L’armure-9 mars 2009

Vaste et intéressante question, celle de la coquille, du bouclier, de la protection.

Tout vient, mes amours, d'un problème de cadre de la société dans laquelle vous avez été formés, moulés.

Les conflits créent la peur, lorsqu'ils ne sont pas dépassés. Je ne dis pas forcément quand la victoire n'est pas au rendez-vous, non, je parle de ces conflits qui ne sont pas finis, gagnés ou non.

Et lorsque vous avez peur, vous croyez voir devant vous une montagne, et vous la fuyez. Mais sachez que cette montagne ressurgira devant vous, dans votre foyer, chez des amis, bref, partout, du moment que vous y soyez confrontés, et que vous décidiez de vaincre et de dépasser cette montagne.

La fermeture, la coquille au « boulot », c'est se fermer à tout ce qu'il y a de bon chez autrui. Or, même dans le plus méchant petit chef, il y a de la lumière ! Au lieu de fuir son côté sombre, ne serait-il pas soudain amusant d'imaginer prendre les choses autrement, et de se dire : « je vais lui montrer sa lumière, à ce gros plein de soupe, et quand il l'aura vue, alors, tout le monde en profitera. Même si c'est plus tard, même si c'est quand je ne serai plus là, ça lui entrera dans une oreille pour lui entrer dans l'âme. »

Alors, vous n'aurez plus peur.

Mais pour montrer sa lumière à une personne, il faut déjà que vous ayez connaissance de la vôtre, et que vous sachiez comment on la sort. C'est un excellent premier pas.

Si vous cloisonnez vos relations, elles vont sentir le renfermé. Laissez-les prendre le frais, montrez-leur le chemin pour cela, et vous verrez comme cela vous fera du bien. Et vous verrez, à votre grand étonnement, que même au boulot, on trouve des âmes merveilleuses. La seule chose, c'est que souvent, les liens profonds qui se créent entre âmes d'un même travail durent moins longtemps que celles d'un couple, ou d'amis en dehors du travail, parce que depuis le ciel, vous avez écrit des rencontres, et des bouts de chemin ensemble. Prenez-les comme ils viennent, avec leurs petits et leurs grands bonheurs, sans rien exiger d'eux, et vous aurez tout compris.

Mettre une armure, c'est absolument nécessaire par moments, dans le monde où vous vivez, mais il ne faut pas la généraliser, il ne faut pas se cloisonner de tout, sous prétexte de se protéger, car alors, on refuse aussi bien les maux que les richesses, les trésors, qui sont les plus beaux lorsqu'ils viennent des personnes apparemment les moins aptes à en donner.

Il faut pouvoir retirer son armure aussi vite qu'on peut la mettre.

Cloisonner, c'est dire « Que l'amour soit votre bouclier ! », c'est-à-dire imaginer une histoire d’amour entre deux êtres séparés par des boucliers. Donc, une histoire impossible.

Les personnes qui font le mal sont des personnes qui souffrent. Essayer de comprendre de quoi ils souffrent et leur donner une clé pour qu'ils se soulagent eux-mêmes, voilà qui est le premier pas pour transformer les loups en moutons. Mais les combattre de front, dans le sens d'un lutte ouverte et violente, toujours (je ne dis pas qu'il ne le faille jamais), c'est créer le choc entre un poing et une figure, entre deux cœurs, c'est conforter l'autre dans son armure, c'est faire persister le mal-être chez tout le monde. C'est faire perdurer les déséquilibres qui créent le mal.

Dire ce que l'on pense, c'est bien, parler d'amour, ou le faire ressentir, c'est mieux. Combien d'entre vous, enfants, ne se sont d’abord pas entendus avec une cousine, un frère, un proche enfant, et combien, avec le temps, se sont aperçus ensuite des trésors qu'ils avaient en eux, et qui vous manquaient soudain ?

Alors, certes, c'est aussi valable dans l'autre sens. On est déçu ou trahi par des gens que l'on aimait bien avant. Mais dans ce cas, lorsque vous avez donné votre lumière, dites-vous que vous, vous avez bien agi, et que c'est ce que vous emporterez au paradis, et que c'est ce que votre traître découvrira lorsqu'il passera dans l'autre monde, et que s'il ne l'a pas fait sur la terre, il vous demandera pardon, et réparera.

Marie.

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