre, il fait du sport, il se bâtit mais il a parfois du mal à se sentir fort car, déjà, à l’école, les filles ne veulent pas trop qu’il joue les gros bras, sauf pour les protéger. Parce que les filles ont besoin d'être protégées, il le sent bien, alors il voudrait être fort. C’est dans sa nature. Mais est-ce qu’il faut être fort ou est-ce qu’il vaut mieux rester timide ? Il ne sait plus très bien sur quel pied danser, quelquefois.

Il commence à trouver les filles jolies et il prolonge la tendresse qu’il connaît de sa mère dans l’idée qu’il a d’elles.

Le petit garçon et la petite fille grandissent. Ils finissent par se rencontrer et se vouloir. Et voilà le choc ! L’incompréhension règne et même si l’amour est vraiment là, la suspicion, la compétition prennent souvent le pas sur le reste, ce qui amène à tant de divorces. L’attirance entre homme et femme ne suffit pas à faire tomber les barrières. L’homme désire la femme parce qu’il la trouve douce, tendre, accueillante, jolie, même s’il a évidemment aussi d’autres considérations. Et la femme ne s’avoue pas qu'elle a besoin d’un homme fort, ne serait-ce que pour être séduite mais surtout pour se sentir en sécurité, car avouer cela serait renier tous les efforts de sa mère et les souffrances des femmes qui l’ont précédée. Et puisqu’elle ne se l’avoue pas, puisque qu’elle se le cache même carrément, le résultat factuel est qu’elle se prive tout simplement de l’homme de ses rêves, de ses aspirations profondes, même s'il est à ses côtés. L’homme, lui, n’ose pas prendre des décisions, car il peur qu’elles passent pour arbitraires, il a peur de passer pour un macho, il marche souvent sur des œufs et doit se contenter d’un ersatz de place, quand il en trouve une. Parfois il n’a pas de travail, peut-être parce qu’une femme occupe celui qu’il pourrait avoir. Il n’ose pas dire qu’il existe des métiers de femme, des métiers d’hommes, qu’aucun n’est supérieur à l’autre, que tous sont nécessaires, et que la femme pourrait créer des métiers nouveaux, des métiers de femme, et l’homme laisser la place à la femme lorsque c’est un travail qu’elle sait mieux faire que lui. Et qui n’est pas le ménage ou la cuisine. Qui reste peut-être aussi à inventer. La femme qui vit avec un homme qui ne travaille pas, qui n’est pas fort, qui ne peut donc la protéger, s’ennuie, sans se rendre compte que ça vient de tout cela, que ce comportement est hérité, qu’elle n’en est donc pas responsable au départ et que, au lieu de s’y tenir « mordicus », elle pourrait elle-même faire une nouvelle révolution pour s’assumer en tant que femme et s’autoriser un peu d’amour-propre, en pensant enfin à elle et non aux convenances. S’autoriser un peu d’indulgence envers l’homme et envers elle-même. Ce n’est pas une faible femme, elle travaille, elle ne se pardonne rien, elle ne pardonne rien, mais elle se punit sans le savoir en se privant du bien-être de créer un monde où chacun aurait sa place, pour cesser de se regarder en chiens de faïence entre hommes et femmes. Un monde pour s’aimer enfin. Les femmes ont un énorme besoin d’un homme qu’elles trouveraient fort, comme l’homme a un énorme besoin de trouver sa compagne charmante. C’est plus fort qu’elles, la plupart des femmes vont vers des hommes qui donnent une grande impression de force. Regardez Schwarzenegger. Les femmes sont nombreuses qui disent ne pas aimer les muscles comme les siens. Mais pourquoi a-t-il du succès ? Parce que beaucoup hommes s’identifient à lui, comme dans un rêve irréalisable, parce que l’homme rêve d’être fort mais n’en a pas vraiment le droit. La femme repoussera souvent cette vision de l’homme puissant car l’avouer, encore une fois, serait trahir le combat passé des autres femmes. Elles n’osent pas s’avouer leur penchant pour la force, ce ne serait pas convenable, comme de voir une pub avec un sexe d'homme pour vendre une savonnette parce que c’est trop évident, c’est trop masculin, et il faut fermer cette porte pour pouvoir exister « décemment ». Mais combien de femmes se sentent bien lorsqu’un homme les porte dans ses bras, sans effort apparent ? Combien de femmes aiment poser leur main sur le torse d’un homme fort ? L’homme est direct. Sa sexualité, son apparence physique, la façon dont il fait l’amour, le fait que naturellement il fasse le plus fréquemment le premier pas, tout cela témoigne d’un esprit décidé et volontaire. La femme est en confiance. Elle peut ensuite s’installer dans le « nid » et faire des enfants.

