L’appel de Johnny-6 mars 2018

Je n’ai jamais été tellement impressionné, concerné par l’argent. A partir du moment où il a vraiment commencé à rentrer, je l’ai regardé faire et ça ne me faisait pas grand-chose. La seule étincelle que j’en tirais, c'était de pouvoir faire des cadeaux, à droite, à gauche, aussi facilement qu’on donne une poignée de main. Parce que je ne m’aimais pas beaucoup, et j’avais un certain nombre de grandes faiblesses, que mes enfants connaissent. Et qu’on peut imaginer en fouillant un peu dans les archives de ma vie.

Là où je suis maintenant, je ne souffre plus comme j’ai souffert, c’est fini, la souffrance, complètement, je suis au ciel. Je suis dans l’amour, celui qui me manquait plus que tout. Ce manque, qui m’a fait faire bien des âneries et des erreurs graves, aussi. Je me suis laissé manipuler pour avoir ce semblant d’amour que j’ai eu sur la terre, et si j’ai laissé filer le vrai, je n’ai pas su ouvrir assez grand les yeux pour voir que je prenais le faux. Oh, je le voyais, mais je ne voulais pas me réveiller.

Aujourd’hui, puisque tout ce qui se passe est finalement une affaire de gros sous, ces gros sous qui me collent à la peau depuis si longtemps et qui se révèlent enfin être la plaie qu’ils sont, on pourrait croire que tout ne pourra se régler qu’avec des gros sous, justement. Moi, depuis le ciel, j’ai beau avoir dit ce que j’en pensais à qui de droit (et qui ne veut pas m’entendre), je ne peux pas faire faire les virements bancaires qui devraient être faits. Mais puisque l’argent ne comptait pas pour moi, et puisque les faits prouvent que c’est un mal, je sais bien et je voudrais faire savoir que l’essentiel n’est pas l’argent. Ce qui est essentiel, et que je peux réparer ici, sur ce tout petit site, avec ce qui est devenu ma toute petite voix, c’est la douleur morale de mes enfants. Et je vous dis, à vous, David, Laura, non, je n’ai pas voulu que vous pensiez, une fois que je serais mort, que je vous rejetais. Si j’avais eu des problèmes avec vous, c’est de mon vivant que je vous aurais mis à la diète, financièrement parlant, et je ne l’ai jamais fait. Parce qu’il n’y avait pas de raison… Avec vous, je n’ai jamais été obligé à donner, et vous le savez bien. Au fond de vous, vous le savez, et vous n’en doutez pas.

Ce que je tue aujourd’hui, c’est ce doute induit par les événements. Je vous aime, je vous ai toujours aimés, et je ne vous abandonne pas !

Ce qui se passe d’aussi bas en ce moment, ça se règlera au ciel. Laissez tomber la colère, la haine, ça vous mine et ça ne sert à rien. Toute justice se fait bien et entièrement ici.

En attendant, il y a quand même plusieurs choses que je peux faire. La première, c’est vous demander pardon, Laura, David, pour mes faiblesses, qui m’ont conduit à faire n’importe quoi. Je ne m’en veux pas, parce qu’ici, on sait comment ces choses-là se passent, et pourquoi elles arrivent : c’est comme un carambolage : la voiture qui vous suit vous rentre dedans et vous rentrez dans la voiture qui est devant vous. Le choc, je ne l’ai pas initié, il est venu de mon enfance et de mon ascendance, et il se reconduit aujourd’hui vers vous. C’est de cela que je suis désolé quand je descends vous voir et tenter d’apaiser vos souffrances en vous envoyant ma lumière, et tout mon amour. Oui, on peut être désolé au ciel, quand on redescend là où vivent les douleurs, parce que tant qu’on est redescendu, on peut à nouveau partager ces choses-là même s’il n’y a plus de corps pour les rendre plus lourdes encore.

J’espère que ma demande de pardon vous aide, parce que c’est ce que je peux faire de mieux, en attendant que vous veniez me rejoindre, et que je vous prenne enfin dans mes bras, sans peur de rien, et sans argent en toile de fond.

La seconde chose que je peux faire pour vous aider est de parler à tout ceux qui m’aiment, parce qu’ils peuvent faire ce qui m’est impossible maintenant. Je lance ici un appel à tous mes fans, et à tous ceux, même s’ils n’aimaient pas ce que j’étais, sont touchés par cette situation inique. Et je le leur demande : boycottez mon album à venir ! Boycottez toutes mes chansons et les films dans lesquels j’ai joué ! N’achetez plus. Vous, radios, télés, médias, ne diffusez rien. Je ne peux pas, parce que ce n’est pas légal, dire de ne faire que télécharger ou copier mes nouvelles chansons. Mais je vous propose de réfléchir à une chose : si Laura et David créaient un compte où tout le monde pourrait faire un dépôt, et si, à chaque fois que vous vous procurez une des œuvres où j’apparais, vous versiez quelques centimes, ou ce que vous voulez sur ce compte, vous participeriez à ma justice. Ce n’est pas votre agent qui compte, comme pour moi, ce n’était pas ça qui comptait. Mais c’est le geste. Ce geste serait le prolongement du mien, vous donneriez corps à un acte que je ne peux pas faire sur la terre. Vous m’auriez aidé à recréer le lien qui s’est déchiré. En apparence seulement.

