L’amour aux hormones

Pourquoi l’amour semble-t-il voué à s’épuiser avec le temps ?

En réalité, spirituellement, un amour, une fois qu’il est créé, est éternel, parce que l’amour est part de Dieu, et que Dieu est éternel. C’est vous qui, dans votre incarnation, vous trouvez confronté à l’usure de la couche superficielle de l’amour, et qui croyez que c’est l’amour entier qui disparaît. Mais, que vous divorciez ou non, l’amour subsiste, sous une forme très différente de ce que vous croyez. Le désir n’est plus là, cela ne veut pas dire que l’amour n’existe plus. La haine est là, ne veut pas dire non plus que l’amour ait un tant soit peu été effacé, spirituellement. Comprenez cela, et vous vivrez vos séparations beaucoup mieux. Et vous souffrirez moins.

Alors, qu’est-ce qui fait qu’un amour s’émousse, apparemment, dans votre incarnation ?

Dans votre enfance, vers cinq ou six ans, pour l’immense majorité d’entre vous, vous vivez la castration œdipienne, qui est, tout simplement, la prise de conscience qu’il n’est pas possible d’être amant de son parent de sexe opposé.

Lorsqu’une mère fait comprendre cela au petit garçon, il l’accepte, et c’est cela qui lui donne envie de se retourner, et de porter à maturation son pouvoir de séduction sur une femme extérieure, qui puisse vivre avec lui. C’est ce qui lui permet de se construire en tant qu’homme.

Le père qui fait comprendre cela à une petite fille lui annonce qu’elle ne portera pas son enfant. Qu’elle ne portera donc pas en elle la part d’amour issue de son père et de leur union. C’est un sentiment différent. Car naît alors en elle le besoin viscéral de faire un enfant. C’est ce qui lui permet de se construire femme. Lorsqu’elle ne veut pas d’enfant, c’est qu’elle n’a pas reçu la part d’amour de son père avant la castration œdipienne, et donc, qu’elle ne souhaite pas créer cette part d’amour, elle n’en voit pas l’utilité, et même, il arrive qu’elle fuie cette idée.

Comme il arrive qu’un homme, n’ayant pas reçu sa part d’amour de sa mère avant la castration œdipienne, refuse de créer un couple, et reste à la maison jusqu’à un âge très avancé, ou cherche à recréer dans sa vie adulte le couple maman enfant avec sa compagne. Parce qu’il confond l’envie éperdue d’être materné avec le souhait d’aimer et d’être aimé d’une femme. Ce peut aussi être vrai quand il a eu, au contraire, une mère vraiment trop poule.

Et la sexualité ?

Quand l’homme adulte voit que sa compagne refuse l’acte d’amour, il se sent en face d’une femme/maman castratrice plus difficile à accepter, parce qu’il sait déjà ce qu’est une union physique, et qu’il n’est plus au stade vierge, au stade où on apprend et on se dit « C’est comme ça ! ». Il a des acquis qu’il ne peut aisément remettre en cause.

Il a alors un comportement que sa compagne trouve infantile, parce que devant le black out que représente le refus, il régresse, il cherche à supplier sa « maman » de ne pas se refuser, cette fois, il ne comprend pas, parce qu’on lui a dit : plus tard, tu trouveras une femme avec qui tout sera possible. Parallèlement, il est de moins en moins enclin à l’envie d’enfant, ce qui crée aussi, chez sa compagne, une castration, et un sentiment de trahison qui va la pousser à se fermer comme une huître. Car pour elle, cela veut dire : « Je croyais qu’un autre que papa voudrait partager avec moi sa part d’amour et la faire naître devant moi, pour nous. Mais cet homme-là me le refuse, alors qu’on m’avait bien dit que j’aurais ce partage avec un autre ! »

Chacun se croit dupé. Et, frustré, met en doute les capacités mêmes de l’autre à être un homme ou une femme. Un homme ou une femme, ainsi mis en doute, ne peut que perdre petit à petit de vue l’idée valorisante de soi, aussi bien que de l’autre, et, par là même, vit reclus dans sa peur de ne pas être à la hauteur, et de n’être pas riche de l’autre. Il met des lunettes noires devant la lumière de soi, et de l’autre. Et il ne voit plus l’amour qui est pourtant bien là.

Et c’est pour cela et toutes sortes de raisons semblables que l’on dit, et que l’on considère bêtement comme un fait scientifiquement acquis, que les histoires d’amour ne fonctionnent que par les hormones, et ne durent que quelques années.

Soyez plus futés et aimants que les hormones.

Cherchez tout ce qui peut vous aider à faire le vrai amour, spirituel et physique, de façon à ne pas opposer un refus d’humeur, ou sociétal. Vous avez peur d’être une femme objet ? La femme objet n’existe pas si vous êtes aimée, mais si vous avez peur de le devenir, alors, vous voilà de plus en plus objet, réellement, plus encore à vos yeux qu’à ceux des hommes.

Vous avez peur d’être un homme reproducteur, et de vous résumer à cela ? Ouvrez votre cœur, parlez, créez cette union de votre part d’amour, sans nécessairement faire naître un enfant, et votre compagne aura une chance de voir que l’union qu’elle demande peut exister aussi, indépendamment de la fusion et de la multiplication des cellules.

Ecoutez-vous les uns les autres pour parvenir à voir vos parts d’amour, et à vous les offrir mutuellement. Le monde est plein de gens qui souffrent de se mal comprendre. La non compréhension ne peut se briser que si chacun parle d’abord d’amour. Et d’envie. Car l’amour est l’irrésistible envie d’être avec l’autre. Avec les autres.

Laissez-la s’exprimer, cette envie, laissez-la parler plus fort que vos peurs, et vous vous offrirez l’envie les uns des autres.

Et vous aurez vaincu ces toutes petites choses que sont vos hormones !

Marie.

Table des messanges