La femme aime dire « Non » mais penser « Oui ». Ou, parce que souvent, elle aime les surprises, il lui arrive de se mettre soudain à penser « Oui » alors qu’elle ne le voulait pas au départ et c’est aussi ce qui plaît à l’homme, parce que c’est un challenge pour lui que d’essayer d’obtenir tout de même le « Oui » quand il a d’abord reçu un « Non ». À moins que la femme soit très réfractaire à un homme, le fait qu’il insiste, d’ailleurs, pourra souvent déclencher un « Oui » car la femme se dira que l’homme la veut vraiment. Et cela l’intriguera. Mais ce que l’homme a appris avec la libération des femmes, c’est que la femme peut vraiment dire non. Et c’est un bienfait. Mais dire non suffit, faut-il, pour autant, se hérisser de défenses et se priver de rapports humains sains ?

Il ne faut pas perdre de vue le fait que s’entredéchirer alors qu’on n’est pas fait pour vivre seul n’est pas une bonne solution, il vaut mieux essayer de comprendre, réparer si on le peut encore ou sinon refaire sa vie sans répéter les mêmes erreurs. De plus, cette situation de la femme, portant sur ses épaules la responsabilité du combat de leurs mères, mène à : L’anorexie

Je regardais un reportage à ce sujet, une jeune femme anorexique qui ne se nourrissait que par boulimie et se faisait vomir ensuite. Le point d’interrogation que cela pose est considérable et nous cache une réflexion simple et claire. C’est Marie qui me l’a donnée, quand la jeune femme en question, filmée en train de parler avec ses amis dans une scène de la vie courante, a éclaté en sanglots. Le sujet de la discussion tournait autour des parents et l’évocation de sa mère avait fait surgir les larmes, bien qu’elle aimât beaucoup sa mère. Elle disait en pleurant « je ne serai jamais aussi bien que ma mère ! » Ses amis ne savaient comment réagir et le journaliste n’a pas relevé cette phrase pourtant lourde de sens. À cet instant du reportage, Marie a « allumé la lumière » et j’ai compris, car j’ai ressenti ce que cette jeune femme ressentait, et si vous voulez la comprendre, il faut que vous pensiez à sa place (ces pensées sont un ensemble, ce n’est pas cette foule de questions qu’elle se posait à cet instant précis, c’est l’amalgame, le contenu entier de sa pensée résumée) : « Comment vivre, si ma mère peut un jour juger que j’en arrive à être faible si j’ai seulement l’air de remettre en question la liberté qu’elle a gagnée pour moi ? Je lui dois de suivre son exemple, sinon je ne serai pas digne d’être la fille de celle que j’admire. Elle a tant fait pour moi, je dois me priver pour elle, tant pis si je dois fermer la porte, je dois me priver d’amour, je dois me priver de vivre par moi-même car je n’ose pas le dire en grand mais j’ai envie d’amour, de tout prendre, de tout donner. Mais ce serait la trahir car il faut se méfier, car il ne faut pas se laisser faire. Un homme vraiment bien, ça n’existe pas ! Comment vivre, si je dois être vigilante au point de me priver de croire en l’amour avec un homme ? Comment vivre si c’est perdu d’avance ? Et puis, comment accepter de grossir si l’exemple, le canon de beauté de la femme, est celui des magazines ? Pourquoi être belle si les hommes ne me méritent pas ? Je commence par me priver de manger et peut-être viendra-t-on à mon secours ? » La mère de la jeune femme, qui avait « réussi », c'est-à-dire qui collait à la description de la femme moderne que vous avez lue plus haut, avait écrasé sans le vouloir sa fille sous le poids de la responsabilité de maintenir l’acquis. Sa fille voulait montrer que son sacrifice était tel qu’il la mettait en danger de mort et si sa mère et les autres ne le voyaient pas, si elle-même n’arrivait pas à s’en avouer la raison puisqu’il lui était impossible de remettre sa mère en cause, il ne restait pas d’autre solution que de ne pas être. Pourtant, la vie était la plus forte et cela la maintenait sur le fil, sur la frontière entre la vie et la mort, elle jouait l’équilibriste. Et il y avait bien une raison pour qu’elle fasse cela, c’était pour attirer l’attention, pour qu’on vienne la chercher et qu’on lui montre un autre chemin. Ce chemin existe mais il est difficile car il faut avoir le courage de s’assumer, de quitter l’adolescence, pour se construire malgré cette erreur des mères. En voulant protéger leurs filles, elles les ont enfermées dans leur exemple, un exemple qui mène souvent à la débâcle, puisque en reniant l’homme et ce qu’il est profondément, en s’en méfiant trop, en prenant sa place et, donc, en ne lui en laissant pas ou peu, la femme se retrouve seule. Et vivre seul(e) n’est pas une vision d’avenir au long cours. Sur dix personnes, l’anorexie touche un garçon et neuf filles. C’est ce que j’ai appris suite à un contact avec une de mes consultantes qui a guéri de l’anorexie et qui a corroboré les dires de Marie, après les avoir lus sur mon site. Pour l’anorexie des garçons, Marie dit que c’est aussi l’illustration de ce que j’ai précédemment expliqué : un homme anorexique a peur de passer pour une fille, accorde beaucoup d’importance à la place de l’homme et se prive de nourriture pour protester inconsciemment contre la situation que j’ai évoquée. Les hommes anorexiques, visiblement, semblent plus dans un combat et une colère intérieure car ils se sentent floués par ce terrible manque à gagner de l’amour. L’image de leur père, qui a perdu le combat, leur donne une piètre image d’eux-mêmes et le ressenti que le statut d’homme à part entière est devenu inaccessible. Cependant, moins d’hommes sont sujets à l’anorexie car leur carapace morale interne est plus résistante sur ce point que celle des femmes.

