La peine de mort

Tuer les gens, n’est-ce pas justement ce que font les assassins ? Ne vous laissez pas aller à devenir comme eux, comme on se prend de vertige au dessus d’un précipice.

Ce n’est pas parce que certains font le mal que cela vous donne le droit de le faire aussi.

Vous pensez punir justement quelqu’un en lui donnant la mort lorsqu’il l’a donnée, mais vous ne faites que lui infliger une peur bleue, en jouant sur son instinct de conservation, alors qu’une fois mort, il ira au ciel, et rencontrera notre amour, même s’il devra, plus tard, dans une autre vie (ou depuis le ciel mais c’est beaucoup plus difficile), racheter ses crimes. Cette peur bleue n’est pas durable, elle n’est pas éducative, ni pour lui, ni pour les autres malfaiteurs. Il serait plus juste, si vous souffrez, qu’il souffre lui-même de ce qu’il a fait, et pour cela, il faut qu’il reste en enfer, il faut qu’il reste sur terre, pour avoir le temps de comprendre, pour essayer de racheter, et d’apaiser vos souffrances. Si vous le tuez, vous n’en serez pas toujours débarrassé, contrairement à ce que vous croyez, car même si vous n’en serez pas toujours conscient, il reviendra près de vous, et cherchera à vous faire porter ses grandes peines.

Il est juste qu’un assassin souffre de ce qu’il a commis, mais en le tuant, vous abrégez ses souffrances, vous l’empêchez de comprendre l’étendue de son acte, et de réparer. Aussi, vous tombez vous-mêmes dans le forfait, et en définitive, vous vous coupez de vos chances de recevoir un simple début de réparation vraie.

Et vous aurez vous-même à réparer plus tard cet acte de le tuer.

Le travail de faire comprendre l’étendue de son acte à un assassin n’est pas facile lorsqu’il s’y refuse. Le jeter en prison n’est pas la solution. Le mettre en face de son acte, par tous les moyens, en est une. Cependant, il ne faut pas lui faire subir la même chose, il faut lui faire prendre conscience de tout ce qu’il a gâché, et une vie entière peut y être consacrée, pas dans une prison, mais dans une configuration où il pourra réellement comprendre. Car s’il ne comprend pas, vous aurez tout perdu.

Un assassin doit être mis hors d’état de nuire, mais pas dans une prison telle que vous l’entendez. Il faut attaquer les portes blindées de son âme plutôt que d’en ériger autour de lui. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas une surveillance draconienne. Mais il faut surtout de l’amour, car sans cela, il ne comprendra jamais ce qu’il a raté, et ce qu’il peut faire pour en avoir lui aussi. Pour qu’il acepte cet amour de vous, il faut lui témoigner de la compréhension, se mettre à sa place pour mieux comprendre ce qui l’a fait mal agir, et non par gentillesse. Si vous comprenez, vous pourrez aussi lui faire comprendre ce qui était mal dans son acte.

En sortant de prison, un homme ne sait plus comment vivre en liberté. Ce n’est pas de la liberté qu’il lui faut, mais l’exemple de l’amour, difficile à atteindre, pour qu’il se tourne vers lui. Quelle que soit la virulence avec laquelle un homme refusera l’amour et son langage, il y aspire, car il est né pour cela, même s’il est le pire des hommes. Il faut lui apprendre à se révéler cela à lui-même. Alors, en sortant à nouveau dans le monde, il saura marcher droit. Certains, cependant, ne doivent pas ressortir dans le monde. Il faut leur créer un cadre où ils demeureront toute une vie, mais qui ne soit pas un pénitencier. Soyez ces éducateurs-là, vous aurez gagné en estime de vous-mêmes, et vous aurez fait quelque chose pour l’élévation des âmes. Au ciel, cela vous donnera une place très élevée.

