Laisser son J’aime à l’abandon

Il n’y a rien de plus pénible pour un ange qui se promène sur la terre et vous regarde vivre, que de se prendre les pieds dans un J’aime en friche. Un j’aime se cultive, se fertilise, se nettoie, se désengrange. Dans le sens où on ne le laisse pas devenir un entrepôt de rebuts.

Parce qu’il faut vendre quelque chose, faire un maximum de profit, on assiste à des déchéances d’âmes véritablement pitoyables. Des gens qui croient qu’ils ont raison dès qu’une courbe monte sur un graphique. Qu’importe ce que cela aura coûté en sacrifices d’amour de soi, pour celui qui donne les ordres comme pour celui qui les reçoit.

Il y a des lois qui sont mal faites ? Qu’on peut retourner à l’avantage de celui qui paye le mieux, que ce soit en argent ou s’offrant une notoriété ? Il y a des moyens d’être plus fort en brandissant ces lois ?

« Eh ben, tout ça, c’est pas fait pour les chiens ! Il et con, celui qui n’en profite pas ! »

Celui qui se dit cela ne voit pas les pieds de son J’aime s’enfoncer dans des sables mouvants dont il ne sortira jamais. Celui qui s’offre un avion privé pour survoler New York sans plus y penser que lorsqu’il passe au-dessus de petits enfants mourant de faim en Afrique ne sait pas quel terrible Crash spirituel l’attend.

Celui qui fait pousser son portefeuille au terreau de la bourse en l’arrosant avec l’eau du voisin assoiffé ne sait pas qu’il plante des pierres dans son jardin et qu’il lui faudra les récolter et les manger.

Il convoite tous les biens de ce monde, celui-là, jusqu’à ce qu’il s’en soit empiffré et qu’il souffre de réaliser qu’en dehors de ce qui est primairement vital, ce qui compte seulement, c’est rêver, et non pas avoir.

Il est déplorable, le gâchis des âmes.

Toi qui as la chance merveilleuse d’avoir une âme, écoute ce conseil d’ange, conseil qui te donne enfin l’aide que tu réclames si fort : ne laisse pas ton J’aime à l’abandon.

Michel

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