Une autre conséquence de ce problème, c’est le sacrifice des mères. Bien souvent, elles regardent avec émotion leurs filles jouir de leur nouvelle « liberté » apparente mais se gardent bien de s’autoriser à cette liberté, car elles savent qu’elle est impossible sous cette forme, et car elles appuient encore plus fort sur le point qui leur est sensible : être à l’origine de l’acquis. C’est comme si la mère disait à sa fille : « Si je peux ne pas profiter de cette liberté que j’ai gagnée pour toi, ma chérie, c’est parce que les hommes de mon temps (ton père) ne comprendraient pas le revirement, je suis donc obligée de faire comme avant, j’ai déjà obéi, je ne peux pas changer maintenant, il est trop tard mais, toi, surtout, ne subis pas cela, vois comme je souffre en me laissant faire, je suis le contre-exemple, je fais ce qu’il ne faut pas faire car j’y ai été obligée par les hommes machos. Regarde mon sacrifice et qu’il te serve à ne pas le faire toi-même, jamais. Qu’il te donne le courage de ne pas vivre la même chose. »

Ainsi, c’est la mère qui s’oblige à ce sacrifice plus fréquent qu’on croit, parce qu’elle n’est pas de la bonne génération mais, cependant, elle n’est pas maudite, elle aussi peut trouver, créer sa place. Les mères ont gagné la liberté, pourtant, elles sentent bien qu’elles ne peuvent la vivre comme cela, qu’il y a un grain de sable dans l’engrenage. Elles ne savent pas quoi faire pour réparer le mécanisme et, avant tout, elles ne souhaitent évidemment pas le voir s’arrêter. Elles se sentent coupables, donc elles se sacrifient, sans se rendre compte qu’elles sacrifient aussi une part de bonheur possible de leurs filles, qui ne s’autorisent pas plus à aimer un homme, puisqu’il est si mauvais. Il est mauvais au point d’avoir ancré en la mère une servitude irrémédiable ! Finalement, le père n’a plus son mot à dire et la femme se tait sur l’essentiel, laissant à sa fille le soin de rester stoïque face à la souffrance que crée ce manque d’échanges, de compréhension, et en fin de compte, d’amour.
Marie

Voici des solutions selon Marie :

Les mères devraient faire comprendre à leurs filles qu’elles ne sont pas si infaillibles que cela.

Puisqu’elles ont commis les erreurs bien humaines décrites plus haut et puisque, dans leur colère, elles en sont venues implicitement à dire que l’homme ne valait pas la peine.

Elles devraient dire à leurs filles que vivre avec un homme, c’est possible, c’est parfois merveilleux et c’est normal qu’elles le souhaitent.

