La femme et l'homme selon Jacques Brel

Je parlais des liens hommes femmes, et Brel intervient :

Un homme peut vivre une vie avec une femme qui ne cuisine pas merveilleusement. Il se met alors à cuisiner pour deux. Mais il ne peut pas vivre longtemps avec une femme qui ne le fait pas bander. Parce qu'il se fatigue vite de bander pour deux. Et d'être accusé de ne pas faire de câlin, de ne pas montrer son amour, alors même qu'il n'en reçoit pas ou plus, alors même qu'il n'y a pas de lancement de l'étincelle de la part de la femme. Dans la conquête amoureuse, c’est l’homme qui fait le premier pas, oui. Mais il le fait parce que c'est la femme qui l'allume. Alors, qui est-ce qui a eu la bonne idée de commencer, finalement ?

Quand une femme sait faire bander un homme, mais que soudain, ou petit à petit, ça ne l'intéresse plus, l'homme comprend bien logiquement que c'est lui qui n'est plus digne d'intérêt. Or, si la femme a mille façons de vivre ses orgasmes, elle a mille secrets pour allumer son homme. Et c’est quand elle laisse tomber ça qu’elle ne s’amuse plus. Et qu’elle le reproche à son compagnon. Quand la femme aura repris, dans le trésor ancestral qui est en elle, cette connaissance d’elle-même, qui dit, par force de sa nature, qu’elle est faite pour s’amuser, comme le Père est né par le verbe qui était rire, alors, homme et femme pourront réapprendre à rire ensemble, non plus au détriment l’un de l’autre, dans une lutte sans source, sans objet, sans intérêt. Mais pour recréer le cercle qui s’est brisé, et que nous venons tous, en nous incarnant sur terre, tenter de reconstituer.

Jacques Brel

Table des messanges