Comment réparer un crime, un meutre ? Vous ne pourrez pas faire revivre la personne qui aura subi ce crime, mais pensez au film Gandhi : un homme dit au Mahatma qu’il fait la guerre parce que les musulmans ont tué son fils. Alors, il a lui-même tué un enfant. Bien sûr, il en souffre terriblement, il en pleure. Gandhi lui répond « Prends un orphelin, élève-le comme ton fils, mais surtout, prends bien soin de l’élever en vrai musulman. »

Il y a toujours quelque chose à faire pour réparer. On n’obtient pas ce qui est perdu, mais en s’élevant, on plante de nouvelles fleurs, plus belles, dans le jardin.

Marie

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12 décembre 2011

La peine de mort est bien insuffisante !

Il va sans dire que puisque notre « travail », à nous, les anges, est de vous aider à prendre vie, pour porter votre amour sur la terre, qui en manque si cruellement, nous n’avons aucun désir de vous donner la mort par punition. Nous vous laissons prendre la mort que vous avez écrite, lorsque vous ne la prenez pas, trop tôt, de votre propre chef. Même lorsque vous commettez des crimes, nous ne voulons pas punir par la mort, parce que ce serait nettement insuffisant ! En effet, ce n’est pas parce qu’un assassin est mort que la famille de sa ou ses victimes se sent à nouveau heureuse et est libérée du poids malencontreusement porté.

S’il ne nous appartient pas de tuer pour punir, cela ne vous appartient pas davantage. Non seulement parce que ce n’est pas un signe d’intelligence, ni de supériorité, de faire le même crime que celui qu’on condamne, c'est-à-dire d’être aussi bête que celui qui a été bête, mais aussi et surtout parce qu’en tuant celui qui a fait souffrir, on l’empêche de réparer le mal qu’il a fait !

Quand vous montez au ciel, après une mort naturelle ou imprévue, ou commandée, vous voyez enfin tout ! C’est un retour à la vérité de Tout. Et c’est avec une acuité nouvelle, et dans une grande simplicité, que vous apparaît ce que vous devez réparer. Et vous ne pensez alors qu’à cela, parce que, en passant dans l’autre monde, vous avez acquis cette vision claire, parce que vous avez reçu le baiser du Père, c'est-à-dire un recommencement dans l’entièreté de l’amour. Et, ayant vécu cela, vous ne souhaitez qu’une chose : le revivre. Chose qui n’est possible qu’aux saints. Il vous faut donc devenir un saint ! Mais c’est impossible, direz-vous, si j’ai commis un crime ! Pas du tout. Il suffit de réparer. Il y a bien plus, chez les saints, de personnes qui ont réparé du mal qu’elles ont fait, que de personnes pures et n’ayant que peu péché.

Alors, réparer depuis le ciel, c’est une chose très difficile. Parce qu’alors, il faut aller rendre visite, en tant qu’esprit, à ceux que l’on a fait souffrir, en tâchant de leur apporter la paix. Et vu comme vous entendez votre ange gardien, les uns et les autres, ce n’est pas gagné ! Il vaut mieux, donc, autant que possible, avoir l’opportunité de réparer de son vivant, en disant des mots qui traversent l’air, plutôt que ceux qui passent par l’âme, et que si peu de gens entendent pour tels. Certains actes menant au pardon sont aisés pendant l’incarnation. Mais ils deviennent franchement compliqués quand on n’est plus là. A pouvoir serrer quelqu’un dans ses bras.