Elles devraient dire que la place des femmes est à creuser, qu’il n’y a pas de places supérieures les unes aux autres mais des objectifs de carrière. Elles devraient, pour guérir tout cela :

Donner enfin de l’espoir à leurs filles.

Car se méfier n’était qu’une étape, il faut maintenant construire autre chose tout en se faisant respecter et :

Cela viendra tout naturellement. Les mères qui se sacrifient croient faire un geste méritant, se montrer en exemple et en contre-exemple en même temps, mais elles créent une situation difficile pour leurs filles parce qu’elles les empêchent d’avoir leur libre-arbitre. Les filles ont pour exemple quelqu’un qui touche du doigt quelque chose de bien, mais qui ne le fait pas. Alors elles ne savent pas comment agir elles-mêmes, le monde devient bien compliqué ! Les mères vivent encore à l’ancienne, les filles se refusent à vivre la même chose, à vivre ce sacrifice et, pourtant, elles finissent par le faire, en se coupant plus tard si souvent du bonheur, d’une autre façon, sous le regard de leurs mamans qui veillent. C’est pour cela qu’elles ont des réactions aussi épidermiques, comme celles d’adolescentes, même à un âge très mûr. Il faut que la mère s’autorise à donner enfin le bon exemple à sa fille, c’est-à-dire qu’elle s‘autorise à vivre d’une façon réellement positive ce qu’elle décrit comme positif. Montrer à son enfant qu’on est une personne qui souffre et qui, à cause de cela, mérite la considération, est lui donner le pire exemple d’éducation qui soit. Montrer à son enfant l’exemple d’une situation riante, lumineuse, à chaque fois que c’est la vérité, et construire sa vie pour que cela arrive le plus souvent possible, voilà le chemin. Mais pour cela, il faut que les mères s’autorisent à leur nouveau bonheur, qu’elles le créent de leurs mains, au lieu de chercher illusoirement à le prendre aux hommes dans un esprit de revanche. Il faut qu’elles se fassent leurs places au soleil et les hommes les respecteront et les aimeront pour cela, car elles savent faire tout ce que les hommes ne savent pas faire, et ils en ont besoin, comme les femmes ont besoin que les hommes fassent ce pour quoi ils sont faits. Il faut arrêter les chichis des mamans devant les possibilités d’être heureuses, il faut chercher ce bonheur, le planter dans la terre, l’arroser et créer une fleur nouvelle, si belle qu’elle éblouira tout le monde et que personne n’osera en piétiner ne serait-ce que les racines.

Pour les garçons, les pères devraient :

Dire à leurs fils qu’ils ont abdiqué mais qu’il faut maintenant aussi prendre sa place d’homme, sans guerre et sans amertume. La créer car c’est ce que les femmes attendent, même si elles s’en défendent encore pour quelque temps. Il faut leur dire de ne pas avoir peur mais aller de l’avant.

Voici un mail de V. (une femme), anciennement anorexique qui, après avoir lu les explications de Marie à ce sujet, me dit ce qui suit, puis pose d’autres questions :

Bravo Luc et Marie pour votre page sur le fossé entre les hommes et les femmes. Je me retrouve aussi dans votre description. Je suis de la génération de l'adolescence en pleine période du féminisme. Or il est vrai qu’entre le modèle... pas très maternel de ma propre mère, le modèle latin de ma famille paternelle espagnole, et le nouveau modèle que l'on me proposait, j'ai eu beaucoup de mal à trouver mes propres références. Dans un monde où l'on prône l'efficacité, la performance et la course au matériel, il est très difficile de se laisser aller, de s'écouter et de montrer sa sensibilité (sous peine notamment de paraître faible). Alors je vous dis bravo Luc pour toute cette sensibilité... Surtout de la part d'un homme. C'est tout simplement génial ! Je sens que la prochaine génération n'aura plus les mêmes critères. Nos enfants auront une nouvelle conscience où chaque être humain aura autant d'importance (quelque soit le sexe, le milieu social, l'appartenance ethnique, l'âge, etc.). Bonne continuation, V.

