La politesse exagérée

Trop de politesse ne vaut pas mieux que pas assez de politesse.

Il ne faut pas confondre « respect des traditions » et « respect des personnes ».

La politesse, lorsqu’elle dépasse les limites du naturel, se change souvent en hypocrisie. Trop de politesse fausse les rapports humains, et est le signe d’un besoin. Lorsqu’elle sonne faux, elle est révélatrice de votre besoin d’être reconnu par les autres. Si on vous demande d’un air sirupeux, et en ayant l’air de ne pas croire à la possibilité de la réalisation de cette demande : « tu ne peux pas m’accorder telle chose, bien sûr ? », sous-entendu « je ne mérite pas d’obtenir cela, si ? », c’est pour que vous répondiez, « mais si, tu le mérites ». Cette question posée de cette façon revient à dire « Est-ce que je mérite un quelconque intérêt ? », ou même, par extension, cela revient à demander si on est une personne bien sous tout rapport. C’est donc prêcher le « faux » pour entendre le contraire. C’est souvent le signe d’un orgueil déplacé, d’un non accomplissement de soi.

La politesse déplacée est une forme d’appel au secours de l’affectif, et peut aussi être la marque d’une personne effacée ou écrasée, voire terriblement vulgaire. Quand cela vient d’une personne calculatrice, on voit s’écrouler toute la véracité des rapports humains. C’est en cela que se trouve la vulgarité, pas dans les mots, même s’ils sont triviaux, mais dans la façon de dire les choses les plus quotidiennes. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure, vous devriez pouvoir vous en prémunir.

Vous pouvez arriver avec un cadeau chez quelqu’un qui vous a invité, mais vous devriez pouvoir aussi ne venir qu’avec votre cœur, et que cela ne crée pas de scandale. C’est à cela que l’on reconnaît, entre autres, ses vrais amis.

Marie

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