L’admiration des hommes

Si vous faites des recherches, vous verrez qu’il n’y a pas que le langage tout court, pour communiquer. Il y a le regard, les attitudes, les parfums, et tout ce qui est codé en vous, dont vous n’avez pas conscience de toutes les implications. Et pour communiquer, il y a aussi la publicité !

Par exemple, une femme à la tête penchée est une attitude d’invite sexuelle. De même que, si vous regardez bien les panneaux d’affichage, lorsqu’ils montrent des visages en gros plans, vous verrez que les pupilles sont dilatées, signe de désir sexuel. C’est un code oublié, donc « secret » du corps, un langage que vous croyez ne pas savoir parler ni comprendre, mais que votre esprit enregistre sans pour autant le formuler directement, et qui lui permet de vous faire comprendre que vous êtes une cible sexuelle. Dans une soirée, entre amis, observez bien, vous verrez que les personnes avec qui vous ne vous sentez pas inhibé, avec lesquelles vous « tentez votre chance », vous ont d’abord fait tout un ballet de gestes a priori anodins, mais qui sont extrêmement éloquents, au fond.

On retravaille les images publicitaires pour agrandir les pupilles, donc. Est-ce que ce sont les habits qu’elle porte, cette femme, qui vous font envie ? Qui vous mettent en état de vous sentir sollicité, et bien sollicité, jusque dans votre chair ? Est-ce que c’est sa crème solaire, ou son aguichant regard qui vous appelle ?

A propos des top-modèles célèbres que vous voyez défiler, ce ne sont pas elles qui sont « utilisées » pour vendre les sous-vêtements, mais des femmes « sans têtes », avec des formes, sans quoi cela se vendrait beaucoup moins bien, avec les mensurations de celles qui ont un visage. Sont-ce les sous-vêtements qui vous attirent, sur ces corps parfaitement proportionnés, et répondant à d’autres codes, ou les formes elles-mêmes ?

Pardonnez-moi d’être dures, mesdames, mais : monsieur, choisissez un sous-vêtement, de cette façon-là, offrez-le à votre femme, et vous serez déçu, il vous manquera quelque chose, si votre femme n’a pas les mêmes formes. Et rares sont celles qui les ont !

Donc, on vous fait acheter quelque chose qui vous laissera dans le sentiment d’être déçu par votre femme. Dans l'idée saugrenue de vous dire, « il manque quelque chose à ma femme ». Et ce quel que soit le sourire factice que vous renvoyez dans le miroir.

Et c’est cela que vous voudriez acheter, mesdames ? Et vous, messieurs, vous ne dites rien quand on vous vend une femme en vous croyant assez idiot pour la prendre pour la vôtre ?

Pour qui vous prend-on,-vous ? Pour de la chair à portefeuille, de la graine de carte bleue ! Mais vous avez un cœur et un esprit, lucide, et une âme, bon sang ! Non ?

Si vous avez un orgueil, faites-en bon usage, au moins. Utilisez-le dans ces situations-là.

Dans ce monde où la femme n’est rien si elle ne séduit pas, si elle n’achète pas, si donc, elle ne travaille pas pour acheter, elle n'a pas une place confortable... Messieurs, offrez-lui donc une place confortable, en l’ aidant à ouvrir les yeux sur sa beauté à elle. Et cela ne s'achète pas.

Tous les codes de séduction dont je parlais ont été répertoriés, ou font l’objet de recherches coûteuses. Pourquoi faire ? Pour que cela rapporte, bien sûr. Pour vous faire acheter ce qu’on veut que vous achetiez, et non pas ce qui vous ferait plaisir en réalité. Regardez une affiche, représentant une femme presque nue pour vendre tel ou tel produit. N’est-ce pas là un exemple grossier de ce que j’avance, et qui est justifié par l’idée que c’est normal, « il faut bien vendre » ? Mais c’est vous qu’on vend ! Et c’est vous, qui travaillez dans les magazines de mode, dans les agences de publicité…, qui le vendez aussi !

Et dans ces milieux, il y a pourtant un grand nombre de femmes… De quoi s'arracher les cheveux, même quand on les a longs et auburn ou blond cendré !

Mes chères femmes, qui devez changer le monde, oui, c’est votre vraie mission, vous qui vous révulsez et vous hérissez, et qui agressez à l’idée qu’on vous traite en objet, pourquoi lutter contre votre compagnon en croyant qu’il a cette idée en lui, alors qu’aujourd’hui, les mâles la fuient, cette idée ? Vous avez frappé assez fort. Plus efficace qu'un régiment de paras. Pour la plupart, ils ont assez peur de vous sur ce point !

Pourquoi ne pas lutter plutôt contre la cause du problème, contre cette affiche, qui vous vend ? En trafiquant l’image, en plus, de façon à ce que vous ne puissiez jamais atteindre ce « modèle ». Pourquoi trouvez-vous cela normal de voir ces affiches, et ne réagissez-vous pas, et pourquoi soupçonnez-vous par avance votre ami ou les hommes en général, de penser à mal, alors que séduire est devenu, artificiellement, une question de survie pour vous, à cause de ce système-là ?

Ne pouvez-vous pas vous dire qu’en enlevant cette affiche, et tout ce qui vous vend, les hommes finiraient par ne plus les voir, puisqu’elles ne seraient plus là, et ne plus penser que vous êtes bien des objets, quand pourtant vous êtes à vendre au point de vous afficher, ou quand vous cautionnez cela. Et vous le faites tout le temps, en masse, en allant acheter ce qu’il « faut » acheter. En suivant la mode.

Ne faudrait-il pas créer un métier de femmes, qui surveilleraient cela, au lieu de surveiller votre compagnon, qui, la plupart du temps, n’a rien fait pour mériter votre peur d’être mal jugée ? Et ne faudrait-il pas que ce métier ne se base pas sur le puritanisme ou la religion, mais sur le fait que la logique et le respect doivent s’instaurer ? Ne faudrait-il pas qu’il soit fait professionnellement, c'est-à-dire sans haine, sans colère, sans énervement, sans amende, mais avec amour, en disant tout simplement, avec le sourire, « non, je ne suis pas à vendre, et personne ne l’est » ?

Là, mesdames, mesdemoiselles, vous auriez commencé à gagner votre propre place dans ce monde, avec vos actes à vous, dans la paix et dans la joie, dans la légitimité et la logique totale de ce qui vous a amenées à vous sortir de l’état de servitude dans lequel vous étiez.

Et les hommes vous admireraient pour ça !

Vous voulez gagner l’admiration des hommes ? Alors admirez-vous assez, spirituellement, pour vous aimer au point de ne pas accepter ce qui n’est pas acceptable, et de prendre l’amour que les hommes ont pour vous, sans croire par avance que ça brûle ou que ça pique nécessairement.

Pour y arriver, il vous suffit d’enfin voir votre vraie lumière, de l’accepter, et de la vivre.

Marie

Table des messanges