La rébellion des disciples-16 août 2009

Question d'un lecteur de ce site :

Si je me souviens bien de l'histoire, Jésus a demandé à ses disciples de le laisser se faire arrêter ainsi que tout ce qui suivit.

Est-ce vrai ?

J'imagine que les disciples n'ont pas accepté cela de bon cœur mais peut-être Jésus attendait-il qu'ils se rebellent ?

Si oui, de quelle façon auraient-ils dû agir ?

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Jésus n'a pas fait que demander à ses disciples de le laisser arrêter, il leur a expliqué comment cela allait se passer.

Si vous êtes dans une situation comme la sienne, et si votre but est que les gens s'unissent pour dépasser le malheur et les coups du sort, comment faites-vous ? Vous pouvez, puisque vous auriez comme lui, appris ce qui allait se passer, appeler ceux qui vous aiment à se battre pour vous. Mais ce genre de chose ne fait que créer des clivages qui durent des siècles, et qui ne se résolvent pas facilement. Et Jésus n'était pas de ceux qui appellent au secours. Il donnait l'exemple, ou soulevait la question à laquelle il vous proposait de réfléchir, en tâchant de faire en sorte que vous utilisiez enfin à bon escient votre libre arbitre. Dire « venez, on va se battre et empêcher de crucifier le Fils de l'Homme, venez vous battre, prenez les armes », n'aurait rien apporté de nouveau à ce qui avait déjà eu lieu par le passé, et n'aurait pas apporté de nouvel élément de réflexion pour l'avenir. Ce que vous en avez tiré c'est « Il s'est sacrifié pour nous ». « Suivre son exemple, c'est se sacrifier aussi. » Et en a découlé toute cette ère d'erreurs, bâtie sur le fait que vous n'avez pas décelé le message, le seul qu'il pouvait vous donner en ce temps-là. Il voulait vous dire, « Si vous m'aimez, dites non. Agissez dans le non. Délivrez-moi sans batailler plus que cela. Délivrez-moi parce que c'est impératif, faites-le parce que c'est vous qui décidez. La bataille est dans vos cœurs, gagnez les cœurs d'autrui, et vous n'aurez pas à vous battre. Gagnez d'abord votre propre cœur, dans cette guerre contre le doute. Vous ne pouvez pas gagner le cœur d'autrui si votre cœur a encore le moindre doute. »

Comme Gandhi l'a fait, avec sa politique de non coopération, rien ne vous empêchait de montrer l'exemple en ne frappant pas, en ne crachant pas, et en vous interposant sans vous battre.

Mon Fils vous avait donné des preuves, de quoi ne plus douter. Mais qu'est-ce qui vous a retenus, au pied de la croix ? Le doute.

Car si vous n'en aviez eu aucun, personne n'aurait hésité à agir, et personne n'aurait même songé à vous contredire durablement.

Il vous avait montré qu'on peut apporter la lumière là où il n'y en avait pas. C'était à vous de le faire.

Votre seul combat aurait été de voir votre lumière, et de la montrer aux soldats.

Jésus a cessé de montrer sa lumière quand il a accepté de suivre les soldats qui l'arrêtaient. Mais il aurait pu, en un instant, réduire toute attaque contre lui à néant, avec l'amour que le Père lui a donné. Il aurait pu le faire en détruisant par amour.

Car mon fils est l'épée de son Père. Et le propre de la force, c'est d'être là, d'être visible, pas nécessairement de frapper.

Le véritable pouvoir ne réside pas dans la possibilité de frapper, mais dans l'arme qui, d'évidence supérieure,

est là, pour tous les regards, et pourrait s'abattre. Mais ne le fait pas forcément.

Il a stoppé sa démonstration, miracles à l'appui, quand il a voulu vous faire prendre le relais. Et s'il ne vous y a pas poussés, c'est pour que vous ne puissiez pas penser ou dire, plus tard, « je l'ai fait, parce que quelqu'un m'a dirigé dans ce sens ». Il voulait que votre victoire soit à vous. Il ne voulait assurément pas que vous vous punissiez ensuite des siècles durant de ne l'avoir pas fait. Mais que vous vous disiez « si j'avais été là, est-ce que j'aurais bougé le petit doigt ? Est-ce qu'il me serait resté un doute ? Est-ce qu'aujourd'hui, je pourrais m'affranchir de tous mes doutes, dans une situation semblable, en face du Seigneur ? »

Les temps arrivent maintenant, avec sa nouvelle venue, où vous devrez de plus en plus vous poser cette question-là. Avez vous un doute ? Si oui, tournez les talons, évacuez vos doutes, et revenez, ou partez vous cacher dans le ventre de la terre. Car l'épée du Père est aussi là pour trancher. Et elle le fera. Pas avec cette idée que vous croyez, pas avec cette violence, avec beaucoup d'amour, mais on ne peut plus fermement. Car c'est une épée d'amour.

Je vous remets en situation : qu'auriez vous fait, à la place de Jésus, si vous n'aviez pas appelé la foule à se battre pour vous ? Vous auriez fait ce qu'il a fait : vous auriez dit ; « voilà ce qui va arriver, voilà la catastrophe », et ce que vous auriez attendu de votre auditoire, c'est que sa force de contradiction agisse enfin, et qu'elle lui fasse dire, « non, nous ne le voulons pas, et nous ne laisserons pas cela se faire ». Alors, à la foule grandissante qui vous aurait demandé comment faire, qu'auriez-vous répondu ? Vous auriez dit, n'est-ce pas, quelque chose comme : « aimez-vous, entraimez-vous assez pour que ce soit formidable, et que tout le monde soit subjugué, et ait envie de faire comme vous ».

Ainsi, vous n'auriez pas fini sur la croix, et vous auriez été heureux, heureux, de voir que ces hommes et ces femmes n'étaient pas venus seulement attirés pas votre lumière, mais aussi en comprenant qu'ils pouvaient faire la leur.

Vous êtes ces hommes et ces femmes, et vous pouvez toujours faire ce miracle.

Jésus attendait que ses disciples fassent d'autres disciples, et ainsi de suite, jusqu'à gagner la multitude. Non pas en convertissant les gens à une religion. Mais en allant parler d'amour, le transmettre, le donner et le prendre. Si vous n'y croyez pas aujourd'hui, vous n'y croirez pas plus dans mille ans, et vous aurez glissé sur la pente dangereuse où vous êtes, c'est-à-dire celle où vous vous êtes laissés mener, à scier la branche sur laquelle vous êtes assis.

Jésus attendait que dans la foule qui lui crachait dessus, et parmi les soldats qui le frappaient, il s'en trouve qui parlent d'amour à sa place, et aussi bien que lui, et s'interposent, sans combattre, mais tout autour de lui, pour former un grand corps d'amour « contagieux ».

L'amour et la folie sont les plus grandes contagions qui puissent vous toucher. Il était venu, vous avait parlé, avait donné des preuves en forme de miracles, pour que vous vous laissiez gagner par la seule vraie contagion valable qui soit, et que vous appelez encore tous de vos vœux, deux mille ans après, celle de l'amour.

Si vous n'y croyez pas aujourd'hui, si vous pensez que c'était utopiste, voire ridicule, comment pouvez-vous croire qu'on puisse vous aimer, vous, ou que vous puissiez aimer quelqu'un sans être utopiste et ridicule ?

Si vous n'y croyez pas aujourd'hui, en quoi donc pouvez-vous croire, qui vaille la peine d'être vécu ?

Marie

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