Que mes autres enfants voient les choses telles qu’elles sont : dans ce que j’ai laissé sur la terre et qui sera disponible pour elles, il y a suffisamment pour ne manquer de rien. Elles, on ne leur a pas arraché mon amour. Elles sont donc beaucoup plus riches que leurs demi-frères et sœurs, et elles ont bon cœur. Elles savent que ce qui vient d’un papa, c’est sacré, pour des enfants directs comme pour des enfants adoptés. J’aimerais leur demander, à elles seulement, quelque chose de très particulier et de très fort, quand elles seront en position de le faire, et que moi, je ne peux plus faire : prendre David et Laura dans leurs bras pour leur donner leur amour, mais aussi le mien, qui passerait par leurs petits cœurs. Vous aussi, je vous aime, toutes les deux. Vous imaginez ce que ce serait, la vie, si tout à coup, vous croyiez que l’amour de papa n’a jamais existé ? Évitez ça à ceux qui ne l’ont pas mérité. Vous le pouvez, et moi, si peu…

Pour dire merci à mes fans et aux personnes qui auront suivi mon désir : je ferai mieux que chanter une chanson au ciel à ceux qui m’y rejoindront. Je les compterai dans mes vrais amis.

Non pas qu’avec quelques centimes, vous pourriez acheter de l’amitié, la mienne pas plus que les vôtres. Je ne suis pas en train de faire la manche en échange d'une place de VIP près de moi. Mais si votre geste est sincère, rien ni personne ne s’opposera à ce que je voie la véracité de votre geste d’ami, et à ce que j’y réponde de la même façon.

Johnny.

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Question de Luc à Johnny

Johnny, il y a une contradiction quelque part dans ta demande. (Bon je te dis tu, hein, j’espère que tu ne m’en voudras pas). Tu demandes qu’on n’achète plus, mais tu demandes aussi qu’à chaque fois qu’on se procure une œuvre à laquelle tu as participé, on verse quelque chose. Mais pour se procurer ces œuvres, il faut les prendre quelque part. Donc les acheter. Mais tu ne veux plus qu’on les achète. Et tu dis en même temps que tu ne peux pas demander aux gens de faire des choses illégales en téléchargeant tes chansons et tes films. Alors, il reste une zône de flou. Je comprends très bien ce que tu veux. Mais clairement, on fait quoi ?

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J’ai laissé cette zône de flou pour que tu ne sois pas inquiété (je te dis tu aussi, ça te va ?)

De toute façon, ça ne sert à rien de se boucher les oreilles et de mettre des lunettes noires en se baladant sur le net. Tout le monde sait ce qui s’y passe, et aura compris ce que je veux. Mais je ne veux pas le dire. Comme ça c’est plus clair, l’allusion ?

Johnny

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Oh oui, Johnny. Mais pas de familiarité entre nous, je te prie. On ne se connait pas !

Luc

PS : je fais ce clin d’œil à Johnny, parce que quand il est passé de l’autre côté, il m’a fait un signe pour me faire savoir qu’il était monté, mais n’a pas dit un mot, et j’ai eu le sentiment que par timidité, il n’osait pas me parler. Johnny, sans rire, je ne te connais pas bien. Et si je reconnais évidemment ton professionnalisme et ton talent, je n’étais pas un fan, sauf de tes prestations en concert, qui étaient bluffantes. Et donc, je ne te connaissais pas bien, mais cette timidité, que je sens si fort, là, comment se fait-il que tu l’aies toujours au ciel ?

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Je n’ose pas te le dire…

Non sérieusement, il y a un temps d’adaptation quand on passe de l’ancien monde au nouveau. Je venais seulement d’arriver quand je t’ai fait signe. Je l’ai fait parce que de là-haut, c’est très facile de repérer les portes par lesquelles on peut passer pour dire quelque chose aux gens qui sont en bas. Quand on voit tous les messanges de Marie, on sait que par là, c’est tout simple. Même si on sait aussi que contrairement à ce qui se passe sur la terre quand on y est une star, en passant par toi, on ne touchera pas les foules. Mais juste ceux qui veulent savoir des trucs. Des vrais trucs, pas de la connerie.

Donc, pour que tu comprennes bien tout ça, imagine-toi à ma place. Tu montes, tu vois la porte ouverte, de l’autre coté de cette porte et en même temps à coté de toi, il y a Marie, c’est intimidant, quand même. Alors, je n’avais pas encore eu le temps de la jeter aux orties, ma timidité. Maintenant, ça va. J’en suis sorti. Out !

Et puis, j’ai retrouvé Gainsbourg. Ca fait sauter la timidité, ça ! Lui aussi, c’était un grand timide. Entre malades de la timidité, on se comprend…

Johnny

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Luc : Merci Johnny. C’est clair pour moi maintenant.

Table des messanges