Si vous tuez un criminel, vous coupez ceux qui ont souffert par lui du droit qu’ils ont à être rassérénés, apaisés, défaits de leurs haines, de leur colère. Oh, bien sûr, me direz-vous, il y a tant de victimes qui ne sont pas prêtes à pardonner ! Alors, ça ne servirait à rien de chercher à leur demander pardon, si l’on est le criminel. Oui, tant que vous agissez de la sorte, c'est-à-dire en croyant que la seule punition suffira. Mais si vous vous mettiez à comprendre que cela ne suffit pas, si vous voyiez que même après la peine de mort, ceux qui ont vu périr leur bourreau ne sont pas apaisés parce qu’ils n’ont pas obtenu ne serait-ce qu’une demande de pardon sincère de sa part, vous vous demanderiez comment faire pour obtenir la paix, l’apaisement. Vous seriez prêt à pardonner si vous aviez vu d’autres personnes, beaucoup d’autres, le faire avant vous. Et si vous êtes prêt à pardonner, vous serez prêt à recevoir le travail de réparation qui vous est dû. La paix, après un crime, n’est-ce pas quelque chose d’extrêmement important ? Alors, quand un objet de valeur, très important pour vous, est en panne, le jetez-vous à la poubelle, si vous savez qu’avec une toute petite somme d’argent et de patience, vous pourrez le remettre en état ? La toute petite somme d’argent et de patience, ici, en ce qui concerne la réparation dans les actes, entre une personne et ses victimes, est morale, et elle ne peut que vous bénéficier, et bénéficier à ceux qui vous entourent. Vous n’avez rien à débourser. Vous avez tout à recevoir. Au nom de quoi vous en priveriez-vous ?

Alors, ensuite, me direz-vous encore : comment conduire un criminel à réparer ? Et qu’est-ce qu’on fait des grands criminels, et de ceux qui récidivent ?

Il faut qu’un criminel suive une psychothérapie, avec un professionnel spécialisé, d’une immense ouverture d’esprit. Il faut qu’il guérisse. Il faut que cela se passe dans un milieu protégé et protégeant, mais surtout pas une prison. Il faut lui donner envie de faire du bien, et lui donner conscience du bien-fondé de cet acte. Ce qui n’est pas très difficile.

Et en tout état de cause, il faut qu’il n’y ait plus de condamnations en termes de telle ou telle durée, car l’incarcération ne construit rien, et ne fait que détruire davantage les individus. Régner par la terreur de l’emprisonnement, ce n’est pas faire naître l’amour qu’il faut pour qu’un criminel ne soit plus un danger pour personne. Mais que croire, direz-vous aussi, si un criminel suit une thérapie et fait semblant d’être guéri, pour retourner faire du mal ?

Il faut être sûr que la guérison, la demande de pardon et la réparation soient sincères. Et pour cela, une fois qu’un criminel est maîtrisé, il ne devrait plus avoir pour but principal et permanent, pour toute la durée de sa vie, que celui de réparer. D’abord auprès des victimes ou des proches de ses victimes, puis ailleurs, puis aussi en formation auprès d’autres criminels. Il faut qu’un grand criminel, celui qui a tué, par exemple, ne sorte jamais de cet acte de réparation. Sachant qu’il n’en sortira pas, il n’aura plus de raison de mentir. Il pourra sortir dans la rue, faire sa vie, mais on lui enverra toujours du monde à qui apporter de la paix et de l’amour, auprès de qui réparer. Et, rapidement, cela sera une joie pour lui, même si vous ne croyez pas aujourd’hui. Parce que sa liberté, tant chérie, il la devra à son amour. Essayez, et vous verrez. Vous le verrez demander qu’on lui envoie d’autres souffrants.

Et puis, il y a les irréductibles. Ceux qui, de toute façon, ne voudront pas entendre raison. Comme les accusés de Nuremberg, les Hitler…

A ceux-là, vous pourrez donner la mort, puisque les enfermer, leur apporter tous vos soins et votre amour, ne servira de rien, et les fera eux-mêmes souffrir sans que cela leur soit utile. Mais attention, vous ne pouvez en venir là, c'est-à-dire les envoyer au baiser du Père, pour qu’enfin, de là-haut, ils commencent à essayer de réparer, que si vous avez tout essayé, d’abord, de leur vivant.