Une réaction d'O. (une femme), à propos de ce chapitre :

Merci Luc, mais là quand tu parles de l'homme, tu exagères. Pourquoi ils ne font pas l'effort de prendre leur place et c'est encore la femme qui doit tout faire. Peut-être devraient-ils être un peu responsables et travailler un peu ? Facile de rejeter ses erreurs sur la femme !!! J'ai deux enfants que j'élève seule, très bien même, et jusqu'à présent, je n'ai pas rencontré d'homme qui s'en sortait aussi bien que moi dans ce rôle. Désolée d'être franche, je parle par expérience. Tu aurais dû dire que la plupart des hommes sont lâches aussi... Je n'ai pas encore rencontré le contraire.

O.

Ma réponse :

Bonjour O. Bien sûr, le comportement imbécile des hommes, au temps où ils avaient la « suprématie » a entraîné ce qui a suivi, et ils ont payé pour la plupart mais, ce qui n'est pas juste, c'est que les hommes d'aujourd'hui continuent à payer pour ce qu'ils n'ont pas fait et qu'ils soient soupçonnés d'avoir des idées pernicieuses. Ce que je dis ne veut pas dire : « c'est aux femmes de tout faire » mais, si tu lis bien le texte, cela veut dire que c'est aux femmes de prendre leur place, et non pas celles des hommes car, du coup, elles se privent elles-mêmes d'avoir un homme à leurs côtés, car l'homme n'a plus de place ou, s'il est là, il n'ose plus agir, prendre des décisions, même concertées. Et finalement, les femmes s'ennuient parce qu'elles rêvent d'un homme fort et brillant, de la même façon que les hommes rêvent d'une femme qu'ils trouveraient belle et douce. C'est la nature de la vie, même si ça paraît un peu simpliste. Et les femmes qui se défendent par avance comme cela finissent souvent par vivre seules, dans la peur, dans l'incompréhension et dans la douleur. Ce que je dis là ne veut pas dire du tout « bien fait pour les femmes ! », bien au contraire, ce que je retranscris de ce que me disent les anges, c'est quelque chose qui veut dire qu'il serait temps pour les femmes de trouver leur vraie place, de l'inventer et que, nous, les hommes, nous les admirerions et les aimerions pour cela. Qu'il serait temps, pour les hommes comme pour les femmes, de trouver un juste milieu. C'est un encouragement, une vue avec du recul, ce n'est pas une sentence ni un jugement sur femmes. C'est une analyse d'une situation où les femmes sont sur la défensive avant même que l'homme ait pu agir, et où les hommes sont dans la crainte parce qu'ils n'osent plus faire ce pour quoi ils sont faits et qu'on attend pourtant secrètement d'eux. Ce n'est pas la faute des uns ni des autres, il ne s'agit pas de cela, et si tu vois ce type de jugement là-dedans, c'est que tu ne vois que le premier degré. Et à travers ta façon de voir les choses, c'est-à-dire sur la défensive, encore une fois, et c'est bien normal quand on est dans la situation que tu me décris, où tu as dû te faire toute seule une famille, tu prends le rôle de défenseur, qui n'est, à de rares exceptions près, pas celui d'une femme mais bien celui d'un homme. Les femmes n'ont pas mal agi, les anges ne les jugent pas, et ne jugent pas non plus les hommes, ils nous donnent un point de vue différent, pour que nous puissions prendre du recul et observer, pour une fois sans haine, sans colère, sans sentiment de blessure. La blessure est encore vive en toi, je le comprends. Et en disant cela, je ne te nargue pas, je ne cherche pas à prendre l'ascendant sur toi, je voudrais mettre le doigt sur un point sensible pour te montrer qu'il fausse le chemin de ta pensée, parce que tu pars sur une réaction épidermique quand il ne s'agit que d'essayer de comprendre, de parler le même langage, alors que nous n'en sommes pas toujours capables entre hommes et femmes même si nous utilisons les mêmes mots. Les hommes aussi vivent tout seuls, bien souvent, et je trouve cela très dommage car nous ne sommes pas faits pour la solitude, et nous sommes faits pour nous comprendre et vivre ensemble, pour sublimer l'amour, pour qu'il ressemble à celui du ciel. Ne prends pas ce texte pour un jugement de ton comportement car tel n'est pas du tout le cas. Nous faisons tous des erreurs, toi comme moi, et c'est ce qui nous apprend à grandir, en trouvant des moyens de ne plus les faire. Ce n'est pas en disant « Et les hommes, alors, ce serait pas un peu à eux de