La décadence

On reconnaît une société décadente au fait qu'elle magnifie la violence.

L'exemple le plus frappant en est l'empire romain, et ses gladiateurs. Observez aujourd'hui quelles sociétés placardent, publient, affichent la violence et la rendent supportable et même désirable à force de banalisation et de bourrage de crâne. Si vous savez regarder qui la montre au premier plan, au cinéma, à la télévision, dans les journaux, à travers toutes les formes de communication, si vous saisissez que, comme les grenouilles devant une lampe de poche, on vous aveugle et vous paralyse avec la violence grâce à son potentiel de fascination, si vous comprenez qu'elle devient une drogue pour l'esprit, crée un besoin, un manque si elle est absente d'un spectacle ou de la vie de tous les jours, vous saurez quelles sociétés sont en voie de décadence. Vous pouvez empêcher cela en refusant votre dose de violence quotidienne. Même si vous pensez ne pas pouvoir arrêter la chute d'une société globalement, vous pouvez individuellement agir pour ne pas tomber dans le gouffre qu'on vous demande de creuser, ou que vous laissez creuser en votre propre intérieur spirituel. Et plus vous serez nombreux à faire cela, plus vous pourrez avoir la foi qui vous manque, et parvenir à finalement endiguer complètement cette chute. Oui, la foi. Pas celle de la religion, pas celle qui vous demande de vous agenouiller et qui ne sert à rien. La vraie foi.

Vous faites souvent appel à Dieu pour vous sauver de vous-mêmes, mais c'est vous qui pouvez vous sauver, en agissant les uns envers les autres, car vous êtes tous le petit morceau de Dieu que vous appelez avec désespoir sans vous entendre vous-même, car vous êtes les seuls qui, en vérité, puissent faire quelque chose. Si vous aviez foi en vous, pour une fois ? Vous auriez foi en Dieu, alors, car c'est bien la même chose.

Le vide, la descente, ont toujours donné des sensations, le vertige est une aimantation, appelle vers le bas. Tournez-vous vers les hauteurs et regardez le ciel, vous ne finirez pas au fond du puits avec ceux qui baissent la tête.

Marie

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