D’accord, Hitler est mort de mort violente. D’accord, on a pendu beaucoup de ses complices à Nuremberg. Mais aucun, quasiment, n’a affiché le moindre remord. Et aujourd’hui, c’est ce qui manque beaucoup à l’Histoire. On a commis l’erreur de les juger en groupe. Et ils se sont appuyés les uns sur les autres pour continuer à dire qu’ils n’étaient pas coupables. Il aurait fallu faire autant de procès que de personnes. On aurait vu certaines carapaces craquer. Mais ce n’aurait pas, pour autant, été un acte volontaire, il aurait été forcé.

Emmener un Goering dans un camp de concentration, lui faire comprendre, dans sa chair, au plus profond de son esprit, ce qu’il avait fait endurer à tant d’hommes, aurait apporté plus sûrement des résultats tangibles. Oui, Marie, me direz-vous aussi, tu as dit qu’il ne fallait pas être aussi bête que ceux qui ont été bêtes, et leur faire subir ce qu’ils ont fait subir. Certes. Sauf, bien sûr, quand cela peut être utile à ce que la lumière éclate, et que ceux qui ne la voient pas ne puissent faire autrement que la voir, et donc, courent réparer leurs erreurs, minuscules ou gigantesques.

Non, non, vraiment, la peine de mort, c’est dramatiquement, terriblement insuffisant !

Marie

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Question

J'ai quand même une question : que peut-on faire quand celui qui a tué quelqu'un regrette, exprime ses remords, mais que la famille de la personne tuée refuse cela et reste dans la haine ? (J’ai un cas précis en tête, qui ressort régulièrement dans l'actu et qui me serre l'estomac à chaque fois, pour les deux parties, d'ailleurs).

Anne-Sophie

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Pour que tout cela fonctionne, il faut, tu t’en doutes, que beaucoup de choses soient revues de fond en comble. Par exemple, il faut que, dans une constitution spéciale, soit noté le fait que le pardon est une valeur aussi importante que la fraternité, la liberté, l’égalité… Toute personne doit apprendre dès son plus jeune âge, dans l’école qui doit être l’école de l’amour, que celui qui ne pardonne pas souffre, donc, qu’il doit pardonner pour sa simple sauvegarde. Même si on accorde son pardon sans qu’il ait été demandé, car alors, même dans le cas où une seule des parties fait intervenir le pardon, il y a tout de même un gain : la moitié du pardon est là, la moitié des souffrances est donc arrachée au problème. Ceci, c’est une théorie, mais il faut que des exercices pratiques existent, pour en venir à établir cette paix dont tout le monde rêve. Si des personnes ne veulent absolument pas pardonner, alors qu’on leur demande pardon, il faut qu’elles aussi travaillent à réparer cette erreur, car c’est une erreur de ne pas pardonner. Erreur qui, encore une fois, sera à réparer depuis le ciel si elle ne l’est pas sur la terre, mais ce sera beaucoup plus difficile. Le pardon est la condition minimum à la réalisation de quelque paix que ce soit. Et il n’est pas de souffrant qui ne se sentirait pas mieux dans la paix. Encore faut-il l’éprouver dès l’enfance pour le comprendre et le pratiquer. Imaginez qu’au moment où vous arriverez au ciel, moi, Marie, je ne vous pardonne pas, pour les plus grandes erreurs accomplies, et pour lesquelles vous demanderiez pardon, et que vous chercheriez à réparer. Quel genre de maman serais-je ?

Je serais une maman qui fait peur, une maman que vous n’aimeriez pas, et une maman qui ne vous aimerait pas. Même si je m’emporte parfois, même si je suis tout feu tout flamme, il ne m’est jamais arrivé, et il ne m’arrivera jamais de ne plus vous aimer. Tous.

Cela dit, je vous pose une question que personne ne se pose, quand il est dit partout que Dieu pardonne tout. Oui, il pardonne tout. Mais vous, vous pardonnerez vous-vous-mêmes de vos actes les plus mauvais ?

Croyez-moi, j’en fais l’expérience sans arrêt lorsque je vous rend visite au moment de votre mort : vous ne vous pardonnez pas grand-chose. Pas plus au ciel que sur la terre.

Marie

Table des messanges