bosser » que tu te feras mieux comprendre d'eux mais en disant plutôt quelque chose comme : « Voilà ce que je ne comprends pas chez les hommes, expliquez-moi ». Parce que si tu dis à un homme « Et alors, tu ne fais rien, toi ? », tu le mets dans une impasse puisque l'homme, depuis la libération de la femme, hésite beaucoup à « faire », puisqu'il sait qu'il sera souvent mal jugé, mal préjugé et il se trouve donc face à un mur qu'on lui demande en même temps de franchir, et en même temps de ne pas toucher. L’homme sera donc encore plus bloqué et encore plus mal à l'aise. Ce n'est pas parce que tu auras élevé tes enfants toute seule qu'il t'admirera plus. Il t'admirera et t'aimera donc plus parce que tu auras réussi à le faire avec lui, en cherchant à comprendre, à dialoguer, à ouvrir des portes, même sur ce qui te paraît intouchable aujourd'hui, parce que l'évolution des femmes le considère comme intouchable, sinon on semble mettre en péril des acquis. C'est le discours d'une lutte, cela, alors que ce qui doit animer les hommes comme les femmes, encore une fois, c'est l'amour. La liberté est une bonne chose pour tout le monde et nous devons tous, hommes et femmes, faire des efforts, des concessions, mais pas de sacrifices, ni les uns ni les autres, car les sacrifices, c'est la négation de soi, c'est le non-amour de soi, c'est donc, par conséquent, le non-amour des autres et pour les autres. Ce n'est pas pour tes sacrifices que les hommes et les autres femmes t'aimeront. Et tu ne t'aimeras pas plus pour cela non plus. C'est pour ce que tu es toi, c'est parce que tu auras réussi à faire ce que tu es venue faire comprendre et aimer. Les hommes n'osent plus FAIRE parce qu'ils n'ont plus voix au chapitre, les femmes s'en fâchent, parce qu'elles ne comprennent pas d'où vient le fait que les hommes se laissent dériver dans le fleuve qu'elles ont lancé. Les hommes aiment les femmes, les hommes ne veulent pas faire de mal aux femmes, à part les gros machos qui sévissent toujours, et c'est encore évidemment eux qui ont le plus de conquêtes parce qu'ils continuent à s’imposer et que l'image de la force attirera toujours les femmes, c'est dans la nature de la vie. Ce n'est pas un jugement mais bien une réalité. Si tu cesses de le voir comme une attaque mais comme une vérité simple de la vie, alors tu pourras avancer sur ce chemin. Car, sachant cette vérité, tu chercheras la force ou ce dont tu as besoin dans un homme. Et il sera tout surpris et heureux de pouvoir te donner cela, ce sera une grande délivrance pour lui et il répondra présent, il aura envie de te rendre ce bonheur, de chercher à anticiper tes désirs et de te voir t'accomplir. Car ce qui reste de plus basique chez l'homme et je te parle, à mon tour, d'expérience, c'est que son plus grand plaisir, ce n'est pas tant de jouir de la femme, c'est surtout de savoir que la femme est heureuse par lui. Et de se rendre compte que cela se voit, à l'intérieur du couple, de la famille, et aussi à l'extérieur. Mais si tu es derrière la porte avec la méfiance qui est la maladie à la mode de ce temps, alors le miroir ne te renverra que l'impuissance. Et l'impuissance, ce n'est sûrement pas le panache d'un homme. As-tu besoin de voir un homme dans l'impuissance ou de le voir pouvoir te combler, essayer de le faire ? Si c'est, comme je le pense, la deuxième solution, donne-lui les moyens. Que les femmes donnent les moyens aux hommes d'être ce qu'ils sont, ni plus ni moins, à égalité avec les femmes, avec les différences. Les anges veulent nous apprendre la tolérance, il y a des différences sur notre chemin pour que nous nous amusions à les comprendre et à les dépasser, pas pour que nous nous battions pour savoir qui a raison. Je me moque de savoir qui a raison, parce que je subodore que personne n'a « raison » mais je ne me moque pas de savoir qu'on peut s'amuser à se comprendre. À bientôt. Luc

Réponse d'O. :

Merci Luc. Je vais relire attentivement et essayer de comprendre... Ton point de vue... Pas facile quand on regarde le monde et qu'on écoute ailleurs. Mais bon, l'espoir n'est pas encore mort. Somme toute suis-je trop exigeante, mais je n'aime pas les demi-mesures. Merci pour ta réponse.

O.

Chapitre 11-Marie nous aide à aller mieux
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